{"id":21938,"date":"2003-05-22T00:00:00","date_gmt":"2003-05-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/17fdc44be0493b7a7fb400a6056f2149_XL.jpg"},"modified":"2003-05-22T00:00:00","modified_gmt":"2003-05-21T22:00:00","slug":"21938","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2003\/05\/22\/21938\/","title":{"rendered":"&#8211; Tritonales 2003 (pt.2)"},"content":{"rendered":"<h1>DOSSIER : Les Tritonales 2003 (pt.2)<\/h1>\n<p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u><br \/>         4 . Quatri&egrave;me semaine<br \/>         <br \/>         <\/u><\/font>10 juin 2003 : Daevid Allen &#8211; Guru &amp; Zero<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_dallen_1.jpg\" width=\"155\" height=\"116\" border=\"1\" align=\"left\">Daevid          Allen, \u00a0\u00bb Divided Alien \u00a0\u00bb comme il se nomme lui-m\u00eame, Alice musicale, se          dirige pas \u00e0 pas de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du miroir. Pr\u00e9sent aux Tritonales, l&rsquo;ancien          guitariste de Gong a assur\u00e9 le spectacle avec des membres du collectif          japonais Acid Mother Temple : Cotton Casino au synth\u00e9tiseur et Kawabata          Makoto \u00e0 la guitare, auxquels s&rsquo;est joint Didier Malherbe, invit\u00e9, aux          vents.<br \/>         <br \/>         Durant cette soir\u00e9e d\u00e9di\u00e9e aux \u00ab\u00a0guitaristes qui ne jouent pas la guitare          comme de la guitare\u00a0\u00bb, comme l&rsquo;annonce Allen en fran\u00e7ais avec son joli          accent, les spectateurs verront les instruments utilis\u00e9s de cette fa\u00e7on          peu conventionnelle et de plus en plus bruitiste, propre au ma\u00eetre : tout,          durant ces deux heures, sera instrumentalis\u00e9. De la barre de vibrato \u00e0          la fermeture-\u00e9clair de la veste d&rsquo;Allen, en passant par les voix ou un          archet de violon, tout \u00e9l\u00e9ment sonore sera pr\u00e9texte \u00e0 trafic, d\u00e9tournement,          manipulation, <i>sample<\/i> enregistr\u00e9 et programm\u00e9 en boucle en <i>live<\/i>          et diffus\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 saturation des niveaux et des esprits, avec ajouts          successifs de violences instrumentales improvis\u00e9es dans une ambiance qui          souvent, rappellera le Pink Floyd d&rsquo;<i>Ummagumma<\/i>.<br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_dallen_2.jpg\" width=\"120\" height=\"160\" border=\"1\" align=\"right\">La          totalit\u00e9 des exp\u00e9rimentations pr\u00e9sent\u00e9es sont des improvisations dont          la dur\u00e9e s&rsquo;\u00e9talera de dix \u00e0 plus de quarante-cinq minutes et seront autant          d&rsquo;occasions laiss\u00e9es aux musiciens, notamment de l&rsquo;Acid Mother Temple,          de faire monter la pression dans un volume h\u00e9las bien trop \u00e9lev\u00e9, \u00e0 tel          point que souvent la dynamique dispara\u00eetra derri\u00e8re un pic sonore devenu          permanent. L&rsquo;accent hypnotique s&rsquo;en trouve plant\u00e9 l\u00e0 au profit d&rsquo;une influence          plus malsaine que l&rsquo;on aurait volontiers entendue dans un <i>Orange M\u00e9canique<\/i>          en fond sonore des sc\u00e8nes d&rsquo;ultra-violence. Makoto en sera la premi\u00e8re          victime puisque, pour monter d&rsquo;un inaccessible cran encore, il jettera          une fois brutalement sa guitare par terre &#8211; et s&rsquo;approchera dangereusement          d&rsquo;une seconde tentative &#8211; dans un geste que l&rsquo;on n&rsquo;avait pas vu sur sc\u00e8ne          depuis bien longtemps ! <br \/>         Cotton Casino, de son c\u00f4t\u00e9, est bien plus d\u00e9tendu. Le jeune homme a en          effet laiss\u00e9 de c\u00f4t\u00e9 toute sobri\u00e9t\u00e9 &#8211; dans tous les sens du terme &#8211; au          profit d&rsquo;autres exp\u00e9rimentations pas forc\u00e9ment licites pour napper de          clavier les fureurs de son camarade.