{"id":22050,"date":"2008-07-19T00:00:00","date_gmt":"2008-07-18T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/59a67c2de9545ea538b72805374aff96_XL.jpg"},"modified":"2008-07-19T00:00:00","modified_gmt":"2008-07-18T22:00:00","slug":"22050","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/07\/19\/22050\/","title":{"rendered":"&#8211; Tritonales 6"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<p align=\"center\" class=\"titrerouge\"><u>FESTIVAL : LES TRITONALES 6<\/h1>\n<div align=\"center\"><span class=\"maintext\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_1.jpg\" width=\"240\" height=\"400\" border=\"1\" \/><\/span>      <\/div>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">                  <\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><b>Cette sixi\u00e8me \u00e9dition des Tritonales est \u00e0 l\u2019image du d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e musicale 2008\u00a0: en demi-teinte. Car si la qualit\u00e9 \u00e9tait bien l\u00e0, le plus souvent, l\u2019affluence n\u2019\u00e9tait pas au rendez-vous. La faute \u00e0 l\u2019Euro de football\u00a0? A la conjoncture \u00e9conomique frappant durement les portefeuilles d\u2019un public ne roulant pas sur l\u2019or\u00a0? A un net et paradoxal manque de curiosit\u00e9 des auditeurs de musiques progressives, qui ne se d\u00e9placeraient que pour les \u00ab&nbsp;grands&nbsp;\u00bb et laisseraient les \u00ab&nbsp;sans-grades&nbsp;\u00bb naviguer dans les eaux troubles\u00a0de salles \u00e0 moiti\u00e9 vides ? Ou \u00e0 la sarkoneurasth\u00e9nie ambiante\u00a0? La question ne sera pas tranch\u00e9e ici, mais toujours est-il que l\u2019on regrettera am\u00e8rement que certains bons concerts n\u2019aient touch\u00e9 que si peu de gens, au point que l\u2019on pourrait se demander\u00a0si le jeu d\u2019une programmation audacieuse et pointue en vaut encore la chandelle !<\/b><\/p>\n<p>    <b>Michael Manring \u2013 29 mai 20<\/b><strong>08<em> par Aleks L&eacute;zy<\/em><\/strong><\/p>\n<p>  Les Tritonales reprennent pour le plus grand plaisir des passionn\u00e9s de musiques d\u2019influence jazz et exp\u00e9rimentale. En ouverture d\u2019un festival qui verra notamment la pr\u00e9sence de Jannick Top et de Mats &#038; Morgan, sur plus de quatorze soir\u00e9es, le Triton a la grande joie d\u2019inviter Michael Manring. Le bassiste extra-terrestre, qui n\u2019en est pas \u00e0 sa premi\u00e8re venue sur la sc\u00e8ne lilasienne, est l\u2019homme id\u00e9al pour entamer les hostilit\u00e9s. Seul face \u00e0 un public pour le moins clairsem\u00e9, Michael propose tout d\u2019abord un set entre passages \u00ab&nbsp;ambiant&nbsp;\u00bb et purs \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9monstrations, jouant des m\u00e9caniques si particuli\u00e8res de son instrument.  Le timide musicien para\u00eet tr\u00e8s \u00e9mu de pouvoir pr\u00e9senter sa musique et montre sa reconnaissance \u00e0 l\u2019auditoire.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_2.jpg\" width=\"240\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">  Apr\u00e8s un festival de d\u00e9monstration m\u00eal\u00e9e \u00e0 de riches harmonies, m\u00e9lodies et sonorit\u00e9s d\u00e9clench\u00e9es sur son p\u00e9dalier, Michael Manring fait appel \u00e0 son ami guitariste du sud de la France Cyril Achard pour un duo nullement improvis\u00e9 mais qui cr\u00e9e la petite surprise de la soir\u00e9e. En effet, les deux musiciens viennent de sortir un album, <i>A Place in Time<\/i>, et en pr\u00e9sentent de ce fait quelques extraits bien sentis, dans une veine tr\u00e8s intimiste, avec Achard \u00e0 la guitare acoustique. La fin de concert laisse place \u00e0 des reprises, dont une d\u2019Elvis Presley. Le talent de Manring ne se mesure pas au nombre total de personnes se d\u00e9pla\u00e7ant pour le voir, et cette premi\u00e8re soir\u00e9e laisse un go\u00fbt tr\u00e8s agr\u00e9able au fond des oreilles, une saveur suave et douce et une impression de perfection instrumentale. Contrat rempli pour un homme seul face \u00e0 son public.