{"id":22003,"date":"2007-01-07T00:00:00","date_gmt":"2007-01-06T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/751384cbdb59cc0cdecbb18f12a1d9db_XL.jpg"},"modified":"2007-01-07T00:00:00","modified_gmt":"2007-01-06T22:00:00","slug":"22003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/01\/07\/22003\/","title":{"rendered":"&#8211; Kayo Dot"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">   <tr>      <td class=\"tablecentre\">        <h1>DECOUVERTE: Kayo Dot<\/h1>       <table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">         <tr>            <td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_main.jpg\" width=\"220\" height=\"150\" border=\"1\"><\/td>           <td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>           <td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">              \n<p><span class=\"dateconcert\"><b>Origine :<\/b> Etats-Unis<br \/> <b>Style :<\/b> Metal \/ Avant-Garde \/ Progressif <br \/> <b>Form\u00e9 en :<\/b>1996<br \/> <b>Line-up actuel :<\/b><br \/> Toby Driver &#8211; guitare, violoncelle, cloches, basse, contrebasse, clavier, voix <br \/> Mia Matsumiya &#8211; violon, alto, voix<br \/> <b>Discographie : <br \/> Maudlin Of The Well : <\/b><br \/> <i>My Fruit Psychobells&#8230; A Seed Combustible<\/i> (1999)<br \/> <i>Bath<\/i> (2001)<br \/> <i>Leaving Your Body Map<\/i> (2001)<br \/> <b>Kayo Dot :<\/b><br \/> <i>Choirs Of The Eye<\/i> (2003)<br \/> <i>Dowsing Anemone With Copper Tongue<\/i> (2006)                  <\/span>            <\/td>         <\/tr>         <\/table>       <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><b>Si l\u2019on se demande parfois ce qui pousse certains groupes de rock \u00e0 faire de la musique, il en existe dont les motivations sont si \u00e9videntes que la r\u00e9ponse vient sans effort. C\u2019est le cas de Kayo Dot et son ancienne incarnation, Maudlin of the Well. Explorer, d\u00e9fricher, voil\u00e0 leur ambitieux credo, qui a pris la forme d\u2019une \u0153uvre au service d\u2019une cause, la modernit\u00e9.<\/b><br \/><br \/>  Aujourd\u2019hui, Kayo Dot se place certainement \u00e0 la pointe d\u2019une modernit\u00e9 assum\u00e9e qui, outre-atlantique, prend peu \u00e0 peu de l\u2019ampleur. Tr\u00e8s m\u00e9talliques, parfois m\u00eame extr\u00eames, d\u2019autres formations am\u00e9ricaines comme Sleepytime Gorilla Museum, Fant\u00f4mas, Time Of Orchids ou Tool ont en commun d\u2019\u00eatre difficilement classables et d\u2019ench\u00e2sser dans des structures g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s sophistiqu\u00e9es, une musique contrast\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame et qui bouscule tout par son \u00e9nergie, sa cr\u00e9ativit\u00e9 et un esprit r\u00e9fractaire aux formes convenues. On peut penser qu\u2019ils ont en grande partie repris \u00e0 leur propre compte la d\u00e9marche du grand King Crimson des ann\u00e9es soixante-dix, tout en n\u2019oubliant pas de n\u2019\u00eatre pas esclave du pass\u00e9 mais simplement eux-m\u00eames et bien dans leur temps. <br \/><br \/>  Kayo Dot est originaire de Boston, ville qui poss\u00e8de le prestige d\u2019une histoire rebelle et pr\u00e9curseur et un charme \u00ab&nbsp;vieille-Europe&nbsp;\u00bb symbolisant assez bien la fusion du groupe, rare aux Etats-Unis, entre \u00e9l\u00e9gance classique et inventivit\u00e9.<br \/>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_2.