{"id":21950,"date":"2009-10-22T00:00:00","date_gmt":"2009-10-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/1eabaf21923af1d70f90aa2691003450_XL.jpg"},"modified":"2009-10-22T00:00:00","modified_gmt":"2009-10-21T22:00:00","slug":"21950","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/10\/22\/21950\/","title":{"rendered":"&#8211; RIO 2009"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>FESTIVAL : ROCK IN OPPOSITION 2009<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_main.jpg\" width=\"220\" height=\"150\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">   <b>Lieu :<\/b> Carmaux, Maison de la Musique<br \/> <b>Date :<\/b> 18,19 et 20 septembre 2009<br \/> <b>Photos :<\/b> Fabrice Journo<\/p>\n<p>             <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><b>Deux ans apr\u00e8s une renaissance historique et remarqu\u00e9e, le festival Rock in Opposition revient avec une m\u00eame volont\u00e9 de d\u00e9fricher de nouveaux espaces sonores, tout en privil\u00e9giant un certain aspect communautaire. Les nationalit\u00e9s pr\u00e9sentes se comptent par dizaines, et il s&rsquo;agit bien de \u00ab&nbsp;the place to be&nbsp;\u00bb pour les amateurs du genre. Par ailleurs, de nombreux artistes affili\u00e9s de pr\u00e8s ou de loin au mouvement RIO \u2013  Rock in Opposition pour le profane (et non pas une quelconque milice paramilitaire br\u00e9silienne) \u2013 seront pr\u00e9sents tout au long de ces trois jours, conf\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement une atmosph\u00e8re d&rsquo;autant plus exceptionnelle.<\/b><\/p>\n<p>   <b><u>Vendredi 18 septembre<\/u><\/p>\n<p>   Electric Epic<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_2.jpg\" width=\"134\" height=\"200\" align=\"right\" border=\"1\">Terre d&rsquo;accueil de ce rassemblement international, rien de plus normal que l&rsquo;hospitalit\u00e9 ch\u00e8re \u00e0 nos m\u0153urs voie  une formation fran\u00e7aise se charger d&rsquo;ouvrir le bal. Aid\u00e9es de poids lourds de la sc\u00e8ne jazz zeuhl hexagonale, les compositions de Guillaume Perret s&rsquo;envolent toujours plus loin et plus haut. Souvent concentr\u00e9 sur ses p\u00e9dales d&rsquo;effets en tous genre, le saxophoniste b\u00e9tonne les fondations \u00e0 l&rsquo;aide de son instrument et guide ainsi son quartette de mani\u00e8re originale. Avec une section rythmique expos\u00e9e avec soin, les titres gagnent en tension, malgr\u00e9 des progressions qui manquent parfois de vari\u00e9t\u00e9. Philippe Bussonnet joue \u00e0 la perfection son r\u00f4le \u00e0 la basse, d&rsquo;autant qu&rsquo;il se doit d&rsquo;assurer \u00e9galement le concert suivant en compagnie de Magma. La formation exploite en permanence les nuances, notamment lorsque le c\u00f4t\u00e9 atmosph\u00e9rique s&rsquo;efface pour laisser les chorus de Guillaume Perret prendre dessus. Pas d&rsquo;exp\u00e9rimentation inutile, le musicien va droit \u00e0 l&rsquo;essentiel et conf\u00e8re une grande dynamique aux compositions. Cette dualit\u00e9 dans son jeu reste l&rsquo;une des principales attractions de ce <i>set<\/i> homog\u00e8ne, \u00e0 d\u00e9faut de v\u00e9ritablement impressionner les foules. Bien qu&rsquo;\u00e9tant \u00e9loign\u00e9s de la ligne stylistique globale, les membres d&rsquo;Electric Epic s&rsquo;en sortent avec les honneurs r\u00e9ussissant \u00e0 cr\u00e9er une attente relative \u00e0 leur premi\u00e8re sortie discographique.