<\/p>\n<p>  <b>Mats &#038; Morgan \u2013 30 mai 2008<\/b> <strong><em>par Aleks L&eacute;zy<\/em><\/strong><\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_3.jpg\" width=\"240\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">  Mats &#038; Morgan, c\u2019est plus qu\u2019une histoire d\u2019amiti\u00e9\u00a0: les deux prodiges de la musique jouent ensemble depuis qu\u2019ils sont enfants, le premier aux claviers malgr\u00e9 son handicap visuel et le second \u00e0 la batterie. C\u2019est avec Frank Zappa qu\u2019ils feront leurs premi\u00e8res armes dans la cour des grands. Ce duo su\u00e9dois infernal qui rencontre depuis quelques ann\u00e9es un succ\u00e8s grandissant pr\u00e9sente ce soir deux prestations, tout d\u2019abord sous la forme d\u2019un trio, avec la pr\u00e9sence aux c\u00f4t\u00e9s des deux escogriffes d\u2019un musicien de renom, Gustav Hielm, ex-bassiste du fameux groupe Meshuggah, puis sous la forme d\u2019un duo. La salle est pleine, une d\u00e9ferlante de connaisseurs et de curieux emplit chaque centim\u00e8tre carr\u00e9. Le spectacle promet d\u2019\u00eatre passionnant, et effectivement, c\u2019est une claque ph\u00e9nom\u00e9nale. Pas une seconde de musique n\u2019est gaspill\u00e9e, le trio explose les limites de la perfection, les polyrythmies d\u00e9coiffent, les m\u00e9lodies sont d\u00e9velopp\u00e9es sur des cadences effr\u00e9n\u00e9es et les musiciens donnent tout simplement l\u2019impression de s\u2019\u00e9clater en partageant un moment v\u00e9ritablement de fusion.  Ils passent en revue \u00ab&nbsp;Proppeler H\u00e4st&nbsp;\u00bb dans une version slow, \u00ab&nbsp;Sinus&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Advokaten&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;Ta Ned Trasan&nbsp;\u00bb, ainsi qu\u2019une jam autour d\u2019une s\u00e9rie de boucles. Gustav met le feu aux poudres, jouant comme un fou des parties cosmiques. Cette premi\u00e8re partie se termine sous les applaudissements.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_3b.jpg\" width=\"190\" height=\"240\" align=\"left\" border=\"1\">  Apr\u00e8s une courte pause, Mats et Morgan remontent sur sc\u00e8ne pour un duo improvis\u00e9 et magistral avant d\u2019entamer leur classique \u00ab&nbsp;En Schizofrens Dagbok&nbsp;\u00bb. Le son est propre, claquant et pr\u00e9cis : bravo \u00e0 l&rsquo;ing\u00e9nieur du son ! Les trois morceaux suivants sont un peu moins connus et figurent sur la <i>setlist<\/i> sous les trois pr\u00e9noms de \u00ab&nbsp;Daisy&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Tati&nbsp;\u00bb (pour \u00ab&nbsp;JF\u2019s Tati car&nbsp;\u00bb) et \u00ab&nbsp;Howard&nbsp;\u00bb, petit souvenir du double album <i>The Music Or the Money\u2026<\/i> sur lequel chacun dispose de son disque. En l\u2019occurrence, pour Morgan ce sera <i>Q<\/i> dans une version in\u00e9dite. Pour conclure, les deux gar\u00e7ons ne font pas dans la dentelle et savent parfaitement ce que le public attend. Ils le r\u00e9galent donc d\u2019un \u00ab&nbsp;Hollmervalsen&nbsp;\u00bb fr\u00e9n\u00e9tique, tout simplement impressionnant et jouissif. La soir\u00e9e est sur le point de se terminer, mais les applaudissements et une <i>standing ovation<\/i> permettent un petit rappel, avec \u00ab&nbsp;Baader Puff&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Paltsug&nbsp;\u00bb, les deux morceaux \u00e9tant bien distincts et s\u00e9par\u00e9s, \u00e0 l\u2019inverse de la version de <i>On Air With Guests<\/i>. Ce soir, le public a incarn\u00e9 le quatri\u00e8me membre du groupe, et pour beaucoup, cette prestation s\u2019est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre la toute meilleure de leurs venues en France. Il faut bien l\u2019avouer, ce fut excellent\u00a0!<\/p>\n<p>  <b>One Shot \u2013 31 mai 2008<\/b> <strong><em>par Fanny Layani et Aleks L&eacute;zy<\/em><\/strong><\/p>\n<p>  Si l\u2019on excepte le concert du mois de janvier o\u00f9 One Shot avait investi le Triton afin d\u2019y filmer, <i>live<\/i>, les titres de son nouvel album, c\u2019est le v\u00e9ritable bapt\u00eame du feu de <i>Dark Shot<\/i>, et c\u2019est surtout la premi\u00e8re occasion d\u2019entendre les nouveaux morceaux intercal\u00e9s dans une <i>setlist<\/i> reprenant toutes les compositions phares du groupe. Ce que l\u2019on pouvait pressentir \u00e0 l\u2019\u00e9coute de l\u2019album (vendu en exclusivit\u00e9 ce soir-l\u00e0, avant une distribution officielle en septembre) se confirme\u00a0: les nouvelles compositions sont extr\u00eamement sombres (plus de d\u00e9tails dans un prochain focus). En effet, si le concert commence sur un \u00ab&nbsp;Ewas Vader&nbsp;\u00bb \u00e9chevel\u00e9, rapidement, les <i>tempi<\/i> lents et lourds des nouveaux morceaux s\u2019imposent, tiraill\u00e9s entre le jazz fusion et un climat purement metal, \u00e0 tel point que l\u2019on peut ressentir un brutal effet de coup de frein, la ceinture de s\u00e9curit\u00e9 plaqu\u00e9e sur la poitrine, le souffle coup\u00e9.