{"id":22116,"date":"2006-10-05T00:00:00","date_gmt":"2006-10-04T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/5945d1601e92fd013e4b0e14b00d5394_XL.jpg"},"modified":"2006-10-05T00:00:00","modified_gmt":"2006-10-04T22:00:00","slug":"22116","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/10\/05\/22116\/","title":{"rendered":"&#8211; Nuits de Gignac"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td  class=\"tablecentre\">\n<h1>FESTIVAL : NUITS DE GIGNAC<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><span class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_gignac_main.jpg\" width=\"220\" height=\"151\" border=\"1\"><\/span><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">\n<p class=\"dateconcert\"><span class=\"dateconcert\"><b>Lieu :<\/b> Gignac (H\u00e9rault) <br \/> <b>Date :<\/b> 16 juillet 2006 <br \/> <b>Photos :<\/b> Fabrice Journo et Bruno Dottin                <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p class=\"dateconcert\" align=\"justify\">         <b>En ce milieu du mois du juillet aux pr\u00e9tentions caniculaires, avant la d\u00e9bandade climatique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du mois d\u2019ao\u00fbt, il faisait bon faire la sieste sous un pin, un brin d\u2019herbe au coin de la bouche, dans un village tranquille de l\u2019H\u00e9rault, au pied du Larzac. Oui, mais voil\u00e0. Certains ne l\u2019avaient pas voulu ainsi et la sieste de bien des Gignacois s\u2019est trouv\u00e9e brutalement interrompue en ce dimanche apr\u00e8s-midi, par une d\u00e9ferlante de d\u00e9cibels sauvages. <\/b><\/p>\n<p>         Apr\u00e8s quelques d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec une s\u00e9curit\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9sente (confiscation des bouchons de toute bouteille d\u2019eau entrant sur le site, trois contr\u00f4les pour pouvoir p\u00e9n\u00e9trer dans les lieux), on arrive sur le site du festival. Un grand parking au goudron chauff\u00e9 \u00e0 blanc, sans une parcelle d\u2019ombre, sous la fum\u00e9e du barbecue g\u00e9ant sur lequel grillent les saucisses et merguez qui serviront de pitance aux festivaliers.<br \/> L\u2019endroit est donc quelque peu \u00e9trange, mais s\u2019av\u00e8re finalement sympathique. Lorsque l\u2019on fait le tour des stands qui enserrent le lieu, on trouve c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te des v\u00eatements \u00ab&nbsp;n\u00e9o-bab\u2019&nbsp;\u00bb multicolores, des t-shirts aux slogans savoureusement altermondialistes, mais aussi des disques et une d\u00e9mo \u00ab&nbsp;libre service&nbsp;\u00bb de Theremin, instrument \u00e9trange s\u2019il en est, qui fonctionne \u00e0 base de champs magn\u00e9tiques et dont on joue en faisant varier la position de la main le long d\u2019une antenne radio. Bref, un rassemblement \u00e9clectique qui ajoute de la chaleur au cadre plut\u00f4t spartiate du lieu.<br \/> L\u2019ambiance est agr\u00e9ablement d\u00e9tendue, entre babas et bobos en vacances, et les Parisiens aux tee-shirts repass\u00e9s croisent des chevelus semblant tout droit issus d\u2019une faille spatio-temporelle, comme s\u2019ils descendaient juste d\u2019un Larzac o\u00f9 ils seraient mont\u00e9s il y a trente ans sans que le temps n\u2019ait eu de prise sur eux. <br \/> Quoi qu\u2019il en soit, cette \u00ab&nbsp;Psychedelic Night&nbsp;\u00bb rassemble une faune aussi vari\u00e9e que sympathique, et \u00e9tonnamment nombreuse : au plus fort de la soir\u00e9e, on comptera sans doute plus de deux mille personnes