{"id":22036,"date":"2009-03-02T00:00:00","date_gmt":"2009-03-01T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/888fbc4170e800b6ec8e249380f40207_XL.jpg"},"modified":"2009-03-02T00:00:00","modified_gmt":"2009-03-01T22:00:00","slug":"22036","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/03\/02\/22036\/","title":{"rendered":"&#8211; Post-rock instrumental romand"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1> FOCUS : POST-ROCK INSTRUMENTAL ROMAND<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_main.jpg\" width=\"190\" height=\"172\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\"> <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <b>Depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, la Suisse romande a v\u00e9cu un chamboulement important de sa sc\u00e8ne rock et metal avec la naissance d\u2019un sc\u00e8ne indie rock proche des hardcore, post-hardcore et post-rock, directement import\u00e9es des Etats-Unis. Cela avait violemment d\u00e9but\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve avec des groupes comme Knut ou Impure Wilhelmina sans parler des Shovel, Favez et autres Chewy dans le canton de Vaud. Depuis, la musique s\u2019est peu \u00e0 peu complexifi\u00e9e et de nombreux artistes ont voulu cr\u00e9er une musique essentiellement instrumentale. Depuis plus de sept ans, on assiste au d\u00e9veloppement d\u2019une vraie sc\u00e8ne rock instrumentale, que d\u2019aucun y ajoute le pr\u00e9fixe \u00ab&nbsp;post&nbsp;\u00bb parce que tout le monde le fait. La sortie des albums de The Evpatoria Report et des jeunes Killbody Tuning \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e et du second album de Shelving tout prochainement nous donne l\u2019occasion d\u2019un petit \u00e9tat des lieux et surtout de pr\u00e9senter aux lecteurs de Progressia les principaux acteurs de cette mouvance. <\/b><\/p>\n<p> <b>Honey For Petzi<\/b><\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_2.jpg\" width=\"220\" height=\"187\" border=\"1\" align=\"right\"> A tout seigneur, tout honneur. D\u00e9butons en effet avec le groupe le plus exp\u00e9riment\u00e9 et le plus prolifique de la sc\u00e8ne romande\u00a0: Honey For Petzi. Form\u00e9 au milieu des ann\u00e9es nonante <i>(NdlR\u00a0: H\u00e9 oui, pour cet article, on abandonnera le quatre-vingt-dix de rigueur\u00a0!)<\/i>, les Lausannois, qui formaient un quatuor \u00e0 leurs d\u00e9buts, se lan\u00e7aient dans un rock indie adolescent avec leurs deux premiers albums, <i>Honey For Petzi<\/i> (1997) et <i>Teleski<\/i> (1998)\u00a0: son amateur, morceaux directs mais qui augurent n\u00e9anmoins de ce que sera l\u2019avenir. En se transformant en trio, Honey For Petzi entame une petite r\u00e9volution. L\u2019influence de Shellac, qui \u00e9tait juste sugg\u00e9r\u00e9e, devient alors explicite. Gr\u00e2ce \u00e0 <i>Heal All Monster<\/i> (2001), enregistr\u00e9 \u00e0 Chicago par l\u2019inusable Steve Albini, HFP obtient la reconnaissance internationale avec une musique essentiellement instrumentale qui alterne morceaux calmes et passages tr\u00e8s math rock\u2019n\u2019roll m\u00eal\u00e9s de parties electro. Dans la grande tradition albinienne, la section rythmique est en verve et bien pr\u00e9sente, avec un Christian