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_4.jpg\" width=\"240\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">  La prestation du groupe est extr\u00eamement puissante, et le collectif n\u2019a jamais paru aussi solide. Emmanuel Borghi est singuli\u00e8rement expressif, souvent debout, arque-bout\u00e9 sur ses claviers, jouant sans limites, comme si son d\u00e9part de Magma avait fait l\u2019effet d\u2019une lib\u00e9ration, cr\u00e9ant un r\u00e9el appel d\u2019air qu\u2019il s\u2019efforce de combler \u00e0 chaque note. Chaque musicien est profond\u00e9ment investi. La paire rythmique constitu\u00e9e de Daniel Jeand\u2019heur et Philippe Bussonnet semble plus imparable que jamais, et si l\u2019humour et la d\u00e9contraction sont omnipr\u00e9sents (les vannes fusent entre chaque morceau, et l\u2019on sent que le groupe joue \u00ab&nbsp;\u00e0 domicile&nbsp;\u00bb), la concentration est de mise. One Shot ne manque pas son rendez-vous et d\u00e9ploie une impressionnante force de frappe. Reste \u00e0 savoir si, \u00e0 terme, les nouveaux morceaux s&rsquo;int\u00e9greront r\u00e9ellement dans une <i>setlist<\/i> au sein de laquelle ils semblent pour l\u2019instant bien d\u00e9cal\u00e9s et obscurs.<\/p>\n<p>  <b>Phil Miller \u201cIn Cahoots\u201d \u2013 4 juin 2008<\/b><\/p>\n<p>  <i>Pour des raisons ind\u00e9pendantes de notre volont\u00e9, Progressia n\u2019a pu couvrir ce concert et n\u2019est donc pas en mesure d\u2019en proposer le compte-rendu.<\/i><\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_4b.jpg\" width=\"190\" height=\"240\" align=\"left\" border=\"1\"><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><b>Patrice Meyer invite John Etheridge \u2013 5 juin 2008<\/b> <strong><em>par Fanny Layani<\/em><\/strong><\/p>\n<p>         Patrice Meyer, le plus canterburien des guitaristes fran\u00e7ais, est un habitu\u00e9 du Triton dont il foule les planches chaque ann\u00e9e, notamment dans le cadre des Tritonales. Il s\u2019y est entre autre produit en compagnie de John Greaves, Hugh Hopper, Pip Pyle, Didier Malherbe, entre autres. Ne manquait plus, finalement, que John Etheridge\u00a0: voil\u00e0 qui est fait, et l\u2019aventure prend des airs de r\u00eave de gosse pour Patrice Meyer\u00a0!<\/p>\n<p>          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_5.jpg\" width=\"190\" height=\"240\" align=\"right\" border=\"1\"> Entre deux morceaux, ce dernier raconte sur sc\u00e8ne le souvenir que lui a laiss\u00e9 la premi\u00e8re \u00ab&nbsp;rencontre&nbsp;\u00bb musicale avec celui qui tint la guitare de Soft Machine de 1975 \u00e0 1978, dans la p\u00e9riode la plus fusionnelle du groupe, et qui participe au Soft Machine Legacy\u00a0: <i>\u00ab&nbsp;J&rsquo;avais dix-sept ans quand j&rsquo;ai vu John Etheridge pour la premi\u00e8re fois avec Soft Machine, au festival d&rsquo;Orange en 1975. Il \u00e9tait tellement bon que pendant tout le concert, je l&rsquo;ai pris pour Allan Holdsworth, qu&rsquo;il rempla\u00e7ait alors que l&rsquo;album <i>Bundles<\/i>, avec Allan \u00e0 la guitare, venait tout juste de sortir.&nbsp;\u00bb<\/i>. Aujourd\u2019hui, guitariste accompli, le jeune homme d\u2019alors partage la sc\u00e8ne avec ce grand britannique, pour un r\u00e9pertoire oscillant entre Soft Machine \u00e9poque <i>Softs<\/i> et Mahavishnu Orchestra (les deux groupes partageaient la m\u00eame sc\u00e8ne lors de cette fameuse tourn\u00e9e de l\u2019\u00e9t\u00e9 75).<\/p>\n<p>          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_5b.jpg\" width=\"190\" height=\"240\" align=\"left\" border=\"1\"> Cependant, si sur les premiers morceaux Patrice Meyer se place un peu en retrait, assurant majoritairement la rythmique, presque en retrait sur sc\u00e8ne, \u00e0 distance respectueuse de son a\u00een\u00e9 et lui laissant l\u2019espace et le temps de d\u00e9velopper son jeu chaleureux tout en finesse et harmoniques sur l\u2019introductif \u00ab&nbsp;Song of Aeolus&nbsp;\u00bb, l\u2019ambiance s\u2019\u00e9chauffe d\u00e8s \u00ab&nbsp;The Nodder&nbsp;\u00bb et les duels de guitare se font toujours plus tranchants et virtuoses, culminant avec un v\u00e9ritable concours de vitesse \u00e0 la guitare acoustique sur \u00ab&nbsp;500 Miles High&nbsp;\u00bb de Chick Corea. C\u2019est cependant sur les passages les plus fins que le duo (bien servi par une section rythmique rigoureuse, celle du trio de Patrice Meyer) se montre le plus subtil, frisant parfois avec la grande classe. L\u2019ambiance sur sc\u00e8ne est clairement \u00e0 la bonne humeur. Toutefois, la f\u00eate est un peu g\u00e2ch\u00e9e par une assistance plus que faible, comme trop souvent lors de ces Tritonales (une trentaine de personnes), et par un son globalement trop fort, rendant l\u2019\u00e9coute un peu fastidieuse en fin de concert.