{"id":22100,"date":"2003-12-22T00:00:00","date_gmt":"2003-12-21T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/7cc2e7aa3ea15e51e0b274706565e711_XL.jpg"},"modified":"2003-12-22T00:00:00","modified_gmt":"2003-12-21T22:00:00","slug":"22100","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2003\/12\/22\/22100\/","title":{"rendered":"&#8211; King Crimson"},"content":{"rendered":"<h1>DOSSIER : King Crimson<\/h1>\n<p><strong>Le 13 janvier 2004, King Crimson aura 35 ans et pas la moindre ride. Durant ces quatre d\u00e9cennies, son guitariste, Robert Fripp, et des dizaines d&rsquo;artistes successifs ne se sont pas content\u00e9s de modeler un, voire plusieurs sons uniques : ils ont aussi suivi une v\u00e9ritable profession de foi, faite d&rsquo;une volont\u00e9 forcen\u00e9e d&rsquo;\u00e9voluer et de se remettre en cause dont on trouve difficilement l&rsquo;\u00e9quivalent dans l&rsquo;histoire des musiques rock. Aujourd&rsquo;hui encore, le roi ne semble pas pr\u00eat de l\u00e2cher sa couronne. <\/strong><\/p>       <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>1.          Avant-propos<\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><i>NdA : Ce dossier est une reprise          des deux articles parus dans les num\u00e9ros 14 et 15 de Progressia version          papier. Il a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 et actualis\u00e9 pour sa parution en ligne. Des          exemplaires de ces archives papier peuvent \u00eatre command\u00e9s aupr\u00e8s de la          R \u00e9daction.<br \/>         <br \/>         <\/i> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_main.jpg\" width=\"160\" height=\"152\" border=\"1\" align=\"left\">Comment          ne pas consacrer un dossier \u00e0 King Crimson, le Roi Pourpre du rock progressif          ? Ce groupe a th\u00e9oris\u00e9 le style dans son acception stricte, l\u2019a fait \u00e9voluer          et a su, au final, le d\u00e9passer. C\u2019est en tout cas la pr\u00e9tention de son          g\u00e9niteur, un guitariste gaucher jouant de la main droite, Robert Fripp.<br \/>         Au-del\u00e0 du progressif, c\u2019est bien sur le rock tout entier que King Crimson          &#8211; et Fripp par ses coups de mains ponctuels \u00e0 des artistes <i>mainstream<\/i>          &#8211; a eu une nette influence, \u00e9laborant en anticipation une recette qui          sera reprise quelques ann\u00e9es plus tard par des dizaines d\u2019autres musiciens.          Parmi eux, on ne citera que Peter Gabriel, David Bowie, Brian Eno, David          Sylvian, nombre des groupes anglais des ann\u00e9es 70, pl\u00e9thore de groupes          italiens (Deus Ex Machina entre autres) ou scandinaves (Anekdoten, qui          commen\u00e7a comme \u00ab cover band \u00bb de King Crimson, Anglagard\u2026), mais aussi          Metallica &#8211; le dernier morceau de <i>Reload<\/i>, \u00ab FiXXer \u00bb, est une r\u00e9f\u00e9rence          explicite de Kirk Hammett \u00e0 Fripp -, Radiohead et m\u00eame Entombed, qui a          repris l\u2019hymne \u00ab\u00a021st Century Schizoid Man\u00a0\u00bb ! Ce sont donc plus de trente          ans de musique qui sont marqu\u00e9s du sceau incandescent de King Crimson          ! <br \/>         <br \/>         Suivre le parcours du groupe est chose complexe tant il a su muer au fil          des ans, que ce soit musicalement ou au niveau de sa formation, de telle          sorte que l\u2019on parle pour chacun des <i>line-up<\/i> d&rsquo; \u00ab incarnations          \u00bb du Crim\u2019, selon les termes m\u00eames de Fripp. On en recense sept en quatre          d\u00e9cennies, sans compter les phases de transition.<br \/>         <br \/>         Autant dire que nous n\u2019aurons pas ici la pr\u00e9tention de retracer l\u2019histoire          de chacun en d\u00e9tail ou de passer en revue les anecdotes, pourtant croustillantes,          qui ont \u00e9maill\u00e9 la vie de King Crimson. La conservation d\u2019une d\u00e9marche          chronologique et la mention des musiciens de chaque p\u00e9riode ont leur place,          mais nous nous attarderons d\u2019avantage sur la discographie du groupe car          ce sont finalement ces dizaines d\u2019\u0153uvres, studios autant que live, collectives          ou en solo, qui resteront \u00e0 la posterit\u00e9.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Djul<\/strong><\/p>              <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>2.          1969-1972<\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_1.jpg\" width=\"160\" height=\"108\" border=\"1\" align=\"left\">C\u2019est          un jour d\u2019octobre 1969 que sort l\u2019album par lequel tout va commencer :          In The Court Of The Crimson King. Le guitariste Robert Fripp s\u2019y entoure          de l\u2019excellent Ian Mac Donald \u00e0 la fl\u00fbte, au saxophone et au mellotron,          Greg Lake (futur Emerson Lake and Palmer) \u00e0 la basse et au chant, Michael          Giles \u00e0 la batterie et Pete Sinfield pour ses textes et \u00ab\u00a0illuminations\u00a0\u00bb.          Tout, dans cet album de trente-quatre ans d\u2019\u00e2ge, \u00e9tonne, principalement          l\u2019emphase et la gr\u00e2ce des m\u00e9lodies et de l\u2019instrumentation, aid\u00e9s par          le mellotron (clavier qui reproduit le son des instruments \u00e0 cordes et          qui permet aux groupes rock de s\u2019essayer \u00e0 des arrangements tirant vers          le classique \u00e0 moindre co\u00fbt et effort) avec des titres magnifiques comme          \u00ab\u00a0I Talk To The Wind\u00a0\u00bb et l\u2019\u00e9pique \u00ab\u00a0In The Court Of The Crimson King\u00a0\u00bb. Ces          titres offrent au rock la possibilit\u00e9 de s\u2019affranchir du format et des          dogmes pop \u00e9tablis au d\u00e9but de la d\u00e9cennie par quatre gar\u00e7ons dans le          vent qui, d\u00e9sormais, para\u00eetront presque simplistes. <br \/>         <br \/>         Paradoxalement, l\u2019album est emprunt d\u2019une violence \u00e9galement in\u00e9dite,          et le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0abrasif\u00a0\u00bb du Crim&rsquo; s\u2019exprime d\u00e9j\u00e0, particuli\u00e8rement sur \u00ab\u00a021st          Century Schizoid Man\u00a0\u00bb, cri de guerre pour le moins bestial surtout lors          de ses interpr\u00e9tations live, et o\u00f9 les guitares satur\u00e9es de Fripp se m\u00ealent          aux hurlements de Lake au travers de son vocoder. Ce disque reste le <i>best-seller<\/i>          du groupe et, aujourd\u2019hui encore, continue de se vendre tr\u00e8s correctement.          <br \/>         <br \/>         L\u2019album suivant, <i>In The Wake Of Poseidon<\/i>, sur lequel le tr\u00e8s bon          Mel Collins reprend le r\u00f4le de Lake, s\u2019av\u00e8re moins d\u00e9finitif que son pr\u00e9d\u00e9cesseur.          Pour l\u2019anecdote, Elton John devait enregistrer le chant mais Fripp annula,          estimant que sa voix ne correspondant pas au style du groupe. Dans le          m\u00eame temps, Fripp se vit proposer la place de guitariste chez Yes avant          que Howe ne la lui souffle ! C\u2019est dire l\u2019ambiance au sein du Crim&rsquo; !          Il faut toutefois noter la performance du pianiste Keith Tippett, qui          apporte sa touche jazz sur cet album comme sur ces deux successeurs, mais          qui refusera d\u2019int\u00e9grer KC de fa\u00e7on d\u00e9finitive.<\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_2.jpg\" width=\"200\" height=\"107\" border=\"1\"><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">S&rsquo;ensuit <i>Lizard<\/i>, qui se distingue          de la marque de fabrique \u00e9tablie deux ans auparavant et se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre          un album aventureux avec, en point d\u2019orgue, l\u2019intervention de Jon Anderson,          la voix particuli\u00e8re de Yes sur le long morceau \u00e9ponyme. Il ne faut donc          pas forc\u00e9ment se fier aux commentaires aigris que Robert Fripp peut \u00e9mettre          ici et l\u00e0 sur cette production, qui semblent avant tout motiv\u00e9s par de          mauvais souvenirs d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 le groupe \u00e9tait tiraill\u00e9 entre des individualit\u00e9s          trop fortes, plus que par un jugement tr\u00e8s objectif. <br \/>         <br \/>         Sur <i>Island<\/i>, avec Boz Burell (futur bassiste de Bad Company) tout          juste arriv\u00e9, King Crimson s\u2019aventure vers une musique plus calme, penchant          vers le classique, mais sans n\u00e9gliger pour autant ce qu\u2019il faut d\u2019exp\u00e9rimentations.          On d\u00e9couvre un groupe jouant de mani\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9structur\u00e9e, les instruments          arrivant et partant de mani\u00e8re tr\u00e8s libre le long de la trame musicale          (l\u2019introduction est une s\u00e9ance d\u2019accordage), jusqu\u2019\u00e0 \u00ab\u00a0Sailor\u2019s Tale\u00a0\u00bb sur          lequel tout le monde s\u2019y met enfin !<br \/>         \u00ab\u00a0Ladies Of The Road\u00a0\u00bb est une hilarante ode aux groupies qui pourra rappeller          les meilleurs moments du film <i>Almost Famous <\/i> sorti trente-et-un          ans plus tard, en 2001, et que dire de la gr\u00e2ce et de la retenue &#8211; chose          rare chez Fripp &#8211; qui se d\u00e9gagent de l\u2019apaisant \u00ab Islands \u00bb, intronis\u00e9          par un classisant \u00ab Prelude \u00bb ? Magique ! Quant au superbe (mais cher          !) coffret <i>Epitaph<\/i>, il propose de nombreuses versions <i>live<\/i>          des classiques du groupe et des in\u00e9dits int\u00e9ressants. Mais il contient          bon nombre de morceaux redondants ainsi que des titres \u00e0 la production          assez limite : on ne conseillera donc ce coffret qu\u2019aux inconditionnels          uniquement. <br \/>         <br \/>         Le versant sc\u00e9nique de cette p\u00e9riode se retrouve dans <i>Earthbound <\/i>,          r\u00e9cemment ressorti sur CD, mais dot\u00e9 d\u2019une production moyenne. Il permet          n\u00e9anmoins d\u2019appr\u00e9cier les nombreuses improvisations du groupe \u00e0 l\u2019\u00e9poque,          ainsi que quelques in\u00e9dits comme \u00ab Earthbound \u00bb ou \u00ab Groon \u00bb.<\/p>              <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>3.          1973-1980<\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_3.jpg\" width=\"180\" height=\"128\" border=\"1\" align=\"right\">Le          premier changement quasi complet dans le personnel arrive en 1972. Bill          Bruford fait son entr\u00e9e, il ne quittera pratiquement pas le poste de batteur.          Il est accompagn\u00e9 du violoniste David Cross et d\u2019un nouveau bassiste chanteur,          John Wetton.<br \/>         Avec cette nouvelle \u00e9quipe s\u2019ouvre une \u00e8re de stabilit\u00e9 pour le Crim&rsquo;,          durant laquelle il va inscrire d\u00e9finitivement son nom dans la l\u00e9gende.          On peut dire que cette p\u00e9riode est la pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e des inconditionnels du          groupe, puisqu\u2019un r\u00e9cent sondage effectu\u00e9 par l\u2019excellent site <a href=\"http:\/\/www.elephant-talk.com\" target=\"blank_\"><u>Elephant          Talk<\/u><\/a>, enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 Fripp &#038; Co., indiquait que pr\u00e8s de          40 % des fans classent <i>Red<\/i> et <i>Lark\u2019s Tongue in Aspic<\/i> au          premier rang de leurs albums pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, et avec un m\u00eame score, on retrouve          dans la cat\u00e9gorie \u00ab morceau favori \u00bb un titre de ces deux albums ! <br \/>         <br \/>         Toujours amateur de montagnes russes, le groupe canalise mieux son \u00e9nergie          et arrive enfin \u00e0 ajouter de la pr\u00e9cision dans l\u2019ex\u00e9cution, ce qui va          r\u00e9v\u00e9ler la puissance de King Crimson. On retrouve cela en live o\u00f9 la part          donn\u00e9e \u00e0 l\u2019improvisation devient pr\u00e9pond\u00e9rante et la violence de la musique          encore plus exacerb\u00e9e. T\u00e9moin de ce ph\u00e9nom\u00e8ne, le coffret <i>The Great          Deceiver<\/i> contient des <i>lives<\/i> de cette p\u00e9riode (72-74). Il est          aussi possible de se procurer \u00e0 moindre prix l\u2019excellent double <i>The          Night Watch<\/i>, plein d\u2019improvisations int\u00e9ressantes et contenant de          monumentales versions de \u00ab\u00a0Easy Money\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Fracture\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Lark\u2019s Tongue\u00a0\u00bb.          <br \/>         <br \/>         Sur <i>Lark\u2019s Tongue In Aspic<\/i> sorti en 1973, KC navigue entre douceur          (\u00ab\u00a0Exiles\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Book Of Saturday\u00a0\u00bb sur lesquels la guitare de Fripp se fait          plus suave et d\u00e9licate qu\u2019elle ne l\u2019a jamais \u00e9t\u00e9) et violence, avec la          premi\u00e8re partie de \u00ab\u00a0Lark\u2019s Tongue\u00a0\u00bb, qui constituera une nouvelle marque          de fabrique pour Krimson, de telle sorte que lorsqu\u2019il reviendra avec          <i>Thrak<\/i> en 1995, on l\u2019accusera de reprendre une formule d\u2019il y a          plus de vingt ans. C\u2019est dire la modernit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre pour l\u2019\u00e9poque !          <br \/>         <br \/>         <i>Starless And Bible Black<\/i> est, quant \u00e0 lui, clairement un ton en          dessous. Si des morceaux rock assez basiques tels que \u00ab\u00a0The Great Deceiver\u00a0\u00bb          sont plaisants, bon nombre de passages improvis\u00e9s privent le disque de          sa dynamique, m\u00eame si le morceau \u00ab\u00a0Trio\u00a0\u00bb s\u2019en sort avec les honneurs. <i>Starless\u2026<\/i>          souffre d\u2019un net manque d\u2019unit\u00e9, avec un long et retentissant \u00ab\u00a0Fracture\u00a0\u00bb          qui sauve la mise, de justesse. <br \/>         <br \/>         <i><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_4.jpg\" width=\"160\" height=\"156\" border=\"1\" align=\"left\">Red<\/i>,          paru en 1974 repr\u00e9sente tout le contraire, et pour beaucoup s\u2019\u00e9rige en          sommet de la carri\u00e8re du groupe. Avec le retour de Ian Mac Donald au saxophone          et une motivation maximum issue du cercle vertueux dans lequel \u00e9voluent          ses membres (quelle productivit\u00e9 en deux ann\u00e9es !), King Crimson accouche          d\u2019un OVNI, et ce \u00e0 plusieurs \u00e9gards.<br \/>         Premier point marquant : la production, totalement innovante pour l\u2019\u00e9poque.          La guitare para\u00eet tellurique, le jeu de Bruford, tout en syncopes, est          parfaitement restitu\u00e9 avec quelques petites trouvailles instrumentales,          et la voix de Wetton surplombe le tout. <i>Red<\/i> est un disque tr\u00e8s          compact (mis \u00e0 part l\u2019assez inutile \u00ab\u00a0Providence\u00a0\u00bb) : l\u2019instrumental \u00ab\u00a0Red\u00a0\u00bb          reprend la formule de \u00ab\u00a0Lark\u2019s Tongue\u00a0\u00bb en \u00e9paississant les riffs et en          augmentant la coh\u00e9sion de l\u2019ensemble, et \u00ab\u00a0Fallen Angel\u00a0\u00bb et son turbulent          petit fr\u00e8re \u00ab\u00a0One More Red Nightmare\u00a0\u00bb sont construits de mani\u00e8re tr\u00e8s similaires,          avec des contretemps incessants, un sax allum\u00e9, la guitares de Fripp en          contrepoint et une voix oscillant entre urgence et d\u00e9sespoir. <br \/>         <br \/>         Il faut noter qu\u2019aucun de ces deux titres n\u2019a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 en live, tandis          qu\u2019il faudra attendre le d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt pour entendre \u00ab\u00a0Red\u00a0\u00bb          pour la premi\u00e8re fois ! \u00ab\u00a0Starless\u00a0\u00bb est, quant \u00e0 lui, l\u2019un des plus beaux          morceaux engendr\u00e9s par le courant progressif. D\u00e9butant par une plage calme          avec Wetton et Fripp, \u00e0 l\u2019honneur sur une m\u00e9lodie cristalline, le milieu          du morceau est consacr\u00e9 \u00e0 un break bruitiste montant en pression jusqu\u2019\u00e0          l\u2019apoth\u00e9ose avec la reprise du th\u00e8me principal par Ian Mac Donald pour          un solo qu&rsquo;on ne peut s\u2019emp\u00eacher de se repasser trois fois avant d\u2019arr\u00eater          le disque ! S\u2019il est une oeuvre de KC que l\u2019on se doit d\u2019avoir, du point          de vue de la composition et de la production, et compte tenu de la puissance          qui s\u2019en d\u00e9gage, c\u2019est assur\u00e9ment <i>Red<\/i>, et c\u2019est par lui que les          n\u00e9ophytes se doivent de d\u00e9buter dans la riche discographie du groupe.<\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_5.jpg\" width=\"200\" height=\"97\" border=\"1\"><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">S\u2019arr\u00eater en pleine gloire, voil\u00e0 ce          que ne surent pas faire les dinosaures des ann\u00e9es 70 et que Crimson (ou          plut\u00f4t Fripp) a le courage de d\u00e9cider. Un dernier disque live, <i>USA<\/i>,          r\u00e9cemment r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en CD apr\u00e8s des ann\u00e9es d\u2019attente, sort pour t\u00e9moigner          de la br\u00e8ve tourn\u00e9e en soutien de <i>Red<\/i>. Ce t\u00e9moignage m\u00e9ritait d\u2019\u00eatre          d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9, tant les prestations du groupe \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9poque l\u00e9gendaires,          sans qu\u2019aucun enregistrement ne l\u00e9gitime cette r\u00e9putation devant la post\u00e9rit\u00e9.          Il n\u2019y a aujourd\u2019hui plus de place pour le doute : ce Crimson <i>Mark          Three<\/i> \u00e9tait v\u00e9ritablement \u00e0 part, comme les deux doubl\u00e9s anthologiques          \u00e0 New York que sont \u00ab Lament \u00bb, encha\u00een\u00e9 \u00e0 \u00ab Exiles \u00bb, et surtout \u00ab Fracture          \u00bb \u00e0 \u00ab Starless \u00bb. Un essentiel, encore. <br \/>         <br \/>         Place ensuite \u00e0 la diaspora. Wetton et Bruford s\u2019en vont former, avec          Alan Holdsworth et Eddie Jobson, le super groupe U.K., qui ass\u00e8nera deux          chocs de premi\u00e8re envergure avec <i>In The Dead Of Night<\/i> puis, sans          Holdsworth ni Bruford, et avec Bozzio, <i>Danger Money<\/i>. U.K. fournit          peut \u00eatre, avec <i>Red<\/i> justement, le meilleur compromis entre la puissance          du rock et l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 du progressif. Ces deux albums sont des pi\u00e8ces          ma\u00eetresses, injustement m\u00e9connues !