{"id":22021,"date":"2009-05-28T00:00:00","date_gmt":"2009-05-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ca443173bae7cb04c5237c1631a8c1a1_XL.jpg"},"modified":"2009-05-28T00:00:00","modified_gmt":"2009-05-27T22:00:00","slug":"22021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/05\/28\/22021\/","title":{"rendered":"&#8211; La musique New Age"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>FOCUS : LA MUSIQUE NEW AGE<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_newage09_main.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">  <b>La musique New Age n\u2019a pas de d\u00e9finition stricte, c\u2019est une mosa\u00efque bigarr\u00e9e sur laquelle de nombreux artistes ayant apparemment peu de points communs ont \u00e9t\u00e9 un jour susceptibles de se retrouver. Ce petit bilan devrait permettre d\u2019y voir plus clair et de r\u00e9habiliter un genre discut\u00e9 mais \u00f4 combien attachant\u2026<\/b>                <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">   L\u2019id\u00e9e de r\u00e9diger un article sur un genre musical flou, polys\u00e9mique, vaguement \u00ab&nbsp;fourre-tout&nbsp;\u00bb est parti d\u2019une plaisanterie. Lorsqu\u2019un album de n\u00e9o est mauvais, et \u00e7a arrive parfois, on se gausse et on brocarde en expliquant que sa place n\u2019est pas chez un disquaire, mais entre les b\u00e2tons d\u2019encens et les ouvrages sur la lithoth\u00e9rapie d\u2019une c\u00e9l\u00e8bre enseigne parisienne o\u00f9 les gens sont souriants, habill\u00e9s en Nicolas le Jardinier et capables de vous vendre, pour une modique somme, tout le n\u00e9cessaire permettant de vous garantir une vie heureuse, saine et extatique (bains mousse bio, cactus traqueurs de radicaux libres, essences florales r\u00e9\u00e9nergisantes et th\u00e8me astrologique en prime). <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_newage09_1.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"right\" border=\"1\">Le New Age est un courant fou, psych\u00e9d\u00e9lique, n\u00e9 dans les ann\u00e9es soixante-dix, m\u00ealant la sagesse indienne, l\u2019astrologie, la th\u00e9orie des shakras, la m\u00e9ditation, le yoga, l\u2019attente de jours meilleurs sous les auspices de conjonctions plan\u00e9taires favorables (\u00e8re du Verseau, mouvements cosmiques, arriv\u00e9e des extra-terrestres,&#8230; passons). On entre ou non dans ces dimensions parall\u00e8les. L\u00e0 n\u2019est franchement pas le sujet. Ce qui suscite l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, c\u2019est qu\u2019elles ont largement influenc\u00e9 des artistes, surtout \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, et que le genre progressif s\u2019est lui aussi teint\u00e9 de toutes ces croyances. Pis, il est plus que probable que l\u2019inventivit\u00e9 de certains groupes, le d\u00e9sir de briser les cadres, la place laiss\u00e9e libre aux inspirations, aux d\u00e9lires, doivent beaucoup \u00e0 la philosophie New Age et que la doctrine, tout comme ses avatars musicaux, aient fini par se nourrir mutuellement.<\/p>\n<p>  Quelques exemples puis\u00e9s chez les grands anciens permettront d\u2019introduire le propos et d\u2019illustrer les th\u00e8mes de pr\u00e9dilection de figures majeures de la sc\u00e8ne progressive. La musique New Age a donn\u00e9 naissance \u00e0 ce que certains nomment le \u00ab&nbsp;rock planant&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;space music&nbsp;\u00bb) et des groupes comme Pink Floyd, Tangerine Dream ou des artistes comme Mike Olfield, Klaus Schulze dans une moindre mesure, Terry Riley aussi, ont largement su \u00e9voluer dans ces univers caract\u00e9ris\u00e9s d\u2019<i>ambient<\/i> (appellation plus r\u00e9cente), parfois de \u00ab&nbsp;musique spatiale&nbsp;\u00bb. <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_newage09_2.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"left\" border=\"1\">Citons en guise d\u2019exemple l\u2019album <i>Aguirre<\/i> des Allemands de Popol Vuh (1974). Ce groupe doit son nom \u00e0 un ancien texte sacr\u00e9 maya (le \u00ab&nbsp;mayanisme&nbsp;\u00bb fut tr\u00e8s en vogue chez les tenants de la philosophie New Age : \u00e9tude du calendrier, horoscope, th\u00e9ories eschatologiques). Florian Fricke, \u00e0 l\u2019origine du concept, grand voyageur devant l\u2019\u00e9ternel, a sans doute go\u00fbt\u00e9 \u00e0 tout ce que la plan\u00e8te regorgeait de substances diverses et (a)vari\u00e9es, en vivant en Inde, au Tibet et au Mexique. Il fut le premier \u00e0 exploiter les sonorit\u00e9s tr\u00e8s cosmiques du Moog, \u00e0 banaliser la musique instrumentale, r\u00e9p\u00e9titive, transcendentale et minimaliste. De ce sillon duquel \u00e9merge une musique parlant directement \u00e0 l\u2019affect, citons \u00e9galement Tangerine Deam et son premier disque au titre \u00e9loquent <i>Electronic Meditation<\/i> (1970),  qui privil\u00e9gie tout autant le Moog et les sonorit\u00e9s longues ; le groupe avait d\u2019ailleurs collabor\u00e9 avec Fricke sur l\u2019album <i>Zeit<\/i> pour une \u00e9ni\u00e8me inititation au voyage dans les confins de l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_newage09_3.