<\/p>\n<p>          <b>Le Lann \/ Top Quartet \u2013 6 juin 2008<\/b> <strong><em>par Fanny Layani<\/em><\/strong><\/p>\n<p>          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_6.jpg\" width=\"240\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\"> Le quartet men\u00e9 par Eric Le Lann et Jannick Top avait d\u00e9j\u00e0 investi les murs du Triton en d\u00e9cembre dernier (cette fois dans le cadre du <i>Bleu Triton Jazz Festival<\/i> , accompagn\u00e9 de Jean-Marie Ecay \u00e0 la guitare et Thierry Arpino \u00e0 la batterie). Il revient pour ces Tritonales avec deux jeunes musiciens qui n\u2019ont clairement pas l\u2019intention de laisser leur part \u00e0 d\u2019autres (Jim Grandcamp \u00e0 la guitare et le jeune prodige Damien Schmitt \u00e0 la batterie), ainsi qu\u2019un homme de l\u2019ombre aux \u00ab&nbsp;machines&nbsp;\u00bb, Fabien Colella. Si le guitariste ne prend pas toujours autant de place qu\u2019il le pourrait, le batteur, impressionnant de technique, se laisse parfois d\u00e9border par son enthousiasme, jusqu\u2019\u00e0 risquer de couvrir ses camarades, qui ne sont pourtant pas en reste. Progressia s\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait \u00e9cho des qualit\u00e9s de l\u2019album d\u00e9fendu ce soir, mais l\u2019impression laiss\u00e9e par ce concert est plus mitig\u00e9e. En effet, en dehors de quelques grands moments v\u00e9ritablement enthousiasmants, notamment lorsque guitare et basse se rejoignent en rythmique et installent, avec la batterie, un <i>groove<\/i> extr\u00eamement prenant (\u00ab&nbsp;Middle Acces&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Spirit&nbsp;\u00bb), on peut rester sceptique face \u00e0 la prestation du groupe, alors que le concert \u00e9tait pourtant diffus\u00e9 en direct sur une station parisienne sp\u00e9cialiste du jazz. D\u2019une part, les nombreux effets \u00e9lectroniques du disque sont reproduits par un ordinateur\u2026 tout simplement cach\u00e9, comme n\u2019ayant pas droit de cit\u00e9 sur sc\u00e8ne, n\u2019\u00e9tant pas reconnu comme un membre \u00e0 part enti\u00e8re de la formation (lors de la pr\u00e9sentation des musiciens, Fabien Colella manque d\u2019ailleurs de passer \u00e0 la trappe). Passe encore. Mais lorsque, d\u2019autre part, c\u2019est le th\u00e8me lui-m\u00eame (au saxophone) qui est fourni par la s\u00e9quence, et que tous les musiciens pr\u00e9sents face au public sont confin\u00e9s dans une posture d\u2019accompagnement, l\u2019effet est plus qu\u2019\u00e9trange. Enfin, malgr\u00e9 l\u2019enthousiasme et la bonne humeur perp\u00e9tuels de Jannick Top et des deux jeunes musiciens qui l\u2019accompagnent, on ne peut \u00eatre que tr\u00e8s \u00ab&nbsp;refroidi&nbsp;\u00bb par l\u2019attitude d\u2019Eric Le Lann\u00a0: jouant tr\u00e8s peu et souvent tr\u00e8s faux, quittant les territoires du <i>feeling<\/i> et de la <i>blue note<\/i> pour se hasarder dans les contr\u00e9es plus p\u00e9rilleuses de l\u2019harmonique manqu\u00e9e ou du quart de ton non assum\u00e9, clairement en retrait en fond de sc\u00e8ne et n\u2019ayant manifestement aucune envie d\u2019\u00eatre l\u00e0\u2026 On peut s\u2019interroger sur une telle attitude, ressemblant \u00e9trangement \u00e0 un sabotage en r\u00e8gle. C\u2019est d\u2019autant plus dommage que la musique de ce disque m\u00e9rite bien meilleur traitement sc\u00e9nique\u00a0!<\/p>\n<p>          <b>The World of Faton \u2013 11 juin 2008<\/b> <strong><em>par Christophe Manh&egrave;s<\/em><\/strong><\/p>\n<p>          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_6b.jpg\" width=\"240\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\"> Le CV d\u2019un musicien comme Fran\u00e7ois \u00ab&nbsp;Faton&nbsp;\u00bb Cahen ne lasse pas d\u2019\u00eatre impressionnant. Des premiers albums de Magma \u2014 il y a tout de m\u00eame quarante ans\u00a0! \u2014 \u00e0 ses nombreuses collaborations (Pip Pyle, Didier Lockwood etc.), en passant \u00e9videmment par Zao, le bonhomme en impose. Programm\u00e9 pour les Tritonales, voil\u00e0 qu\u2019il revient en animateur d\u2019une nouvelle formation, baptis\u00e9e <i>The World of Faton<\/i> : tout un programme. C\u2019est dans un Triton presque vide (\u00e0 peine une quinzaine de personnes), que le quatuor du sieur Faton tente donc de faire partager \u00e0 cette assistance clairsem\u00e9e les images d\u2019un monde que l\u2019on imagine enrichi de ses nombreuses exp\u00e9riences. Accompagn\u00e9 de son vieil acolyte Fran\u00e7ois Causse \u00e0 la batterie et de tr\u00e8s jeunes recrues, le saxophoniste L\u00e9onard Le Cloarec et la bassiste su\u00e9dois Petteri Parviaine, Faton d\u00e9roule plut\u00f4t un jazz plan-plan, \u00ab&nbsp;gouleyant&nbsp;\u00bb comme il aime \u00e0 le d\u00e9finir, c\u2019est-\u00e0-dire frais et l\u00e9ger, mais contre toute attente, sans grand caract\u00e8re, presque fade, parfois ennuyeux. Heureusement, la chaleureuse pr\u00e9sence de Charly Doll, invit\u00e9 aux percussions, anime la soir\u00e9e, son plaisir de jouer tr\u00e8s communicatif compense la pr\u00e9sence un peu molle de ses camarades. M\u00eame si la premi\u00e8re partie de soir\u00e9e est parfois enlev\u00e9e et encha\u00eene quelques pi\u00e8ces color\u00e9es et sympathiques, la seconde partie, aux teintes plus latines et nonchalantes, s\u2019av\u00e8re plut\u00f4t morne. Et de fait, sans la fi\u00e8vre qui l\u2019anime dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re sud, cette musique perd forc\u00e9ment un peu de son sens. Bref, si <i>The World of Faton<\/i> est loin d\u2019\u00eatre un monde antipathique, il ne s\u2019est pas non plus montr\u00e9 ce soir-l\u00e0 le plus passionnant qui soit. Peut-\u00eatre manquait-il le levain du public pour faire lever la p\u00e2te.