{"id":22009,"date":"2009-09-07T00:00:00","date_gmt":"2009-09-06T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/40d7d9e1707924ff5034381a91927e81_XL.jpg"},"modified":"2009-09-07T00:00:00","modified_gmt":"2009-09-06T22:00:00","slug":"22009","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/09\/07\/22009\/","title":{"rendered":"&#8211; Dominique Dupuis"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>FOCUS : DOMINIQUE DUPUIS<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_prvdd09_main.jpg\" width=\"176\" height=\"176\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">  <b>Intitul\u00e9<\/b> : Progressive Rock Vinyls<br \/> <b>Auteur<\/b> : Dominique Dupuis<br \/> <b>Editeur<\/b> : Editions Ereme<br \/> <b>Parution<\/b> : 19 mai 2009<br \/>  <b>Nombre de pages<\/b> : 192 pages<br \/> <b>Dimensions<\/b> : 26cm x 25,5cm x 1,6cm<br \/>                <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <b>Celui qui d\u00e9couvre aujourd\u2019hui le rock progressif en commen\u00e7ant par les production actuelles doit n\u00e9cessairement d\u00e9passer l\u2019impression d\u00e9sagr\u00e9able de glisser dans sa discoth\u00e8que de pochettes CD au graphisme approximatif. Handicap\u00e9 par un format ridicule de douze petits centim\u00e8tres carr\u00e9s, le rock progressif d\u2019aujourd\u2019hui a toutes les peines du monde, et c\u2019est un euph\u00e9misme, \u00e0 traduire visuellement de mani\u00e8re int\u00e9ressante, hors des clich\u00e9s, la richesse musicale du genre. Le premier grand m\u00e9rite de l\u2018ouvrage de Dominique Dupuis est de nous rappeler \u00e0 quel point la forme ample et originale des pochettes vinyles du mouvement progressif fut souvent g\u00e9niale, tout en \u00e9tant intimement li\u00e9e \u00e0 la musique qu\u2019elle illustrait. Non content de nous rafra\u00eechir la m\u00e9moire sur le talent graphique des origines, sous-titr\u00e9 <i>Histoire subjective du rock progressif<\/i>, <i>Progressive Rock Vinyls<\/i> est \u00e9galement l\u2019occasion de dresser un panorama assez complet \u2014 in\u00e9dit en fran\u00e7ais \u2014 de l\u2019histoire du rock progressif qui, s\u2019il est n\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante pour conna\u00eetre une p\u00e9riode sombre \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es soixante-dix, n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019exister.<\/b><\/p>\n<p>  Auteur de chroniques et d&rsquo;ouvrages critiques sur la bande dessin\u00e9e et le rock, Dominique Dupuis a v\u00e9cu le mouvement punk de l&rsquo;int\u00e9rieur, notamment comme manager du groupe Stinky Toys de 1976 \u00e0 1978, et c\u00f4toy\u00e9 le prog\u2019 rock en organisant des concerts de Sweet Smoke et Tempest. Aujourd\u2019hui, directeur d\u2019une belle collection consacr\u00e9e aux pochettes vinyles aux \u00c9ditions Ereme, il s\u2019est lui-m\u00eame attel\u00e9 au travail de s\u00e9lection et de r\u00e9daction de cet ouvrage, dont il faut imm\u00e9diatement souligner l\u2019exceptionnelle qualit\u00e9 de la mise en page, tant il est vrai que les ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 ce sujet sont souvent d\u2019un go\u00fbt douteux. \u00ab&nbsp;<i>L&rsquo;id\u00e9e de base \u00e9tait de faire un beau livre d&rsquo;image b\u00e2ti autour du monde de l&rsquo;illustration pour les vinyles<\/i>&nbsp;\u00bb. <\/p>\n<p>  Exercice r\u00e9ussi qui fait l\u2019impressionnante d\u00e9monstration de la force cr\u00e9ative et de l\u2019impact de ce support g\u00e9n\u00e9reux qui a accompagn\u00e9 les plus belles heures du mouvement progressif. \u00ab&nbsp;<i>Il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;un combat \u00e0 la con car je voudrais r\u00e9habiliter le vinyle<\/i>&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise-t-il de mani\u00e8re tr\u00e8s spontan\u00e9e. \u00ab&nbsp;<i>Je trouve extr\u00eamement