{"id":22011,"date":"2009-10-01T00:00:00","date_gmt":"2009-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/8917079b33b2c900e1ef9ea5e05b6ac8_XL.jpg"},"modified":"2009-10-01T00:00:00","modified_gmt":"2009-09-30T22:00:00","slug":"22011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/10\/01\/22011\/","title":{"rendered":"&#8211; Le Canterbury"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>FOCUS : LE CANTERBURY<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_main.jpg\" width=\"220\" height=\"144\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">  <b>Origine<\/b> : Angleterre<br \/> <b>Style<\/b> : rock &#038; jazz barr\u00e9<br \/>                <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <b>Hugh Hopper est mort le 7 juin 2009, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de soixante-quatre ans. C&rsquo;\u00e9tait un personnage d&rsquo;envergure qui, il y a pr\u00e8s de quarante-cinq ans, lan\u00e7ait la sc\u00e8ne dite de Canterbury, en compagnie de musiciens aussi importants que Robert Wyatt, Daevid Allen ou Richard Sinclair. A l&rsquo;occasion de cette triste disparition, Progressia propose une visite guid\u00e9e d&rsquo;un faux genre qui connut des heures de gloires et qui continue d&rsquo;exister dans l&rsquo;esprit des fans.<\/b><\/p>\n<p>  <b>Le Canterbury&#8230;<\/b> o\u00f9 l\u2019on apprend que le Canterbury n\u2019est jamais vraiment venu au monde, mais qu&rsquo;il est bel et bien vivant\u2026<\/p>\n<p>  Le Canterbury n\u2019existe pas. Cette mani\u00e8re de pr\u00e9senter les choses est certainement provocatrice mais loin d\u2019\u00eatre d\u00e9nu\u00e9e de sens. Car en analysant l\u2019histoire ou le son de cette sc\u00e8ne, en synth\u00e9tisant les t\u00e9moignages d\u2019acteurs historiques, il faut se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que le Canterbury n&rsquo;est qu&rsquo;une \u00e9tiquette approximative qui rassemble des ingr\u00e9dients tr\u00e8s \u2014 trop ? \u2014 h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Comme bien des nomenclatures musicales, le terme Canterbury a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 et utilis\u00e9 pour des raisons plus pratiques qu\u2019objectives, pour d\u00e9signer une r\u00e9alit\u00e9 mouvante et en renouvellement permanent, qui \u00e9chappait aux d\u00e9finitions. Pourtant, l\u2019id\u00e9e de l\u2019existence d\u2019un tout ordonn\u00e9 d\u00e9finissant cette sc\u00e8ne persiste. Pour y voir plus clair dans ce brouillard anglais, il est n\u00e9cessaire de pointer quelques \u00e9l\u00e9ments historiques. Quant au reste, notamment le style, les contours de cette musique sont en r\u00e9alit\u00e9 aussi insaisissables que le dos d\u2019une vague perdu au milieu de l\u2019oc\u00e9an, entre faits fragiles et illusions d\u2019optique.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_03.jpg\" width=\"127\" height=\"200\" align=\"right\" border=\"1\">L\u2019histoire de cette \u00e9cole dite de Canterbury commence par une contradiction de taille. Pour un univers d\u00e9crit de culture typiquement anglaise, il est piquant de savoir que c\u2019est probablement un Australien, en la personne de Daevid Allen, figure embl\u00e9matique de la future plan\u00e8te Gong, qui sera \u00e0 l\u2019origine du son Canterbury. Accueilli au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante par Robert Wyatt dans une vaste maison \u00e0 Lydden (situ\u00e9e dans le Kent, \u00e0 plusieurs dizaines de kilom\u00e8tres de&#8230; Canterbury), Daevid Allen a semble-t-il import\u00e9 de Melbourne une importante collection de disques en tous genres. Plusieurs de ses petits camarades de l\u2019\u00e9poque en profiteront, notamment les c\u00e9l\u00e8bres Hugh Hopper et Richard Sinclair. L\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er un premier groupe germe alors ; ce sera le Daevid Allen Trio qui, par mutation, deviendra The Wilde Flowers, point de d\u00e9part et d&rsquo;extension de la sc\u00e8ne Canterbury. C&rsquo;est au sein de ce tonneau qu&rsquo;entre 1963 et 1967 est soumise \u00e0 maturation une identit\u00e9 sonore suffisamment originale pour parvenir \u00e0 identifier cette \u00e9cole.