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_dallen_3.jpg\" width=\"155\" height=\"116\" border=\"1\" align=\"left\">Chaque          son, donc, sera instrumentalis\u00e9, voire t\u00e9l\u00e9commandera chaque musicien          qui se laisse guider, influencer, piloter par ses compagnons de sc\u00e8ne.          Ces encha\u00eenements bruitistes, exp\u00e9rimentations dont l&rsquo;entr\u00e9e semble interdite          au profane, manquent h\u00e9las souvent leur objectif de transe et tombent          r\u00e9guli\u00e8rement dans le n&rsquo;importe-quoi orchestral &#8211; le risque est inh\u00e9rent          \u00e0 l&rsquo;exercice. Pourtant, lorsque le but est atteint, quel r\u00e9sultat ! Le          groupe atteint le paroxysme sous la direction du guitariste qui ma\u00eetrise          alors totalement ses progressions : on sent le souffle proche de la folie.          Daevid Allen, Alice musicale, se dirige pas \u00e0 pas de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du miroir.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Florian Gonfreville<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>11 juin 2003 : One Shot<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Apr\u00e8s avoir ouvert ces premi\u00e8res Tritonales          avec Offering, le pianiste Emmanuel Borghi revenait ce soir sur la sc\u00e8ne          du caf\u00e9-concert en compagnie de deux comp\u00e8res de Magma, le guitariste          James Mac Gaw et le bassiste Philippe Bussonnet, qui forment avec le batteur          Daniel Jean d\u2019Heur ce projet parall\u00e8le au groupe de Christian Vander.<br \/>         <br \/>         L\u2019esprit One Shot consiste \u00e0 privil\u00e9gier le happening qui fait de chaque          concert un moment unique. Cette d\u00e9marche a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e par          extension \u00e0 l\u2019enregistrement de la musique du quatuor : leurs deux disques          ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s \u00ab live \u00bb et en public. On a pu \u00e0 nouveau constater          cette approche durant ce concert, o\u00f9 l\u2019improvisation n\u2019a pas manqu\u00e9. C\u2019est          un One Shot au mieux de sa forme qui a irradi\u00e9 le Triton de son \u00e9nergie          bouillonnante : r\u00e9solument tourn\u00e9 vers un jazz-rock d\u00e9lur\u00e9 \u00e9vitant soigneusement          les clich\u00e9s du genre et dont le parfum seventies, g\u00e9n\u00e9r\u00e9 notamment par          les sonorit\u00e9s du Fender Rhodes de Borghi, rappelle par moments les t\u00e9nors          du genre comme le Mahavishnu Orchestra ; une comparaison plausible, tant          le jeu \u00e0 la fois intense et tortur\u00e9 de Mac Gaw \u00e9voque un autre Mac, Laughlin          celui-l\u00e0. On retrouve aussi cette influence dans les arp\u00e8ges hypnotiques          tir\u00e9s du piano \u00e9lectrique ainsi que la trace de Magma pour le c\u00f4t\u00e9 r\u00e9p\u00e9titif          et hypnotique. <br \/>         Soutenus par une section rythmique solide, les deux solistes s\u2019en donnent          \u00e0 c\u0153ur joie dans des improvisations bien souvent passionnantes et d\u00e9cal\u00e9es,          tels les soli de synth\u00e9tiseur aux ambiances surnaturelles qu\u2019Emmanuel          Borghi se pla\u00eet \u00e0 distiller. La puissance rock que l\u2019on retrouve dans          cette musique, contrebalanc\u00e9e par le jeu de batterie \u00e0 la fois acrobatique          et musical de Daniel Jean d\u2019Heur, est omnipr\u00e9sente gr\u00e2ce \u00e0 la basse intense          de Philippe Bussonnet qui prend par moment des accents purement zeuhl.          Ces deux-l\u00e0 vivent profond\u00e9ment leur musique, le bassiste restant introverti          alors qu\u2019on sent Jean d\u2019Heur transport\u00e9 par ses polyrythmies.