<\/p>\n<p>   <b>Magma<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_3.jpg\" width=\"200\" height=\"133\" align=\"left\" border=\"1\">Devant un parterre d&rsquo;adeptes bien rempli, la troupe de Christian Vander poursuit les hostilit\u00e9s et &#8211; surprise ! &#8211; le son est enfin \u00e0 la hauteur et rel\u00e8gue l&rsquo;\u00e9dition de 2007 \u00e0 un lointain souvenir. La formation est d\u00e9sormais bien aff\u00fbt\u00e9e depuis les changements de musiciens et leur apprentissage du r\u00e9pertoire koba\u00efen. Pourtant, les \u00ab&nbsp;joyeux&nbsp;\u00bb refrains et autres passages sombres se suivent de fa\u00e7on pour le moins t\u00e9l\u00e9phon\u00e9e, laissant l&rsquo;amateur d&rsquo;audace sur sa faim. Avec cet aspect patchwork pour le moins \u00e9tonnant, il faut s&rsquo;y r\u00e9soudre : Magma se contente de faire du Magma et ce genre de prestation en pilotage automatique a de quoi frustrer. Les musiciens se contentent d&rsquo;assurer un spectacle sans surprise. Certes, le groupe joue ici en terrain conquis, le public est bien plus pr\u00e9sent que pour les autres concerts, et \u00e0 compter le nombre de reliques diverses et vari\u00e9es \u00e0 leur effigie, beaucoup n&rsquo;ont fait le d\u00e9placement que pour les voir. La version anglaise de \u00ab&nbsp;Koba\u00efa&nbsp;\u00bb offerte en guise de rappel ne manque par ailleurs pas d&rsquo;efficacit\u00e9. Mention sp\u00e9ciale au fan en transe devant la sc\u00e8ne  alors que Stella Vander annonce la sortie d&rsquo;<i>\u00cbm\u00ebhnt\u00ebhtt-R\u00ea<\/i> pour le cinq novembre, histoire de combler la l\u00e9g\u00e8re d\u00e9ception sc\u00e9nique, pourrait-on croire&#8230;<\/p>\n<p>   <i>Setlist<\/i> : Slag Tanz &#8211; Felicite Thosz &#8211; Emehnteht-Re &#8211; Koba\u00efa<\/p>\n<hr>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <b><u>Samedi 19 septembre<\/u><\/p>\n<p>   Charles Hayward<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_4.jpg\" width=\"200\" height=\"133\" align=\"right\" border=\"1\">Le fondateur des mythiques This Heat restera pour beaucoup l&rsquo;une des grandes surprises de ces trois jours. Simplement arm\u00e9 de sa voix et de sa batterie \u2013 et d&rsquo;un piano pour les premiers titres \u2013, il livrera l&rsquo;une des prestations les plus personnelles et atypiques du festival. Le son d&rsquo;ensemble, plus proche d&rsquo;une certaine \u00ab&nbsp;new wave exp\u00e9rientale&nbsp;\u00bb que du rock in opposition, permet de d\u00e9peindre une ambiance originale et particuli\u00e8re, et surtout de surprendre le public, but av\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un festival comme celui-ci. Nulle trace de This Heat et de Massacre sur le tableau. La performance improvis\u00e9e du batteur r\u00e9side dans le fait d&rsquo;\u00eatre parvenu \u00e0 \u00e9viter soigneusement l&rsquo;aspect d\u00e9monstratif : personne n&rsquo;est ici pour voir une <i>masterclass<\/i>, et le protagoniste l&rsquo;a bien compris. En revanche, l&rsquo;univers de Hayward reste assez herm\u00e9tique, et cette sensation de  \u00ab&nbsp;collage&nbsp;\u00bb sur certains titres d\u00e9range quelque peu une partie de l&rsquo;auditoire. La conf\u00e9rence de presse qu&rsquo;il donnera apr\u00e8s le concert ne fera que confirmer l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du personnage, qui va clairement jusqu&rsquo;au bout de ses ambitions les plus folles.