{"id":22078,"date":"2007-04-01T00:00:00","date_gmt":"2007-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/33da7f75039533fd688c531c4df2c7cd_XL.jpg"},"modified":"2007-04-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-03-31T22:00:00","slug":"22078","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/04\/01\/22078\/","title":{"rendered":"&#8211; Sous-genres oubli\u00e9s"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>ENQUETE : Les sous-genres oubli\u00e9s du prog<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"13%\" valign=\"top\" class=\"maintext\"> <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><b>D\u2019aucuns peuvent consid\u00e9rer que le rock progressif n\u2019est pas un genre musical \u00e0 proprement parler, puisque par d\u00e9finition il pr\u00f4ne un m\u00e9lange des styles et les accouplements a priori contre nature. Le pr\u00e9sent dossier, qui n\u2019a aucune pr\u00e9tention d\u2019exhaustivit\u00e9, a n\u00e9anmoins pour but de soutenir le point de vue selon lequel toute musique est progressive d\u00e8s lors qu\u2019une association atypique et ambitieuse est r\u00e9alis\u00e9e au sein d\u2019une oeuvre musicale. Heavy metal progressif, Rock In Opposition, Art Rock, Canterbury, Krautrock, neo prog,\u2026 sont autant de sous-genres bien connus de l\u2019amateur de prog rock au sens large du terme. L\u2019ambition de cet article est d\u2019illustrer que de nombreux autres courants, certains beaucoup moins connus, peuvent sans peine se r\u00e9clamer de la m\u00eame appartenance. Death metal musette, post-schlager ou encore MIO (Minuet In Opposition) sont autant d\u2019\u00e9manations modernes d\u2019un genre qui f\u00eatera bient\u00f4t ses quarante ann\u00e9es d\u2019existence.  <\/b><\/p>\n<p>         <i>Par Jean Philippe Haas<\/i><\/p>\n<p> <b>Le death metal musette<\/b><\/p>\n<p>  N\u00e9 vers le milieu des ann\u00e9es quatre-vingt dix, ce courant musical est le fruit d\u2019une collaboration entre un obscur groupe de death metal su\u00e9dois, Butchers Of Doom, et un accord\u00e9oniste allemand, Werner Von Lustig, bien connu des septuag\u00e9naires pour ses participations au groupe folklorique Die Lustige Spa\u00dfv\u00f6gel et pour ses albums solo tous best-sellers. Deux mondes, deux publics que tout s\u00e9pare en apparence. Comment ces musiciens ont-ils \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 se rencontrer puis \u00e0 collaborer pour donner naissance \u00e0 l\u2019un des courants musicaux les plus originaux de la fin du XX\u00e8me si\u00e8cle ? <\/p>\n<p>  En 1988, Von Lustig sort son multi-platin\u00e9 <i>Lied des Eichh\u00f6rnchens<\/i>. L\u2019assistant de l\u2019ing\u00e9nieur du son responsable de cet album culte est un jeune stagiaire, nomm\u00e9 Olaf Svensson,  plein de fougue et d\u2019admiration pour le v\u00e9t\u00e9ran germain. Von Lustig recherche depuis longtemps un nouveau son et travaille depuis 1985 sur l\u2019am\u00e9lioration de la palette sonore de l\u2019accord\u00e9on. Mais n\u2019\u00e9tant pas \u00e0 proprement parler \u00e0 la page en mati\u00e8re de traitement du son, il lui faut un sp\u00e9cialiste pour l\u2019assister dans ses recherches. Apr\u00e8s la tourn\u00e9e europ\u00e9enne triomphale qui suit la sortie de <i>Lied des Eichh\u00f6rnchens<\/i>, Von Lustig se souvient de ce jeune assistant si enthousiaste. Svensson accepte imm\u00e9diatement de travailler avec l\u2019ic\u00f4ne de l\u2019accord\u00e9on mondial. Amateur de musiques extr\u00eames, Svensson soumet \u00e0 Von Lustig quelques propositions originales, dont celle de saturer le son de l\u2019accord\u00e9on pour en tirer ce qu\u2019il convient d\u2019appeler aujourd\u2019hui des <i>riffs<\/i> musette. Impressionn\u00e9 par le r\u00e9sultat, Von Lustig met ainsi au point le d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre <i>AccorDemon<\/i> qui est \u00e0 l\u2019accord\u00e9on ce que la Flying V est au luth. Tout naturellement, l\u2019id\u00e9e de collaborer avec un groupe de hard-rock germe dans l\u2019esprit de Von Lustig. Olaf Svensson propose donc \u00e0 ce dernier de le mettre en contact avec son cousin, Erik Ronstr\u00f6m, guitariste des Butchers Of Doom. <\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/pda_2007_1.