<br \/>         Pour ce troisi\u00e8me concert de One Shot au Triton depuis son inauguration,          le public assez nombreux aura succomb\u00e9 sans difficult\u00e9 au charme fascinant          de sa musique g\u00e9n\u00e9reuse et envo\u00fbtante.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"> <strong>Eric Verdin<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>12 juin 2003 : Guapo<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Apr&egrave;s trois semaines de festival,          la programmation des Tritonales continue de <br \/>         m&ecirc;ler formations bien &eacute;tablies et jeune vague montante du          progressif. Guapo est l\u2019un de ces groupes \u00e0 la fronti\u00e8re de plusieurs          univers, comme peuvent l\u2019\u00eatre Sotos, Nebelnest ou We Insist ! <br \/>         Ce duo londonien s\u2019est fait conna\u00eetre depuis 1994 par des coups d\u2019\u00e9clat          sc\u00e9niques ponctu\u00e9s de performances, et trois albums sur le label fran\u00e7ais          Pand\u00e9monium Records. Le dernier, <i>Great Sage, Equal of Heaven<\/i>, a          tellement marqu\u00e9 la maison de disques que son patron ne sait pas s\u2019il          continuera \u00e0 sortir des disques, rien ne lui ayant depuis sembl\u00e9 \u00e9galer          ce sommet. De m\u00eame, Steve Feignebaum, patron du label Cuneiform, pr\u00e9sent          ce soir, nous a confi\u00e9 que Guapo \u00e9tait le seul groupe qu\u2019il ait sign\u00e9          sur la foi d\u2019une unique d\u00e9mo\u2026 Avec de tels ant\u00e9c\u00e9dents, notre impatience          \u00e9tait grande de les voir en action. <br \/>         <br \/>         Guapo \u00e9volue dans un registre assez particulier, et qui n\u2019a de progressif          que l\u2019ambition ; qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 sur un label noisy depuis ses d\u00e9buts n\u2019est          donc pas \u00e9tonnant de la part de ce groupe qui navigue entre l\u2019avant-rock,          l\u2019industriel et la zeuhl &#8211; le groupe a d\u2019ailleurs sorti un EP avec des          reprises et un hommage \u00e0 Magma. Le tout sonne d\u2019une mani\u00e8re r\u00e9solument          moderne et Guapo a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un temp\u00e9rament volcanique qui n\u2019est pas sans          rappeler un certain Nnecra Packe.<br \/>         <br \/>         C\u2019est plut\u00f4t nonchalamment que le duo, augment\u00e9 d\u2019un batteur, arrive sur          sc\u00e8ne pour jouer \u00ab The Five Suns \u00bb, le pav\u00e9 de son prochain album pr\u00e9vu          en 2004. Quarante-cinq minutes de montagnes russes hallucin\u00e9es pendant          lesquelles Guapo a souffl\u00e9 le chaud et le froid dans la salle. D\u00e9butant          sur une musique <i>ambient<\/i>, augment\u00e9e d\u2019un gong et d\u2019une basse l\u00e9g\u00e8re,          le trio se d\u00e9voile avec un rock incandescent, pleins de dissonances et          de passages particuli\u00e8rement abrupts, empruntant \u00e0 la zeuhl son aspect          r\u00e9p\u00e9titif, presque m\u00e9canique apr\u00e8s quelques minutes. \u00c0 trois sur sc\u00e8ne,          Guapo donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre un groupe de six ou sept membres : un          batteur qui joue particuli\u00e8rement rapidement et qui n\u2019est pas avare en          roulements en tous genres, un bassiste au son sabbathien et qui use de          son instrument comme d\u2019une guitare, et un clavi\u00e9riste qui joue en permanence          de deux claviers, l\u2019un pour les sons vintage, l\u2019autre pour les sons industriels.          Pourtant, leur musique rec\u00e8le toujours une m\u00e9lodie qui emp\u00eache l\u2019auditeur          de s\u2019ennuyer ou de se noyer sous un d\u00e9luge de d\u00e9cibels, et le groupe a          des id\u00e9es \u00e0 revendre. Ce premier set, pass\u00e9 trop rapidement, augure du          meilleur pour le nouvel album.