sur le lieu, soit semble-t-il le double de l\u2019affluence de la veille, o\u00f9 la t\u00eate d\u2019affiche \u00e9tait tenue par le bluesman Poppa Chubby. Voil\u00e0 une bien bonne nouvelle pour un genre progressif souvent m\u00e9pris\u00e9 et rang\u00e9 au rayon des vieilleries poussi\u00e9reuses et alambiqu\u00e9es. <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_gignac_2.jpg\" width=\"128\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\"><b>Vrooom<\/b>, formation bordelaise de reprises de King Crimson, ouvre les hostilit\u00e9s en plein jour, alors que le public entre peu \u00e0 peu sur le site. Ainsi, l\u2019audience est pour le moins clairsem\u00e9e lors des premiers titres, comme c\u2019est trop souvent le cas pour les groupes en ouverture d\u2019affiche. Puis, les gens se massent peu \u00e0 peu devant la sc\u00e8ne, au fur et \u00e0 mesure d\u2019une prestation qui s\u00e9duit manifestement un public pourtant averti autant qu\u2019exigeant dans l\u2019ensemble.<br \/> L\u2019\u00e9nergie d\u00e9ploy\u00e9e sur sc\u00e8ne est toujours d\u00e9bordante, et si le groupe est tr\u00e8s jeune, il conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 plus que bien son affaire, assommant d\u2019entr\u00e9e avec un \u00ab&nbsp;Lark\u2019s Tongues in Aspic&nbsp;\u00bb \u00e2pre \u00e0 souhaits. Romain Castagnet (guitare et chant), qui par ses poses et son activit\u00e9 intense, prend la place de <i>leader<\/i>, est l\u2019exact inverse sc\u00e9nique de Robert Fripp : au gla\u00e7on \u00e0 lunettes se substitue un farfadet bondissant \u00e0 cheveux longs, dont l\u2019entrain juv\u00e9nile fait r\u00e9ellement plaisir \u00e0 voir.<br \/> Les reprises de Vrooom sont fid\u00e8les, certes, mais pas serviles, et l\u2019ensemble rev\u00eat un aspect \u00ab&nbsp;metal&nbsp;\u00bb qui r\u00e9actualise chacun des titres. Ainsi en est-il de \u00ab&nbsp;21st Century Schizo\u00efd Man&nbsp;\u00bb : le tempo du premier th\u00e8me est ralenti, le tout est consid\u00e9rablement alourdi et prend des couleurs presque neo-metal. L\u2019impression en est renforc\u00e9e par un chant tr\u00e8s rauque et r\u00e2peux. <br \/> Le chant est d\u2019ailleurs le seul v\u00e9ritable reproche que l\u2019on puisse adresser au groupe. Avec tr\u00e8s peu d\u2019amplitude et d\u2019ampleur, il est difficile de rivaliser avec le timbre chaud de Belew. Notons tout de m\u00eame que l\u2019aspect plus m\u00e9tallique des reprises rend ce petit manque plus acceptable. Par ailleurs, \u00e0 l\u2019instar de tous les autres groupes \u00e0 l\u2019affiche de ce festival, Vrooom doit faire face \u00e0 des probl\u00e8mes de son : basses et infrabasses \u00e9crasantes et guitare souvent en retrait, en particulier sur \u00ab&nbsp;Red&nbsp;\u00bb. C\u2019est pour le moins dommage et cela a nuit en grande partie \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat du concert.<br \/> Ainsi, au total, si Vrooom ne se distingue pas toujours par la subtilit\u00e9 et la finesse de l\u2019interpr\u00e9tation, il reste toujours et immanquablement la puissance et le c\u0153ur\u2026 sans oublier la technique, ce qui est somme toute une base de d\u00e9part plus qu\u2019int\u00e9ressante. Voici donc une formation \u00e0 suivre !<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_gignac_3.