<br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_6.jpg\" width=\"160\" height=\"133\" border=\"1\" align=\"right\">          Fripp lui, va apporter son talent \u00e0 de nombreux musiciens influents en          cette fin de d\u00e9cennie, et en premier lieu \u00e0 Brian Eno, sur deux disques          communs, <i>No Pussyfooting<\/i> et <i>Evening Star<\/i>, premiers sp\u00e9cimens          d\u2019<i>ambient music<\/i> et de \u00ab <a href=\"http:\/\/www.loopers-delight.com\/tools\/frippertronics\/frippertronics.html\" target=\"blank_\"><u>Frippertronics<\/u><\/a>          \u00bb, m\u00e9lange entre \u00ab Fripp \u00bb et \u00ab electronics \u00bb d\u00e9signant le jeu d\u2019une bande          magn\u00e9tique par deux magn\u00e9tophones en m\u00eame temps, dont l\u2019un enregistre          ce qui se passe dans la pi\u00e8ce quand l\u2019autre joue ce qui est sur la bande          : celui de gauche enregistre, puis la bande passe dans celui de droite          qui restitue le son. Ce son est enregistr\u00e9 sur la m\u00eame bande par le magn\u00e9tophone          de gauche, et est \u00e0 nouveau jou\u00e9 par l\u2019appareil de droite, pr\u00e9figurant          ainsi les effets de boucles notamment illustr\u00e9s ensuite, parmi tant d\u2019autres,          par Daevid Allen de Gong. Ces disques sont des t\u00e9moignages, il faut le          reconna\u00eetre, assez inaudibles, et en tout cas d\u2019une abstraction quasi-totale.          <br \/>         <br \/>         Bien plus int\u00e9ressante est la participation de Robert Fripp aux premiers          albums solos de Peter Gabriel, alors en fuite de Genesis. Il l\u2019aidera          \u00e0 accoucher d\u2019un rock moderne et puissant et, avec <i>II<\/i> et <i>III<\/i>,          il posera les jalons de ce que seront la production et la composition          des ann\u00e9es quatre-vingt, avec l\u2019aide de son comp\u00e8re Bruford.<br \/>         Ainsi, \u00ab Jeux Sans Fronti\u00e8res \u00bb (en l\u2019honneur du programme t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 du          m\u00eame nom), avec Kate Bush en invit\u00e9, est l\u2019un des premiers exemples d\u2019une          pop accessible et utilisant les nouvelles possibilit\u00e9s de l\u2019\u00e9lectronique.          Fripp posera aussi ses m\u00e9lodies sur le tube mondial \u00ab\u00a0Solsburry Hill\u00a0\u00bb,          morceau autobiographique o\u00f9 Gabriel raconte pourquoi il a quitt\u00e9 Genesis.          Puis c\u2019est au tour de David Bowie de s\u2019adjoindre les services du guitariste,          pour <i>Heroes<\/i> (que le Crim\u2019 2000 reprenait en final de ses shows          europ\u00e9ens) et <i>Scarry Monsters<\/i>. <br \/>         <br \/>         Fripp sort en 1978 son premier album solo, <i>Exposure<\/i>, excellent          compromis entre des morceaux commerciaux initialement \u00e9crits pour Gabriel          (on y retrouve d\u2019ailleurs une version bouleversante de \u00ab\u00a0Here Comes The          Flood\u00a0\u00bb, jou\u00e9e au piano par l\u2019ange, qui le reprendra \u00e0 son compte lors          de sa derni\u00e8re tourn\u00e9e) et des passages plus exp\u00e9rimentaux avec les \u00ab\u00a0Frippertronics\u00a0\u00bb.          De nombreux invit\u00e9s sont pr\u00e9sents : Darry Hall (avec qui il collaborera          \u00e9galement), Phil Collins, Peter Hammill pour un superbe \u00ab\u00a0Chicago\u00a0\u00bb (que          Hammill reprend en cl\u00f4ture de nombre de ses concerts), Jerry Marotta et\u2026          Tony Levin, alors bassiste de Gabriel, qui fera parti du prochain wagon          du Crim\u2019 en 1981 ! Destination : King Crimson <i>Mark Four<\/i>.<\/p>              <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>4.          1981-1984<\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_7.jpg\" width=\"160\" height=\"180\" border=\"1\" align=\"left\">C\u2019est          donc en 1981 que Robert Fripp se d\u00e9cide \u00e0 remettre le groupe sur pieds,          avec un personnel nouveau. Seul Bill Bruford continuera l\u2019aventure qui          avait pris fin en 1974, avec en prime l\u2019emploi de percussions \u00e9lectroniques.          Pour le reste, Fripp engage Adrian Belew comme chanteur, mais aussi \u2013          et c\u2019est in\u00e9dit \u2013 comme guitariste.<br \/>         L\u2019homme a d\u00e9j\u00e0 un passif musical charg\u00e9, puisqu\u2019il a collabor\u00e9 avec Frank          Zappa, le groupe pop Talking Heads et\u2026 Bowie, \u00e0 l\u2019instar de son recruteur          ! Il se r\u00e9v\u00e8lera \u00eatre un fid\u00e8le lieutenant du commandant Fripp et compensera          des capacit\u00e9s vocales moyennes par des lignes de chant toujours bien trouv\u00e9es          et une r\u00e9elle conviction dans leur interpr\u00e9tation (\u00e0 l\u2019instar de Wetton          et Lake).<br \/>         Derni\u00e8re pi\u00e8ce du puzzle, Tony Levin reprend le poste de bassiste laiss\u00e9          vacant par Wetton. Fripp et Levin se connaissaient bien, puisqu\u2019ils jou\u00e9          ensemble pour Peter Gabriel : bref, le monde est petit ! <br \/>         <br \/>         S\u2019ouvre alors la p\u00e9riode la plus controvers\u00e9e de l\u2019histoire King Crimson,          de 1981 \u00e0 1984, qui le vit accoucher de trois albums symbolis\u00e9s par trois          couleurs : rouge (un parall\u00e8le avec le dernier album en date \u00e0 l\u2019\u00e9poque)          pour <i>Discipline<\/i> &#8211; d\u2019ailleurs le premier nom du groupe avant que          Fripp ne se d\u00e9cide \u00e0 ressortir celui de KC du placard \u2013, bleu pour <i>Beat<\/i>,          dont le titre fait r\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9crivains am\u00e9ricains de la \u00ab\u00a0beat generation\u00a0\u00bb,          et jaune pour <i>Three Of A Perfect Pair<\/i>.