<br \/>         <br \/>         La seconde moiti\u00e9 du concert est \u00e9galement compos\u00e9 de nouveaux titres,          mais se situe en de\u00e7\u00e0 de ce que nous avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, et on se prend          \u00e0 regretter le choix de Guapo de rester en trio &#8211; le groupe employait          un saxophoniste \u00e0 plein temps auparavant. La formation semble s\u2019ent\u00eater          dans une voie nihiliste et jusqu\u2019au-boutiste, au risque de larguer d\u00e9finitivement          son public. Mais n\u2019ayant pas eu un regard pour l\u2019assistance au cours de          ce concert, et ayant eu le culot d\u2019entrer dans la salle par la porte principale          alors que le public r\u00e9clamait un second rappel, on comprend \u00e0 quel point          ces Anglais vivent dans leur monde\u2026 .<br \/>         <br \/>         Autre point d\u00e9cevant, la salle \u00e9tait \u00e0 moiti\u00e9 vide, faute sans doute pour          le groupe de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une promotion cons\u00e9quente au quotidien: il n\u2019est          en effet que tr\u00e8s peu connu du public avant tout progressif qui assiste          aux Tritonales. Guapo doit livrer son prochain album en 2004 : toute la          question reste de savoir comment capturer une telle puissance sur une          galette de plastique\u2026 Vu le caract\u00e8re plus \u00ab sage \u00bb des productions studio          du groupe, la retranscription de cette folie live pourrait surprendre          et s\u2019av\u00e9rer peut \u00eatre plus accessible.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Djul<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>13 juin 2003 : We Insist !<\/strong><br \/>         <br \/>         We Insist ! jouait ce soir \u00e0 domicile : le groupe parisien est en effet          tr\u00e8s li\u00e9 au Triton, sur le label duquel leur deuxi\u00e8me album, <i>Inner          Pond<\/i> a \u00e9t\u00e9 produit et publi\u00e9. C\u2019est d\u2019ailleurs avec ce disque que          leur style, inclassable et original, s\u2019est vraiment affirm\u00e9.<br \/>         <br \/>         Le saxophoniste Fran\u00e7ois Wong n\u2019ayant pu \u00eatre pr\u00e9sent ce soir, c\u2019est une          formation en quintette qui monte sur sc\u00e8ne : Cyrille M\u00e9chin, le deuxi\u00e8me          saxophononiste, Julien Allanic \u00e0 la basse et Eric Martin et Julien Divisia          aux guitares, ces trois derniers se chargeant aussi des ch\u0153urs. Mais c\u2019est          Etienne Gaillochet, le batteur-chanteur du combo qui focalise l\u2019attention.          Collant son chant \u00e0 un jeu de batterie sec mais \u00e9toff\u00e9, celui-ci \u00e9ructe          ou susurre ses paroles &#8211; en anglais &#8211; comme si sa vie en d\u00e9pendait. Parvenant          \u00e0 laisser \u00e9chapper une violence trop contenue malgr\u00e9 des incessants changements          de rythme, le dandy aux baguettes soigne son attitude et livre ses tripes          au public en toute sinc\u00e9rit\u00e9, \u00e0 l\u2019image du reste du groupe d\u2019ailleurs,          qui choisit la sc\u00e8ne pour se transcender et lib\u00e9rer un maximum d\u2019\u00e9nergie.          Les deux guitares rageuses oscillent en permanence entre un dense fusionnement          \u00e0 la Mr Bungle et des broderies plus zeppeliniennes. En ce sens les deux          instrumentistes sont tout \u00e0 fait compl\u00e9mentaires : l\u00e0 o\u00f9 Julien Divisia          rappelle le chien de Mickey instinctif, Eric Martin \u00e9volue d\u2019avantage          dans le lyrique et le tortur\u00e9 dans ses quelques interventions solistes.          Au travers de ce mur de son, encore \u00e9paissi par Julien Allanic, Cyrille          M\u00e9chin parvient \u00e0 se frayer un chemin, parcouru de jalons jazzy ou dissonnants,          complice d\u2019exp\u00e9rimentations bruitistes et funky qui peuvent rappeler un          certain Frank Zappa.