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_04.jpg\" width=\"150\" height=\"147\" align=\"left\" border=\"1\">Si les Wilde Flowers sont si s\u00e9minaux, alors qu\u2019ils n\u2019ont jamais eu l\u2019occasion de produire un v\u00e9ritable disque (seul un album de d\u00e9mo voit le jour en 1994), c\u2019est que les diff\u00e9rents musiciens qui constituent ses nombreuses incarnations (Hugh Hopper, Robert Wyatt, Kevin Ayers, Richard Sinclair, Pye Hastings, David Sinclair, Richard Coughlan, \u2026) feront tous l\u2019histoire de ce faux genre. D\u2019abord pop et psych\u00e9 mais toujours sur fond jazz, les Wilde Flowers \u00e9voluent peu \u00e0 peu vers un jazz-rock avant-gardiste pour aboutir d\u2019un c\u00f4t\u00e9, en 1966, aux exp\u00e9riences du c\u00e9l\u00e8bre Soft Machine avec Robert Waytt, Mike Ratledge et Kevin Ayers, puis de l\u2019autre, en 1968, au jazz-pop enlev\u00e9 de Caravan avec David Sinclair, Richard Sinclair, Pye Hastings et Richard Coughlan. Pendant ce temps, Allen part s\u2019exiler en France et fonde Gong.<\/p>\n<p>  De fait, Soft Machine et Caravan sont les deux seuls groupes purement \u00ab&nbsp;canterburiens&nbsp;\u00bb, m\u00eame s\u2019ils incarnent deux expressions musicales finalement assez diff\u00e9rentes. Tr\u00e8s vite, le rapport avec la vieille ville du Kent devient flou, car si d\u2019autres formations phares se constituent (Hatfield and the North, Egg et plus tard National Health), elles \u00e9migrent presque toutes \u00e0 Londres. Enfin, l\u2019habitude est prise par les musiciens historiques de jouer r\u00e9guli\u00e8rement dans les diff\u00e9rentes formations fondatrices, cr\u00e9ant ainsi de nombre de filiations plus ou moins fid\u00e8les aux canons de d\u00e9part. <\/p>\n<hr>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"> <b>Le son Canterbury<\/b><\/p>\n<p>  Si les origines de cette sc\u00e8ne peuvent \u00eatre identifi\u00e9es, le son qui lui est associ\u00e9 reste g\u00e9n\u00e9ralement difficile \u00e0 d\u00e9finir. Pourtant le Canterbury, au m\u00eame titre que la zeuhl ou le Rock in Opposition, a ses adeptes.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_06.jpg\" width=\"121\" height=\"150\" align=\"left\" border=\"1\">Quels sont les \u00e9l\u00e9ments de coh\u00e9rence du style Canterbury ? Ayant jou\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement d\u2019un groupe \u00e0 l\u2019autre, les musiciens historiques ont cr\u00e9\u00e9 quelques constantes. Pourtant, m\u00eame celles-ci ne rel\u00e8vent pas d&rsquo;une \u00e9vidence tant chaque groupe a su exploit\u00e9 une voie diff\u00e9rente et personnelle. Citons sans pouvoir \u00eatre totalement exhaustif le jazz-pop pour Caravan, le jazz-rock pour Soft Machine, la pop-folk impertinente de Kevin Ayers, le rock m\u00e2tin\u00e9 de jazz et d&rsquo;avant-garde rock pour Hatfield and the North et National Health, le space-rock pour Gong et, enfin, le classic-rock pour Egg ! Difficile de faire plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne.<\/p>\n<p>  Le jazz est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment commun le plus incontestable. Souvent d&rsquo;expression instrumentale, le Canterbury privil\u00e9gie \u00e9galement un chant \u00e0 l&rsquo;accent et \u00e0 l&rsquo;humour <i>so british<\/i>. Il existe en outre une pr\u00e9dilection \u00e9vidente pour le clavier \u00e9lectrique, le Fender Rhodes en particulier. Tous ces ingr\u00e9dients se retrouvent n\u00e9anmoins dans des proportions variables. Chez Gong, par exemple, l\u2019univers <i>space<\/i> et psych\u00e9d\u00e9lique est enti\u00e8rement b\u00e2ti sur le son de la guitare de Daevid Allen&#8230;<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_02.jpg\" width=\"131\" height=\"200\" align=\"right\" border=\"1\">Pour d\u00e9m\u00ealer l&rsquo;\u00e9cheveau, certains tenteront de pr\u00e9ciser l\u2019esth\u00e9tique du Canterbury en faisant appel \u00e0 des consid\u00e9rations plus ou moins claires, comme sa propension \u00e0 juxtaposer gravit\u00e9 et humour de mani\u00e8re originale et fra\u00eeche. D\u2019autres iront plus loin encore, comme Didier Malherbe de Gong qui pense que \u00ab&nbsp;<i>l\u2019\u00e9cole de Canterbury peut \u00eatre d\u00e9finie gr\u00e2ce \u00e0 certains changements d\u2019accords, en particulier l\u2019utilisation d&rsquo;accords mineurs mais \u00e9galement certaines combinaisons harmoniques<\/i>&nbsp;\u00bb. Il ajoute : \u00ab&nbsp;<i>Il y a \u00e9galement dans ce style une grande clart\u00e9 dans l\u2019esth\u00e9tique, et une fa\u00e7on d\u2019improviser qui reste tr\u00e8s diff\u00e9rente de ce qui se fait d&rsquo;habitude dans le jazz<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>  