{"id":22019,"date":"2009-04-14T00:00:00","date_gmt":"2009-04-13T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/737dafb9578558819598b5b4fe748773_XL.jpg"},"modified":"2009-04-14T00:00:00","modified_gmt":"2009-04-13T22:00:00","slug":"22019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/04\/14\/22019\/","title":{"rendered":"&#8211; La n\u00e9o-nostalgie"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>FOCUS : LA NEO-NOSTALGIE<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_neo09_main.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">                 <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"> <b>La musique n\u2019a pas de direction. Seul le plaisir compte, nous dit-on. Il semble n\u00e9anmoins que quelques artistes, organisateurs de concert et producteurs s\u2019attachent uniquement \u00e0 faire vibrer notre fibre nostalgique, en n\u00e9gligeant la cr\u00e9ation. Petit billet d\u2019humeur\u2026<\/b> <\/p>\n<p>   Le rock dit n\u00e9o-progressif est n\u00e9 dans les ann\u00e9es quatre-vingt. Sous cette banni\u00e8re, des mastodontes naissaient et faisaient fr\u00e9mir nos (alors jeunes) oreilles. Qui se souvient de ses premiers frissons en \u00e9coutant \u00ab&nbsp;Garden Party&nbsp;\u00bb de Marillion et son final \u00e9poustouflant (\u00ab&nbsp;I\u2019m pounting, I\u2019m beegling, I\u2019m winning, reclyning, I\u2019m rocking, I\u2019m fucking, so Welcome ! &nbsp;\u00bb) ? Qui se rappelle avec \u00e9moi les envol\u00e9es de Clive Nolan sur \u00ab&nbsp;Master of Illusion&nbsp;\u00bb ? Qui sourit en se rem\u00e9morant les heures pass\u00e9es chez le disquaire \u00e0 \u00e9couter quelques albums aux pochettes improbables ? Ces m\u00eames-l\u00e0 qui ont d\u00e9couvert des labels connus d&rsquo;une petite intelligentsia relativement anonyme voient de quoi je veux parler. La musique est une part profonde de notre \u00eatre, une parcelle de ses vibrations. Comme les odeurs et les saveurs, une m\u00e9lodie donne naissance \u00e0 des images personnelles, qu\u2019il est difficile de partager tant elles n\u2019appartiennent qu\u2019\u00e0 nous. Les souvenirs et les regards du voisin sur la musique sont partie int\u00e9grante de sa propre histoire. La musique est un partage, certes, une communion, sans nul doute, mais la part intime que r\u00e9v\u00e8le un arp\u00e8ge, une parole, une pochette de disque ne sont gu\u00e8re transposables d\u2019une personne \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_neo09_2.jpg\" width=\"220\" height=\"123\" align=\"right\" border=\"1\">Le rock n\u00e9o-progressif, ce sont nos jeunes ann\u00e9es, des fen\u00eatres ouvertes sur le r\u00eave, le d\u00e9lire, la couleur, des mondes chamarr\u00e9s et multiples, des sensations in\u00e9dites, un univers clos dans lequel on se recueillait, on s\u2019isolait, un monde qui n\u2019appartenait qu\u2019\u00e0 nous seuls et qui nous permettait de l\u00e2cher prise avec la r\u00e9alit\u00e9. Lors du dernier concert de la bande \u00e0 Mick Pointer pour l\u2019hommage \u00e0 <i>Script for a Jester\u2019s Tears<\/i>, le clone de Fish, Brian Cumming, l\u2019avait parfaitement r\u00e9sum\u00e9 : \u00ab&nbsp;J\u2019\u00e9coutais ce disque, avec une cigarette, un verre de vin, je mettais le casque, et je partais. G\u00e9n\u00e9ralement, je m\u2019endormais et n\u2019\u00e9coutais pas la face B !&nbsp;\u00bb. Jon Anderson, de Yes, au cours d\u2019un concert parrain\u00e9 par Radio Nostalgie (!), disait peu ou prou la m\u00eame chose : \u00ab&nbsp;Nous nous retrouvions, \u00ab&nbsp;roulions du th\u00e9&nbsp;\u00bb <i>(rires dans la salle)<\/i> et nous composions, nous \u00e9tions jeunes\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>  Les ann\u00e9es quatre-vingt-dix sont pass\u00e9es, puis arrive le tonitruant vingt et uni\u00e8me si\u00e8cle, et nous, nous avons ind\u00e9niablement grandi, \u00e0 d\u00e9faut de vieillir. Nos \u00e9tag\u00e8res se sont alourdies de disques que nous n\u2019\u00e9coutons sans doute plus assez souvent : nous avons tous ces albums qui, en leur temps, usaient jusqu\u2019\u00e0 la corde notre platine et qui aujourd\u2019hui, s\u2019empoussi\u00e8rent. De nos jours, la production est plus nombreuse, nous avons sans doute un peu plus de moyens, les supports sont plus (trop ?) vari\u00e9s, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la musique devient plus ais\u00e9, plus d\u00e9mocratique, et nous croulons quotidiennement sous des productions nouvelles. Ces groupes, qui jadis, nous ont fait grandir, existent toujours, et eux aussi ont chang\u00e9 : d\u2019aucuns le d\u00e9plorent.