Pahud, diabolique de pr\u00e9cision, qui frappe s\u00e8chement ses peaux, permettant \u00e0 Sami Benhadj et Philippe Oberson de tisser leurs parties qui s\u2019entrecroisent avec bonheur. Avec les Fran\u00e7ais Chevreuil et Cheval de Frise, Honey For Petzi devient en quelque sorte le pendant europ\u00e9en des Shellac, Don Caballero et autres Tortoise, avec une touche tr\u00e8s pop, cependant. <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_3.jpg\" width=\"190\" height=\"190\" border=\"1\" align=\"left\">Les Lausannois continueront sur leur lanc\u00e9e en 2003 en sortant quasi simultan\u00e9ment le punchy <i>Nicholson<\/i> et la bande originale du film <i>Angels Camp<\/i> d\u2019Emanuelle Antille, tous deux tr\u00e8s r\u00e9ussis. Si le premier se rapproche d\u2019un <i>Heal All Monster<\/i> sans les parties calmes, le deuxi\u00e8me, au contraire, permet \u00e0 l\u2019ourson d\u2019explorer de nouveaux champs emplis de douceur et de m\u00e9lancolie. On se rapprocherait presque de Pink Floyd par moments. En fait, Honey for Petzi aime \u00e0 varier les plaisirs, chacun de ses albums reste diff\u00e9rent de l\u2019autre et cela va se confirmer en 2004 avec la sortie de deux <i>splits EP<\/i> en compagnie du groupe berlinois Seidenmatt et des ind\u00e9boulonnables Chevreuil et surtout la parution du projet acoustique <i>Machnick<\/i> enregistr\u00e9 \u00e0 la suite de concerts au festival de la B\u00e2tie \u00e0 Gen\u00e8ve en compagnie de deux copains de l\u2019ensemble Parazit. Honey For Petzi vit l\u00e0 ses meilleures ann\u00e9es, entreprend de nombreuses tourn\u00e9es dans plusieurs pays europ\u00e9ens. La r\u00e9putation du power trio, car c\u2019en est un, comme \u00e9tant l\u2019un des meilleurs <i>live bands<\/i> helv\u00e9tiques, d\u00e9passe les fronti\u00e8res du pays. <i>Man\u2019s Rage for Black Ham<\/i> sorti en 2005, l\u2019opus le plus complexe et d\u00e9structur\u00e9 du trio \u2013 on se rapproche d\u2019un Chevreuil ou d\u2019un Don Caballero \u2013 marque n\u00e9anmoins le pas dans l\u2019inspiration, Honey For Petzi n\u2019\u00e9tant jamais aussi bon que lorsqu\u2019il m\u00e2tine son math rock de passages pop plus m\u00e9lodiques. Ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, le trio continuera \u00e0 \u00eatre remarqu\u00e9 sur les routes mais sera moins actif dans la parution de nouveaux morceaux, se contentant d\u2019une r\u00e9issue de <i>Nicholson<\/i> agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019un deuxi\u00e8me CD de remixes en 2006 et la sortie quasi confidentielle d\u2019un EP tr\u00e8s techno\u00efde (et sans guitare\u00a0!), <\/i>Colorplan Excel<\/i>, qui reprend en grande partie des morceaux de <i>Heal All Monsters<\/i> moulin\u00e9s en version electro. Cette \u00e9volution est compr\u00e9hensible dans la mesure o\u00f9 les personnalit\u00e9s du groupe ont chacun des projets divers, en particulier Christina Pahud avec son tr\u00e8s electro Larytta. HFP a inspir\u00e9 de nombreux artistes de la r\u00e9gion. On peut en citer au moins un qui sort du lot, Sigurd, dont nous avions en son temps chroniqu\u00e9 l\u2019excellent <i>Doppelg\u00e4nger<\/i> (2006). Dommage que ce ne f\u00fbt, semble-t-il, qu\u2019un <i>one shot<\/i>. <\/p>\n<p>                <b>La sc\u00e8ne