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">La formation, qui a connu deux incarnations, poss\u00e8de un v\u00e9ritable noyau dur compos\u00e9 de Greg Massi \u00e0 la guitare et surtout de Toby Driver le bien nomm\u00e9, multi-instrumentiste, chanteur et principal compositeur. Le talent de ce dernier et son emprise auront, entre autres, permis aux deux groupes d\u2019\u00e9voluer avec une grande coh\u00e9rence tout au long de leurs albums et ce, malgr\u00e9 un line-up touffu et changeant. <br \/>  \u00c0 notre sens, une diff\u00e9rence qualitative s\u00e9pare les formations \u00e0 l\u2019avantage de Kayo Dot. On est pass\u00e9 de ce qui \u00e9tait un jeu d\u2019ombre et de lumi\u00e8re tr\u00e8s stylistique, presque amus\u00e9, \u00e0 quelque chose de plus profond, faisant de la musique une exp\u00e9rience-force marquante, o\u00f9 les sentiments humains les plus distincts et les plus complexes semblent \u00e9prouv\u00e9s de l\u2019int\u00e9rieur, mis \u00e0 vif, terribles\u2026 Oscillant entre le paradis et l\u2019enfer, leur marque de fabrique depuis les d\u00e9buts du groupe, il y a dans cette musique quelque chose d\u2019une qu\u00eate mystique comme la volont\u00e9 de faire se rencontrer une sorte de yin et de yang en un lieu unique et rarement privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 cet effet : un album de musique rock. <br \/><br \/>   <b>Premi\u00e8re incarnation : Maudlin Of The Well (1996-2002)<\/b><br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_3.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">Premi\u00e8re manifestation qui aura subsist\u00e9 jusqu\u2019en 2000 le temps de trois albums, on peut consid\u00e9rer Maudlin of The Well comme une sorte de chaudron dans lequel la recette miraculeuse du futur Kayo Dot se pr\u00e9pare. <br \/> Fond\u00e9 en 1996 par Toby Driver et \u00e9paul\u00e9 par un v\u00e9ritable collectif de huit membres, l\u2019intention de Maudlin of The Well, contrairement \u00e0 ce qui s\u2019\u00e9crit souvent, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 de cr\u00e9er un groupe de m\u00e9tal, mais bien plut\u00f4t un groupe avant-gardiste, r\u00e9solument progressif, se servant d\u2019\u00e9l\u00e9ments m\u00e9talliques. <br \/> M\u00eame si le rock progressif ne trouvera probablement jamais de d\u00e9finition stable et satisfaisante pour tous, on peut n\u00e9anmoins avancer que l\u2019intention premi\u00e8re des pr\u00e9curseurs, \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante, \u00e9tait de fusionner diff\u00e9rents courants jusqu\u2019alors clairement distincts et d\u2019utiliser le r\u00e9sultat de cette alchimie dans des structures in\u00e9dites, \u00e0 la fois libres et complexes. Pr\u00e8s de 40 ans plus tard, le groupe de Toby Driver n\u2019a pas voulu faire autre chose en m\u00e9langeant doom, style dont l\u2019origine remonte au hard rock typ\u00e9 de Black Sabbath, Death et son chant guttural, post-rock, et m\u00eame de musiques nouvelles dans leurs derniers albums. <br \/><br \/>  <i>My Fruit Psychobells\u2026 a Seed Combustible<\/i> &#8211; 1999<br \/> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_4.jpg\" width=\"128\" height=\"128\" align=\"right\" border=\"1\">Autant le dire tout de suite, cet album poss\u00e8de les d\u00e9fauts des premi\u00e8res \u0153uvres : le son y est m\u00e9diocre et le style encore mal d\u00e9grossi. Death, doom, heavy m\u00e9tal, post-rock, \u00e9lectro et pop rock s\u2019y bousculent pour donner un curieux bastringue, fait de bric et de broc, loin d\u2019un syncr\u00e9tisme capable de rendre intelligible les nobles intentions modernistes du groupe. Malgr\u00e9 tout, prises isol\u00e9ment, quelques belles pi\u00e8ces surnagent ici et l\u00e0, comme \u00ab&nbsp;A Conception Pathetic&nbsp;\u00bb, tr\u00e8s m\u00e9tallique, aux riffs pachydermiques mais entrecrois\u00e9s d\u2019ambiances a\u00e9riennes et qui se conclut par une fantaisie jou\u00e9e sur un piano de  <i>saloon<\/i> !