<\/p>\n<p>          <b>Jannick Top \u201cInfernal Machina\u201d \u2013 12 juin 2008<\/b> <strong><em>par Fanny Layani<\/em><\/strong><\/p>\n<p>         Voici sans doute le moment le plus attendu de cette sixi\u00e8me \u00e9dition des Tritonales : le grand retour de Jannick Top \u00e0 ses premi\u00e8res amours musicales, du c\u00f4t\u00e9 des mondes obscurs de la zeuhl, courant qu\u2019il contribua \u00e0 cr\u00e9er aux c\u00f4t\u00e9s de Christian Vander (Magma) dans les ann\u00e9es soixante-dix. Loin des France Gall et autres Johnny Hallyday auxquels Top a, des d\u00e9cennies durant, pr\u00eat\u00e9 ses quatre cordes en quintes et son m\u00e9chant <i>groove<\/i> boost\u00e9 aux infrabasses, Infernal Machina est un retour aux sources, \u00e0 de nombreux \u00e9gards. <i>Flashback\u00a0: <\/i>en juin 2005, Magma avait pris ses quartiers au Triton, pour un mois de pr\u00e9sence continue, au cours duquel le groupe avait revisit\u00e9  chronologiquement son r\u00e9pertoire, en compagnie de multiples invit\u00e9s. Au cours de la seconde semaine, Jannick Top avait rejoint le groupe, pour un <i>Mekan\u00efk Destr\u00fckt\u00efw K\u00f6mmand\u00f6h<\/i> d\u2019anthologie, puis un <i>De Futura<\/i> apocalyptique, digne de son sous-titre souvent oubli\u00e9, \u00ab&nbsp;Hiroshima&nbsp;\u00bb. C\u2019est alors que Top avait rechut\u00e9, touch\u00e9 \u00e0 nouveau par le virus des musiques audacieuses et personnelles. Trois ans plus tard na\u00eet <i>Infernal Machina<\/i>, v\u00e9ritable op\u00e9ra tant par ses dimensions (neuf musiciens sur sc\u00e8ne ce soir-l\u00e0, mais pr\u00e8s d\u2019une vingtaine participent \u00e0 l\u2019album) que par son ambition.<\/p>\n<p>          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_7.jpg\" width=\"190\" height=\"260\" align=\"right\" border=\"1\"> Jannick Top n\u2019a pas l\u00e9sin\u00e9 sur les moyens, tant et si bien qu\u2019avant l\u2019entr\u00e9e des musiciens, on se demande o\u00f9 ils pourront bien trouver de la place sur sc\u00e8ne, tant celle-ci croule sous le mat\u00e9riel\u00a0! La priorit\u00e9 semble clairement donn\u00e9e \u00e0 la rythmique, confi\u00e9e \u00e0 trois musiciens\u00a0: Jon Grandcamp \u00e0 la batterie, ainsi que deux percussionnistes, dont Marcus Linon (batteur de Kourtyl et fils d\u2019une certaine\u2026 Stella Vander) aux percussions. C\u2019est quand il s\u2019aventure dans les contr\u00e9es de la zeuhl que Top est le meilleur, m\u00eame si le rappel tr\u00e8s appuy\u00e9 du th\u00e8me de \u00ab&nbsp;De Futura&nbsp;\u00bb est quelque peu insistant. Les climats cr\u00e9\u00e9s sont souvent v\u00e9ritablement envo\u00fbtants et obs\u00e9dants, oscillant entre zeuhl et musiques issues de diverses traditions du monde, le tout baignant dans une ambiance tr\u00e8s personnelle, avec quelques incursions presque pop, au piano notamment, tout \u00e0 fait singuli\u00e8res\u00a0! Cependant, cette premi\u00e8re incarnation sc\u00e9nique de l\u2019\u0153uvre ne convainc pas enti\u00e8rement. D\u2019une part parce que les voix oscillent entre le \u00ab&nbsp;limit\u00e9&nbsp;\u00bb (Jannick Top n\u2019est clairement pas chanteur) et le \u00ab&nbsp;franchement limite&nbsp;\u00bb (lorsque Nathalia Ermilova \u2013 qui a pourtant charm\u00e9 une grande partie de l\u2019assistance masculine du lieu et qui s\u2019est montr\u00e9e bien plus convaincante dans les parties choristes \u2013 s\u2019aventure en soliste et ne semble pas tout \u00e0 fait \u00e0 la hauteur, peinant \u00e0 s\u2019imposer sur le tapis de braises sonores que les messieurs qui l\u2019entourent jettent sous ses pas). D\u2019autre part, l\u2019usage de l\u2019informatique, aux mains de Fabien Cololla une fois encore, interroge\u2026 Souvent, elle n\u2019apporte pas grand-chose, si ce n\u2019est une certaine rigidit\u00e9 de l\u2019ensemble, ou des effets sonores qui pourraient para\u00eetre superflus. Cependant, cela permet certains clins d\u2019\u0153il, comme la voix reconnaissable entre mille de Klaus Blasquiz qui vient survoler la machine infernale durant quelques instants. Enfin, certaines questions se posent concernant l\u2019\u00e9quilibre de la formation \u00e0 neuf musiciens\u00a0: Thomas Enhco (violoniste \u00ab&nbsp;prot\u00e9g\u00e9&nbsp;\u00bb de Didier Lockwood \u2013 tiens, encore un ex-Magma) est tr\u00e8s sous-employ\u00e9, et l\u2019articulation entre batterie et percussions n\u2019est pas \u00e9vidente\u00a0: souvent \u2013 sauf dans les moments les plus charg\u00e9s rythmiquement \u2013 la batterie semble superflue, et s\u2019int\u00e8gre mal au son d\u2019ensemble (principalement du fait d\u2019une caisse claire m\u00e9tal dont le son brise v\u00e9ritablement l\u2019ensemble rythmique).