{"id":21972,"date":"2010-07-02T00:00:00","date_gmt":"2010-07-01T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10743\/1278028323.jpg"},"modified":"2010-07-02T00:00:00","modified_gmt":"2010-07-01T22:00:00","slug":"21972","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/07\/02\/21972\/","title":{"rendered":"&#8211; Du sang sur le toit"},"content":{"rendered":"<span style=\"font-weight: bold;\">Enfoui dans le Sundgau profond, non loin de la fronti\u00e8re suisse, le village alsacien a accueilli l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement organis\u00e9 par l\u2019association Genesis France dans cette&nbsp;r\u00e9gion peu habitu\u00e9e \u00e0 ce genre de manifestations. C\u2019est un peu moins de trois cents die-hard fans qui ont fait le d\u00e9placement ce week-end pour applaudir le prestigieux guitariste et ses invit\u00e9s.<\/span><br style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-weight: bold;\">&nbsp;<\/span><br style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-weight: bold; font-style: italic;\">Samedi 22 mai <\/span><br><br>Pour la premi\u00e8re journ\u00e9e, ce n\u2019est certainement ni Unifaun ni The Watch qui ont motiv\u00e9 les m\u00e9lomanes \u00e0 se rendre vers ce lieu perdu au milieu de nulle part. Les Su\u00e9dois ne fouleront d\u2019ailleurs jamais la sc\u00e8ne, pour une raison qui reste floue, et le spectacle \u00ab&nbsp;surprise&nbsp;&#187; des Italiens pr\u00e9vu en remplacement se r\u00e9duit \u00e0 une prestation minimaliste d\u2019\u00e0 peine une demi-heure, compos\u00e9e entre autres de \u00ab&nbsp;Stagnation&nbsp;&#187; et \u00ab&nbsp;Anyway&nbsp;&#187;. Ce maigre d\u00e9pannage gentiment propos\u00e9 par ces aficionados de Genesis, qui ont eux-m\u00eames eu du mal \u00e0 arriver \u00e0 bon port, a toutefois d\u00fb faire grincer quelques dents&#8230;<br><br>S\u2019ensuit une pause de&#8230; plus de trois heures&nbsp;! Le soleil a r\u00e9pondu pr\u00e9sent, fort heureusement, la buvette (et ses prix prohibitifs, dignes d\u2019un grand festival d\u2019\u00e9t\u00e9) et les quelques bancs install\u00e9s au dehors permettent de cr\u00e9er un moment de convivialit\u00e9. Ceux qui n\u2019avaient rien pr\u00e9vu ont d\u00fb mortellement s\u2019ennuyer, \u00e0 moins d\u2019une sieste dans l\u2019herbe ou d\u2019une visite de l\u2019\u00e9glise paroissiale et des moulins de cette petite bourgade de six cents habitants.<br><br>Le d\u00eener collectif achev\u00e9, Steve Hackett d\u00e9bute sa prestation acoustique, d\u2019abord seul, puis bient\u00f4t rejoint par son fr\u00e8re John \u00e0 la fl\u00fbte et Roger King aux claviers. Le trio respire la bonne humeur et le set, constitu\u00e9 du mat\u00e9riel des trois larrons et de quelques titres de Genesis, est justement ovationn\u00e9. The Watch encha\u00eene une heure plus tard avec un show bas\u00e9 principalement sur la reprise de l\u2019album Foxtrot. La prestation est solide, sans surprise n\u00e9anmoins, et vient conclure une journ\u00e9e en demi-teinte, qui aurait gagn\u00e9 \u00e0 \u00eatre plus resserr\u00e9e dans le temps.<br><br>Petite pens\u00e9e \u00e9mue en outre pour ceux qui n\u2019auront pu assister qu\u2019\u00e0 cette premi\u00e8re journ\u00e9e, pour la bagatelle de cinquante euros&#8230; M\u00eame si le concert de Steve Hackett a largement tenu ses promesses, une partie du public a probablement d\u00fb repartir avec le sentiment de ne pas en avoir eu pour son argent.<br><br><span style=\"font-weight: bold; font-style: italic;\">Dimanche 23 mai <\/span><br><br>Si la journ\u00e9e de dimanche est marqu\u00e9e par les concerts des duos John Hackett et Nick Magnus, ainsi que Nick et Franck \u2013 des locaux reprenant Genesis fa\u00e7on acoustique \u2013 nul doute que c&rsquo;est bien le groupe \u00e9lectrique de Steve Hackett qui sera le point d&rsquo;orgue de ces deux journ\u00e9es ensoleill\u00e9es. L&rsquo;ensemble entre sur la sc\u00e8ne sous les applaudissements du public d&rsquo;environ deux-cent-cinquante personnes toutes acquises \u00e0 sa cause. Le concert commence avec un \u00ab&nbsp;Mechanical Bride&nbsp;&#187; tr\u00e8s enlev\u00e9, sorte de remake de \u00ab&nbsp;21st Century Schizoid Man&nbsp;&#187;, d\u00e9montrant s&rsquo;il en est l&rsquo;influence profonde de King Crimson sur l&rsquo;Anglais.