<\/p>\n<p>   <b>Aranis<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_5.jpg\" width=\"133\" height=\"200\" align=\"left\" border=\"1\">Les Belges prennent le relai avec une instrumentation qui surprend : contrebasse, violons, fl\u00fbte, piano, guitare, accord\u00e9on&#8230;  Sous une apparence connot\u00e9e \u00ab&nbsp;musique de chambre&nbsp;\u00bb, Aranis s&rsquo;acharne \u00e0 livrer un concert d\u00e9complex\u00e9 avec son floril\u00e8ge de bravoure. L&rsquo;influence du folklore et de la musique minimaliste enrichit leur mixture tout en calmant sensiblement le propos. C&rsquo;est pourtant ce soin apport\u00e9 \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation qui leur permet de r\u00e9ellement donner vie aux titres : les libert\u00e9s accord\u00e9es aux musiciens sont nombreuses, comme le prouve notamment l&rsquo;introduction de \u00ab&nbsp;Asilah&nbsp;\u00bb o\u00f9 le crescendo s&rsquo;ach\u00e8ve en un tourbillon pour le moins jouissif. Violoncelliste et compositeur exclusif du groupe, Joris Vanvinckenroye livre une prestation impressionnante et parvient autant \u00e0 triturer son instrument qu&rsquo;\u00e0 diriger ses camarades, non sans un certain plaisir de jouer tr\u00e8s communicatif. La fl\u00fbtiste Jana Arns, qui pr\u00e9sente les titres avec gaiet\u00e9, ach\u00e8ve de d\u00e9tendre une atmosph\u00e8re qui en a besoin. Souvent catalogu\u00e9 trop \u00ab&nbsp;exp\u00e9rimental&nbsp;\u00bb pour les festivals folk, le septuor trouve ici un public qui adh\u00e8re \u00e0 sa d\u00e9marche.<\/p>\n<p>   <i>Setlist<\/i> : Kitano &#8211; Vala &#8211; Looking Glass &#8211; Gona &#8211; Turbulentie Kort &#8211; Airesym &#8211; Labyrinth &#8211; Trog &#8211; Ilah &#8211; Chamber Rock &#8211; Mythra &#8211; Asilah<\/p>\n<p>   <b>Combat Astronomy<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_6.jpg\" width=\"151\" height=\"200\" align=\"right\" border=\"1\">Cette ambitieuse formation compte dans ses rangs des musiciens ayant d\u00e9j\u00e0 fait leurs preuves dans le milieu du rock in opposition : Dave Willey aux claviers (Hamster Theatre) et la classieuse Elaine Di Falco (Thinking Plague). Ces derniers proposent n\u00e9anmoins avec Combat Astronomy une musique bien diff\u00e9rente de celle de leurs troupes respectives. Port\u00e9s par des reflets <i>ambient<\/i>, ils d\u00e9veloppent un mat\u00e9riau prot\u00e9iforme, parfois influenc\u00e9 par le free jazz \u2013 les passages \u00ab&nbsp;\u00e9touff\u00e9s&nbsp;\u00bb du saxophoniste rappellent John Zorn \u2013, comme dot\u00e9 de rythmiques qui s&rsquo;affirment pleinement, une personnalit\u00e9 pourtant ardue \u00e0 mettre en valeur sur sc\u00e8ne, d&rsquo;autant que le son est loin d&rsquo;\u00eatre \u00e0 leur avantage. Manquant ainsi d&rsquo;intelligibilit\u00e9, la musique du quintette peine \u00e0 convaincre et voit l&rsquo;audience se vider petit \u00e0 petit, la faute \u00e0 un <i>set<\/i> un brin monolithique. Avec un son \u00e0 la hauteur des esp\u00e9rances, l&rsquo;ensemble aurait gagn\u00e9 en efficacit\u00e9 et en intensit\u00e9. Le manque de coh\u00e9sion de la part de la section rythmique basse \/ batterie finit par assombrir d\u00e9finitivement le tableau, quand bien m\u00eame le talent est ind\u00e9niablement au rendez-vous, comme en t\u00e9moignent leurs albums studio dont le superbe <i>Dreams No Longer Hesitate<\/i>.