{"id":22013,"date":"2010-04-22T00:00:00","date_gmt":"2010-04-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/92caa4efc8e0ce510617fa92dc5151a8_XL.jpg"},"modified":"2010-04-22T00:00:00","modified_gmt":"2010-04-21T22:00:00","slug":"22013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/04\/22\/22013\/","title":{"rendered":"&#8211; Les pr\u00e9curseurs oubli\u00e9s"},"content":{"rendered":"<span style=\"font-weight: bold;\">Retour \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante et \u00e0 l&rsquo;aube des ann\u00e9es soixante-dix. Dans les tops albums cartonnent autant le hard &lsquo;n&rsquo; heavy de Led Zeppelin et Black Sabbath que le rock progressif de King Crimson et The Nice. Rien d&rsquo;\u00e9tonnant \u00e0 ce que ces deux courants aient fini par se rencontrer, alors que durant cette m\u00eame p\u00e9riode riche en exp\u00e9rimentations viennent de fusionner entre autres jazz et rock (Miles Davis) tout comme rock et musique classique (Emerson, Lake &amp; Palmer). Il \u00e9tait temps de faire la lumi\u00e8re sur un courant souvent cit\u00e9 mais jamais vraiment constitu\u00e9.<\/span><br><br>Contrairement \u00e0 ce qui s&rsquo;est produit avec le metal progressif au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt-dix lorsque Dream Theater publie <span style=\"font-style: italic;\">Images and Words<\/span>, le <span style=\"font-style: italic;\">hard <\/span>progressif ne se cristallise pas autour d&rsquo;un groupe ou d&rsquo;un album capable de cr\u00e9er une nouvelle esth\u00e9tique unanimement reconnue. Ainsi doit-on ramasser des pi\u00e8ces \u00e9parses afin d&rsquo;en reconstituer un champ sans limitations claires et d\u00e9finies. M\u00eame Deep Purple, l&rsquo;un des plus repr\u00e9sentatifs des t\u00e9nors de cette \u00e9poque avec Rush, ne parvient pas \u00e0 r\u00e9ellement f\u00e9d\u00e9rer. Or, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;un vrai mouvement, un certain nombre de groupes et de disques peuvent \u00eatre retenus comme des tentatives int\u00e9ressantes, voire g\u00e9niales (De De Lind, T2, \u2026), pour associer la puissance \u00e9lectrique des guitares \u00e0 cette part prom\u00e9th\u00e9enne du rock progressif des origines qui cherchait \u00e0 sortir des canons \u00e9troits de la pop music et se permettre d&rsquo;explorer de nouvelles voies.<br><br>Cette s\u00e9lection exclut volontairement Deep Purple, Rush ou Blue \u00d6yster Cult qui connurent un \u00e9norme succ\u00e8s. Sans retirer la moindre valeur \u00e0 ces grandes formations qui r\u00e9v\u00e8lent une belle r\u00e9sistance au temps gr\u00e2ce \u00e0 leurs g\u00e8nes blues-rock de l&rsquo;\u00e9ternelle jeunesse, ces ic\u00f4nes embl\u00e9matiques ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trop largement cit\u00e9es dans les anthologies pour que Progressia y apporte ici un compl\u00e9ment. Ce mini-\u00e9ventail veut volontairement faire la part belle \u00e0 quelques \u00ab&nbsp;sans grade&nbsp;&#187; d&rsquo;origines g\u00e9ographiques vari\u00e9es, qui pour des raisons ind\u00e9pendantes de la qualit\u00e9 de leur musique ont rat\u00e9 leur public de leur vivant. Gr\u00e2ce au succ\u00e8s des r\u00e9\u00e9ditions et \u00e0 la circulation plan\u00e9taire de l&rsquo;information, peut-\u00eatre auront-ils droit \u00e0 une seconde chance, si ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 le cas.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Armageddon \u2013 <span style=\"font-style: italic;\">Armageddon <\/span>(1975) \u00c9tats-Unis \/ Grande-Bretagne<\/span><br>Il arrive que la post\u00e9rit\u00e9, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, rep\u00eache des \u0153uvres oubli\u00e9es. C&rsquo;est le cas de cet album revenu sous les feux de l&rsquo;actualit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 un \u00e9rudit d\u00e9nomm\u00e9 Denis Meyer qui dans son ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence intitul\u00e9 <span style=\"font-style: italic;\">Hard Rock Anthology 1968-1980<\/span> a signal\u00e9 une b\u00e9vue du destin pour Armageddon. B\u00e9vue d&rsquo;autant plus inexplicable que la formation \u00e9tait compos\u00e9e d&rsquo;ex-membres prestigieux de Steamhammer, Renaissance, Johnny Winter Group et des Yardbirds, et qui aurait d\u00fb attirer l&rsquo;attention par un style hard fougueux et somptueux, marchant largement sur les plates-bandes du rock progressif, et une pochette marquante et sans ambigu\u00eft\u00e9 sur son contenu pyrotechnique. Armageddon reste certainement en dessous de la valeur de sa nouvelle r\u00e9putation. Cet unique album, int\u00e9ressant ne serait-ce que pour son c\u00f4t\u00e9 proto metal-progressif, est pourtant handicap\u00e9 par une production m\u00e9diocre, de grosses longueurs et par un d\u00e9s\u00e9quilibre qualitatif sur sa fin, surtout au regard de son long et spectaculaire premier titre \u00ab&nbsp;Buzzard&nbsp;&#187;.