\u2026<br \/> En bref, il faut prendre ce premier essai pour ce qu\u2019il est : une \u00e9bauche et une d\u00e9claration d\u2019intention de musiciens insolents et dou\u00e9s mais encore immatures. On ne sera donc pas surpris que leur label, Dark Symphonies, ait d\u00e9cid\u00e9 de ne pas r\u00e9\u00e9diter ce premier disque, trop approximatif, et que l\u2019excellente r\u00e9ussite discographique \u00e0 venir de nos bostoniens condamne probablement \u00e0 l\u2019oubli. Dommage mais pas forc\u00e9ment injuste. <br \/><br \/>  Deux ans ont pass\u00e9 et le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que \u00e7a n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 en vain. Deux ans pendant lesquels notre combo au line-up inchang\u00e9 et plus d\u00e9termin\u00e9 que jamais \u00e0 ne suivre que ses propres traces, va concocter une nouvelle et singuli\u00e8re production qui prend la forme de deux disques parus simultan\u00e9ment mais vendus s\u00e9par\u00e9ment. S\u2019ils forment une m\u00eame fratrie, ce sont de faux jumeaux d\u00e9veloppant de mani\u00e8re enfin convaincante et particuli\u00e8rement pouss\u00e9e le style schizophr\u00e9nique du groupe. Chacun d\u00e9cline sa nature particuli\u00e8re, l\u2019une plut\u00f4t f\u00e9minine (<i>Leaving Your Body Map<\/i>) o\u00f9 le folk et la m\u00e9lancolie dominent et l\u2019autre plus masculine (<i>Bath<\/i>), puissante, tr\u00e8s vari\u00e9e et franchement contrast\u00e9e. Le concept est pouss\u00e9 si loin, que sur la quatri\u00e8me de couverture du livret de chaque disque est imprim\u00e9 son parent. <br \/> Cette fois-ci excellents, le son, la production et surtout la maturit\u00e9 vont enfin servir les vis\u00e9es iconoclastes de cette entit\u00e9 mouvante. <br \/><br \/>  <i>Bath<\/i> &#8211; 2001<br \/> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_5.jpg\" width=\"128\" height=\"128\" align=\"right\" border=\"1\">Si nous commen\u00e7ons par <i>Bath<\/i> ce n\u2019est pas par hasard, mais parce que l\u2019on peut le consid\u00e9rer comme la suite logique et enfin aboutie de leur premier et pr\u00e9c\u00e9dent album. Il suffit d\u2019\u00e9couter l\u2019immense \u00ab&nbsp;Heaven And Weak&nbsp;\u00bb, qui condense \u00e0 lui seul le g\u00e9nie du disque, pour s\u2019en convaincre. De l\u2019introduction \u00e0 la conclusion, vous \u00eates emport\u00e9 du paradis vers l\u2019enfer avec une telle maestria et un sens si pouss\u00e9 des \u00e9motions fortes, que ce soit dans le ravissement ou la fureur, que vous prendrez une beigne m\u00e9morable. Ce titre d\u00e9montrera la pertinence du groupe dans ses manipulations ent\u00eat\u00e9es des formes et des contre-formes. <br \/> L\u2019album est une v\u00e9ritable odyss\u00e9e dans laquelle nos huit musiciens introduisent, au milieu d\u2019un rock a\u00e9rien, r\u00e9guli\u00e8rement incendi\u00e9 par de grandes vagues de laves m\u00e9talliques, des influences vari\u00e9es et sporadiques avec un grand naturel et qui vont du classique aux musiques nouvelles, en passant par le folk et le jazz\u2026 ! Les sentiments d\u00e9filent, les voix ensorcellent ou tourmentent, de m\u00eame les guitares. Voil\u00e0 un album foisonnant et ma\u00eetris\u00e9, qui a le d\u00e9faut de ne suivre franchement aucune voie, mais avec la grande qualit\u00e9 de rester n\u00e9anmoins coh\u00e9rent et totalement d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la cause aventuri\u00e8re. <br \/><br \/>  <i>Leaving Your Body Map<\/i> &#8211; 2001<br \/> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_6.jpg\" width=\"128\" height=\"128\" align=\"right\" border=\"1\">Particuli\u00e8rement m\u00e9lancolique, <i>Leaving Your Body Map<\/i> choisit une autre voie, aux couleurs moins bigarr\u00e9es que son fr\u00e8re et donne un petit avant-go\u00fbt du futur Kayo Dot par une plus grande exp\u00e9rimentation des progressions et une utilisation plus vaste de l\u2019espace. Les acc\u00e8s de fi\u00e8vre sont toujours l\u00e0, comme en t\u00e9moigne le condens\u00e9 et magnifique \u00ab&nbsp;Gleam In Ranks&nbsp;\u00bb, diaboliquement rythm\u00e9, qui s\u2019ach\u00e8ve dans une sorte de vertige offrant \u00e0 la voix de Toby Driver l\u2019occasion de d\u00e9montrer sa