{"id":21946,"date":"2010-11-08T00:00:00","date_gmt":"2010-11-07T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10784\/1289240369.jpg"},"modified":"2010-11-08T00:00:00","modified_gmt":"2010-11-07T22:00:00","slug":"21946","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/11\/08\/21946\/","title":{"rendered":"&#8211; Un coup de Phil, c&rsquo;est si facile !"},"content":{"rendered":"<span style=\"font-weight: bold;\">La sortie cet automne de <\/span><span style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-style: italic;\">Going Back<\/span><\/span><span style=\"font-weight: bold;\">, dernier album de Phil Collins constitu\u00e9 exclusivement de reprises issues du prestigieux catalogue am\u00e9ricain Tamla Motown, est l&rsquo;occasion de revenir sur la carri\u00e8re critiqu\u00e9e (et critiquable) de l&rsquo;ancien batteur, puis chanteur, de l&rsquo;un des plus grands groupes de rock progressif de tous les temps : Genesis.<\/span><br><br>Quand Peter Gabriel quitte brutalement la formation apr\u00e8s la tourn\u00e9e suivant le double album conceptuel <span style=\"font-style: italic;\">The Lamb Lies Down on Broadway<\/span> en 1975, tout le monde semble bien heureux de pouvoir compter sur le batteur pour assurer \u00e9galement le chant, exercice qu&rsquo;il assumait d\u00e9j\u00e0 avec brio, notamment sur les harmonies vocales. Si <span style=\"font-style: italic;\">A Trick of the Tail<\/span> et <span style=\"font-style: italic;\">Wind and Wuthering<\/span>, les deux premi\u00e8res productions qui r\u00e9sultent de ce changement <span style=\"font-style: italic;\"><\/span> s&rsquo;offrent comme de v\u00e9ritables plats de gourmet et rassurent l&rsquo;armada de fans inquiets, Phil Collins entrevoit d\u00e9j\u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;entamer une carri\u00e8re en solo, en parall\u00e8le de celle avec Genesis.<br><br>Initi\u00e9e en 1981 avec l&rsquo;excellent <span style=\"font-style: italic;\">Face Value <\/span>(et son hit &#171;&nbsp;In the Air Tonight&nbsp;&#187;), son escapade en solitaire l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 se rapprocher d&rsquo;eaux plus &#171;&nbsp;commerciales&nbsp;&#187;, repoussant ainsi la frange la plus m\u00e9lomane de son public et charriant \u00e0 gros filets les poissons amoureux de bluettes et autres amateurs de musiques de films de Walt Disney. Le musicien ne cesse alors de publier des disques en quantit\u00e9 industrielle et surproduits, comportant leur lot de fautes de go\u00fbt. Bilan: pas affligeant mais loin d&rsquo;\u00eatre transcendant. Le chanteur se contente d&rsquo;une soupe FM du plus mauvais effet, nettement plus proche des produits estampill\u00e9s &#171;&nbsp;Elton John&nbsp;&#187; que des investigations salu\u00e9es de son ex-comparse Peter Gabriel.<br><br>Comme le disait avec beaucoup d&rsquo;\u00e0-propos le premier producteur de Genesis, Jonathan King : <span style=\"font-style: italic;\">&#171;&nbsp;J&rsquo;aimerais entendre Phil Collins produire des disques plus artistiques et moins commerciaux, et Peter Gabriel des disques plus commerciaux et moins artistiques&nbsp;&#187;<\/span>. Si l&rsquo;on excepte les redondances de citation, on ne peut que soulever la pertinence d&rsquo;un tel aphorisme.<br><br>En 2010, Phil Collins publie son album-hommage baptis\u00e9 <span style=\"font-style: italic;\">Going Back<\/span>, quelques mois seulement \u00e0 peine apr\u00e8s celui de son ex-coll\u00e8gue de Genesis, qu&rsquo;il intitule <span style=\"font-style: italic;\">Scratch My Back<\/span>&#8230; de quoi faire na\u00eetre les plus grandes suspicions. Les deux sexag\u00e9naires avouent d&rsquo;ailleurs tacitement \u00eatre en panne d&rsquo;inspiration et se contentent donc de proposer des relectures de morceaux \u00e9crits par d&rsquo;autres, \u00e0 l&rsquo;instar de certains grands ma\u00eetres qui s&rsquo;y sont d\u00e9j\u00e0 risqu\u00e9s (David Bowie, Bryan Ferry, etc.).<br><br>Pour rendre le d\u00e9bat encore plus tendu, le batteur se permet en outre le luxe de r\u00e9interpr\u00e9ter une petite vingtaine de tubes des ann\u00e9es soixante, avec une <span style=\"font-style: italic;\">maestria<\/span> confondante certes, mais surtout au mim\u00e9tisme m\u00e9ticuleux. D&rsquo;ailleurs, il ne s&rsquo;en cache pas dans les notes du livret de la pochette : puisque ces titres sont parfaits, nul besoin d&rsquo;en modifier quoi que ce soit. Le raisonnement semble mature et p\u00e9tri d&rsquo;humilit\u00e9.