frustrant l&rsquo;image sur un CD. Il y en a parfois de belles, mais c&rsquo;est rabougri ; il n&rsquo;y a pas de mati\u00e8re. Alors qu\u2019avec le vinyle, il y avait une riche illustration et une vraie recherche graphique. Beaucoup d&rsquo;illustrateurs \u00e9taient de grandes stars comme Roger Dean, Paul Whitehead, Hipgnosis, Storm Thorgeson ou Man Ray. Giger par exemple, sur <i>Brain Salad Surgery<\/i>, pour les ELP, c&rsquo;est magnifique, mais sur CD\u2026 ce n\u2019est rien ! Sur le vinyle, les visuels respirent, ils ont de la gueule ! Le but de cette collection est donc de faire red\u00e9couvrir la richesse graphique de ce support et, en l&rsquo;occurrence, celle du rock progressif qui, de tous les genres musicaux, a la plus grande unit\u00e9<\/i>&nbsp;\u00bb. \u00c9l\u00e9gant, de format carr\u00e9 presque \u00e0 la taille 30&#215;30, l\u2019ouvrage rend justice \u00e0 cette fameuse pochette cartonn\u00e9e qui emballe comme un tr\u00e9sor les \u0153uvres grav\u00e9es sur le fuligineux chlorure de polyvinyle.<\/p>\n<p>  Parall\u00e8lement \u00e0 cette r\u00e9habilitation du format vinyle, Dominique Dupuis voulait \u00e9galement combler une lacune. \u00ab&nbsp;<i>Quand j\u2019ai cherch\u00e9 un livre sur le rock progressif dans un grand magasin connu et g\u00e9n\u00e9ralement bien achaland\u00e9, je n&rsquo;ai alors trouv\u00e9 qu&rsquo;un seul ouvrage, et qui s&rsquo;arr\u00eate en 1970 ! Apr\u00e8s, il n&rsquo;y a plus rien\u2026<\/i>&nbsp;\u00bb affirme-t-il. Mais il ne faut pas se tromper car ce qui fait l\u2019originalit\u00e9 de <i>Progressive Rock Vinyls<\/i>, \u00ab&#038;nbsp<i>c&rsquo;est le texte qui sert d&rsquo;illustration, et non l\u2019inverse. Le plus important, ce sont les pochettes<\/i>&nbsp;\u00bb. Le traitement historique refl\u00e8te une grosse dose de subjectivit\u00e9 assum\u00e9e comme le pr\u00e9cise d\u2019ailleurs le sous-titre de l\u2019ouvrage. \u00ab&nbsp;<i>Mes s\u00e9lections sont vraiment subjectives. Pour vous donner un exemple, dans <i>Rock Vinyls<\/i>, j&rsquo;avais pris le parti de ne pas mettre du Queen, car \u00e0 aucun moment ce groupe n\u2019a crois\u00e9 ma vie<\/i>&nbsp;\u00bb. Difficile d\u2019\u00eatre plus clair\u2026 et partial ! <\/p>\n<p>  Pourtant, l\u2019ouvrage va bien au-del\u00e0 de tout ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 en langue fran\u00e7aise, en abordant des th\u00e8mes peu trait\u00e9s comme le Krautrock, le Canterbury ou le trop m\u00e9connu progressif italien, et en poussant dans le temps jusqu\u2019au metal progressif. Beaucoup devraient donc y retrouver un int\u00e9r\u00eat. \u00ab&nbsp;<i>En terme visuel, cette histoire est enrichie par de nombreux th\u00e8mes. J&rsquo;ai essay\u00e9 autant que faire se peut, que graphiquement, tout cela tienne<\/i>&nbsp;\u00bb. De toute \u00e9vidence, Dominique Dupuis a des pr\u00e9f\u00e9rences musicales qu\u2019il n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 mettre en avant. \u00ab&nbsp;<i>J&rsquo;ai beaucoup trop mis de Van Der Graaf Generator et de Peter Hammill, c&rsquo;est honteux ! (<i>rires<\/i>)<\/i>&nbsp;\u00bb. Le Canterbury est aussi particuli\u00e8rement bien servi, comme le Krautrock. \u00ab&nbsp;<i>Les graphistes allemands ont propos\u00e9 des choses tr\u00e8s avant-gardistes, notamment gr\u00e2ce au Bauhaus. On va trouver chez eux une richesse graphique que l\u2019on ne retrouve ni en Angleterre, ni en Italie<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>  \u00ab&nbsp;<i>J&rsquo;ai v\u00e9cu le rock progressif du d\u00e9but. En 1970, 1971 et 1972, j&rsquo;allais voir des concerts. Aussi ma tendance, c&rsquo;\u00e9tait de penser que le rock progressif s&rsquo;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9 avec le punk<\/i>&nbsp;\u00bb. Rien d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 ce que la seconde partie consacr\u00e9e au