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">Apr\u00e8s une prestation d\u00e9bordant \u00e0 ce point de d\u00e9cibels et de vitalit\u00e9, le contraste avec <b>Ange<\/b> promettait d\u2019\u00eatre saisissant. Contraste dans le style, avant tout : m\u00eame si Ange laisse libre cours, depuis plusieurs ann\u00e9es, \u00e0 sa fa\u00e7ade rock la plus directe, au d\u00e9triment peut-\u00eatre de la po\u00e9sie et des climats onirico-nostalgiques qui faisaient tout le charme de sa premi\u00e8re p\u00e9riode, l\u2019ensemble est tout de m\u00eame bien plus calme et \u00ab&nbsp;assis&nbsp;\u00bb que les fulgurances \u00e9pileptiques des compositions de Fripp et consorts. Contraste sc\u00e9nique \u00e9galement : \u00e0 la jeunesse et \u00e0 la formation resserr\u00e9e du power-trio \u00ab&nbsp;vrooomien&nbsp;\u00bb succ\u00e8de la maturit\u00e9 d\u2019un groupe de plus de trente ans d\u2019\u00e2ge, au personnel cons\u00e9quent (six musiciens sur sc\u00e8ne).<br \/> Ange est manifestement enchant\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u00e0, et l\u2019ambiance agr\u00e9ablement d\u00e9tendue qui se d\u00e9gage du public a tout lieu de plaire au p\u00e8re D\u00e9camps, qui s\u2019en donne \u00e0 c\u0153ur joie tandis que la nuit tombe derri\u00e8re les arbres qui font office de fond de sc\u00e8ne. A l\u2019aise et dans son \u00e9l\u00e9ment, il p\u00e9n\u00e8tre d\u2019entr\u00e9e de jeu d\u2019un pied dans la marge, lorsqu\u2019en introduction \u00e0 \u00ab&nbsp;C\u2019est la f\u00eate chez l\u2019apprenti sorcier&nbsp;\u00bb, il propose de transformer \u00ab&nbsp;un politicien v\u00e9reux en citrouille&nbsp;\u00bb, ou \u00ab&nbsp;un flic en \u00e9l\u00e9phant rose&nbsp;\u00bb. Dans cette terre encore profond\u00e9ment ancr\u00e9e \u00e0 gauche, altermondialiste avant l\u2019heure et qui reste marqu\u00e9e par ses \u00e9piques ann\u00e9es 70, chez ces r\u00e9sistants du terroir, Christian D\u00e9camps sait qu\u2019il parle au c\u0153ur. Le Franc-comtois dit haut et fort son amour de ce pays \u00e9cras\u00e9 de soleil, et en est chaleureusement remerci\u00e9.<br \/> Le concert d\u2019Ange ravit d\u2019ailleurs manifestement la part du public qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9plac\u00e9e sp\u00e9cialement pour y assister, et les \u00e9changes entre sc\u00e8ne et \u00ab&nbsp;salle&nbsp;\u00bb sont vifs et fervents. Mais l\u2019amateur d\u2019<i>Emile Jacotey<\/i> et d\u2019autres voyages <i>Au-del\u00e0 du d\u00e9lire<\/i>, l\u2019arlequinomane n\u00e9crophile qui fraye avec les <i>Fils de Mandrin<\/i>, m\u00eame n\u00e9 bien apr\u00e8s la parution de ces premi\u00e8res pi\u00e8ces, a pu rester quelque peu sur sa faim (il n\u2019y a sans doute pas d\u2019\u00e2ge pour raisonner en vieux con). Tr\u00e8s ax\u00e9e sur la p\u00e9riode la plus r\u00e9cente de la carri\u00e8re du groupe, la <i>set-list<\/i> revisite \u00e9galement, \u00e0 la mani\u00e8re rock-vari\u00e9t\u00e9 du moment, les anciens titres s\u00e9raphiques. Et l\u2019on se prend \u00e0 regretter que le jeu sc\u00e9nique frise \u2013 et d\u00e9passe trop souvent \u2013 les bornes de l\u2019outrance et du mauvais go\u00fbt (\u00ab&nbsp;Vu d\u2019un chien&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Ces gens-l\u00e0&nbsp;\u00bb, qu\u2019on a vu plus inspir\u00e9e), en particulier lorsqu\u2019il est impuls\u00e9 par une Caroline Crozat dont on se demande parfois quelle est sa r\u00e9elle place dans le groupe. L\u2019on commence en fait \u00e0 se prendre au jeu du concert lorsque les phases instrumentales se font plus longues et plus lourdes\u2026 ce qui est somme toute paradoxal lorsque l\u2019on parle d\u2019Ange.