<br><span style=\"font-style: italic;\">Note : 6\/10<\/span><br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Captain Beyond \u2013<span style=\"font-style: italic;\"> Captain Beyond<\/span> (1972) \u00c9tats-Unis<\/span><br>Attention bijou. Fruit de requins de studio ayant jou\u00e9 dans des formations aussi prestigieuses que Deep Purple, Iron Butterfly ou Johnny Winter, ce premier album de Capitain Beyond se distingue par des arrangements qui ne laissent aucun doute sur sa nature bic\u00e9phale hard et rock progressif, le tout sur fond de textes \u00e9tranges, presque philosophiques, sur la signification de l&rsquo;existence. Les qualit\u00e9s principales de ce magnifique album, outre le fait qu&rsquo;il soit particuli\u00e8rement bien interpr\u00e9t\u00e9, sont certainement sa grande fluidit\u00e9 et une richesse m\u00e9lodique qui agrippe l&rsquo;auditeur jusqu&rsquo;\u00e0 son final tr\u00e8s r\u00e9ussi. Unique en son genre, insolite jusque dans sa mani\u00e8re de changer de ton \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ses titres, interpr\u00e9t\u00e9 par des musiciens qui font preuve de personnalit\u00e9, <span style=\"font-style: italic;\">Captain Beyond<\/span> est \u00e0 coup s\u00fbr un des indispensables de cette s\u00e9lection.<br><span style=\"font-style: italic;\">Note : 8\/10<\/span><br><br><span style=\"font-weight: bold;\">De De Lind \u2013<span style=\"font-style: italic;\"> Io non so da dove vengo e non so dove mai andr\u00f2. Uomo \u00e9 il nome che mi han dato<\/span> (1972) Italie<\/span><br>Voila une perle noire dissimul\u00e9e derri\u00e8re les reliefs transalpins. Cet album suspend le temps pour lui donner une incroyable densit\u00e9. Tout le g\u00e9nie italien y est synth\u00e9tis\u00e9, \u00e0 commencer par un sens de la m\u00e9lodie sublime, un style original \u00e9mancip\u00e9 des clich\u00e9s hard, et une interpr\u00e9tation flamboyante entre riffs lourds ent\u00eatants \u00e0 la Black Sabbath et folk progressif \u00e0 la Jethro Tull. Un petit chef-d&rsquo;\u0153uvre dont il faut d\u00e9guster chaque note tant celles-ci donnent l&rsquo;impression d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crites comme l&rsquo;\u0153nologue choisit ses meilleurs raisins pour son vin. Un album ample et capiteux, \u00e0 d\u00e9couvrir absolument.<br><span style=\"font-style: italic;\">Note : 9\/10<\/span><br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Flower Travellin&rsquo; Band \u2013 <span style=\"font-style: italic;\">Satori <\/span>(1971) Japon<\/span><br>On ne peut qu&rsquo;\u00eatre d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 du travail de feignasse de la plupart des journalistes professionnels qui ressortent \u00e0 chaque occasion les m\u00eames et sempiternelles r\u00e9f\u00e9rences <span style=\"font-style: italic;\">hard &lsquo;n&rsquo; heavy seventies<\/span>. Avec le web et les innombrables r\u00e9\u00e9ditions vintages, c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui un peu la honte pour eux de continuer \u00e0 zapper une formation japonaise aussi merveilleuse que celle du Flower Travellin&rsquo; Band. Une fois de plus, le label Radioactive (\u00e0 qui on doit entre autres la red\u00e9couverte d&rsquo;un groupe de tueurs dans les ann\u00e9es soixante-dix qu&rsquo;est Totty) aura permis de pouvoir jeter une oreille sur leur musique incroyable. Fusion parfaite entre puissance heavy et le rock progressif auquel Flower Travellin Band ne cessera durant toute sa carri\u00e8re de faire r\u00e9f\u00e9rence, avec notamment la d\u00e9capante reprise de \u00ab&nbsp;Century Schizoid Man&nbsp;&#187; de King Crimson sur leur premier album ou le curieux mais bref fac-simil\u00e9 d&rsquo;Emerson, Lake and Palmer en ouverture de leur troisi\u00e8me album. Satori est un voyage spirituel, une initiation chamanique, de la v\u00e9ritable magie noire qui, quarante ans plus tard, se montre toujours aussi efficace. Tous leurs albums entre 1970 et 1972 sont fortement conseill\u00e9s. Celui-ci se distingue en outre par son originalit\u00e9 et sa tr\u00e8s grande coh\u00e9rence.