{"id":22007,"date":"2009-06-25T00:00:00","date_gmt":"2009-06-24T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/713db5af92849a5246e386361220c623_XL.jpg"},"modified":"2009-06-25T00:00:00","modified_gmt":"2009-06-24T22:00:00","slug":"22007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/06\/25\/22007\/","title":{"rendered":"&#8211; Hugh Hopper"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>FOCUS : HUGH HOPPER<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/focus_hopper09_main.jpg\" width=\"220\" height=\"144\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">  <b>Hugh Hopper est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&rsquo;une leuc\u00e9mie le 7 juin 2009 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de soixante-quatre ans. Peu le savent, mais avec lui, c&rsquo;est une des plus belles pages de l&rsquo;histoire de la musique contemporaine qui se referme. Grand bassiste et excellent compositeur, cet Anglais originaire du Kent avait d\u00e9but\u00e9 sa longue carri\u00e8re d\u00e8s 1964 avec Wilde Flowers, devenu, quatre ans plus tard, Soft Machine, groupe r\u00e9volutionnaire laissant en Europe une trace ind\u00e9l\u00e9bile.<\/b>                <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  Comme toujours, c&rsquo;est \u00e0 la mort d&rsquo;un grand artiste que l&rsquo;on prend sa mesure. Celle d&rsquo;Hopper, \u00e0 l&rsquo;ombre des <i>sunlights<\/i> depuis son d\u00e9part de la \u00ab&nbsp;machine molle&nbsp;\u00bb, fut essentielle. On peut m\u00eame avancer qu&rsquo;il en \u00e9tait l&rsquo;un des pivots, et quand un pivot flanche c&rsquo;est tout un monde qui s&rsquo;\u00e9croule. Pendant plus de quarante ans, il a \u00e9t\u00e9 le centre de gravit\u00e9 du style Canterbury, genre atypique, entre free rock et jazz, n\u00e9 dans la ville du m\u00eame nom. Inconnu du grand public, ce flegmatique \u00e0 l&rsquo;allure \u00e9chapp\u00e9e d&rsquo;un roman du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle aura donc jou\u00e9 avec quasiment tous les musiciens qui ont marqu\u00e9 l&rsquo;histoire de cette musique (citons, entre autres, Robert Wyatt, Daevid Allen, Richard Sinclair, Elton Dean, Mike Ratledge, Phil Miller, Dave Stewart, Pip Pyle, etc.). Cette merveilleuse sph\u00e8re musicale, typiquement britannique, ne pourra plus jamais vraiment tourner de la m\u00eame fa\u00e7on. La Soft Machine s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e. <\/p>\n<p>  Il y avait quelque chose de fascinant \u00e0 voir jouer ce grand escogriffe, bonnet viss\u00e9 sur la t\u00eate. On \u00e9tait surtout surpris par le contraste entre sa basse aux effets fuzz \u00e9normes et l&rsquo;humilit\u00e9 de sa pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne. Pour lui, nul besoin d&rsquo;arrogance pour se faire entendre ou imprimer sa marque. Il poss\u00e9dait l&rsquo;aura des grands bassistes. M\u00eame son corps long et noueux semblait fait du m\u00eame bois que son instrument. Ainsi, avec sa musicalit\u00e9 et son <i>feeling<\/i> unique, les autres musiciens pouvaient bien faire les zigotos, tant le b\u00e2ti \u00e9tait solide et \u00e9l\u00e9gant. <\/p>\n<p>   Il fallait \u00e9galement le voir jouer avec son comp\u00e8re de toujours, Daevid Allen. C&rsquo;\u00e9tait le couple parfait, compl\u00e9mentaire bien s\u00fbr : Daevid, g\u00e9nial excentrique tomb\u00e9 de la plan\u00e8te Gong, adolescent \u00e9ternel d\u00e9bordant d&rsquo;\u00e9nergie ; Hugh, la force tranquille, la charpente magnifique, palpitante et a\u00e9rienne. Tout cela sonnait \u00e9ternellement neuf. Pourtant, ce genre impossible entre rock et jazz, libre d&rsquo;expression, \u00e9tait n\u00e9 au milieu des ann\u00e9es soixante ! \u00c0 travers les mains amples et solides de Hugh Hopper s&rsquo;exprimaient quarante ann\u00e9es d&rsquo;exp\u00e9rience au service d&rsquo;une musique hors normes \u00e0 laquelle, lui et ses comp\u00e8res, ont tenu \u00e0 donner une \u00e9ternelle jeunesse. A la fin des ann\u00e9es soixante-dix, si <i>1984<\/i> et <i>Hopper Tunity Box<\/i> ne se laissent pas r\u00e9v\u00e9ler d&rsquo;une seule traite, c&rsquo;est qu&rsquo;ils exploraient de nouveaux horizons dont il fallait apprivoiser les sons, les ombres et tous les myst\u00e8res \u00e9lectriques d\u00e9pos\u00e9s par son talentueux g\u00e9niteur. En 1999, avec Brainville, il ouvrait \u00e9galement de nouvelles perspectives. <i>The Children\u2019s Crusade<\/i> repr\u00e9sentait m\u00eame un peu la honte pour tous les jeunes freluquets avant-gardistes qui pensaient que la modernit\u00e9 n&rsquo;appartenait qu&rsquo;aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ! <\/p>\n<p>   Hopper est pass\u00e9 par des hauts et des bas. Le temps d&rsquo;une p\u00e9riode de doute au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt, il fut m\u00eame, afin de survivre, chauffeur de taxi dans son Kent natal. Sa r\u00e9ussite fut plus artistique que financi\u00e8re. D&rsquo;ailleurs, la lutte finale, par manque de moyens, fut \u00e0 ce que l&rsquo;on dit in\u00e9gale. C&rsquo;est triste. Mais quand on a le feu sacr\u00e9, c&rsquo;est \u00e0 la vie \u00e0 la mort. Or, Hopper \u00e9tait un artiste, un musicien int\u00e8gre, et chez ces gens-l\u00e0, monsieur, on compte pas\u2026 on joue.   <\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Christophe Manh\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web : <\/strong><a href=\"http:\/\/www.hugh-hopper.com\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><strong>Hugh Hopper<\/strong><\/font><\/a><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FOCUS : HUGH HOPPER &nbsp; Hugh Hopper est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&rsquo;une leuc\u00e9mie le 7 juin 2009&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":22008,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22007"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22007"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22007\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22008"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22007"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22007"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22007"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}