<br \/> Ange est cependant tr\u00e8s applaudi, et le rappel laisse enfin une place plus importante, et m\u00e9rit\u00e9e, \u00e0 Tristan D\u00e9camps. Celui qui est musicalement bien plus que le fils de son p\u00e8re se lance dans une improvisation vocale o\u00f9 il laisse entrevoir ses talents, et l\u2019on ne peut que regretter, encore une fois, qu\u2019il ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d\u2019un espace vocal plus important au sein du groupe.<br \/> Quoi qu\u2019il en soit, et malgr\u00e9 une d\u00e9ception davantage li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution musicale du groupe qu\u2019\u00e0 la tenue, somme toute tout \u00e0 fait correcte de ce concert, on pourra toujours saluer fortement les prises de position qui sont celles d\u2019Ange. En pr\u00e9sentant ses anciens titres avec des arrangements simplifi\u00e9s, plus rock mais aussi, finalement, plus conventionnels, Ange regarde r\u00e9solument vers l\u2019avant, et refuse de capitaliser sur une sempiternelle redite de succ\u00e8s immuables et fan\u00e9s. On pourra le regretter, quand l\u2019orientation choisie n\u2019est pas des plus heureuses et que l\u2019on finit le concert bien loin de la sc\u00e8ne, entour\u00e9 d\u2019autres grognons d\u00e9\u00e7us ou lass\u00e9s. Mais la d\u00e9marche n\u2019en est pas moins profond\u00e9ment respectable, et le sinc\u00e8re plaisir que le groupe montre encore sur sc\u00e8ne est tout \u00e0 son honneur.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_gignac_4.jpg\" width=\"127\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Gageons au contraire que ce concert ne laissera pas un souvenir imp\u00e9rissable aux musiciens de <b>Magma<\/b>. Ainsi, le groupe, ayant jou\u00e9 en concert la veille \u00e0 400 km de l\u00e0 et sans doute pris dans les \u00e9pouvantables embouteillages du week-end du 14 juillet le long de la M\u00e9diterran\u00e9e, est arriv\u00e9 tr\u00e8s en retard sur le site du festival et n\u2019a pu effectuer les balances. Ils ne seront donc pas servis par le son, ni sur sc\u00e8ne, ni en fa\u00e7ade.<br \/> Cumulant les handicaps, Magma se pr\u00e9sente ce soir en formation \u00ab&nbsp;r\u00e9duite&nbsp;\u00bb. Depuis quelques mois, le groupe ne joue plus sur sc\u00e8ne qu\u2019avec un seul clavier, suite \u00e0 la d\u00e9fection de Fr\u00e9d\u00e9ric d\u2019Oelsnitz. Et m\u00eame si, tour \u00e0 tour, Antoine Paganotti et Stella Vander se relayent pour le remplacer, le manque d\u2019un second clavier permanent se fait sentir, all\u00e9geant tous les fonds d\u2019harmonie et rendant moins \u00ab&nbsp;\u00e9paisse&nbsp;\u00bb la texture sonore d\u2019ensemble, laissant donc les voix plus \u00e0 nu. Et ce d\u2019autant plus que ce soir, un deuxi\u00e8me membre manque cruellement \u00e0 l\u2019appel. Dans l\u2019attente d\u2019un heureux \u00e9v\u00e9nement, Himiko Paganotti n\u2019est pas de la partie, et son absence fait clairement d\u00e9faut.<br \/> Les conditions de ce concert ne sont donc pas id\u00e9ales pour Magma qui, comme souvent dans ces cas-l\u00e0, passe \u00ab&nbsp;en force&nbsp;\u00bb, axant toute sa prestation sur l\u2019\u00e9nergie et la force de frappe dont le groupe \u00e0 toujours \u00e0 revendre. Ainsi, Christian Vander et Philippe Bussonnet dressent \u00e0 eux seuls un v\u00e9ritable rouleau compresseur qui ne laisse rien debout sur son passage mais qui, curieusement, ne manque pas de subtilit\u00e9 et de folie, m\u00eame si on a d\u00e9j\u00e0 vu le groupe faire preuve de plus de finesse. Une fois la bride l\u00e2ch\u00e9e, la rythmique avance, toujours plus vite et toujours plus loin, comme lanc\u00e9e dans une course \u00e9perdue vers