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"right\" border=\"1\">L\u2019\u00e9coute avait un objectif chez ces artistes : solliciter les parties les plus limbiques et \u00e9motionnelles du cerveau, donner naissance \u00e0 des images, mettre en place une transe hypnotique. Dans les ann\u00e9es quatre-vingt, l\u2019incroyable album de Talk Talk, <i>Spirit of Eden<\/i> entre directement dans ce champ m\u00e9ditatif, port\u00e9 vers la spiritualit\u00e9 et le mieux \u00eatre. On comprend toute la d\u00e9fiance que ce genre a alors pu provoquer chez les professionnels de la musique : cette derni\u00e8re sortait de ses cadres classiques pour s\u2019identifier, s\u2019imbriquer dans l\u2019esprit de l&rsquo;auditeur. La part la plus belle \u00e9tait laiss\u00e9e \u00e0 la subjectivit\u00e9. Ainsi l\u2019oeuvre s\u2019affranchissait de ce que l\u2019artiste avait pu concevoir. La musique devient alors un outil presque th\u00e9rapeutique, un moyen d\u2019explorer des parts insoup\u00e7onn\u00e9es du mental. Le Japonais Kitaro, qui un temps collabora avec le pape des musiques \u00e9lectroniques et r\u00e9p\u00e9titives Klaus Schultze, promulguait \u00e9galement cette d\u00e9marche exploratoire. <\/p>\n<p>  Un point commun chez tous ces artistes : le recours aux instruments traditionnels et aux synth\u00e9tiseurs. Une alchimie finalement bien compr\u00e9hensible : puiser dans les racines de l\u2019\u00eatre, \u00e9veiller ses instincts les plus primaires, et sur cette base, mettre en route le grand voyage, second\u00e9 par un instrument nouveau, souple, capable de garder la ligne m\u00e9lodique sur une tr\u00e8s longue dur\u00e9e : \u00e9voquons la bande originale du film de Ridley Scott, <i>Legend<\/i> sign\u00e9e Tangerine Dream, ou le tr\u00e8s populaire <i>Voyager<\/i> de Mike Olfield, m\u00ealant rythmes celtiques traditionnels et longues plages aux claviers.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_newage09_5.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"left\" border=\"1\">Difficile en revanche de parler de musique New Age <i>stricto sensu<\/i>, tant elle regroupe une quantit\u00e9 d\u2019artistes consid\u00e9rable et de styles tr\u00e8s vari\u00e9s. Leur d\u00e9nominateur commun r\u00e9side dans cette facult\u00e9 de privil\u00e9gier l\u2019\u00e9tat de l\u2019auditeur, ce d\u00e9sir de le calmer et de le regaillardir. De nombreux artistes aujourd\u2019hui planent sur cette vague initi\u00e9e par la musique progressive : Enya, Enigma ou Zoralkia s\u2019amusent ainsi \u00e0 apaiser, en gardant une autonomie de style \u00e9vidente. Autrefois tr\u00e8s cosmique, elle s\u2019est faite aujourd&rsquo;hui plus terrestre, en phase avec la nature et les \u00e9quilibres pr\u00e9caires qui agitent notre monde. Les Fran\u00e7ais de G-Nova, avec <i>L\u2019\u00e9corce sensible<\/i>, en sont de bons exemples : une musique japonaise, tr\u00e8s traditionnelle, nimb\u00e9e de th\u00e8mes printaniers, o\u00f9 des images de rivi\u00e8res cristallines et  d\u2019oiseaux matinaux ne cessent de traverser l\u2019esprit \u00e0 l\u2019\u00e9coute. Les Allemands de The Healing Road, avec <i>Timanfaya<\/i>, \u00e9laborent des concepts similaires : la for\u00eat, le calme, la nature.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_newage09_4.jpg\" width=\"150\" height=\"209\" align=\"right\" border=\"1\">Tous ces artistes ne peuvent d\u00e9cemment pas \u00eatre \u00ab&nbsp;catalogu\u00e9s&nbsp;\u00bb de musiciens New Age. Car le terme d\u00e9range puisqu&rsquo;est venu s&rsquo;y greffer tout un fatras assez indigeste de musique th\u00e9rapeutique, qui parfois, pourtant, n\u2019est pas toujours forc\u00e9ment mauvaise. Cette appellation \u00e0 entr\u00e9es multiples a toutefois un certain m\u00e9rite : celui de reconna\u00eetre que la musique est l\u00e0 pour faire du bien, pour transporter, au m\u00eame titre qu\u2019un roman ou un bon film. Elle s\u2019\u00e9coute seul, repliant son auditeur sur lui-m\u00eame. Ce dernier l\u2019interrogera et ne cessera d&rsquo;y chercher des r\u00e9ponses. Le style New Age rend donc le m\u00e9lomane actif, et cette simple caract\u00e9ristique en fait un gage d\u2019ind\u00e9niable qualit\u00e9. Il est \u00e9vident que le style de musique d\u00e9fendu dans ces colonnes doit beaucoup \u00e0 ces incursions dans des mondes diff\u00e9rents. C\u2019\u00e9tait rendre hommage \u00e0 cette po\u00e9sie que d\u2019y consacrer quelques paragraphes\u2026  <\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>J\u00e9r\u00f4me Walczak<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FOCUS : LA MUSIQUE NEW AGE &nbsp; La musique New Age n\u2019a pas de d\u00e9finition&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":22022,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22021"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22021"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22021\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22022"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22021"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22021"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22021"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}