vaudoise<\/b><\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_4.jpg\" width=\"190\" height=\"190\" border=\"1\" align=\"right\">Honey For Petzi, par l\u2019entremise de son <i>Heal All Monster<\/i>, a donn\u00e9 une forte impulsion \u00e0 toute une nouvelle sc\u00e8ne musicale dans la r\u00e9gion lausannoise. Le plus important label ind\u00e9pendant romand, Gentlemen Records, qui abrite plusieurs groupes \u00e0 tendance post \/ electro rock (Toboggan, Rosqo, Velma), est quasiment n\u00e9 avec cet album. De Lausanne, on retiendra encore le nom de Illford, form\u00e9 en 1999 et auteur en 2003 (mais enregistr\u00e9 en d\u00e9cembre 2001), d\u2019un superbe et malheureusement unique album \u00e9ponyme de rock instrumental tr\u00e8s fin et fouill\u00e9, se d\u00e9marquant de la production anglo-saxonne massive \u00e0 la Mogwai ou \u00e0 la GY!BE par son approche tr\u00e8s intimiste et vari\u00e9e, assez progressive dans l\u2019\u00e2me m\u00eame si Illford s\u2019en d\u00e9fend. Ses membres conna\u00eetront des carri\u00e8res int\u00e9ressantes par la suite, Nicolas Julliard, alias Fauve, connaissant un joli succ\u00e8s r\u00e9gional (toujours chez Gentlemen) dans un style <i>songwriting pop<\/i> lui aussi tr\u00e8s fin. Philippe Henchoz forme le tr\u00e8s puissant Ventura, dont on a parl\u00e9 dans nos colonnes, avec des anciens de Shovel et Iscariote tandis que Giuliano Costanzo prend part \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience Bandini, d\u00e9veloppant un post-rock de bonne facture quoique tr\u00e8s (trop\u00a0?) classique sur ce que l\u2019on a d\u00e9j\u00e0 pu \u00e9couter en attendant un premier album quoi soit sortir incessamment sous peu. <\/p>\n<p>   Des exp\u00e9riences int\u00e9ressantes ont \u00e9t\u00e9 tent\u00e9es et r\u00e9ussies en m\u00e9langeant sans vergogne rock et \u00e9lectronique, \u00e0 l\u2019instar du duo veveysan Opak (Julien Grandjean\u00a0: \u00e9lectronique, guitares, basse, ing\u00e9nieur du son et Arnaud Sponar\u00a0: piano, saxophone, guitare, batterie, percussion, bandes). Alliant hip hop \u00e9chantillonn\u00e9e, post-rock instrumental de grande envergure et electro d\u00e9brid\u00e9e, les deux comp\u00e8res sortent deux albums de tr\u00e8s haute vol\u00e9e, unanimement salu\u00e9s par la critique, <i>Prolog<\/i> (2003) et <i>Two Sleepwalkers on a Tight-Rope<\/i> (2005). Si le premier reste tr\u00e8s post-rock dans sa construction, il d\u00e9gage une puissance et une chaleur que n\u2019\u00e9gale que la froideur hip hop et l\u2019aspect exp\u00e9rimental du second. De lentes progressions ambient font face \u00e0 des d\u00e9ferlements \u00e9lectroniques sauvages et des rythmiques jazzy sur lesquelles se pose l\u2019instrumentation \u00ab&nbsp;traditionnelle&nbsp;\u00bb. Les musiques de film, principalement des r\u00e9alisateurs Shirin Mashayekh et Thanassis Fouradoulas, des concerts sons et images vid\u00e9os ainsi que des collaborations en tout genre (Sinner DC, Solange La Frange, Magicrays, entre autres) permettent au duo d\u2019explorer de multiples aspects de sa musique. De larges extraits audio et vid\u00e9o sont disponibles sur le site du groupe\u00a0: http:\/\/www.opakmusic.com. Toutefois, depuis un an, Opak se fait d\u00e9sirer, Arnaud Sponar se