la transe. Cette puissance semble faire effet sur les nombreux techniciens et musiciens des autres groupes, mass\u00e9s sur le bord de la sc\u00e8ne, manifestement attentifs et fascin\u00e9s. <br \/> C\u2019est dans ces conditions limites en termes psychologiques et sonores que l\u2019on mesure \u00e0 la fois la solidit\u00e9 ind\u00e9fectible de la formation actuelle, qui semble capable d\u2019assurer n\u2019importe quoi et de se jouer de la moindre difficult\u00e9 quel que soit le contexte, et le risque qu\u2019une certaine routine s\u2019installe, sur un programme musical identique depuis de tr\u00e8s longs mois. En effet, le set est (encore) compos\u00e9 d\u2019un \u00ab&nbsp;Ement\u00ebht Re&nbsp;\u00bb toujours inachev\u00e9 (qui doit constituer le prochain album de Magma mais dont le public conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 une grande partie : \u00ab&nbsp;Rindoe&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;HhaPi&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Zombies&nbsp;\u00bb, \u2026 et que le groupe ne parvient pas \u00e0 enregistrer, malgr\u00e9 une annonce d\u2019entr\u00e9e en studio remontant \u00e0 de longs mois\u2026) et de \u00ab&nbsp;K.A.&nbsp;\u00bb, pierre angulaire des concerts de Magma depuis plus de quatre ans maintenant. Quelques petites erreurs de placement tellement inhabituelles laissent peut-\u00eatre supposer une certaine lassitude des musiciens.<br \/> Ainsi, pour les fid\u00e8les d\u2019entre les fid\u00e8les, qui suivent Magma aux quatre coins de la France et les voient vingt fois par an en concert, cette soir\u00e9e h\u00e9raultaise ne constituera certes pas une prestation des plus m\u00e9morables. Mais pour les autres, ce concert repr\u00e9sente manifestement un choc important, et le groupe a d\u00fb gagner, ce soir encore, quelques nouveaux adeptes. <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_gignac_5.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\"><b>Echoes<\/b> avait la lourde t\u00e2che de clore le festival. Monter sur sc\u00e8ne \u00e0 plus d\u2019une heure du matin, pour y d\u00e9velopper les climats planants de Pink Floyd apr\u00e8s la d\u00e9ferlante d\u2019\u00e9nergie koba\u00efenne, voil\u00e0 qui n\u2019avait rien de facile. Et on suppose ais\u00e9ment que lorsque les musiciens se sont rendus compte, lors de l\u2019installation du mat\u00e9riel, que le dispositif cens\u00e9 projeter des images en fond de sc\u00e8ne ne fonctionnait pas, le stress a d\u00fb monter encore d\u2019un s\u00e9rieux cran. Et plus encore lorsque le groupe, une fois sur sc\u00e8ne, a commenc\u00e9 \u00e0 jouer\u2026 pour s\u2019apercevoir qu\u2019il n\u2019avait pas de son. Echoes a d\u00fb vivre alors quelques instants difficiles \u00e0 assumer, avant que la situation ne se r\u00e9tablisse. Ainsi, la formation ne se trouvait pas dans les meilleures conditions pour assurer un concert au r\u00e9pertoire relevant de la cat\u00e9gorie des \u00ab&nbsp;monstres sacr\u00e9s&nbsp;\u00bb (l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de <i>The Dark Side Of The Moon<\/i>, \u00ab&nbsp;Shine On You Crazy Diamond&nbsp;\u00bb, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Syd Barrett, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 quelques jours plus t\u00f4t, et le triptyque \u00ab&nbsp;Another Brick In The Wall pt. 1&nbsp;\u00bb\/\u00ab&nbsp;The Happiest Days Of Our Lives&nbsp;\u00bb\/\u00ab&nbsp;Another Brick In The Wall pt. 2&nbsp;\u00bb).