<\/p>\n<p>   <b>Koenjihyakkei<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_7.jpg\" width=\"200\" height=\"133\" align=\"left\" border=\"1\">Tout le monde attendait un concert explosif, et il l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 ! Ces Nippons cultivent plus que jamais cet aspect kitsch d\u00e9licieusement jouissif, et sont visiblement heureux d&rsquo;\u00eatre de la f\u00eate. Le groupe profite de l&rsquo;occasion pour interpr\u00e9ter deux nouveaux titres aussi fous et denses que ceux habituellement propos\u00e9s. La chanteuse semble aussi \u00e9panouie qu&rsquo;une fillette en cour de r\u00e9cr\u00e9ation et encha\u00eene des lignes vocales d&rsquo;une technicit\u00e9 incroyable. Le chant \u00e0 l&rsquo;unisson avec le saxophone a de quoi impressionner sur les morceaux in\u00e9dits. Les parties de claviers tenues par Taku Yabuki sont aussi d&rsquo;une ex\u00e9cution hors pair : les membres de Koenjihyakkei aiment l&rsquo;exag\u00e9ration tous azimuts, tout en conservant un fil conducteur qui rend l&rsquo;ensemble rationnel et r\u00e9ussi. L&rsquo;album <i>Angherr Shisspa<\/i> se taille la part du lion avec une recette musicale qui se r\u00e9v\u00e8le bien plus efficace en concert que sur disque, par cette couleur plus radicale et brute de d\u00e9coffrage. Point d&rsquo;orgue de cette fin de journ\u00e9e : la s\u00e9millante chanteuse annonce l&rsquo;anniversaire de Taku avant que le groupe n&rsquo;entame une version d\u00e9structur\u00e9e de \u00ab&nbsp;Happy Birthday&nbsp;\u00bb. D\u00e9cid\u00e9ment, cette volont\u00e9 constante d&rsquo;\u00eatre \u00e0 contre-courant leur va comme un gant, d\u00e8s lors que l&rsquo;esprit de ces Japonais loufoques trouvent \u00e9cho aupr\u00e8s de farouches m\u00e9lomanes !<\/p>\n<p>   <i>Setlist<\/i> : Vissqauell &#8211; Becttem pollt &#8211; Rattims Friezz &#8211; New Song 1 &#8211; Nivraym &#8211; New Song 2 &#8211; Fettim Paillu &#8211; Angherr Shisspa &#8211; Vammilica Iffirom &#8211; Sunna Zarioki<\/p>\n<hr>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <b><u>Dimanche 20 septembre<\/u><\/p>\n<p>   Yolk<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_8.jpg\" width=\"200\" height=\"133\" align=\"right\" border=\"1\">Les Fran\u00e7ais se chargent de d\u00e9buter la derni\u00e8re journ\u00e9e du festival avec une musique gorg\u00e9e d&rsquo;effets qui sait d&rsquo;entr\u00e9e faire bonne impression. Les motifs s&rsquo;entrelacent et les boucles se confondent en une fusion personnelle \u00e0 cheval entre le rock exp\u00e9rimental et l&rsquo;\u00e9lectronique. Delphine Delegorgue et son chant pass\u00e9 \u00e0 la moulinette de filtres divers apporte clairement une dimension suppl\u00e9mentaire aux compositions des Dunkerquois. L&rsquo;impression d&rsquo;un mat\u00e9riau perp\u00e9tuellement fa\u00e7onn\u00e9 tenaille et rend leur performance d&rsquo;autant plus int\u00e9ressante. Les autres musiciens parviennent en outre \u00e0 exploiter suffisamment leurs multiples aptitudes pour capter l&rsquo;attention du public, avec des compositions mall\u00e9ables qui leur permettent de s&rsquo;exprimer en totale libert\u00e9, \u00e0 l&rsquo;image de Valentin Carette \u00e0 la guitare qui encha\u00eene <i>riffs<\/i> quasi metal et un travail d&rsquo;une grande richesse sur les p\u00e9dales d&rsquo;effets. Une des bonnes surprises de ce festival qui peut se targuer de proposer un son qui sort v\u00e9ritablement du lot et empreint d&rsquo;une identit\u00e9 affirm\u00e9e.<\/p>\n<p>   <b>The Muffins<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_9.