troublante propension \u00e0 souffler le chaud et le froid. Mais ce sont avant tout les ambiances spacieuses qui dominent, donnant aux parties m\u00e9talliques un style moins heavy mais plus doom, et aux moments apais\u00e9s des accents folks pr\u00e9cieux ou post-rock, voire m\u00eame religieux (\u00ab&nbsp;Monstrously Low Tide&nbsp;\u00bb). <br \/> D\u2019un style plus homog\u00e8ne que <i>Bath<\/i>, <i>Leaving\u2026 <\/i> est un album curieux, un peu bancal peut-\u00eatre, et un peu moins passionnant que son fr\u00e8re qui lui a l\u2019avantage de parachever la premi\u00e8re incarnation du groupe. Ici, c\u2019est un peu le contraire et l\u2019on sent que l\u2019album n\u2019est que le d\u00e9but de quelque chose que le futur Kayo Dot formalisera, deux ans plus tard, de mani\u00e8re particuli\u00e8rement magistrale. N\u00e9anmoins bourr\u00e9 de qualit\u00e9s, avec des pi\u00e8ces marquantes (\u00ab&nbsp;Sleep Is a Curse&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Garden Song&nbsp;\u00bb), <i>Leaving\u2026 <\/i> s\u00e9duira tous ceux qui sont plus sensibles aux musiques d\u2019o\u00f9 se d\u00e9gagent des ambiances vari\u00e9es plut\u00f4t qu\u2019aux provocations jusqu&rsquo;au-boutistes. <br \/><br \/>  <b>Deuxi\u00e8me incarnation : Kayo Dot (2003-pr\u00e9sent)<\/b><br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_7.jpg\" width=\"190\" height=\"126\" align=\"left\" border=\"1\">Un an apr\u00e8s le split de Maudlin of The Well, c\u2019est autour d\u2019une nouvelle formation que se retrouvent Toby Driver et Greg Massi suivi de Sam Gutterman \u00e0 la batterie. Le nouveau line-up est toujours aussi abondant en musiciens mais enrichi cette fois-ci d\u2019instruments \u00e0 vent et de tr\u00e8s belles cordes. <br \/> De prot\u00e9iforme avec Maudlin of The Well, le style de Kayo Dot aboutit \u00e0 une plus grande concentration de son propos, enfin totalement original, et que certains n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 d\u00e9finir \u2013 pour des raisons de marketing, supposons-le \u2013 comme une sorte de \u00ab&nbsp;metal astral&nbsp;\u00bb, expression cens\u00e9e d\u00e9crire le tour de force qui consiste \u00e0 rapprocher dans la musique deux forces inconciliables : sauvagerie et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. On peut sourire devant cette vaine tentative, forc\u00e9ment r\u00e9ductrice. Si cette \u00e9tiquette peut s\u2019appliquer assez justement au premier album de Kayo Dot, elle est bien en peine de d\u00e9crire <i>Dowsing Anemone with Copper Tongue<\/i>, leur dernier album en date, les raffinements intimistes des cordes de Matsumiya rappellant la musique de chambre du 20\u00e8me si\u00e8cle. <br \/><br \/>  <i>Choirs Of The Eye<\/i> &#8211; 2003<br \/> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_8.jpg\" width=\"128\" height=\"128\" align=\"right\" border=\"1\">Le groupe ma\u00eetrise maintenant parfaitement son style, sorte de sombre et implacable crescendo aux vertus cathartiques. Aussi, pourrait-on qualifier ce disque d\u2019un mot : vertigineux !<br \/> Rarement sur une toute petite galette de douze centim\u00e8tres, l&rsquo;infiniment grand et l&rsquo;infiniment petit, le calme et le chaos, mais aussi la beaut\u00e9 et la terreur, ont pu fusionner ainsi sur pr\u00e8s d&rsquo;une heure de musique ! Pourtant, c&rsquo;est bien ce que donne \u00e0 entendre ce disque puissant, m\u00eame dans le silence. Majestueux et envo\u00fbtant, jusqu&rsquo;\u00e0 dans ses passages les plus cataclysmiques, <i>Choirs Of The Eye<\/i> est le genre d&rsquo;album qui fait plonger au sein d&rsquo;une exp\u00e9rience sonore pour le moins marquante. <br \/> Destin\u00e9 aux oreilles les plus aguerries, l&rsquo;album passa relativement inaper\u00e7u, mais les vigoureux et efficaces tam-tams du Web annonc\u00e8rent la bonne nouvelle : un grand groupe venait de livrer une