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_8.jpg\" width=\"180\" height=\"119\" border=\"1\" align=\"right\">          Qu\u2019a-t-on reproch\u00e9 au Crim\u2019 <i>Mark Four<\/i> ? De ne plus \u00eatre progressif,          rien que \u00e7a ! Les r\u00e9alisations de cette incarnation se distinguent en          effet par certains morceaux tr\u00e8s commerciaux, aux refrains et aux m\u00e9lodies          facilement reconnaissables. Mais ce proc\u00e8s d\u2019intention para\u00eet un peu d\u00e9plac\u00e9.          King Crimson, m\u00eame dans ces morceaux accessibles, n\u2019oublie jamais la virtuosit\u00e9          technique (\u00ab\u00a0Sleepless\u00a0\u00bb en est le meilleur exemple) ni les trouvailles          ing\u00e9nieuses, notamment en terme de production o\u00f9, \u00e0 l\u2019instar de son travail          avec Gabriel, Fripp reste des ann\u00e9es en avance sur la concurrence. On          peut ajouter au d\u00e9bat que certains titres pr\u00e9figurent tout simplement          la musique industrielle (cette tendance allant croissant de <i>Discipline<\/i>          \u00e0 <i>Three Of A Perfect Pair<\/i> et, s\u2019ils en d\u00e9routent plus d\u2019un, restent          des exp\u00e9rimentations tr\u00e8s int\u00e9ressantes. <br \/>         <br \/>         C\u2019est donc avec <i>Discipline<\/i> que King Crimson rena\u00eet en 1981. Conform\u00e9ment          \u00e0 notre avant-propos, cet album du retour est un savant \u00e9quilibre de titres          quasi pop et de morceaux progressifs au sens large du terme, KC ayant          abandonn\u00e9 la plupart de ses marques distinctives des ann\u00e9es soixante-dix          pour s\u2019adonner sans retenue \u00e0 la modernit\u00e9.<br \/>         Ainsi, gr\u00e2ce \u00e0 cet aspect accessible, \u00ab\u00a0Elephant Talk\u00a0\u00bb, avec la guitare          \u00ab bramante \u00bb (!) de Fripp et Belew jouant au premier sens du terme un          personnage totalement ahuri, fera partie des classiques du Roi Pourpre          sur sc\u00e8ne. \u00ab\u00a0Matte Kudasai\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Please Wait For Me\u00a0\u00bb pour les non-nippophones)          ouvre la voie aux ballades du Crim\u2019, et \u00ab\u00a0Discipline\u00a0\u00bb, comme son pendant          \u00ab\u00a0Indiscipline\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9loignent des rivages de la chanson pour repr\u00e9senter          la facette \u00ab\u00a0sans compromission\u00a0\u00bb du groupe, avec des rythmes d\u00e9cal\u00e9s, des          breaks incessants et un certain d\u00e9dain pour la continuit\u00e9, voire m\u00eame          pour la m\u00e9lodie. <br \/>         <br \/>         <i>Beat<\/i> accentue encore cette schizophr\u00e9nie. Avec des morceaux comme          \u00ab\u00a0Heartbeat\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Two Hands\u00a0\u00bb, KC signe ses deux titres les plus FM, quasiment          ses seules balades, ce qui n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 leurs qualit\u00e9s (\u00ab\u00a0Heartbeat\u00a0\u00bb          a un refrain sympathique et \u00ab\u00a0Two Hands\u00a0\u00bb, dont les textes sont sign\u00e9s de          Madame Belew, est plein de sensibilit\u00e9 et de gr\u00e2ce).<br \/>         Mais cela suffit au public du groupe pour commencer \u00e0 gronder, d\u2019autant          que la majorit\u00e9 ne se reconna\u00eet pas non plus dans la facette \u00ab\u00a0folle\u00a0\u00bb du          groupe, incarn\u00e9e par \u00ab\u00a0Neurotica\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Sartori In Tanger\u00a0\u00bb, proches de \u00ab\u00a0Discipline\u00a0\u00bb,          avec un Belew au bord de la rupture, sur une musique pleine d\u2019urgence          et presque bruitiste. Pourtant, on voit que KC est en phase avec son \u00e9poque,          proposant une musique urbaine et violente, pleine de contradictions et          toujours sur le fil.<\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_9.jpg\" width=\"200\" height=\"144\"><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><i>Three Of A Perfect Pair<\/i>, ou l\u2019aboutissement          de la contradiction : les titres vont toujours plus loin dans la m\u00e9lodie,          la production synth\u00e9tique et le <i>mainstream<\/i>, comme en t\u00e9moigne \u00ab\u00a0Sleepless\u00a0\u00bb,          qui m\u00e9lange la voix envo\u00fbt\u00e9e de Belew et une section rythmique en \u00e9bullition          : Levin d\u00e9roule une ligne de basse rapide et hypnotique, Bruford \u00e9patant          toujours par sa justesse. L\u2019autre pan de la musique du groupe, \u00ab\u00a0Dig Me\u00a0\u00bb          et \u00ab\u00a0Industry\u00a0\u00bb, avec leurs instruments et voix compl\u00e8tement trafiqu\u00e9s et          leur totale absence de structure et de rep\u00e8res, d\u00e9concerteront l\u2019auditoire          du groupe. \u00ab\u00a0Nuages\u00a0\u00bb est un manifeste de l\u2019<i>ambient music<\/i> moderne,          tandis que \u00ab\u00a0Lark\u2019s Tongue In Aspic Part III\u00a0\u00bb atteint des sommets de destruction          et se fait l\u2019ap\u00f4tre de la violence la plus nihiliste. Notons que la r\u00e9\u00e9dition          japonaise de cet album pr\u00e9sente l\u2019int\u00e9r\u00eat de quatre boni. <br \/>         <br \/>         Toujours plus d\u00e9concertant, King Crimson ach\u00e8ve sa deuxi\u00e8me d\u00e9cennie marqu\u00e9e          par une libert\u00e9 artistique totale et\u2026 salutaire. Alors que Yes se meurt          en cherchant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 reproduire un deuxi\u00e8me hit, alors que \u00ab\u00a0Owner          Of A Lonely Heart\u00a0\u00bb tient davantage de l\u2019accident que d\u2019une r\u00e9elle volont\u00e9,          que Pink Floyd s\u2019ass\u00e8che avec le d\u00e9part de Waters et que Genesis a d\u00e9finitivement          embrass\u00e9 le <i>star system<\/i>, Crimson est le seul pilier de cette g\u00e9n\u00e9ration          \u00e0 conserver cet esprit d\u2019ind\u00e9pendance et d\u2019innovation qui ont fait les          ann\u00e9es soixante-dix.