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"left\" border=\"1\">Formation Canterbury n\u00e9e tardivement dans les ann\u00e9es soixante-dix alors que ledit mouvement s&rsquo;\u00e9teignait, The Muffins fait partie des rares survivants \u00e0 pouvoir pr\u00e9tendre appartenir \u00e0 la noble lign\u00e9e de par leurs origines dans un tel festival. Ces vieux briscards usent donc d&rsquo;un jazz aux multiples escapades. Billy Swann sait notamment se faire agr\u00e9ablement remarquer avec sa basse <i>fretless<\/i> qui domine une musique d&rsquo;une inventivit\u00e9 certaine. Pourtant, leur r\u00e9pertoire manque de vari\u00e9t\u00e9 et rend leur prestation pour ainsi dire monotone. Sans pour autant faire mauvaise impression, les Am\u00e9ricains caressent leurs auditeurs dans le sens du poil, tant et si bien que l&rsquo;audace passe \u00e0 la trappe. B\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;un bagage <i>seventies<\/i> fort, le c\u00f4t\u00e9 \u00ab&nbsp;vieille \u00e9cole&nbsp;\u00bb de ces compositions, avec des nuances plus marqu\u00e9es et des structures plus contrast\u00e9es, leur permettrait d&rsquo;attirer plus d&rsquo;oreilles innocentes dans leur filet. Dommage, l&rsquo;image d&rsquo;une repr\u00e9sentation sc\u00e9nique en demi-teinte restera pr\u00e9sente dans l&rsquo;esprit de nombreux festivaliers.<\/p>\n<p>   <b>Present<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_10.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"right\" border=\"1\">D\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;honneur il y a deux ans, Roger Trigaux et sa bande savent jongler avec cette imagerie sombre et martiale qui \u00e9mane de leurs compositions. Pr\u00e9cision millim\u00e9trique, notes affut\u00e9es, tous les ingr\u00e9dients sont rassembl\u00e9s pour vivre une prestation attendue, tant les apparitions <i>live<\/i> qui gagnent toujours en intensit\u00e9 se font \u00e9galement plus rares. Le d\u00e9cor d&rsquo;une autre dimension est pos\u00e9, les oreilles s&rsquo;immiscent dans un univers de cliquetis et autres m\u00e9taphores industrielles. Le concert s&rsquo;av\u00e8re court, sans les explosions de la pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9dition. Cette \u00e9conomie de moyens est toute relative : la machinerie est bel et bien pr\u00e9sente [<i>NdlR : succulent<\/i>], implacable, notamment lors de la reprise de \u00ab&nbsp;Docteur Petiot&nbsp;\u00bb d&rsquo;Univers Zero. \u00ab&nbsp;Vertiges&nbsp;\u00bb, en passe de devenir un des classiques du groupe issu du dernier album <i>Barbaro (ma non troppo)<\/i>, tant il rassemble tous les \u00e9l\u00e9ments qui ont forg\u00e9 l&rsquo;identit\u00e9 des Belges jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent [<i>NdlR : jur\u00e9, c&rsquo;est la derni\u00e8re<\/i>] depuis leurs d\u00e9buts en 1979. Alors que les premi\u00e8res notes de \u00ab&nbsp;Promenade au fond d&rsquo;un canal&nbsp;\u00bb et sa progression terrassante r\u00e9sonnent, une impression tenace se ressent&#8230; jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arr\u00eat du titre en plein milieu qui laisse un go\u00fbt d&rsquo;inachev\u00e9. Mais que se passe-t-il ? Bref, fid\u00e8les \u00e0 eux-m\u00eames, les membres du groupe parviennent toujours autant \u00e0 marquer les esprits.