consacrant \u00e0 son projet instrumental acoustique, Goodbye Ivan dont le premier EP, <i>Benediktska<\/i> est t\u00e9l\u00e9chargeable gratuitement : http:\/\/www.parallaxsounds.com. Dans le m\u00eame genre de musique \u00e9lectronique et qui rappelle Boards of Canada, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de lancer quelques fleurs \u00e0 Consor, alias Samuel Vaney, auteur d\u2019un <i>Mesentropia<\/i> (2006), ample et lumineuse electro-noise, digne d\u2019\u00e9loge\u00a0! <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_5.jpg\" width=\"190\" height=\"190\" border=\"1\" align=\"left\"> Toujours dans le canton de Vaud, deux ensembles sont bien s\u00fbr incontournables\u00a0: The Evpatoria Report et Monkey 3, tous deux dans un style bien diff\u00e9rent. Si The Evpatoria Report, form\u00e9 en 2002, \u00e9volue, on le sait, dans une mouvance tr\u00e8s balis\u00e9e, entre Godspeed et Mogwai, il n\u2019en a pas moins frapp\u00e9 les esprits avec son premier album, <i>Golevka<\/i> (apr\u00e8s un EP enregistr\u00e9 en 2003). Pochette classieuse cr\u00e9\u00e9e par Fabian Sbarro, production exemplaire, instruments \u00e0 cordes, chorale accompagn\u00e9e par un orchestre symphonique, <i>Golevka<\/i>, sans r\u00e9volutionner le genre, apporte la preuve qu\u2019il existe des alternatives enthousiasmantes aux deux groupes pr\u00e9cit\u00e9s. Apr\u00e8s des concerts aux quatre coins de l\u2019Europe, dont une tourn\u00e9e en Russie avec Opak, The Evpatoria Report est actuellement en <i>stand by<\/i>, ce qui ne l\u2019a pas emp\u00each\u00e9 de sortir le r\u00e9ussi <i>Maar<\/i> (2008), chroniqu\u00e9 ici m\u00eame. <\/p>\n<p>   Autre musique et autres sonorit\u00e9s avec Monkey 3. Form\u00e9s en 2001, les trois singes \u2013 ils sont quatre en fait \u2013 ont vite avou\u00e9 leur penchant pour les longues <i>jam sessions<\/i> dans un cadre stoner rock. Apr\u00e8s une premi\u00e8re d\u00e9mo, ils autoproduisent leur premier album \u00e9ponyme en 2003. Celui-ci fleure en effet bon la <i>jam<\/i> et la r\u00e9ussite \u2013 artistique assur\u00e9ment \u2013 est au rendez-vous. On sent derri\u00e8re ce premier essai toutes les influences <i>seventies<\/i> (Pink Floyd, Hendrix, Led Zeppelin), psych\u00e9d\u00e9liques (Ozric Tentacles) et stoner (Kyuss). On a m\u00eame invent\u00e9 un nom pour d\u00e9crire cette musique\u00a0: le psychostoner. Peu importe la d\u00e9nomination en fait, constatons simplement que l\u2019album, superbement produit au demeurant, fait mouche\u00a0! Il ne faut d\u00e8s lors point s\u2019\u00e9tonner que Buzzville Records, le label belge, les signe et r\u00e9imprime le disque. Cela permet \u00e0 Monkey 3 de sortir sans heurt un <i>39 Laps<\/i> encore plus enlev\u00e9 \u00e0 la fin de 2006. Plus compos\u00e9 que le pr\u00e9c\u00e9dent, ce deuxi\u00e8me album lui offre la possibilit\u00e9 de sortir des fronti\u00e8res de son pays et de jouer un peu partout en Europe. Et de cette reprise de <i>Il y \u00e9tait une fois dans l\u2019Ouest<\/i>, vous m\u2019en direz des nouvelles\u00a0! L\u2019actualit\u00e9 de Monkey 3 consiste en ce DVD enregistr\u00e9 aux ar\u00e8nes d\u2019Avenches en 2007 et disponible en t\u00e9l\u00e9chargement sur le site du groupe. De plus, Monkey 3 a annonc\u00e9 r\u00e9cemment vouloir sortir ce printemps un CD de reprises avec des chanteurs invit\u00e9s, entreprendre une tourn\u00e9e europ\u00e9enne en avril-mai et enregistrer un nouvel album qui devrait sortir cet automne. Rien que cela. Bon courage, les gars\u00a0!   <\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">   <b>La sc\u00e8ne genevoise<\/b><\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_6.jpg\" width=\"190\" height=\"220\" border=\"1\" align=\"right\">La situation \u00e0 Gen\u00e8ve est quelque peu diff\u00e9rente dans la mesure o\u00f9 il n\u2019y a pas eu de groupe pr\u00e9curseur, tel Honey For Petzi. Par contre, la sc\u00e8ne rock et exp\u00e9rimentale qui gravite autour de la salle underground L\u2019Usine a accouch\u00e9 de biens beaux sp\u00e9cimens, principalement issus du hardcore le plus torride (Knut, Impure Wilhelmina). Ainsi, un combo comme Shora prenait joyeusement part au milieu hardcore hurl\u00e9 <i>new school<\/i> emmen\u00e9 par un Converge, Dillinger Escape Plan ou un Botch aux Etats-Unis, avec lesquels Shora a tourn\u00e9. Son EP <i>Shaping the Random<\/i> (2000) est consid\u00e9r\u00e9 comme un mod\u00e8le de violence extr\u00eame tout en restant tr\u00e8s technique, de m\u00eame que sa collaboration avec Merzbow dans le mythique et \u00e9prouvant <i>Switching Rethorics<\/i> (2002). C\u2019est \u00e0 cette occasion d\u2019ailleurs que la musique des Genevois en sortira profond\u00e9ment chang\u00e9e, apr\u00e8s des concerts m\u00e9morables en France en compagnie de Merzbow, <i>jammant<\/i> avec lui sur de longs th\u00e8mes instrumentaux. Termin\u00e9s les hurlements et la violence extr\u00eame, place \u00e0 une musique peut-\u00eatre plus assagie (quoique\u00a0!), mais tout aussi sombre, qui en surprendra plus d\u2019un fin 2005 avec la sortie de <i>Malval<\/i>. En trente-trois minutes intenses, les Genevois red\u00e9finissent le genre en s\u2019inspirant directement du Krautrock des Faust, Can, Amon D\u00fc\u00fcl II et consorts mais aussi de King Crimson, du psych\u00e9d\u00e9lisme de Pink Floyd, sans pour autant renier totalement leurs origines hardcore (quelle section rythmique\u00a0!). Il en r\u00e9sulte la r\u00e9ussite totale d\u2019une approche somme toute tr\u00e8s progressive qui fera date. Et depuis\u00a0? On attend un nouveau b\u00e9b\u00e9, Messieurs\u00a0!\u00a0Shora sait pour le moins se faire d\u00e9sirer et pourtant de nouveaux morceaux, enthousiasmants, ont \u00e9t\u00e9 jou\u00e9s \u00e0 de nombreuses reprises\u00a0! Il faut n\u00e9anmoins pr\u00e9ciser que le groupe a particip\u00e9 \u00e0 la musique du film vid\u00e9o exp\u00e9rimental de Nathalie Rebholz, <i>Wonderland<\/i> (une semi-improvisation de vingt minutes \u2013 si vous en trouvez un enregistrement, pr\u00e9venez le r\u00e9dacteur). Et \u00e9galement qu&rsquo;il a connu des changements de personnel, en particulier le d\u00e9part du bassiste Vincent de Roguin, qui s\u2019en est all\u00e9 participer au projet Aethenor avec Stephen O\u2019Malley (Sunn O)))) et Daniel O\u2019Sullivan (Guapo) dans une musique drone ambient digne de film d\u2019horreur. Depuis 2006 et d\u00e9j\u00e0 deux r\u00e9ussites terrifiantes dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 dans ces pages, le trio sort actuellement