Comme certaines philosophies orientales proc\u00e8dent pour cerner un probl\u00e8me difficile, il peut \u00eatre int\u00e9ressant de tirer un portrait en n\u00e9gatif du Canterbury. Concernant l\u2019humour, un fan d\u00e9nomm\u00e9 Micha\u00ebl Bloom pr\u00e9cise \u00ab&nbsp;<i>Je pense que Henry Cow m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne Canterbury. Je base cette r\u00e9flexion sur l&rsquo;id\u00e9e que je me fais de cette \u00e9cole. C&rsquo;est-\u00e0-dire une forme d&rsquo;humour particulier autant qu&rsquo;une \u00e9tranget\u00e9 m\u00e9lodique et rythmique<\/i>&nbsp;\u00bb. C\u2019est pourquoi il trouve peu judicieux d&rsquo;assimiler <i>Seven<\/i> de Soft Machine au Canterbury : l&rsquo;album ne serait pas assez dr\u00f4le !<\/p>\n<p>  Le Canterbury existe-il donc vraiment ? Comme l&rsquo;a fait remarquer un fan en plaisantant : il est plus pratique d&rsquo;utiliser cette jolie \u00e9tiquette qui sent bon la vielle Angleterre que de dire \u00ab&nbsp;la musique qu&rsquo;ont continu\u00e9 \u00e0 jouer les musiciens de The Wilde Flowers apr\u00e8s leur dissolution en 1967 !&nbsp;\u00bb Soit.  <\/p>\n<hr>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <b>Les quelques incontournables<\/b><\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_3.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" align=\"left\" border=\"1\"><b>Hatfield and the North<\/b> &#8211; <i>The Rotters&rsquo; Club<\/i> (1975)<\/p>\n<p> Au rayon des \u0153uvres les plus caract\u00e9ristique du style se place d&#8217;embl\u00e9e <i>The Rotters&rsquo; Club<\/i>, avec ses chansons ironiques au caract\u00e8re tr\u00e8s <i>british<\/i>, pulsions jazz \u00e0 gogo entrem\u00eal\u00e9es sans que ne transparaisse jamais une \u00e9criture hyper-complexe. D\u00e9capant et revigorant, voila bien l&rsquo;esprit incarn\u00e9 du Canterbury.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_4.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" align=\"left\" border=\"1\"><b>Robert Wyatt<\/b> &#8211; <i>Rock Bottom<\/i> (1974)<\/p>\n<p> Un des plus fabuleux chefs-d&rsquo;\u0153uvre de la pop musique. Cet album d\u00e9passe voire transcende sans aucun doute le cadre brumeux du Canterbury. Robert Wyatt y livre crue son \u00e2me, en chantant avec une intensit\u00e9 exacerb\u00e9e, encore jamais atteinte (et pour cause, le batteur vient de perdre l&rsquo;usage de ses jambes). Quand \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture des titres, elle est d&rsquo;une modernit\u00e9 et d&rsquo;une beaut\u00e9 prodigieuse. Son affiliation avec le Canterbury r\u00e9side sans conteste dans ce jazz avant-gardiste interpr\u00e9t\u00e9 par une superbe brochette de musiciens \u00ab&nbsp;historiques&nbsp;\u00bb et des textes particuli\u00e8rement surr\u00e9alistes. \u00ab&nbsp;Un album soit adul\u00e9, soit incompris&nbsp;\u00bb dit un critique. Effectivement.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_9.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" align=\"left\" border=\"1\"><b>Caravan<\/b> &#8211; <i>If I Could Do It All Over Again, I\u2019d Do It All Over You<\/i> (1970)<\/p>\n<p> Un excellent choix pour illustrer le propos, m\u00eame si son successeur <i>In the Land of Grey and Pink<\/i> (1971) obtient bien plus de reconnaissance. Tout en conformit\u00e9 avec les valeurs stylistiques du genre en d\u00e9roulant une fra\u00eecheur et un humour incomparable, cet album sait rester inventif de bout en bout. Le folk progressif de Caravan y atteint une merveilleuse dimension pop, frapp\u00e9e par ce sceau baroque et aristocratique franchement d\u00e9cal\u00e9 qui fait leur signature. Un grand disque de musique \u00e0 red\u00e9couvrir, o\u00f9 coule la s\u00e8ve Canterbury la plus pure.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_7.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" align=\"left\" border=\"1\"><b>Gong<\/b> &#8211; <i>You<\/i> (1974)<\/p>\n<p> Un dernier album qui boucle une trilogie fondatrice en beaut\u00e9, et r\u00e9v\u00e8le la cocasserie salvatrice de leurs g\u00e9niteurs, Daevid Allen et Gilli Smyth en t\u00eate. Il est beau, compl\u00e8tement allum\u00e9, prot\u00e9iforme, iconoclaste et, ce qui ne g\u00e2che rien, admirablement produit. <i>You<\/i> m\u00e9rite bien des qualificatifs.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_5.