<\/p>\n<p>   <i>Setlist<\/i> : Delusions &#8211; Vertiges &#8211; Docteur Petiot &#8211; Promenade au fond d&rsquo;un canal (d\u00e9but)<\/p>\n<p>   <b>Univers Zero<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_11.jpg\" width=\"200\" height=\"133\" align=\"left\" border=\"1\">Dans l&rsquo;assembl\u00e9e, beaucoup se demandent comment faire mieux que Present. Visiblement, Univers Zero pr\u00e9f\u00e8re \u00e0 juste titre r\u00e9pondre au probl\u00e8me \u00e0 sa mani\u00e8re vu que la comparaison entre les deux concerts n&rsquo;a pas vraiment lieu d&rsquo;\u00eatre, tant ils s&rsquo;av\u00e8reront compl\u00e9mentaires. La fougue atypique de Daniel Denis \u00e0 la batterie animera la prestation en propulsant avec emphase des compositions d\u00e9j\u00e0 remarquables. L&rsquo;attitude <i>free<\/i> du groupe pousse les musiciens \u00e0 se transcender, comme l&rsquo;illustre Pierre Chevalier qui propose un solo quasi impressionniste, relevant davantage des pi\u00e8ces pour piano de Takemitsu que de l&rsquo;avant-prog auquel est habitu\u00e9 le public. Malheureusement, de nombreux probl\u00e8mes sonores viennent g\u00e2cher leur concert et \u00e9nerver passablement Daniel Denis. Les Belges ne se laissent pas pour autant perturber par la situation et usent d&rsquo;humour (\u00ab&nbsp;<i>La Heineken, c&rsquo;est pas de la bi\u00e8re !<\/i>&nbsp;\u00bb) et d&rsquo;une musicalit\u00e9 hors du commun pour rattraper le coup. Univers Zero prouve aux plus r\u00e9calcitrants que la musique peut \u00eatre autant r\u00e9fl\u00e9chie que spontan\u00e9e.<\/p>\n<p>   <i>Setlist<\/i> : Xenantaya &#8211; Pr\u00e9sage &#8211; Civic Circus &#8211; Dense<\/p>\n<p>   <b>Grand final : Univers Zero \/ Present<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_12.jpg\" width=\"133\" height=\"200\" align=\"right\" border=\"1\">La mise en sc\u00e8ne est impressionnante avec les batteries de Dave Kerman et Daniel Denis qui dominent l&rsquo;auditoire. L&rsquo;introduction de \u00ab&nbsp;Jack the Ripper&nbsp;\u00bb pointe le bout de son nez, suivi du phras\u00e9 si particulier du basson de Michel Berckmans. Les arrangements sont soign\u00e9s, rien n&rsquo;est laiss\u00e9 au hasard : chaque partie a \u00e9t\u00e9 retravaill\u00e9e en profondeur afin d&rsquo;exploiter au mieux possible l&rsquo;instrumentation assez exceptionnelle de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Bien plus massif qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude, le son est puissant, tel un mastodonte face \u00e0 soi. La force de l&rsquo;ensemble est d\u00e9cupl\u00e9e et chaque intervention apporte une richesse suppl\u00e9mentaire. Accablants de noirceur et d&rsquo;intensit\u00e9, les crescendos prennent des proportions insoup\u00e7onn\u00e9es. \u00ab&nbsp;Promenade au fond d&rsquo;un canal&nbsp;\u00bb reprend son cours l\u00e0 o\u00f9 Present l&rsquo;avait laiss\u00e9 : l&rsquo;explosion est alors imm\u00e9diate, les d\u00e9cibels fusent. La spontan\u00e9it\u00e9 des musiciens se fait de plus en plus palpable au fil des minutes, jusqu&rsquo;\u00e0 clore le titre dans un maelstr\u00f6m incroyable, v\u00e9ritable bordel superbement organis\u00e9 qui ass\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;auditeur des d\u00e9charges des plus violentes jusqu&rsquo;\u00e0 franchir le point de non retour o\u00f9 chaque musicien y va de ses manifestations de transe. Dave Kerman sort ses habituelles cha\u00eenes et autres poup\u00e9es Barbie pour marteler ses percussions, alors que Roger Trigaux triture sa guitare et laisse les autres envahir toujours plus l&rsquo;espace sonore&#8230; Un final litt\u00e9ralement \u00e9crasant qui laisse une bonne partie du public sur les rotules, ext\u00e9nu\u00e9 et ravi d&rsquo;avoir assist\u00e9 \u00e0 quelque chose d&rsquo;historique.