son troisi\u00e8me essai, <i>Faking Gold &#038; Murder<\/i> (avec la participation d\u2019autres artistes). De plus, deux (ex-)membres de Shora (Vincent de Roguin et Nicolas Todeschini), prennent part \u00e0 Odio Terz, form\u00e9 en 2002 d\u00e9j\u00e0 et vu en concert en compagnie de D\u00e4lek, une sorte de cauchemar electro techno\u00efde lui aussi instrumental, dont on peut entendre des morceaux sur le site de l\u2019artiste Margaux Renaudin (http:\/\/www.abscondorium.com\/?p=91), qui a par ailleurs particip\u00e9 \u00e0 la derni\u00e8re vid\u00e9o de Battles, le monde est petit. <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_7.jpg\" width=\"190\" height=\"190\" border=\"1\" align=\"left\"> Autre groupe mythique de la sc\u00e8ne genevoise, Knut, aussi un ourson, mais version hardcore SM pour celui-ci, a exp\u00e9riment\u00e9 lui aussi un album quasi enti\u00e8rement instrumental, apr\u00e8s une s\u00e9rie d\u2019albums hardcore avant-gardiste entre la fin du si\u00e8cle dernier et le d\u00e9but de celui-ci. On navigue dans un post-hardcore m\u00eal\u00e9 de drone ambient bruitiste pour un r\u00e9sultat terrifiant et \u00e9poustouflant d\u2019envergure. Seul ensemble helv\u00e9tique de cette mouvance \u00e0 \u00eatre sign\u00e9 par un label am\u00e9ricain, Hydra Head en l\u2019occurrence, la bande du batteur Roderic Mounir a frapp\u00e9 un grand coup avec <i>Terraformer<\/i> (2005). Quelles surprises nous proposerons-ils dans le futur\u00a0? <\/p>\n<p>  Enfin, et Progressia les a largement couverts l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e, n\u2019oublions pas de mentionner la derni\u00e8re merveille du bout du Lac, Equus, qui, avec son lancinant <i>Eutheria<\/i>, est rentr\u00e9 dans le peloton de t\u00eate des groupes de post-rock instrumental. Maniant \u00e0 haute dose et un talent certain sons mellotronis\u00e9s, progressif <i>seventies<\/i>, Krautrock et puissance m\u00e9tallique, Equus a tout les atouts pour devenir l\u2019un des fers de lance du rock instrumental romand. Les Genevois n\u2019h\u00e9sitent non plus pas \u00e0 accompagner des vieux films comme le <i>Golem<\/i> de Paul Wegener lors d\u2019<i>happening<\/i> cin\u00e9matographiques. S\u2019en serviront-ils pour leur prochaine parution\u00a0? <\/p>\n<p>  <b>\u00a0Les montagnes jurassiennes, ailleurs et\u2026 la suite\u00a0?<\/b><\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_8.jpg\" width=\"190\" height=\"190\" border=\"1\" align=\"right\">Il n\u2019y a pas que sur les bords du lac L\u00e9man o\u00f9 l\u2019on met le feu. Toutes les montagnes jurassiennes sont devenues un vivier de groupes metal de premier ordre, de Forceed \u00e0 Yog en passant par Kehlvin ou Switchback. Bref, on s\u2019\u00e9gosille joyeusement dans les chaumi\u00e8res durant l\u2019hiver. Certains se sont n\u00e9anmoins essay\u00e9s \u00e0 une musique (quasi\u00a0?) enti\u00e8rement instrumentale, \u00e0 l\u2019instar de certains membres de Forceed, Lest et XsTrack avec la cr\u00e9ation de Shelving, \u00e0 l\u2019origine la version jurassienne de Honey For Petzi, ainsi qu\u2019en t\u00e9moigne l\u2019excellent <i>M\u00e9canique Sessions<\/i> (2005)\u00a0: section rythmique tr\u00e8s solide, guitares finement cisel\u00e9es, production excellente