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"left\" border=\"1\">S\u2019ensuivent en 1992 et 1993 plusieurs rencontres enthousiasmantes de part et d\u2019autre, \u00e0 l\u2019issue desquelles des \u00e9bauches de compositions voient le jour. Butchers Of Doom est rebaptis\u00e9 Accordion Of Doom et en mars 1995, apr\u00e8s sept mois d\u2019enregistrement, sort le premier  album du genre (et unique effort du groupe), le cultissime <i>Waltz Of The Butcher<\/i>. Le death metal musette est n\u00e9. Le terme n\u2019est pas une traduction malgr\u00e9 ce qui a pu \u00eatre dit par la suite, c\u2019est bien ainsi que Von Lustig a qualifi\u00e9 ce style, comme le souligne Svensson dans son autobiographie, <i>Great Baloche Of Fire<\/i> (2004). <\/p>\n<p>  Suite au succ\u00e8s dans l\u2019underground m\u00e9tallique de cet album fondateur, de nombreuses autres formations se lancent sur les traces d\u2019Accordion Of Doom avec plus ou moins de bonheur et une flop\u00e9e d\u2019albums envahit les bacs entre 1995 et 1999. Citons les plus remarquables : <i>Chips and White Wine from Hell<\/i> (Cursed Berets, 1995), <i>Burning Dancefloor<\/i> (Guinguett\u2019s Madness, 1997), <i>Ballroom Massacre<\/i> (Horny Horner\u2019s, 1998). Etrangement, aucun groupe fran\u00e7ais ne r\u00e9pond \u00e0 l\u2019appel du death metal musette\u2026 <\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/pda_2007_2.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"right\" border=\"1\">Depuis quelques ann\u00e9es, le genre est moribond. Quelques formations sortent malgr\u00e9 tout des disques contre vents et mar\u00e9es. Ainsi, Waltz Terror a sorti en 2006 son impressionnant <i>Lethal Blue Java<\/i>, album conceptuel de pr\u00e8s de quatre-vingt minutes. Interpr\u00e9t\u00e9 par une formation minimaliste AccorDemon-orgue-batterie, il traite de la d\u00e9liquescence de la jeunesse et des d\u00e9rives id\u00e9ologiques des musiques extr\u00eames. Enfin, 2007 verra la sortie des albums de deux v\u00e9t\u00e9rans de la sc\u00e8ne death musette : <i>Necrophobic Flons-Flons From Outer Space<\/i> de Guinguett\u2019s Madness (Br\u00e9sil) et <i>Evil Ghosts Of Verchuren<\/i> de Terror In The Pont-De-Danse (Suisse). <\/p>\n<p>  <i>L\u2019auteur tient \u00e0 remercier les membres du forum de Progressia qui, par leur connaissance du style, lui ont \u00e9t\u00e9 d\u2019une grande aide pour r\u00e9diger cet article. <\/i><\/p>\n<p>   <b>Le MIO (Minuet In Opposition)<\/b><\/p>\n<p>  Qui aurait imagin\u00e9 que cette danse (\u201c&nbsp;menuet&nbsp;\u00bb en fran\u00e7ais), popularis\u00e9e sous Louis XIV, se ferait un jour accompagner par une formation rock ? Le ma\u00eetre de danse Pierre Rameau (1674 &#8211; 1748) se retournerait sans doute dans sa tombe s\u2019il savait que son ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence \u201c&nbsp;Le Ma\u00eetre \u00e0 danser&nbsp;\u00bb fut mis \u00e0 mal presque trois si\u00e8cles plus tard, un beau jour de novembre 1978 plus pr\u00e9cis\u00e9ment. En effet, alors que le rock progressif est dans la tourmente, honni par la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de rockers qui hurlent leur \u201c&nbsp;No Future&nbsp;\u00bb \u00e0 qui veut bien les entendre (et ils seront nombreux !), quelques artistes \u00e0 la formation classique, s\u2019inspirant du courant Rock In Opposition n\u00e9 quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, vont oser le m\u00e9lange entre rock sophistiqu\u00e9 et danse baroque. L\u2019\u00e9poque du rock th\u00e9\u00e2tral \u00e0 la Genesis est r\u00e9volue ? Que leur importe ! L\u2019heure du rock progressif dans\u00e9 a sonn\u00e9 ! <\/p>\n<p>  En v\u00e9rit\u00e9, ces deux genres \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 se rencontrer. En effet, de nombreuses formations de RIO n\u2019ont-elles pas incorpor\u00e9 de la musique de chambre \u00e0 leurs compositions ? C\u2019est une bande d\u2019\u00e9tudiants de l\u2019Universit\u00e9 