<br \/>         Cette position vaut au groupe une absence de reconnaissance internationale,          alors que &#8211; faudra-t-il \u00eatre de mauvaise foi pour ne pas le reconna\u00eetre          &#8211; il aurait pu en \u00eatre tout autrement par la simple volont\u00e9 de Fripp &#038;          Co. En effet, avec Gabriel, l\u2019\u00e9quipe des ann\u00e9es 80 avait d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 qu\u2019\u00eatre          pop lui \u00e9tait possible, tandis que Belew a prouv\u00e9 ses capacit\u00e9s comme          compositeur de talent. <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_10.jpg\" width=\"160\" height=\"123\" align=\"left\">          Cette m\u00eame position difficile \u00e0 assumer plaide aussi beaucoup pour l\u2019image          d\u2019une trilogie qui aurait mal vieilli, supportant le poids d\u2019une production          certes innovante et rafra\u00eechissante \u00e0 l\u2019\u00e9poque, mais qui, aujourd\u2019hui,          para\u00eet vraiment dat\u00e9e. Force est de constater qu\u2019elle sied pourtant parfaitement          aux morceaux. Ainsi, pour rem\u00e9dier \u00e0 cette \u00ab\u00a0particularit\u00e9\u00a0\u00bb et pour faire          d\u2019une pierre trois coups, pourquoi ne pas acqu\u00e9rir le superbe double concert          <i>Absent Lovers<\/i>, qui reprend les meilleurs moments de cette \u00e9poque          ? Il b\u00e9n\u00e9ficie en effet, comme la plupart des <i>lives<\/i>, d\u2019un son plus          rock et de quelques passages in\u00e9dits (ce solo de guitare sur \u00ab\u00a0Three Of          A Perfect Pair\u00a0\u00bb !). Enfin, les trois albums ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9s dans une          pochette cartonn\u00e9e fa\u00e7on vinyle (tout comme les albums de Genesis), avec          des boni. La version de \u00ab\u00a0Three\u00a0\u00bb vaut, d\u2019ailleurs, particuli\u00e8rement le          coup.<\/p>              <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>5.          1985-1996<\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_11.jpg\" width=\"130\" height=\"157\" border=\"1\" align=\"left\">Ici          intervient le second <i>interregnum<\/i> du King, comme se pla\u00eet \u00e0 l\u2019appeler          Fripp. Durant cette nouvelle p\u00e9riode d\u2019inactivit\u00e9, le musicien se montrera          encore plus discret, n\u2019apparaissant que dans \u00ab\u00a0The League Of Crafty Guitarists\u00a0\u00bb,          compos\u00e9 de\u2026 ses propres \u00e9l\u00e8ves ! Au sein de son \u00e9cole, Fripp formera de          nombreux guitaristes, comme les membres du California Guitar Trio, compos\u00e9          de trois de ses disciples. Mais il faut toutefois noter son association          r\u00e9ussie sur <i>The First Day<\/i> avec David Sylvian, ancien chanteur du          groupe pop \u00e0 forte tendance exp\u00e9rimentale Japan (qui a, du point de vue          du son, bien des points communs avec la formation de Fripp) avec une tourn\u00e9e          \u00e0 la cl\u00e9.<br \/>         C\u2019est \u00e0 cette occasion que Fripp jouera avec ceux qu\u2019il s\u00e9lectionnera          ensuite pour faire partie du <i>Mark Five<\/i> de King Crimson : rencontre          en studio avec le bassiste Trey Gunn, et sur sc\u00e8ne avec le percussionniste          Pat Mastelotto (ex-XTC). Sylvian aurait d\u2019ailleurs pu devenir le chanteur          de la nouvelle incarnation : des rumeurs pr\u00e9tendent que Fripp l\u2019avait          contact\u00e9 en 1991.<br \/>         Le guitariste pose dans le m\u00eame temps les bases de son label DGM (Discipline          Global Mobile \u2013 toute la philosophie de Fripp en trois lettres), pour          pr\u00e9server ses droits, aider de nouveaux artistes et proposer plus tard          des concerts in\u00e9dits de son groupe. <br \/>         <br \/>         Entre temps \u00e9galement, Bill Bruford \u2013 outre des aides sporadiques \u00e0 des          dizaines d\u2019artistes r\u00e9clamant une part de son g\u00e9nie \u2013 s\u2019occupe d\u2019Earthworks,          son projet Free Jazz en compagnie de Django Bates aux claviers et de Ian          Ballamy au saxophone. Adrian Belew, outre des sorties solo, participera,          en dehors de ses coups de main aux Crash Test Dummies et \u00e0 Tori Amos,          \u00e0 une des tueries chirurgicales les plus retentissantes de ce d\u00e9but de          d\u00e9cennie quatre-vingt-dix, <i>The Downward Spiral<\/i> de Nine Inch Nails.<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_12.jpg\" width=\"180\" height=\"132\" border=\"1\" align=\"right\">Mais          nous sommes en 1993 et il est \u00e0 nouveau temps pour King Crimson de ressusciter          une troisi\u00e8me fois. Comme Fripp ne fait jamais rien \u00e0 moiti\u00e9, il nous          sort un concept in\u00e9dit : Crimson est d\u00e9sormais constitu\u00e9 de deux trios,          vision qu\u2019il aurait eu lors d\u2019un \u00ab\u00a0flash\u00a0\u00bb (un peu mystique, Robert\u2026). Ainsi,          rien moins que deux guitaristes (Fripp et Belew), deux bassistes (Trey          Gunn et Tony Levin) et deux batteurs (Pat Mastelotto et Bill Bruford)          composent la nouvelle entit\u00e9 ! <br \/>         <br \/>         Autre originalit\u00e9 : KC sort en guise de faire part un mini album, <i>vrOOm<\/i>,          en 1994. Le disque est nomin\u00e9 deux fois aux Grammy Awards\u2026 On imagine          combien Fripp a d\u00fb \u00eatre boulevers\u00e9 ! On y retrouve un groupe \u00e9trangement          plus \u00e9quilibr\u00e9, toujours balan\u00e7ant entre morceaux accrocheurs (\u00ab\u00a0Dinosaur\u00a0\u00bb,          \u00ab\u00a0One Time\u00a0\u00bb) et grosses col\u00e8res (\u00ab\u00a0vrOOm\u00a0\u00bb), avec une production toujours          parfaite (guitares aff\u00fbt\u00e9es, rythmique jamais cacophonique malgr\u00e9 quatre          instrumentistes bavards). David Bottril est \u00e0 la production, et c\u2019est          lui qui, plus tard, signera le chef d\u2019\u0153uvre <i>Aenima<\/i> de Tool, ainsi          que <i>Scenes From A Memory <\/i> (en partie seulement) pour Dream Theater.<br \/>         Les fans sont surpris de retrouver dans <i>vrOOm<\/i> la recette de <i>Red<\/i>          reproduite quasiment \u00e0 l\u2019identique. Efficaces, les titres ne donnent plus          dans l\u2019exp\u00e9rimentation outranci\u00e8re et gardent tous une trame et une m\u00e9lodie.          <br \/>         <br \/>         <i>ThraK<\/i> ent\u00e9rine le retour en force de Crimson en 1995, contenant          d\u2019ailleurs tous les morceaux de <i>vrOOm<\/i>, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019excellent          et barjo \u00ab\u00a0Cage\u00a0\u00bb, dans des versions assez peu remodel\u00e9es. Seul \u00ab\u00a0ThraK\u00a0\u00bb,          titre de pure violence animale et d\u00e9crit par Fripp comme \u00ab\u00a0le son de 117          guitares frappant la m\u00eame corde en m\u00eame temps\u00a0\u00bb, ce qui est une m\u00e9taphore          assez juste, d\u00e9pareille un peu mais, encha\u00een\u00e9 aux percussions de \u00ab\u00a0B\u2019boom\u00a0\u00bb,          il reste int\u00e9ressant.<\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_13.jpg\" width=\"220\" height=\"93\" border=\"1\"><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Le groupe s\u2019embarque alors dans une          tourn\u00e9e mondiale, de France (un Z\u00e9nith parisien) en Argentine, o\u00f9 sera          enregistr\u00e9 le tr\u00e8s bon double live <i>Bboom<\/i>, parfait m\u00e9lange des titres          de toutes les \u00e9poques, avec \u00e9videmment une pr\u00e9f\u00e9rence pour la plus r\u00e9cente.          En revanche, <i>THRaKaTHaK<\/i> est un patchwork d\u2019improvisations p\u00e9nibles          et sans consistance \u00e0 oublier tr\u00e8s vite. Pour les amateurs, <i>D\u00e9j\u00e0 VrOOm<\/i>          est le premier DVD du Crim\u2019 et, non content d\u2019\u00eatre l\u2019un des premiers DVD          musicaux, s\u2019offre le luxe d\u2019\u00eatre \u00e9galement l\u2019un des premiers \u00e0 proposer          les diff\u00e9rents angles de vues que permet ce support !<\/p>              <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>5.          1997-2004<\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_14.jpg\" width=\"180\" height=\"133\" border=\"1\" align=\"left\">En          1997, Fripp d\u00e9cide (combien de phrases dans le dossier, de phases dans          l\u2019existence du groupe auront commenc\u00e9 ainsi !) de diviser le double trio          en \u00ab\u00a0unit\u00e9s de recherche-d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0ProjeKts\u00a0\u00bb. Ce qui devait          initialement \u00eatre une sortie isol\u00e9e d\u2019un projet entre Belew, Fripp et          Gunn, s\u2019applique en fait \u00e0 tout le groupe. Au tr\u00e8s bon succ\u00e8de le tr\u00e8s          mauvais, souvent sur un seul et m\u00eame disque (avec le double <i>Space Groove<\/i>,          et quatre concerts des diff\u00e9rentes formations). Un <i>best of<\/i>, <i>The          Deception Of The Thrush<\/i>, propose une vue d\u2019ensemble de ces \u0153uvres,          mais le r\u00e9sultat n\u2019atteint pas ce que peut valoir le Crim\u2019. <br \/>         <br \/>         En 2000 tombe la nouvelle : le double trio n\u2019existe plus. Bill Bruford          et son complice Tony Levin ont-ils quitt\u00e9 le navire ou ont-ils \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9s          par Captain Fripp ? La seule chose que l\u2019on sait, c\u2019est que ce sont les          fameuses \u00ab\u00a0divergences musicales\u00a0\u00bb (qui a donc invent\u00e9 cette tarte \u00e0 la          cr\u00e8me ?!), notamment sur l\u2019emploi des percussions \u00e9lectroniques (Bruford          voulant revenir \u00e0 son kit acoustique), qui sont responsables de l\u2019\u00e9clatement          de la formation. La paire rythmique n\u2019est pourtant pas d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e : Bill          continue l\u2019aventure Earthworks, avec un r\u00e9cent album et une tourn\u00e9e qui          s\u2019ach\u00e8ve, Tony sort des disques en solo et joue avec Liquid Tension Experiment          ou son autre acolyte de toujours, Peter Gabriel, et les deux ex-Krimson          forment avec Botti \u00e0 la trompette et David Torn \u00e0 la guitare le projet          BLUE, avec \u00e0 leur actif un excellent album (on retiendra \u00ab\u00a0Cerulean Sea\u00a0\u00bb          et son riff \u00ab Krimsonesque \u00bb, et \u00ab\u00a0Deeper Blue\u00a0\u00bb que l\u2019on croirait sorti          de la BO du <i>Grand Bleu<\/i>) ainsi qu\u2019un double <i>live<\/i> de qualit\u00e9.<\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_15.jpg\" width=\"200\" height=\"93\" border=\"1\"><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">En 2000 toujours, le quatuor restant          sort <i>The ConstruKtion Of Light<\/i>, d\u2019une violence assez surprenante.          La qualit\u00e9 est in\u00e9gale mais reste \u00e0 un niveau hors normes. Ainsi \u00ab\u00a0The          ConstruKtion Of Light\u00a0\u00bb, en deux parties, propose une section instrumentale          de qualit\u00e9 et un passage chant\u00e9 splendide o\u00f9 l\u2019on retrouve ces fameux          refrains avec la voix en d\u00e9crochage de Belew. Plus g\u00eanant, pour la premi\u00e8re          fois, Krimson semble se complaire \u00e0 \u00e9voquer le pass\u00e9. En effet \u00ab\u00a0Fraktured\u00a0\u00bb          et \u00ab\u00a0Lark\u2019s Tongue In Aspic Part IV\u00a0\u00bb reprennent les \u00e9l\u00e9ments de \u00ab\u00a0Fracture\u00a0\u00bb          sorti en 1974 et ceux des premi\u00e8res parties de \u00ab\u00a0Lark\u2019s Tongue\u00a0\u00bb !<br \/>         Cependant, le son tr\u00e8s moderne de l\u2019ensemble, la pr\u00e9cision chirurgicale          (\u00e9coutez les parties de guitares mi-cajoleuses mi-destructrices de \u00ab\u00a0Fraktured\u00a0\u00bb)          et la violence de ces longs instrumentaux en font des mod\u00e8les du genre,          sans r\u00e9volutionner pour autant la plan\u00e8te Crim\u2019. \u00ab\u00a0Prozac Blues\u00a0\u00bb (avec          la voix de Belew trafiqu\u00e9e pour imiter un Johnny Lee Hooker apr\u00e8s une          dizaine de whisky !) et \u00ab\u00a0The World\u2019s My Oyster Soup\u00a0\u00bb sont plus p\u00e9nibles,          un peu mous et gorg\u00e9s de distorsions. <br \/>         <br \/>         C\u2019est ensuite l\u2019heure de la tourn\u00e9e, avec un passage \u00e0 l\u2019Olympia (cf.          