<br><br>La premi\u00e8re partie du concert se concentre sur la carri\u00e8re solo de l&rsquo;artiste, dont il faut retenir les excellents \u00ab&nbsp;Ace of Wands&nbsp;&#187; (Voyage of the Acolyte), \u00ab&nbsp;Everyday&nbsp;&#187; et \u00ab&nbsp;Spectral Mornings&nbsp;&#187;. Un sympathique \u00ab&nbsp;Carpet Crawlers&nbsp;&#187; vient illuminer ce d\u00e9but de set qui p\u00e8che par un certain manque de folie. Les parties vocales ne sont a priori pas le point fort de ces excellents musiciens qui entourent un Steve Hackett en grande forme, bien que souffrant de la chaleur de la sc\u00e8ne (\u00e0 moins que cela soit en raison de sa veste hors saison). Mention sp\u00e9ciale pour Nick Beggs, survolt\u00e9 \u00e0 la basse et au Stick Chapman, et le souffle divin de Rob Townsend au saxophone et \u00e0 la fl\u00fbte.&nbsp; <br><br>Les choses s\u00e9rieuses d\u00e9butent r\u00e9ellement avec \u00ab&nbsp;Firth of Fifth&nbsp;&#187;, peut-\u00eatre le meilleur morceau jamais \u00e9crit par Genesis. L&rsquo;interpr\u00e9tation est identique, copie carbone, \u00e0 la version de Selling England by the Pound : m\u00eame introduction au piano jou\u00e9e \u00e0 la perfection par Roger King, m\u00eame inflexions vocales que Peter Gabriel de la part de Gary O&rsquo;Toole, qui en plus d&rsquo;\u00eatre un batteur de haut niveau est sans doute le meilleur chanteur de la soir\u00e9e. Toujours aussi magnifique, le solo de guitare, tel un concerto de Beethoven, ne d\u00e9vie pas d&rsquo;un iota de la partition originale. <br><br>S&rsquo;ensuit une s\u00e9rie de perles acoustiques et un \u00e9tonnant \u00ab&nbsp;Blood on the Rooftops&nbsp;&#187;, qui tiennent litt\u00e9ralement le public en haleine. La fin du concert \u2013 en majorit\u00e9 bas\u00e9 sur le r\u00e9pertoire de Genesis d&rsquo;avant 1977 \u2013 reste de ce haut niveau. On regrettera juste ce \u00ab&nbsp;Still Waters&nbsp;&#187; sans grand int\u00e9r\u00eat qui confirme que Steve Hackett n&rsquo;est pas un grand bluesman. Alternant des moments essentiels avec des passages plus dispensables (certains morceaux de ses albums les plus r\u00e9cents), le Britannique et son groupe ont assur\u00e9 une prestation solide et vari\u00e9e.<br><br>Place maintenant aux Gens de la Lune qui, \u00e9tonnamment, font sortir le public pour effectuer leur balance. Dommage car certains, au vu de l&rsquo;heure tardive, en ont profit\u00e9 pour quitter les lieux. Toujours aussi fou, Francis D\u00e9camps foudroie l&rsquo;audience de ses regards hallucin\u00e9s tout en tirant des sonorit\u00e9s d&rsquo;outre-tombe de ses claviers. Le style rac\u00e9 de Damien Chopard \u00e0 la guitare sied \u00e0 merveille \u00e0 la musique du groupe, m\u00e9lange d&rsquo;Ange et de hard rock, tandis que Jean Philippe Suzan assure ses parties d&rsquo;une voix de ma\u00eetre. <br><br>La filiation trop directe avec la musique ang\u00e9lique des grandes ann\u00e9es (1973-1978) repr\u00e9sente toutefois une limite que l&rsquo;on esp\u00e8re voir les Fran\u00e7ais d\u00e9passer dans le futur. Le medley de Ange, sommet du concert avec un \u00ab&nbsp;Hymne \u00e0 la vie&nbsp;&#187; au final magnifique, va dans le sens de ces observations. L&rsquo;hommage fait \u00e0 Genesis et \u00e0 Steve Hackett en particulier en a \u00e9tonn\u00e9 plus d&rsquo;un. Il aurait \u00e9t\u00e9 intrigant de conna\u00eetre l&rsquo;avis de l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 qui a malheureusement mis les voiles avant le d\u00e9but du concert&#8230;<br><br>Avec ce week-end consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ancien guitariste de Genesis, l&rsquo;association Genesis France a r\u00e9ussi son coup pour l&rsquo;essentiel, m\u00eame si les al\u00e9as de ce genre d&rsquo;organisation sont parfois plus qu&rsquo;hasardeux (l&rsquo;annulation du concert de Unifaun et un entretien rat\u00e9 pour des raisons encore inconnues). Il aura surtout permis aux amateurs du guitariste de l&rsquo;appr\u00e9cier sous toutes ses facettes, tant acoustique qu&rsquo;\u00e9lectrique, dans un cadre pour ainsi dire \u00e9tonnant.\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10743\/1278028387.jpg\" alt=\"\" data-id=\"21974\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10743\/1278028387.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=21974\" class=\"wp-image-21974\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10743\/1278028263.jpg\" alt=\"\" data-id=\"21975\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10743\/1278028263.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=21975\" 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