<br><br>Il est vrai que si l&rsquo;auteur de l&rsquo;affreux <span style=\"font-style: italic;\">Dance Into the Light <\/span>s&rsquo;\u00e9tait permis de r\u00e9arranger des p\u00e9pites comme &#171;&nbsp;Papa Was a Rolling Stone&nbsp;&#187; ou &#171;&nbsp;Take Me in Your Arms&nbsp;&#187;, il y aurait v\u00e9ritablement eu de quoi brandir les \u00e9tendards et monter sur les barricades. Or il faut bien admettre que cette collection de perles <span style=\"font-style: italic;\">pop <\/span>s&rsquo;av\u00e8re incroyablement rafra\u00eechissante et parfaitement orchestr\u00e9e, et pour cause : sur la plupart des pi\u00e8ces magistrales que constitue ce Graal des <span style=\"font-style: italic;\">sixties,<\/span> jouent les musiciens originaux de l&rsquo;\u00e9poque, m\u00eame si le ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie se garde le droit, bien entendu, de si\u00e9ger derri\u00e8re sa batterie.&nbsp; <br><br>Le musicien que l&rsquo;on disait bien malade (il a tout de m\u00eame d\u00fb attacher les baguettes \u00e0 ses doigts, devenus insensibles, afin de pouvoir ex\u00e9cuter ses parties), pratiquement sourd, vocalement souffreteux (on se souvient de sa prestation d\u00e9rangeante dans le grand rassemblement de Genesis de 2007 o\u00f9 les tonalit\u00e9s avaient dues \u00eatre passablement revues \u00e0 la baisse afin de lui laisser la possibilit\u00e9 d&rsquo;atteindre les plus hautes notes) parvient, malgr\u00e9 tout, \u00e0 tirer remarquablement son \u00e9pingle du jeu en proposant ce qui pourrait bien \u00eatre son meilleur album depuis son deuxi\u00e8me tir en solo avec <span style=\"font-style: italic;\">Hello I Must Be Going<\/span> en 1982.<br><br>La boucle semble boucl\u00e9e, car celui qui a toujours \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de vouloir transformer Genesis, un original groupe progressif&nbsp; britannique en machine \u00e0 tubes am\u00e9ricaine, propose aujourd&rsquo;hui son disque le plus personnel (musicalement parlant). En revanche, et cela rel\u00e8ve d&rsquo;un paradoxe \u00e9trangement inexplicable, toutes ces touches &#171;&nbsp;cuivr\u00e9es&nbsp;&#187; que le Britannique incluait chez Genesis dans les s\u00e9quences musicales d\u00e9velopp\u00e9es par Tony Banks (&#171;&nbsp;Paperlate&nbsp;&#187;, &#171;&nbsp;No Reply at All&nbsp;&#187;) apparaissent ici, dans ce contexte totalement non progressif, dans toute leur splendeur vivifiante.<br><br>Phil Collins tombe la veste, se fait vieux, et publie <span style=\"font-style: italic;\">Going Back<\/span> pour se faire plaisir. A l&rsquo;instar d&rsquo;un Robert Plant depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9sormais, il s&rsquo;agit de&nbsp; renouer avec ses premi\u00e8res amours musicales : le v\u00e9ritable rhythm &lsquo;n&rsquo; blues. M\u00eame si la seule raison valable pour en parler ici reste son appartenance et sa contribution au monde progressif, ce projet simple, facile et agr\u00e9able, reste \u00e0 saluer.\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10784\/1289240360.jpg\" alt=\"\" data-id=\"21948\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10784\/1289240360.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=21948\" class=\"wp-image-21948\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10784\/1289240369.jpg\" alt=\"\" data-id=\"21949\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10784\/1289240369.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=21949\" class=\"wp-image-21949\"\/><\/figure><\/li><\/figure><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sortie cet automne de Going Back, dernier album de Phil Collins constitu\u00e9 exclusivement de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":21947,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21946"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21946"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21946\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21947"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21946"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21946"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21946"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}