<\/p>\n<p>          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_8.jpg\" width=\"190\" height=\"260\" align=\"left\" border=\"1\"> Une chose est s\u00fbre\u00a0: si une v\u00e9ritable incarnation sc\u00e9nique de ce projet peut avoir lieu, avec le nombre de participants requis pour donner vie \u00e0 cette musique plus qu\u2019ambitieuse, nul doute qu\u2019Infernal Machina prendra sa pleine dimension. De ce premier contact, on ne peut en effet s\u2019emp\u00eacher de concevoir une certaine frustration, une impression d\u2019inachev\u00e9 dont on aimerait se d\u00e9faire au plus vite. La seconde partie du concert est plus originale, Top ayant choisi de faire participer le public. On distribue alors une cinquantaine de\u2026 bassines en plastique, faisant office de percussions. S\u2019ensuit une s\u00e9quence \u2013 un peu longuette certains soirs \u2013 o\u00f9 les auditeurs, suivant les indications du bassiste-chef d\u2019orchestre, frappent, chantent et crient en fonction de la musique, semblant y prendre un v\u00e9ritable plaisir (Progressia reviendra sur cet \u00e9pisode lors d\u2019un entretien avec Jannick Top). Enfin, le concert se cl\u00f4t sur une \u00e9trange reprise, un \u00ab&nbsp;Come Together&nbsp;\u00bb (oui, celui-l\u00e0 m\u00eame, celui des Beatles, on ne r\u00eave pas), pass\u00e9 \u00e0 la moulinette du bassiste \u00e0 lunettes et qui d\u00e9cha\u00eene autant qu\u2019il d\u00e9concerte un public d\u00e9j\u00e0 bien fatigu\u00e9 mais encore enthousiaste.<\/p>\n<p>          <b>Setna + DFA \u2013 18 juin 1008<\/b> <strong><em>par Christophe Manh&egrave;s<\/em><\/strong><\/p>\n<p>        <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_9.jpg\" width=\"190\" height=\"240\" align=\"right\" border=\"1\"> Setna gagne \u00e0 \u00eatre connu, pas seulement pour la beaut\u00e9 et la finesse de sa musique, entre canterbury et zeuhl, mais parce qu\u2019il est rare de rencontrer des musiciens d\u2019une telle simplicit\u00e9 investis dans un projet musical aussi audacieux. En qu\u00eate d\u2019absolu, il faut bien le dire, les rouennais visent plus le c\u0153ur que la t\u00eate, ce qui leur \u00e9vite les d\u00e9rapages \u00e9gotiques de certains de leurs camarades. Apr\u00e8s la sortie de leur premier album, le magnifique <i>Cycle I<\/i>, fid\u00e8le reflet de leurs ambitions, il restait \u00e0 v\u00e9rifier les qualit\u00e9s sc\u00e9niques du groupe. Pendant cette soir\u00e9e, Setna partage la sc\u00e8ne avec les Italiens de DFA, groupe connu plus que vraiment reconnu, pour son jazz-rock enlev\u00e9 dans la lign\u00e9e des formations stars des \u00ab&nbsp;seventies&nbsp;\u00bb comme les Turinois d\u2019Arti+Maestri ou bien les prodigieux Milanais d\u2019Area.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_9b.jpg\" width=\"240\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\"> Pile \u00e0 l\u2019heure, les musiciens de Setna sont les premiers \u00e0 s\u2019installer derri\u00e8re leurs instruments. Habill\u00e9s de blanc, concentr\u00e9s, ils entament alors l\u2019interpr\u00e9tation de <i>Cycle I<\/i> dont ils respecteront la fascinante progression. Difficile \u00e9videmment de retrouver l\u2019aspect l\u00e9ger et feutr\u00e9 de l\u2019album dans les conditions \u00e9lectriques du <i>live<\/i>, mais dans l\u2019esprit cette musique reste inchang\u00e9e et ne perd ni son pouvoir de fascination, ni ce caract\u00e8re plut\u00f4t planant rehauss\u00e9 parfois d\u2019\u00e9nergiques saillies (les magnifiques soli de Nicolas Goulay sur son Fender Rhodes et son Minimoog). Port\u00e9 par l\u2019atmosph\u00e8re po\u00e9tique et particuli\u00e8rement sensuelle des m\u00e9lop\u00e9es, on se r\u00e9gale de la voix envo\u00fbtante de sir\u00e8ne zeuhl de Natacha Jou\u00eb. Nicolas Cand\u00e9, batteur inventif et leader solide, apporte quant \u00e0 lui un liant qui fait beaucoup pour l\u2019identit\u00e9 de sa formation. Souple, fine, on est loin de la rythmique martiale d\u2019un Christian Vander. Indiscutablement, tous les interpr\u00e8tes poss\u00e8dent une personnalit\u00e9 singuli\u00e8re mais chacun ne se pr\u00e9occupe que d\u2019une chose\u00a0: jouer collectivement la musique de Setna. Plus de