<br><span style=\"font-style: italic;\">Note : 8\/10<\/span><br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Jericho \u2013 <span style=\"font-style: italic;\">Jericho <\/span>(1972) Isra\u00ebl<\/span><br>Voil\u00e0 un album connu des amateurs de hard rock pointu (\u00ab&nbsp;Ethiopia&nbsp;&#187;, le premier titre, est d&rsquo;une \u00e9poustouflante sauvagerie heavy) mais absolument ignor\u00e9 des amateurs de rock progressif. Il contient n\u00e9anmoins le meilleur des deux mondes sans forc\u00e9ment les avoir fusionn\u00e9s, et c&rsquo;est peut-\u00eatre pour cette raison que les amateurs de rock progressif classique l&rsquo;ont ignor\u00e9. Jericho superpose plut\u00f4t l&rsquo;un et l&rsquo;autre au gr\u00e9 de titres toujours soign\u00e9s aux m\u00e9lodies parfois \u00e9tranges et agr\u00e9ment\u00e9s de digressions orchestrales riches en arrangements (le long et excellent \u00ab&nbsp;Kill Me With Your Love&nbsp;&#187;). Un excellent disque \u00e0 d\u00e9couvrir, bien produit, qui ravira c&rsquo;est s\u00fbr les uns et les autres. Avec ce disque, les Isra\u00e9liens justifient largement leur place dans cette s\u00e9lection.<br><span style=\"font-style: italic;\">Note : 7\/10<\/span><br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Julian Jay Savarin \u2013 <span style=\"font-style: italic;\">Waiters on the Dance<\/span> (1971) Angleterre<\/span><br>C&rsquo;est \u00e9vident, les trente-deux petites minutes de ce disque n&rsquo;ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des m\u00eames moyens en production qu&rsquo;un album de Deep Purple. C&rsquo;est bien dommage, car cette musique poss\u00e8de un gros potentiel. Une certaine majest\u00e9 que l&rsquo;on doit \u00e0 une propension captivante d\u00e8s l&rsquo;introspection \u00ab&nbsp;hyper-\u00e9lectrique&nbsp;&#187; de \u00ab&nbsp;Dance of the Golden Flamingoes&nbsp;&#187; qui d\u00e9montre une puissance exceptionnelle. Julian Jay Savarin \u2013 qui se fera surtout conna\u00eetre comme auteur prolifique de science-fiction \u2013 attaque ses claviers avec une rage et une souverainet\u00e9 fascinantes. \u00c9paul\u00e9 d&rsquo;une superbe guitare au son lourd et lyrique, et d&rsquo;une formidable chanteuse-pr\u00eatresse en la personne de Lady Jo Meek, l&rsquo;\u00e9trange alchimie invoqu\u00e9e par le Britannique efface les quelques d\u00e9fauts et laisse en fin de compte une trace plus profonde qu&rsquo;il n&rsquo;y parait. Dommage que le secret de cette recette herm\u00e9tique ne se soit d\u00e9finitivement perdue.<br><span style=\"font-style: italic;\">Note : 8\/10<\/span><br><br><span style=\"font-weight: bold;\">T2 \u2013 <span style=\"font-style: italic;\">It&rsquo;ll All Work Out in Boomland<\/span> (1970) Grande-Bretagne<\/span><br>Fruit d&rsquo;un alliage parfait entre hard rock et rock progressif, ce disque est un v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne. Interpr\u00e9t\u00e9 par un <span style=\"font-style: italic;\">power trio <\/span>de dix-sept ans de moyenne d&rsquo;\u00e2ge, il touche \u00e0 l&rsquo;exceptionnel : un batteur fabuleux, un chanteur \u00e0 la voix nostalgique et envo\u00fbtante, un guitariste au style \u00e9clatant, des claviers judicieux et par-dessus tout, des compositions \u00e0 la forte personnalit\u00e9 culminante sur la performance d&rsquo;un titre de pr\u00e8s de vingt minutes ! Bref, <span style=\"font-style: italic;\">It&rsquo;ll All Work Out in Boomland<\/span> surclasse ses origines hards (Gun et Bulldog en premier) pour atteindre le septi\u00e8me ciel de l\u00e0 pop music des <span style=\"font-style: italic;\">seventies<\/span>. Mal distribu\u00e9 par son label Decca, T2 connut l&rsquo;\u00e9chec public qui lui coupa net son envol artistique. Lors de ses passages r\u00e9guliers au Marquee Club, le groupe, dit-on, abasourdit autant Jimi Hendrix que John Lennon ! CQFD.<br><span style=\"font-style: italic;\">Note : 9\/10&nbsp;<\/span>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><\/figure><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retour \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante et \u00e0 l&rsquo;aube des ann\u00e9es soixante-dix. 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