pour cette autoproduction. Le collectif ne va pas en rester l\u00e0 et va sortir en avril prochain son deuxi\u00e8me essai, <i>Imihs<\/i>, sous l\u2019\u00e9gide du label Division Records qui rena\u00eet pour ainsi dire de ses cendres depuis quelques mois. Enregistr\u00e9 en quelques jours dans une ferme des Franches-Montagnes, ce nouvel opus sera subdivis\u00e9 en deux parties qui \u00e9voquent une forte affiliation \u00e0 Shora, d\u2019apr\u00e8s les excellents extraits d\u00e9j\u00e0 disponibles sur leur MySpace. On vous en reparlera. <\/p>\n<p>  Passons dans le canton de Neuch\u00e2tel maintenant avec Killbody Tuning qui vient de sortir son premier album, autoproduit, <i>The French Hunter<\/i>, marqu\u00e9 par un post-rock lancinant de belle facture m\u00eame s\u2019il n\u2019est en rien novateur \u2013 Mogwai, quand tu nous tiens\u00a0! L\u00e0 encore, les passages m\u00e9talliques apportent des variations bienvenues. En tous les cas, une bonne entr\u00e9e en mati\u00e8re pour ce jeune groupe form\u00e9 en 2005.  <\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_9.jpg\" width=\"190\" height=\"190\" border=\"1\" align=\"left\">D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les jeunes musiciens peinent \u00e0 faire leur place dans le paysage romand actuel. Le souffle cr\u00e9ateur semble marquer le pas. L\u2019ann\u00e9e 2005 restera dans les annales avec les sorties des albums de Honey For Petzi, Shora, Knut, The Evpatoria Report, Opak et Shelving. Il devient de plus en plus difficile de se d\u00e9marquer dans un genre qui devient fort encombr\u00e9. Ainsi, Sonograph voire m\u00eame Bandini restent cantonn\u00e9s \u00e0 l\u2019abri de leurs a\u00een\u00e9s. De jeunes combos, tels Last Vote \u00e0 B\u00e2le (<i>There Is Sound<\/i>, 2007) ou Overdrive Amp Explosions \u00e0 Fribourg (<i>Intervals<\/i>, 2006 et <i>Blanks<\/i>, 2008) n\u2019ont pas encore acquis la maturit\u00e9 n\u00e9cessaire pour sortir des carcans du genre. Cela dit, leurs albums ne d\u00e9m\u00e9ritent pas, mais on reste si loin d\u2019un <i>Heal All Monsters<\/i>, d\u2019un <i>39 Laps<\/i> ou d\u2019un <i>Malval<\/i>. De plus, la crise du disque a un impact non n\u00e9gligeable sur les labels ind\u00e9pendants r\u00e9gionaux. Des labels de qualit\u00e9 comme Shayo Records (The Evpatoria Report, November) semblent marquer une pause, Gentlemen Records a diminu\u00e9 quelque peu son activit\u00e9 pour se consacrer \u00e0 l\u2019organisation de concerts. Cette situation aboutira-t-elle \u00e0 une baisse de l\u2019offre musicale et en d\u00e9finitive mettre \u00e0 mal tout un terreau tr\u00e8s fertile\u00a0? On peut le craindre, m\u00eame s\u2019il reste toujours la possibilit\u00e9 de s\u2019autoproduire. L\u2019\u00e9cart de temps entre l\u2019enregistrement dans le studio et la mise en vente d\u2019un album semble interminablement s\u2019allonger \u2013 c\u2019est une impression de votre serviteur. Dans ces conditions, c\u2019est une excellente nouvelle que de petits labels comme Get a Life! (Equus, The Evpatoria Report, Yog, Ventura), Creaked (Opak, Consor) ou Sa\u00efko soient encore si actifs, de m\u00eame que le red\u00e9marrage l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e du mythique Division Records (Unfold, Vancouver, Kehlvin, Forceed, Shelving) apr\u00e8s plus de deux ans d\u2019assoupissement, apporte un second souffle bienvenu. <\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_romand_10.jpg\" width=\"190\" height=\"190\" border=\"1\" align=\"right\"> En guise de conclusion, nous nous bornerons \u00e0 dresser une petite liste des albums \u00e0 recommander, \u00e9videmment en toute subjectivit\u00e9. Tout en constatant la petitesse du territoire de la Suisse romande, sa richesse musicale reste tr\u00e8s vivace. Ce sont peut-\u00eatre ce r\u00e9gionalisme et cette petitesse qui permettent aux groupes qui y vivent de ne pas s\u2019arc-bouter dans des cadres impos\u00e9s par les grandes maisons de disques. La libert\u00e9 n\u2019a pas de prix\u2026 <i>Stay tuned<\/i>!  <\/p>\n<p>           <b>Discographie raisonn\u00e9e<\/b><\/p>\n<p> <b>Honey For Petzi<\/b> \u2013 <i>Heal All Monsters<\/i> (2001 \u2013 Gentlemen\/Aerinsk); <i>Angels Camp (BOF)<\/i> (2003 \u2013 Gentlemen); <i>Nicholson<\/i> (2003 et 2006 avec RMX for HFP \u2013 Gentlemen); <i>Machnick<\/i> (2004 \u2013 Gentlemen); <i>Man\u2019s Rage for Black Ham<\/i> (2005 \u2013 Gentlemen\/Ruminance)<\/p>\n<p>  <b>Illford<\/b> \u2013 <i>Illford<\/i> (2003 \u2013 Snowcat\/Get a Life!) <\/p>\n<p>  <b>The Evpatoria Report<\/b> \u2013 <i>Golevka<\/i> (2005\/2008 \u2013 Shayo\/Twilight); <i>Maar<\/i> (2008 \u2013 Get a Life!) <\/p>\n<p>  <b>Opak<\/b> \u2013 <i>Prolog<\/i> (2003 \u2013 Urgence Disk); <i>Two Sleepwalkers on a Tight-Rope<\/i> (2005 \u2013 Creaked) <\/p>\n<p>  <b>Monkey 3<\/b> \u2013 <i>Monkey 3<\/i> (2004 \u2013 Buzzville); <i>39 Laps<\/i> (2006 \u2013 Buzzville) <\/p>\n<p>     <b>Shora<\/b> \u2013 <i>Malval<\/i> (2005 \u2013 Conspiracy) <\/p>\n<p>  <b>Shelving<\/b> \u2013 <i>M\u00e9canique Sessions<\/i> (2005 \u2013 Roedeer\/Autoproduction); <i>IMIHS<\/i> (2009 \u2013 Division Records) <\/p>\n<p>  <b>Knut<\/b> \u2013 <i>Terraformer<\/i> (2005 \u2013 Conspiracy\/Hydra Head) <\/p>\n<p>  <b>Sigurd<\/b> \u2013 <i>Doppelg\u00e4nger<\/i> (2006 \u2013 Gentlemen) <\/p>\n<p>  <b>Consor<\/b> \u2013 <i>Mesentropia<\/i> (2006 \u2013 Creaked) <\/p>\n<p>  <b>Equus<\/b> \u2013 <i>Eutheria<\/i> (2008 \u2013 Get a Life!) <\/p>\n<p>  <b>Killbody Tuning<\/b> \u2013 <i>The French Hunter<\/i> (2008 \u2013 Autoproduction)   <\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Jean-Daniel Kleisl<\/b><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"> <strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">          retour au sommaire<\/font><\/font><\/a><br \/>         <\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FOCUS : POST-ROCK INSTRUMENTAL ROMAND &nbsp; Depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, la Suisse romande a v\u00e9cu&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":22037,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22036"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22036"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22036\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22037"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22036"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22036"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22036"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}