<\/p>\n<p>   <i>Setlist<\/i> : Jack The Ripper &#8211; Promenade au fond d&rsquo;un canal (fin)<\/p>\n<p>   <b>Guapo<\/b><\/p>\n<p>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/fest_rio09_13.jpg\" width=\"133\" height=\"200\" align=\"left\" border=\"1\">Grande sensation pour beaucoup lors de l&rsquo;\u00e9dition 2007 du festival, les Britanniques reviennent avec un nouveau concept. Pour cela, le quartette est arriv\u00e9 sur place d\u00e8s le lundi pour mettre en \u0153uvre le projet. En collaboration avec le GMEA \u2013 Groupe de Musique Electroacoustique d&rsquo;Albi, plus habitu\u00e9 aux cr\u00e9ations contemporaines qu&rsquo;aux milieux \u00ab&nbsp;rock&nbsp;\u00bb \u2013, Guapo adapte son r\u00e9pertoire \u00e0 une id\u00e9e simple mais ambitieuse : la spatialisation du son. Ainsi, \u00e0 cinq reprises tout au long du festival, le public se retrouve dans la seconde salle pour se retrouver au milieu de \u00ab&nbsp;l&rsquo;exp\u00e9rience&nbsp;\u00bb. La sc\u00e8ne centrale permet de se concentrer sur chaque instrument, alors que sont dispos\u00e9s des hauts-parleurs tout autour de la salle. Le rendu visuel est lui aussi tr\u00e8s soign\u00e9, le GMEA allant m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 projeter des animations sur le gong de Dave Smith. Piochant des titres dans leur trilogie (<i>Five Suns<\/i>, <i>Black Oni<\/i> et <i>Elixirs<\/i>), les membres de Guapo entra\u00eenent avec leurs ondes tournoyantes un public totalement immerg\u00e9. Un \u00e9v\u00e9nement rare et intense, hautement marquant, qui apporte une alternative au grand final \u00ab&nbsp;extatique dans la force&nbsp;\u00bb de Present et d&rsquo;Univers Zero.<\/p>\n<p>   <b>Avec autant de d\u00e9couvertes et de confirmations, le festival assoit assur\u00e9ment son aura internationale.  Des groupes ravis d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, qui se fondent dans le public pour assister aux prestations de leurs pairs, et qui d\u00e9livrent en outre des prestations \u00ab&nbsp;diff\u00e9rentes&nbsp;\u00bb, dans le plus pur esprit \u00ab&nbsp;in opposition&nbsp;\u00bb. Tout en \u00e9largissant son champ d&rsquo;action, le festival conserve son son int\u00e9grit\u00e9 et affirme son identit\u00e9. Organisateur aux c\u00f4t\u00e9s de Roger Trigaux, Michel Besset est un passionn\u00e9 qui se permet d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout de ses r\u00eaves. Pour la prochaine \u00e9dition, les noms de Art Bears, Sleepytime Gorilla Museum et Miriodor circulent&#8230; tout comme un certain Robert Wyatt. Quoi qu&rsquo;il en soit, les souvenirs des ces trois jours resteront grav\u00e9s, et pour longtemps.         <\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>J\u00e9r\u00e9my Bernadou<br \/>       <\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web : <\/strong><a href=\"http:\/\/www.rocktime.org\/rio\/\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><strong>Rock in Opposition Festival<\/strong><\/font><\/a><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FESTIVAL : ROCK IN OPPOSITION 2009 &nbsp; Lieu : Carmaux, Maison de la Musique Date&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":21951,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21950"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21950"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21950\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21951"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21950"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}