rock progressif <i>post-seventies<\/i> soit plus faible, moins pr\u00e9cise. \u00ab&nbsp;<i>J&rsquo;avais tout de m\u00eame quelques faiblesses<\/i>&nbsp;\u00bb, avoue-t-il, \u00ab&nbsp;<i>sur les derni\u00e8res \u00e9volutions du rock progressif. Mais \u00e7a m&rsquo;a fait d\u00e9couvrir un grand groupe, sous trait\u00e9 dans la presse destin\u00e9e au grand public : Porcupine Tree. Pour moi, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 une grande d\u00e9couverte alors que je connaissais The Mars Volta et les derni\u00e8res tendances du rock progressif actuel<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>  \u00c0 l\u2019heure de la d\u00e9mat\u00e9rialisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, il est tentant de demander \u00e0 Dominique Dupuis si la pochette d\u2019album a encore un avenir selon lui. \u00ab&nbsp;<i>J\u2019esp\u00e8re que l\u2019intelligence pr\u00e9vaudra. Des tas de gens me demandent pourquoi j&rsquo;ach\u00e8te encore des vinyles, et m&rsquo;expliquent que le CD est mort. Mais justement, l&rsquo;id\u00e9e de cette collection, c&rsquo;est de montrer que face \u00e0 la d\u00e9mat\u00e9rialisation de la musique, il existe des supports qui am\u00e8nent autre chose<\/i>&nbsp;\u00bb. Il insiste : \u00ab&nbsp;<i>Il faut expliquer aux gens qu&rsquo;un Ipod, c&rsquo;est parfait mais la qualit\u00e9 du son du mp3, et m\u00eame du CD, n\u2019a rien avoir avec celle du vinyle. Il y a l\u00e0 une involution stup\u00e9fiante. La musique d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e, c&rsquo;est de la consommation courante. Si on veut vraiment prendre du plaisir \u00e0 \u00e9couter de la musique dans de bonnes conditions, on est oblig\u00e9 d&rsquo;avoir une cha\u00eene hi-fi de qualit\u00e9, un CD ou un vinyle. C\u2019est une toute autre approche. D&rsquo;ailleurs le vinyle revient<\/i>&nbsp;\u00bb. Et d\u2019ajouter, \u00ab&nbsp;<i>Le vinyle est devenu un objet de luxe. Le CD le sera \u00e9galement bient\u00f4t, mais il ne dispara\u00eetra pas. Aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;y a gu\u00e8re que Phil Collins qui vaille un euro dans un vide grenier (<\/i>rires<i>)<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>  \u00ab&nbsp;<i>Beaucoup de gens qui aiment le rock progressif sont de grands nostalgiques, pas moi. Pour eux, il  s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 1977<\/i>&nbsp;\u00bb. En fin de compte, le combat de Dominique Dupuis, c\u2019est celui du bon sens qui veut redonner \u00e0 la musique une dimension perdue, plus recherch\u00e9e et loin des contingences technologiques aujourd\u2019hui paradoxales. Pour qui a eu la chance d\u2019avoir eu un jour entre les mains le double album vinyle <i>Tales From Topographic Oceans<\/i> illustr\u00e9e par Roger Dean, c\u2019est certain, la musique rock a perdu depuis l\u2019av\u00e8nement du CD une de ses dimensions les plus magiques.   <\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Christophe Manh\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web : <\/strong><a href=\"http:\/\/www.ereme.net\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><strong>Editions Ereme<\/strong><\/font><\/a><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FOCUS : DOMINIQUE DUPUIS &nbsp; Intitul\u00e9 : Progressive Rock Vinyls Auteur : Dominique Dupuis Editeur&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":22010,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22009"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22009"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22009\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22010"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22009"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22009"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22009"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}