pierre angulaire dans le champ des musiques progressives d&rsquo;avant-garde. <br \/><br \/>  <i>Dowsing Anemone With Copper Tongue<\/i> &#8211; 2006<br \/> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dec_kayodot_9.jpg\" width=\"128\" height=\"128\" align=\"right\" border=\"1\">Seconde livraison, second chef-d\u2019\u0153uvre. En faisant \u00e9voluer leur son vers plus de chaleur et de luxuriance, Kayo Dot fait mieux qu\u2019\u00e9blouir avec son rock hybride et sans concession, certainement plus accessible que sur <i>Choirs Of The Eye<\/i> car plus sensuel. Aux puissantes aust\u00e9rit\u00e9s ont succ\u00e9d\u00e9 des ambiances color\u00e9es et intimes sans pour autant trahir leur style imposant qui se joue de l\u2019espace et du temps. <br \/> Si l\u2019on est fascin\u00e9 par l\u2019ouverture du disque \u2013 o\u00f9 l\u2019on passe d\u2019un d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 mais tr\u00e8s ma\u00eetris\u00e9 \u00abGemini Becoming The Tripod&nbsp;\u00bb aux raffinements savants et insidieux d\u2019un \u00ab&nbsp;Immortelle And Paper Caravelle&nbsp;\u00bb dont le final, avec son jeu minimaliste de cordes pinc\u00e9es, est bouleversant \u2013 le clou de l\u2019album reste s\u00fbrement \u00ab__On Limpid Form&nbsp;\u00bb, pi\u00e8ce monumentale \u2013 plus de 18 minutes ! \u2013 et parfaite transition entre les styles de leurs deux albums. Le titre d\u00e9bute de mani\u00e8re intimiste, rehauss\u00e9 par un ch\u0153ur aussi marquant que bref, pour finir, apr\u00e8s un long passage au purgatoire, dans un chaos litt\u00e9ralement matraqu\u00e9 de percussions sinistres. <br \/><br \/>  L&rsquo;ann\u00e9e 2006 s&rsquo;est termin\u00e9e d&rsquo;une bien \u00e9trange fa\u00e7on pour Kayo Dot. Le groupe s&rsquo;est litt\u00e9ralement scind\u00e9, abandonn\u00e9 par quatre membres en pleine tourn\u00e9e. Encore plus surprenant, le guitariste et membre fondateur du groupe Greg Massi a d\u00e9cid\u00e9 de quitter le navire quelques jours plus tard, laissant Toby Driver et Mia Matsumiya seuls \u00e0 bord. Le futur du groupe n&rsquo;est toutefois pas remis en question : les deux musiciens cherchent de nouveaux comparses, et un troisi\u00e8me album de Kayo Dot est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu pour 2008 sur le l\u00e9gendaire label Hydra Head. Parall\u00e8lement, Driver et Matsumiya ont mont\u00e9 le duo Tartar Lamb avec lequel ils donnent de nombreux concerts et esp\u00e8rent enregistrer un album prochainement.<br \/><br \/>   Que dire de plus, sinon que l\u2019on tient avec Kayo Dot l&rsquo;une des sensations de cette ann\u00e9e 2006, dont notre Bilan annuel fait \u00e9tat, sorte de noces fun\u00e8bres entre l\u2019art et le rock dont on esp\u00e8re de nombreux rejetons de cet acabit dans les ann\u00e9es \u00e0 venir\u2026   <\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Christophe Manh\u00e8s<\/strong><\/p>   <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web : <\/strong><a href=\"http:\/\/www.kayodot.net\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><strong>http:\/\/www.kayodot.net<\/strong><\/font><\/a><\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>       <\/td>   <\/tr> <\/table>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DECOUVERTE: Kayo Dot &nbsp; Origine : Etats-Unis Style : Metal \/ Avant-Garde \/ Progressif Form\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":22004,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22003"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22003"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22003\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22004"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22003"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22003"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22003"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}