Progressia \u00ab papier \u00bb num\u00e9ro 13), au cours duquel on vit quelques personnes          quitter la salle devant tant de violence instrumentale\u2026 Cette s\u00e9rie de          concerts est l\u2019occasion de sortir un triple concert de tr\u00e8s bonne facture,          avec 45 minutes de vid\u00e9o sur CD-Rom. Les amateurs auront d\u2019ailleurs pu          remarquer que sur sc\u00e8ne, cet album se bonifie et que sa production si          clinique s\u2019efface au profit d\u2019un son plus chaud. <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_kc_16.jpg\" width=\"160\" height=\"165\" border=\"1\" align=\"right\">          En 2001, le groupe s\u2019attelle \u00e0 son prochain album : composition en mai          et enregistrement pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 Nashville, durant une tourn\u00e9e en premi\u00e8re          partie de Tool, aux Etats-Unis seulement ! Durant cette p\u00e9riode, le groupe          change de main en mati\u00e8re de distribution et de label, puisqu\u2019il signe,          \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, un contrat avec Sanctuary, le label qui r\u00e9cup\u00e8re          des groupes en moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut pour le dire (Iron Maiden,          Black Sabbath, Megadeth, Queensr\u00ffche\u2026).<br \/>         DGM est n\u00e9anmoins maintenu en vie et continue de sortir les disques de          la galaxie Crimson, ainsi que les nombreuses archives du groupe. Comme          pour <i>Thrak<\/i>, ce nouvel album, <a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4&#038;articleid=47&#038;part=page1\" target=\"blank_\"><u><i>The          Power to Believe<\/i><\/u><\/a>, est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par un EP tr\u00e8s compl\u00e9mentaire,          <u><i>Happy          With What You Have To Be Happy With<\/i><\/u> \u00e0 la fois acoustique,          <i>live<\/i> et studio. <br \/>         <br \/>         L\u2019album, lui, voit King Crimson exploiter de plus en plus l\u2019\u00e9lectronique          et l\u2019exp\u00e9rimentation, avec succ\u00e8s. Fripp conc\u00e8de \u00e9galement la production          \u00e0 un tiers, Machine (White Zombie, PitchShifter), ce qui r\u00e9ussit bien          au groupe, qui propose ainsi une sorte de synth\u00e8se de sa p\u00e9riode 1994-2002          : une ballade avec \u00ab Eyes Wide Open \u00bb, une orientation presque n\u00e9o-metal          avec \u00ab Happy with What You Have to be Happy With \u00bb, et surtout l\u2019aspect          tortueux, comme sur \u00ab Level Five \u00bb ! La France b\u00e9n\u00e9ficiera lors de la          tourn\u00e9e d\u2019un passage <a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4&#038;articleid=94&#038;part=page1\" target=\"blank_\"><u>Palais          des Congr\u00e8s<\/u><\/a> de Paris ainsi qu\u2019un concert \u00e0 Nice au <a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4&#038;articleid=98&#038;part=page1\" target=\"blank_\"><u>Palais          Nika\u00efa<\/u><\/a>. Autre \u00e9v\u00e9nement pr\u00e9sent dans nos pages, une <a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4&#038;articleid=45&#038;part=page1\" target=\"blank_\"><u>interview          d&rsquo;Adrian Belew<\/u><\/a> ! <br \/>         <br \/>         Un double DVD et CD, restituant les prestations de Tokyo et de Londres          est attendu pour cet hiver, distribu\u00e9 par DGM et proposant encore une          nouvelle innovation concernant le format DVD : le second disque g\u00e9n\u00e8re          al\u00e9atoirement les images du concert film\u00e9 en 2000, chaque vision \u00e9tant          donc unique ! Une nouvelle phase de pause est ensuite pr\u00e9vue, plus courte          qu\u2019auparavant. <br \/>         <br \/>         Mais au moment du bouclage de ce dossier, cette derni\u00e8re \u00ab actualit\u00e9 \u00bb          s\u2019est av\u00e9r\u00e9e erron\u00e9e, comme bien des choses que l\u2019on cro\u00eet savoir sur          King Crimson, sa musique, son histoire ou Fripp en particulier. Comme          nous l\u2019annoncions r\u00e9cemment, Trey Gunn quitte le navire, laissant le groupe          orphelin d\u2019un bassiste l\u2019ayant accompagn\u00e9 pendant plus d\u2019une d\u00e9cade, mais          aussi d\u2019un contributeur important \u00e0 l\u2019\u00e9volution du son du Krim\u2019.<br \/>         Cependant, ne laissant pas le temps au public de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un rempla\u00e7ant          \u00e9ventuel, Fripp annonce quelques jours plus tard le retour de\u2026 Levin au          sein du groupe, alors que personne n\u2019osait m\u00eame \u00e9voquer cette hypoth\u00e8se,          tant elle paraissait compromise. Plus surprenant encore, Gunn pourrait          jouer le r\u00f4le de cinqui\u00e8me membre, en studio notamment. Le groupe devrait          commencer les r\u00e9p\u00e9titions en avril 2004 pour des dates de tourn\u00e9es durant          l\u2019\u00e9t\u00e9. L\u2019avenir, c\u2019est donc bien ce qu\u2019a toujours incarn\u00e9 King Crimson,          et qui a manqu\u00e9 \u00e0 tant d\u2019autres ! <br \/>         <br \/>         C\u2019est sur cet \u00e9ni\u00e8me retournement de situation que nous refermons le dernier          chapitre de ce dossier \u2013 jusqu\u2019au prochain ! &#8211; en vous invitant, si cela          n\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait, \u00e0 d\u00e9couvrir le groupe par vous-m\u00eame et, nous l\u2019esp\u00e9rons,          \u00e0 ne pas vous en remettre !<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Djul<\/strong><\/p>  &nbsp;","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER : King Crimson Le 13 janvier 2004, King Crimson aura 35 ans et pas&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":22101,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22100"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22100"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22100\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22101"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22100"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22100"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22100"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}