doutes\u00a0: sur sc\u00e8ne, entre les magnifiques nappes de saxophone du charismatique Guillaume Laurent (l\u2019entame envo\u00fbtante du set lui doit beaucoup), les vagues subtiles du Fender Rhodes de Beno\u00eet Buge\u00efa qui peaufinent le son de l\u2019ensemble, et la basse de Christophe Blondel, pulsion aussi solide qu\u2019\u00e9l\u00e9gante, Setna est \u00e0 la hauteur des attentes que son album a fait na\u00eetre. La r\u00e9action enthousiaste du public \u00e0 la fin du show ne trompe pas\u00a0: nous tenons l\u00e0 une nouvelle r\u00e9f\u00e9rence capable de f\u00e9d\u00e9rer autour d\u2019elle les amateurs de musiques en perp\u00e9tuelle recherche, aussi bien esth\u00e9tique que philosophique. De plus, reconnaissons \u00e0 Setna le talent de rendre cet app\u00e9tit d\u2019id\u00e9al particuli\u00e8rement accessible.<\/p>\n<p>          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_10.jpg\" width=\"220\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\"> Apr\u00e8s cette excellente prestation, DFA est en charge d\u2019assurer la seconde partie de soir\u00e9e. Disons-le, les Italiens sont une d\u00e9ception. C\u2019est que, contrairement aux Normands, DFA ne semble pas avoir grand-chose \u00e0 dire. Les titres d\u00e9filent sans que rien ne vienne accrocher l\u2019oreille. Mise \u00e0 part la personnalit\u00e9 du batteur, le sympathique Alberto De Grandis, ce jazz-rock plut\u00f4t virtuose s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un brin ennuyeux, et confirme que leurs a\u00een\u00e9s faisaient preuve d\u2019une personnalit\u00e9 plus convaincante. Les membres de DFA ont assur\u00e9, en bons musiciens, mais sans briller.<\/p>\n<p>          <b>The Wrong Object + Erik Baron &#038; D-Zakord<\/b> <strong><em>par J&eacute;r&ocirc;me Walczak<\/em><\/strong><\/p>\n<p>         Un Triton clairsem\u00e9 ce soir-l\u00e0, une ambiance calme, tranquille, bon enfant, o\u00f9 les amis sont heureux de se retrouver. D-Zakord se pr\u00e9sente, par l\u2019entremise d\u2019Erik Baron. Ce soir, cinq musiciens seulement joueront, en sachant qu&rsquo;ils peuvent \u00eatre plus d\u2019une cinquantaine. Cette structure prot\u00e9iforme, un ensemble essentiellement basse-guitare et percussions, vient de la r\u00e9gion bordelaise et livre r\u00e9guli\u00e8rement des compositions orient\u00e9es vers la musique r\u00e9p\u00e9titive.<\/p>\n<p>        <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_11.jpg\" width=\"220\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\"> C\u2019est <i>In C<\/i> qui est interpr\u00e9t\u00e9 ce soir, une partition unique comprenant  cinquante-trois motifs, que Terry Riley composa en une seule nuit du printemps 1964. Baron pr\u00e9sente la chose en souhaitant au public un \u00ab&nbsp;bon voyage&nbsp;\u00bb. Quel visionnaire\u00a0! Effectivement, tr\u00e8s vite, l\u2019esprit est chahut\u00e9 par une ambiance tranquille o\u00f9 les images et les accords se succ\u00e8dent tr\u00e8s progressivement, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un bol\u00e9ro. Les musiciens s\u2019effacent derri\u00e8re la musique de Riley, les paupi\u00e8res se ferment tant l\u2019hypnose fonctionne. <i>In C<\/i> est une v\u00e9ritable exp\u00e9rience physiologique et une r\u00e9elle surprise\u00a0: cette musique \u00e9tonne, car sans emphase aucune, elle fait d\u00e9coller de mani\u00e8re magistrale. Une interpr\u00e9tation v\u00e9ritablement unique, et un voyage dans des atmosph\u00e8res lointaines, teint\u00e9es de bleu. Aux deux tiers, les artistes s\u2019arr\u00eatent, s\u2019asseyent et reprennent les cinquante-trois patterns en acoustique, avec des instruments traditionnels. <\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_12.jpg\" width=\"220\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\" \/>Voil\u00e0 peut-\u00eatre le tout petit b\u00e9mol, car si l\u2019ensemble reste tr\u00e8s agr\u00e9able, le changement de structure fait atterrir trop vite\u00a0; toutefois, la magie op\u00e8re \u00e0 nouveau, et les cinq concluent (si tant est que ce soit possible) en reprenant l\u2019ensemble. Les lumi\u00e8res s\u2019allument, et l\u2019on revient doucement au r\u00e9el, malheureusement.<br \/>         The Wrong Object, dans un style radicalement diff\u00e9rent, entre reprises d\u2019Elton Dean et de Frank Zappa, emp\u00eache cependant d\u2019atterrir sereinement. Les <i>setlists<\/i> devraient un peu plus penser au mental du public, qui a ainsi oscill\u00e9 entre tous les \u00e9tats que la psychologie humaine est capable de cr\u00e9er\u00a0: onirisme, m\u00e9ditation, r\u00eave, voyage \u00e9th\u00e9r\u00e9 dans un cas, et foire, fanfare, zimboumboum \u00e0 la Bregovic et jazz parfois tr\u00e8s alambiqu\u00e9 (Elton Dean, quoi) de l\u2019autre. C\u2019est bien, mais un peu trop calorique pour les petits neurones de l\u2019auditeur. Par cons\u00e9quent, la plus grande partie du public a d\u00e9croch\u00e9, tant les morceaux \u00e9taient riches et touffus. Il \u00e9tait tard, on \u00e9tait encore avec Terry Riley, ce fut plus difficile pour The Wrong Object. Une simple inversion du programme aurait tout chang\u00e9. Il faudra y songer pour la prochaine fois\u00a0!