du Massachusetts qui va donner naissance au MIO sous le nom de Schizo\u00efd Minuet. Compos\u00e9 d\u2019une base rock (guitare, basse, batterie), d\u2019une excroissance classique (clarinette, violoncelle, clavecin) et de quatre paires de danseurs de menuet, ce groupe de jeunes am\u00e9ricains insouciants et enthousiastes commence \u00e0 se produire sur le campus de la c\u00e9l\u00e8bre universit\u00e9 au printemps 1977 puis, devant le succ\u00e8s rencontr\u00e9 dans le milieu estudiantin, sur des sc\u00e8nes rock de Boston et de sa r\u00e9gion. Schizo\u00efd Minuet propose un spectacle \u00e0 la fois sonore et visuel comme personne n\u2019en avait encore jamais vu ni entendu \u00e0 l\u2019\u00e9poque : des musiciens v\u00eatus dans un style \u201c&nbsp;Cour de Versailles&nbsp;\u00bb jouant une musique alambiqu\u00e9e, parfois dissonante, accompagn\u00e9s par des danseurs aux mouvements \u00e9tranges, aux pas asym\u00e9triques. <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/pda_2007_3.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"left\" border=\"1\">Malheureusement, la jeunesse am\u00e9ricaine de la fin des ann\u00e9es soixante-dix n\u2019est que tr\u00e8s peu sensible, voire hostile \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un style musical qui repr\u00e9sente pour elle le pass\u00e9 et la ringardise, loin de ses pr\u00e9occupations. Apr\u00e8s quelques incidents survenus lors de concerts (et provoqu\u00e9s par des bandes de jeunes gens vindicatifs envers l\u2019image pr\u00e9cieuse et surann\u00e9e que v\u00e9hicule le groupe), Schizo\u00efd Minuet d\u00e9cide la mort dans l\u2019\u00e2me d\u2019abandonner l\u2019id\u00e9e des spectacles vivants pour se concentrer sur l\u2019\u00e9criture d\u2019une com\u00e9die musicale. Alors que le terme Minuet In Opposition commence \u00e0 circuler, le groupe enregistre un premier album, <i>In The Court Of The Sun King<\/i> (1978), destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre le support musical d\u2019un moyen-m\u00e9trage du m\u00eame nom, qui h\u00e9las ne verra jamais le jour, faute de moyens. En effet, dans le contexte culturel de l\u2019\u00e9poque, personne n\u2019est pr\u00eat \u00e0 investir une grosse somme d\u2019argent dans la production d\u2019un film aussi ambitieux qu\u2019anti-commercial. Incompris, l\u2019album passera donc inaper\u00e7u mais posera des fondations pour toute une g\u00e9n\u00e9ration de jeunes talents issus des \u00e9coles de danse et attir\u00e9s par la complexit\u00e9 d\u2019un rock progressif alors en hibernation. Ainsi, des formations similaires se mont\u00e8rent aux quatre coins des Etats-Unis, et notamment sur la c\u00f4te Ouest. Une seule d\u2019entre elles connut vraiment le succ\u00e8s,  Warriors of the Minuet Step, qui se produisit pendant plus d\u2019un an \u00e0 l\u2019American Conservatory Theater de San Francisco. <\/p>\n<p>  Techniquement et esth\u00e9tiquement parlant, la mise en image <i>In The Court Of The Sun King<\/i> promettait pourtant d\u2019\u00eatre une flamboyante r\u00e9ussite. En effet, aux mod\u00e8les standards du menuet (Le menuet a une m\u00e9trique ternaire et se joue en mesure \u00be), le <i>MIO<\/i> incorpore des temps en 5\/6, 9\/8 et 15\/13 et cr\u00e9e de nouveaux pas de danse qui font voler en \u00e9clat les traditionnels demi-coup\u00e9s du pied droit puis gauche, pas \u00e9lev\u00e9 du pied droit puis gauche. Mais le MIO ne se d\u00e9crit ni ne s\u2019\u00e9coute. Il se regarde. Et peu d\u2019images peuvent actuellement attester de la beaut\u00e9 d\u2019un spectacle tel que celui-ci. Certaines bandes assez bien conserv\u00e9es auraient \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es r\u00e9cemment par quelques membres de feu Schizo\u00efd Minuet et un DVD serait en pr\u00e9paration. Il s\u2019agirait d\u2019un spectacle de mars 1979, film\u00e9 au \u201c&nbsp;BBQ Paradise&nbsp;\u00bb, un restaurant de la banlieue de Boston tr\u00e8s pris\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Quelques semaines apr\u00e8s ce concert, le groupe se dissoudra. Un second album \u00e9tait en phase d\u2019\u00e9criture et ne vit jamais le jour. Attendu avec impatience par une poign\u00e9e de fans, ce DVD pourrait bien \u00eatre l\u2019acteur d\u2019une reconnaissance tardive mais \u00f4 combien m\u00e9rit\u00e9e d\u2019un genre injustement m\u00e9sestim\u00e9. <\/p>\n<p>  Culte, le mouvement MIO conna\u00eet actuellement une r\u00e9surgence sous la forme d\u2019un nouveau sous-genre appel\u00e9 Ambient MIO. Plus moderne, l\u2019Ambient MIO abandonne les instruments classiques au profit de textures \u00e9lectroniques et les costumes du XVII\u00e8me si\u00e8cle pour des tenues plus actuelles. Les formations les plus int\u00e9ressantes s\u2019appellent Sonic Menuetto, The Electro-Lullys ou encore Baroque Dichotomy. <\/p>\n<p>   <b>La post-schlager<\/b><\/p>\n<p>  Ou quand Sigur R\u00f3s rencontre Heino. La post-schlager est sans doute la fusion la plus \u00e9tonnante (et la plus r\u00e9cente) parmi celles \u00e9voqu\u00e9es dans cet article. C\u2019est aussi probablement la plus r\u00e9ussie, malgr\u00e9 une gen\u00e8se tout \u00e0 fait improbable. Rappelons tout d\u2019abord certaines d\u00e9finitions. <br \/> La schlager, musique populaire germanophone, est un genre centenaire. Elle peut \u00eatre d\u00e9finie, dans sa forme actuelle, par le terme \u201c&nbsp;vari\u00e9toche&nbsp;\u00bb dans le sens qu\u2019elle est caract\u00e9ris\u00e9e par une musique facile \u00e0 m\u00e9moriser, entra\u00eenante et des paroles simplistes, souvent sentimentales. <br \/> Le post-rock, genre musical d\u2019\u00e0 peine une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, utilise une instrumentation rock, incorpore des \u00e9l\u00e9ments de jazz, de musique \u00e9lectronique dans des compositions o\u00f9 la finalit\u00e9 se situe dans les atmosph\u00e8res, les textures sonores. Si les pr\u00e9curseurs s\u2019appellent Mark Hollis ou Stereolab, les repr\u00e9sentants actuels les plus connus du genre sont Tortoise, Godspeed You! Black Emperor, Sigur R\u00f3s ou encore Mogwai. Le style recouvre souvent une dimension politique, altermondialiste. <\/p>\n<p>  Comment un style avant-gardiste, anti-capitaliste dans l\u2019id\u00e9ologie a-t-il pu accepter un mariage contre-nature avec la chansonnette populaire et conservatrice repr\u00e9sent\u00e9e par la <i>schlager<\/i> ? L\u2019id\u00e9e est n\u00e9e du cerveau tortur\u00e9 d\u2019un jeune canadien d\u2019origine autrichienne, Frank Gartner. Berc\u00e9 depuis sa tendre enfance par la vari\u00e9t\u00e9 de ses parents qui \u00e9migr\u00e8rent au Canada dans les ann\u00e9es soixante-dix, Frank se trouve, d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt-dix aux avant-postes\u2026 du  post-rock. Guitariste \u00e0 ses heures, il entreprend de fonder un groupe avec quelques amis lyc\u00e9ens. Une demo na\u00eetra du garage dans lequel le groupe r\u00e9p\u00e8te alors. Une demo pas si anodine que \u00e7a puisque Frank, contre l\u2019avis de ses camarades, avouera-t-il plus tard, incorpore d\u00e9j\u00e0 dans certaines compositions des boucles ent\u00eatantes et des samples de paroles hypnotiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de fa\u00e7on lancinante (\u201c&nbsp;Ich bin allein, und frag warum&nbsp;\u00bb, ou \u201c&nbsp;Deine Schmerzen will ich heilen&nbsp;\u00bb). Tr\u00e8s rapidement remerci\u00e9 pas ses compagnons de jeu, Frank poursuit avec obstination ses projets musicaux en apprenant en autodidacte \u00e0 jouer d\u2019autres instruments, dont le tuba et la batterie. Quelques mois plus tard, c\u2019est sa petite amie qui prend ses distances avec un gar\u00e7on dont elle ne sait plus s\u2019il est ringard ou <i>fashion<\/i>. Dans le doute, elle d\u00e9cide de rompre. Frank conservera de cette rupture un go\u00fbt amer et cela s\u2019en ressentira d\u00e8s lors dans sa vie et ses compositions. Ainsi, Frank commence \u00e0 se cr\u00e9er un style vestimentaire particulier : chemises aux cols \u201c&nbsp;pelle \u00e0 tarte&nbsp;\u00bb, cheveux gomin\u00e9s, pantalons de cuir et vestes \u00e0 patches affichant des slogans altermondialistes. De m\u00eame, dans sa musique, sentiments exacerb\u00e9s et m\u00e9lodies \u201c&nbsp;fleur bleue&nbsp;\u00bb c\u00f4toient une symbolique pessimiste et des mont\u00e9es en puissance inqui\u00e9tantes. <\/p>\n<p>  Toujours plus investi dans son art, il enregistre en 2001 une maquette \u00e0 l\u2019aide d\u2019un simple ordinateur, qu\u2019il propose au label aujourd\u2019hui bien connu Constellation Records. <br \/> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/pda_2007_4.