<br \/>         <br \/>         We Insist ! n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 nous offrir, entre les morceaux d\u2019<i>Inner          Pond<\/i> et une version remani\u00e9e d\u2019un vieux titre de son premier disque,          <i>Eye Witness<\/i>, plusieurs nouvelles compositions, qui semblent accentuer          encore davantage l\u2019orientation d\u00e9finitivement rock que le sextuor cherche          \u00e0 prendre, avec des formats plus ramass\u00e9s et une approche plus brutale.          L\u2019avenir pr\u00e9sage donc du meilleur pour ce groupe d\u2019essence purement progressive          et qui aura encore une fois prouv\u00e9 ce soir que l\u2019on peut cr\u00e9er un univers          nouveau et homog\u00e8ne \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments forts diff\u00e9rents.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Eric Verdin<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>14 juin 2003 : Nebelnest, Sotos<\/strong><br \/>         <br \/>         <i>Photos : Fanny Layani<\/i><br \/>         <br \/>         Apr\u00e8s dix-huit concerts \u00e9tal\u00e9s sur plus de trois semaines, et qui ont          vu l\u2019avant-garde autant que des l\u00e9gendes du progressif, du jazz et de          la zeuhl d\u00e9filer sur sc\u00e8ne, le Triton a le bon go\u00fbt de cl\u00f4turer son festival          en apoth\u00e9ose par le concert conjoint de deux des jeunes formations fran\u00e7aises          les plus en vue. L\u2019exposition dont b\u00e9n\u00e9ficient Nebelnest et Sotos est          en partie due \u00e0 leur signature sur Cuneiform Records, mais aussi et surtout          \u00e0 leur talent et singularit\u00e9.<br \/>         <br \/>         Bien que longuement \u00e9voqu\u00e9e lors des sorties du <u><i>Platypus<\/i><\/u>          de Sotos et du <i>Nova Express<\/i> de Nebelnest, il nous semble utile          de revenir bri\u00e8vement sur leur musique. Sotos est un intriguant m\u00e9lange          de rythmes concass\u00e9s \u00e0 la Magma et d\u2019instruments \u00e0 cordes \u00e0 la Univers          Z\u00e9ro (violon et violoncelle), auxquels s\u2019ajoutent d\u2019autres instruments          comme le m\u00e9tallophone, ou la fl\u00fbte \u00e0 bec, le tout voguant entre agression          sonore et calme myst\u00e9rieux, en progression constante. Nebelnest \u00e9volue          plut\u00f4t dans un progressif instrumental \u00e9nergique o\u00f9 le jazz, les musiques          \u00e9lectroniques (<i>ambient<\/i> mais aussi industrielles) et le hardcore          fusionnent heureusement. De nombreux points leur sont communs: un m\u00eame          producteur &#8211; Bob Drake, un m\u00eame label, Cuneiform, dont les dirigeants          ont fait le d\u00e9placement pour assister aux Tritonales &#8211; interview bient\u00f4t          en ligne, et surtout une musique originale, instrumentale et tr\u00e8s moderne.          Une affiche coh\u00e9rente donc, bien qu\u2019on ait pu s\u2019\u00e9tonner au premier abord,          que Sotos, dont la musique est plus calme et plus introspective que celle          de Nebelnest, passe en deuxi\u00e8me partie. Mais apr\u00e8s le concert, on ne peut          que s\u2019incliner devant un tel choix : terminer par Sotos permet au public,          remu\u00e9 par une prestation plut\u00f4t violente de leurs confr\u00e8res, de prendre          cong\u00e9 de ce festival sur une derni\u00e8re note plus apais\u00e9e.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_nebelnest_1.jpg\" width=\"130\" height=\"155\" border=\"1\" align=\"left\">Nebelnest          l\u2019avait annonc\u00e9 sur son site Internet, ce concert au Triton \u00e9tait l\u2019occasion          de tester le nouveau guitariste du groupe, S\u00e9bastien Carmona ayant succ\u00e9d\u00e9          \u00e0 Cyril moins de quatre mois auparavant. On retiendra de ce concert sur          fond de visuels projet\u00e9s en arri\u00e8re-sc\u00e8ne, le tr\u00e8s long \u00ab Nova Express          \u00bb qui cl\u00f4ture l\u2019album du m\u00eame nom, pour sa