<\/p>\n<p>  Le Marillion de 2009 n\u2019est plus celui de 1989 ou de 1985 : il s\u2019oriente vers des sonorit\u00e9s nouvelles, et doit beaucoup \u00e0 Radiohead, par exemple, Fish a perdu sa voix et fait du <i>groove<\/i>, Martin Orford a quitt\u00e9 IQ et sort de bons albums, mais qui se vendent mal, Pendragon prend un tournant plus rock, moins m\u00e9lodique peut-\u00eatre, et se fait taper sur les doigts sans pour autant r\u00e9ussir \u00e0 s\u00e9duire un nouveau public&#8230;<\/p>\n<p> En revanche, d\u2019autres artistes ont cru, \u00e0 tort, que la magie des ann\u00e9es quatre-vingt devait durer, et ils se sont \u00e9vertu\u00e9s \u00e0 ne pas changer d\u2019un b\u00e9mol : Enchant, The Tangent, Guy Manning, le projet Colossus et sa f\u00e2cheuse manie de r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 la note pr\u00e8s les sensations, les souvenirs et les vestiges du pass\u00e9 sans rien proposer de neuf, ou encore tous ces clones francophones de Ange, sont autant de fen\u00eatres directement ouvertes sur le pass\u00e9. Evoquons aussi cette mode un brin malsaine des <i>tribute bands<\/i>, The Musical Box en t\u00eate, ou la tourn\u00e9e mi-nostalgique, mi-mercantile de Mick Pointer autour de l\u2019anniversaire de <i>Script for Jester\u2019s Tears<\/i>.<\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_neo09_3.jpg\" width=\"150\" height=\"227\" align=\"left\" border=\"1\">  Rien ne s\u2019est produit en vingt ans chez ces derniers artistes, et lorsqu\u2019on le leur rappelle, ils n\u2019appr\u00e9cient gu\u00e8re la remarque, en arguant d&rsquo;une production r\u00e9arrang\u00e9e par ici, ou d&rsquo;un recours \u00e0 des proc\u00e9d\u00e9s nouveaux par l\u00e0, ou tout simplement du plaisir de l\u2019\u00e9coute. Ce dernier point est l\u2019argument supr\u00eame et indiscutable. Le fait est, cette musique ne bouge plus, elle est englac\u00e9e, pis, elle stagne, tandis que nous, nous poursuivons notre qu\u00eate de sensations. Le plaisir n\u2019est pas fig\u00e9, il \u00e9volue avec nous, et doit nous surprendre. Comme en amour, nous attendons d\u2019un vieux partenaire qu\u2019il nous \u00e9tonne, ce que Marillion a su faire, par exemple, apr\u00e8s quelques valses h\u00e9sitations, discutables il est vrai\u2026 <\/p>\n<p>  Progressia tra\u00eene une image fausse et relativement d\u00e9sagr\u00e9able : le m\u00e9pris pour ce genre. Nous passerions notre temps \u00e0 ricaner de toutes ces productions en lien direct avec autrefois en \u00e9coutant la bouche sirupeuse et la mine hautaine des choses exp\u00e9rimentales, complexes et d\u00e9nu\u00e9es d\u2019\u00e9motions. C\u2019est faux, les pages consacr\u00e9es au n\u00e9o sur ce site sont l\u00e9gions, les concerts sont couverts, les artistes aiment nous rencontrer et savent qu\u2019on les traitera avec objectivit\u00e9. Nous ne faisons que retenir du mot progressif sa part la plus belle : l\u2019innovation, la transformation, la cr\u00e9ation. C\u2019est ind\u00e9niable, nous aimons nous lover dans le pass\u00e9, nous souvenir mais il est dommage, pour ne pas dire plus, que certains artistes profitent de ce trait de notre caract\u00e8re, de notre vie, de notre histoire, pour ne rien remettre en question de leur production. On profite de cette fibre nostalgique, on la nourrit, et on finit donc par l\u2019\u00e9touffer : qu\u2019avons-nous applaudi en r\u00e9servant un triomphe \u00e0 Mick Pointer ? L\u2019artiste, Marillion, ou nos souvenirs ? <\/p>\n<p>  Le pass\u00e9 n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 nous seuls, les \u00e9motions nous sont personnelles, les souvenirs ne se partagent pas dans leur int\u00e9gralit\u00e9. Cette mode de la nostalgie recelle quelque chose de fallacieux, elle nous enferme ainsi que les jeunes artistes qui ne percent pas, ne se fatiguent plus, imitent plus qu\u2019ils inventent. Quel int\u00e9r\u00eat y a-t-il \u00e0 \u00e9couter The Watch ou Balloon, qui sont pour l\u2019un du Genesis en moins m\u00e9lodieux et pour l\u2019autre du Porcupine Tree d\u00e9nu\u00e9 d\u2019affects et de sentiments ? La musique des ann\u00e9es quatre-vingt \u00e9tait celle d\u2019une \u00e9poque, elle r\u00e9pondait \u00e0 des d\u00e9lires, des attentes, des r\u00eaves qui n\u2019ont sans doute plus cours aujourd\u2019hui. Prenons plaisir \u00e0 \u00e9couter, certes, mais laissons-nous encore \u00e9tonner, comme lorsque nous avions seize ans\u2026 <\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>J\u00e9r\u00f4me Walczak<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FOCUS : LA NEO-NOSTALGIE &nbsp; La musique n\u2019a pas de direction. 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