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" align=\"left\" border=\"1\"><b>National Health<\/b> &#8211; <i>Of Queues and Cures<\/i> (1978)<\/p>\n<p> S&rsquo;il y a bien une injustice quand \u00e0 la reconnaissance de certaines \u0153uvres par la post\u00e9rit\u00e9, il faut admettre que ce disque en est le tragique exemple, de naissance trop tardive pour que l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 lui, alors que les t\u00e9nors du rock progressif se meurent sous le poids d&rsquo;un ego qui ne fait plus recette. Pourtant, cet album \u00e9poustouflant aurait largement m\u00e9rit\u00e9 de s&rsquo;\u00e9panouir sous les feux de la rampe, plut\u00f4t que de se cantonner aux oreilles du seul cercle des initi\u00e9s. Il explore les entrailles du Canterbury avec tous les outils du genre : claviers brillants, \u00e9criture complexe et hors normes, le tout dans un \u00e9quilibre parfait entre sophistication extr\u00eame et brise champ\u00eatre. Ce qui fait de <i>Of Queues and Cures<\/i> une \u0153uvre aussi myst\u00e9rieuse qu&rsquo;attrayante, un must dans lequel une immersion totale s&rsquo;impose.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_6.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" align=\"left\" border=\"1\"><b>Kevin Ayers<\/b> &#8211; <i>Joy of a Toy<\/i> (1969)<\/p>\n<p> Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 Soft Machine, le bassiste Kevin Ayers se met \u00e0 son compte et se lance dans une carri\u00e8re solo au long cours. Ce sera l&rsquo;occasion pour lui de d\u00e9velopper toute la saveur de son univers farfelu. Rythm\u00e9es par sa voix profonde et chaude, un brin cocasse, les compositions r\u00e9v\u00e8lent un musicien \u00e0 son aise sur des formats courts au go\u00fbt folk, o\u00f9 l&rsquo;on retrouve \u00e0 grande \u00e9chelle la saveur caustique du Canterbury.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_8.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" align=\"left\" border=\"1\"><b>Egg<\/b> &#8211; <i>The Polite Force<\/i> (1971)<\/p>\n<p> Voil\u00e0 une autre victime \u00e0 mettre au tableau des albums maudits. Ignor\u00e9 par la critique, cet album fait pourtant mieux que n&rsquo;importe quel groupe n\u00e9oclassique en vogue dans les ann\u00e9es soixante-dix. Les quatre titres de ce disque fabuleux fusionnent sans efforts jazz, musique contemporaine et avant-garde, tout en se pr\u00eatant \u00e0 des inventions rythmiques bluffantes. Pr\u00e8s de quarante plus tard, si le son a vieilli (ce qui conf\u00e8re tout son charme \u00e0 l&rsquo;album), il surclasse bien des \u0153uvres embl\u00e9matiques comme celles d&rsquo;ELP, et laisse entrevoir toutes les richesses \u00e0 venir d&rsquo;une autre \u00e9cole : le Rock in Opposition.<\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_canter09_2.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" align=\"left\" border=\"1\"><b>The Soft Machine<\/b> &#8211; <i>Third<\/i> (1970)<\/p>\n<p> Il aurait \u00e9t\u00e9 tout aussi pertinent de choisir <i>Two<\/i>, davantage \u00ab&nbsp;canterburien&nbsp;\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire spontan\u00e9ment plus accessible. Mais parler du Canterbury et passer sous silence un album comme <i>Third<\/i> pourrait para\u00eetre maladroit. Cet album live \u00e0 l&rsquo;allure d&rsquo;album studio a laiss\u00e9 une trace ind\u00e9l\u00e9bile. Dans le genre dynamitage des conventions, il n&rsquo;a pas fait les choses \u00e0 moiti\u00e9 en explorant, sur de longues plages free noy\u00e9es dans les vapeurs des psychotropes, une fusion novatrice. Jazz, rock, psych\u00e9d\u00e9lique : \u00ab&nbsp;Third&nbsp;\u00bb reste un album proprement inou\u00ef.<\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Christophe Manh\u00e8s<br \/>Cr\u00e9dits photo (Didier Malherbe) Fabrice Journo<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FOCUS : LE CANTERBURY &nbsp; Origine : Angleterre Style : rock &#038; jazz barr\u00e9 Hugh&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":22012,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22011"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22011"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22011\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22012"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22011"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22011"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22011"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}