<br \/> Dans l\u2019ensemble, la prestation d\u2019Echoes s\u2019est malgr\u00e9 tout montr\u00e9e correcte. Le niveau instrumental des musiciens leur permet de ne pas para\u00eetre ridicule vis-\u00e0-vis des lourds mod\u00e8les qui sont les leurs (\u00e0 l\u2019exception d\u2019un souci de justesse aga\u00e7ant l\u2019oreille pour certains soli de guitare, particuli\u00e8rement sur \u00ab&nbsp;Time&nbsp;\u00bb). Mais c\u2019est du c\u00f4t\u00e9 de la voix que le b\u00e2t blesse : serr\u00e9e et \u00e9troite, si elle convient pour les parties les plus aigu\u00ebs et tendues chant\u00e9es par Waters, elle manque de graves et se montre bien \u00e0 la peine pour reprendre les parties plus profondes de Gilmour.<br \/> Ainsi handicap\u00e9, Echoes ne parvient pas \u00e0 retenir le public, qui quitte en grande partie le site du festival : de nombreux participants avaient une longue route de retour et un son beaucoup trop fort, totalement satur\u00e9 en basses et infra-basses en a fait fuir plus d\u2019un.<br \/> On regrettera que les conditions et l\u2019horaire aient contraint Echoes de jouer devant un auditoire de plus en plus clairsem\u00e9, et ne leur aient pas permis de se montrer sous un jour plus favorable.<\/p>\n<p>  <b>Conclusion<\/b><br \/> Dans l\u2019ensemble, cette \u00ab&nbsp;Psychedelic Night&nbsp;\u00bb s\u2019est donc montr\u00e9e musicalement in\u00e9gale, comme c\u2019est souvent le cas dans les festivals en plein air o\u00f9 les groupes se succ\u00e8dent sans qu\u2019aucun ne se trouve dans les meilleures conditions mat\u00e9rielles et acoustiques. Le son aura \u00e9t\u00e9 globalement d\u00e9cevant et mal \u00e9quilibr\u00e9, bien que diff\u00e9remment selon les groupes, mais avec une constante : des basses dans l\u2019ensemble beaucoup trop pouss\u00e9es, et un volume mal ma\u00eetris\u00e9 atteignant parfois le seuil de douleur. De m\u00eame, on aura \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u par l\u2019\u00e9clairage, plut\u00f4t indigent au regard du mat\u00e9riel disponible. C\u2019est d\u2019autant plus dommage que l\u2019\u00e9quipe d\u2019organisation avait clairement investi d\u2019importants moyens dans l\u2019\u00e9quipement du lieu.<br \/> On pr\u00e9f\u00e8rera donc garder en m\u00e9moire l\u2019\u00e9vident plaisir du public \u00e0 assister \u00e0 ce concert, les sourires et les franches embrassades de gens venus des quatre coins de France pour partager ce moment. On soulignera aussi l\u2019important travail d\u2019organisation et de promotion ainsi que la puissance du bouche-\u00e0-oreille qui, se conjuguant, auront r\u00e9ussi \u00e0 faire venir un public si nombreux dans un lieu pourtant relativement isol\u00e9. Chapeau, donc, pour l\u2019intention et la r\u00e9alisation, en esp\u00e9rant que cette nuit finalement plus progressive que psych\u00e9d\u00e9lique connaisse de nouvelles \u00e9ditions.<\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Fanny Layani<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FESTIVAL : NUITS DE GIGNAC &nbsp; Lieu : Gignac (H\u00e9rault) Date : 16 juillet 2006&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":22117,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22116"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22116"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22116\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22117"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22116"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22116"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22116"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}