<\/p>\n<p>          <b>Bernard Struber Jazztet \u2013 20 juin 2008<\/b> <strong><em>par Delphine Guillot<\/em><\/strong><\/p>\n<p>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_13.jpg\" width=\"190\" height=\"220\" align=\"left\" border=\"1\">Bernard Struber et ses musiciens s\u2019installent au Triton ce soir-l\u00e0 pour rendre hommage \u00e0 la musique de Frank Zappa. Autant dire tout de suite que le pari \u2013 os\u00e9 \u2013 d\u2019un r\u00e9pertoire compos\u00e9 de reprises, a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 avec brio. Le leader appara\u00eet, saisit sa guitare, presque timide mais d\u00e9termin\u00e9, et laisse planer l\u2019interrogation\u00a0: comment vont-ils s\u2019en sortir\u00a0? D\u00e8s les premi\u00e8res minutes de \u00ab&nbsp;Crusing for Burgers&nbsp;\u00bb, le voile est lev\u00e9\u00a0: le groupe ma\u00eetrise \u00e0 la perfection les th\u00e8mes de Zappa, les tourne et les retourne en tous sens, en donne une libre interpr\u00e9tation, amenant une touche tr\u00e8s progressive l\u00e0 o\u00f9 le doute subsistait encore, avant de reprendre le th\u00e8me originel. D\u00e8s cet instant l\u2019envie monte. On en veut plus, on est curieux. Struber pousse les th\u00e8mes de Zappa dans les recoins d\u2019un univers que l\u2019on se pla\u00eet \u00e0 red\u00e9couvrir.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_trit08_14.jpg\" width=\"220\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Bernard Struber ne cesse de mettre \u00e0 l\u2019aise l\u2019ensemble du Triton, par son humour et par sa modestie. Sa gestuelle, dans sa fa\u00e7on de diriger les musiciens, rappelle celle de Zappa, sans qu\u2019il ne s\u2019en doute vraisemblablement. Il est plaisant de voir son visage s\u2019illuminer de joie en \u00e9coutant les soufflants s\u2019emporter, ou la section rythmique tout d\u00e9vaster. Ce plaisir est partag\u00e9 par tous les musiciens, dansant, riant, blaguant. Ainsi, plus que la musique, l\u2019esprit de Zappa est bien l\u00e0. Le ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie comble ce public chanceux, ayant d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019emmener en voyage. Voyage sensoriel, voyage temporel. D\u2019un solo de violon intimiste et d\u00e9chirant interpr\u00e9t\u00e9 par Fr\u00e9d\u00e9ric Norel, \u00e0 l\u2019expression plus \u00e9lectronique du clavier\u00a0de Benjamin Moussay ; de la fin des temps au son cristallin d\u2019une ros\u00e9e matinale. Si l\u2019on ne trouve pas la limite, on trouve la mesure. Les musiciens savent faire parler leurs instruments, mais l\u2019interpr\u00e9tation personnelle ne prend jamais le pas sur la musique de Frank Zappa\u00a0: voil\u00e0 qui met au second plan l\u2019absence de paroles, qui auraient pourtant \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9es, notamment sur \u00ab&nbsp;Zomby Woof&nbsp;\u00bb. <\/p>\n<p>           Ce concert du Bernard Struber Z\u2019tett est donc une surprise totale\u00a0: du plaisir d\u2019\u00eatre assur\u00e9 que, non, la musique de Zappa n\u2019est pas morte, \u00e0 la jubilation de pouvoir vivre ce moment en pr\u00e9sence de si bons musiciens, tout concorde\u00a0: <i>\u00ab&nbsp;music is the best&nbsp;\u00bb<\/i>. <\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">          <b>Photos de Fabrice Journo,  except\u00e9es Mats &#038; Morgan et The World of Faton par Christophe Manh\u00e8s<\/b><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web : <\/strong><a href=\"http:\/\/www.letriton.com\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><strong>http:\/\/www.letriton.com<\/strong><\/font><\/a><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FESTIVAL : LES TRITONALES 6 &nbsp; &nbsp; Cette sixi\u00e8me \u00e9dition des Tritonales est \u00e0 l\u2019image&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":22051,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22050"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22050"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22050\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22051"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22050"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22050"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22050"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}