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"left\" border=\"1\">Imm\u00e9diatement sign\u00e9, Gartner sort en d\u00e9cembre 2001 son <i>Musak Is A Deadly ointment For The Heart<\/i>, v\u00e9ritable pav\u00e9 dans la mare d\u2019un style qui refuse tout compromis artistique. Honni par les uns, adul\u00e9 par les autres, il encha\u00eene aussit\u00f4t sur une s\u00e9rie de concerts dans tout le Canada puis se remet \u00e0 l\u2019ouvrage et compose <i>Ich Denk An Dich Fra\u00fclein And My Eyes Are Bleeding<\/i>, titre bilingue en forme d\u2019hommage aux deux cultures musicales qui l\u2019animent. L\u2019album sort au printemps 2003 et le succ\u00e8s est imm\u00e9diat. Gartner entame une nouvelle tourn\u00e9e et se voit proposer plusieurs dates aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et m\u00eame dans la m\u00e8re patrie de ses parents, l\u2019Autriche, qu\u2019il parcourra en long et en large pendant plusieurs semaines, rassemblant dans les m\u00eames salles la jeunesse militante et les quadrag\u00e9naires ultraconservateurs, sans qu\u2019aucun incident ne soit \u00e0 d\u00e9plorer. C\u2019est d\u2019ailleurs \u00e0 Innsbruck qu\u2019il enregistrera son premier DVD en 2006, lors d\u2019un concert avec Semino Rossi, star montante de la <i>schlager<\/i> d\u2019origine argentine. Le v\u00e9n\u00e9rable journal autrichien Wiener Zeitung n\u2019h\u00e9sitera d\u2019ailleurs pas \u00e0 \u00e9crire que \u201c&nbsp;Frank Gartner a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tablir une cha\u00eene humaine de l\u2019amiti\u00e9 entre les extr\u00eames&nbsp;\u00bb. A l\u2019heure actuelle, Gartner pr\u00e9pare son troisi\u00e8me album studio, dont le titre de travail est \u201c&nbsp;Volksmusik In A Sea Of Tears&nbsp;\u00bb. <\/p>\n<p>  Depuis trois ans, la sc\u00e8ne <i>post-schlager<\/i> est en pleine explosion. Pas moins d\u2019une douzaine de formations ont sorti ou sortiront un album en 2007. Le label allemand InsideOut a d\u2019ailleurs eu le nez creux en signant l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re le repr\u00e9sentant les plus prometteur du genre : Schlag dich ! Schwarzer Kaiser. Leur album <i>Praise Your Silly Love Songs To The Sky<\/i>, s\u2019annonce comme une mini-r\u00e9volution dans le genre, incorporant aux sch\u00e9mas invent\u00e9s par Frank Gartner des \u00e9l\u00e9ments de death metal musette\u2026 la boucle est boucl\u00e9e. <\/p>\n<p>  D\u2019autres mouvements musicaux r\u00e9cents auraient ais\u00e9ment pu figurer dans ce dossier : Ragamuffin-core, Art-zouk ou  Paillard-prog\u2019 sont de ceux-l\u00e0. Leur jeunesse et l\u2019absence de recul ne permettent n\u00e9anmoins pas de pr\u00e9dire leur p\u00e9rennit\u00e9, mais il est fort \u00e0 parier que Progressia sera parmi les premiers \u00e0 en parler le moment venu.  <\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><span class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/span>       <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ENQUETE : Les sous-genres oubli\u00e9s du prog D\u2019aucuns peuvent consid\u00e9rer que le rock progressif n\u2019est&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":22079,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22078"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22078"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22078\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22079"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22078"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22078"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22078"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}