lente mont\u00e9e en puissance,          ponctu\u00e9e par un final \u00e9pique et attendu mais qui n\u2019occulte cependant pas          l\u2019aspect plus m\u00e9lodique de la musique du groupe, les rapprochant d\u2019ailleurs          d\u2019un Anekdoten, pour qui il a ouvert en 1999. S\u2019ajout\u00e8rent \u00e0 ce monument          \u00ab Redrum \u00bb, un morceau jazzy et abstrait, et \u00ab Etude de Shimshot \u00bb, tir\u00e9          du premier album \u00e9ponyme. Le tout est assen\u00e9 sans compromission et avec          une certaine violence, la basse clinquante et virulente \u2013 une Rickenbaker          jou\u00e9e au m\u00e9diator \u2013 n\u2019\u00e9tant pas pour rien dans cette saturation de l\u2019espace          sonore. S\u00e9bastien semble encore un peu en retrait, comme timide, mais          passe le test du premier concert avec les honneurs. Celui-ci s\u2019achevera          par une improvisation un peu laborieuse en guise de rappel, le groupe          n\u2019ayant pu r\u00f4der plus de titres avec son nouveau guitariste.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_nebelnest_2.jpg\" width=\"120\" height=\"176\" border=\"1\" align=\"right\">Tout          du long de ce concert, on constate l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019atout essentiel du groupe          : sa section rythmique, soit Gr\u00e9gory \u00e0 la basse et Michael \u00e0 la batterie.          Tr\u00e8s \u00e9nergique, elle produit un groove assez rare sur un album dit \u00ab de          progressif \u00bb. Sur ces fondations se greffent les claviers d\u2019Olivier entre          ambiance et agression malsaine. Chaque membre vient nettement d\u2019univers          diff\u00e9rents et Nebelnest est n\u00e9 de cette impossible rencontre. On pourra          toutefois regretter un volume sonore trop \u00e9lev\u00e9, ce qui a tendance \u00e0 \u00e9galiser          et saturer toutes les cr\u00eates, les progressions de nuances et de dynamique          y perdant nettement. <br \/>         <br \/>         Le public sort remu\u00e9 et un peu \u00e9bloui par les boucles vid\u00e9o oscillant          entre images psych\u00e9d\u00e9liques ou oniriques, photos polaris\u00e9es et fractales,          et extraits de vieux films en noir et blanc. L\u2019entracte s\u2019impose avant          Sotos.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_sotos_1.jpg\" width=\"140\" height=\"171\" border=\"1\" align=\"left\">A          la reprise, le public appara\u00eet enthousiaste et conna\u00eet manifestement l\u00e0          aussi le r\u00e9pertoire du groupe. Si Sotos avait recueilli des sentiments          plus mitig\u00e9s de notre part lors de sa <a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4&#038;articleid=63&#038;part=page1\" target=\"_blank\"><u>premi\u00e8re          appartition<\/u><\/a> au Triton en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e en particulier du fait          de la sonorisation et de la mise en place des instruments \u00e0 cordes, les          progr\u00e8s effectu\u00e9s sont nets. Si le son du violoncelle laisse encore \u00e0          d\u00e9sirer &#8211; \u00e0 la d\u00e9charge de l\u2019ing\u00e9nieur du son, il s\u2019agit sans doute de          l\u2019instrument acoustique le plus difficile \u00e0 sonoriser, en raison de l\u2019amplitude          de son spectre sonore et de l\u2019agressivit\u00e9 de ses harmoniques aigu\u00ebs &#8211;          celui du violon est nettement meilleur, et l\u2019ensemble de la prestation          en ressort grandie. Les progr\u00e8s sont \u00e9galement frappants en termes de          mise en place : aux c\u00f4t\u00e9s de la section rythmique de Michael Hazera (batterie)          et Bruno Camiade (basse), irr\u00e9prochable, et de la guitare de Yan Hazera          facilement int\u00e9gr\u00e9e, les cordes s\u2019approchent enfin du sans-faute. <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_sotos_2.jpg\" width=\"120\" height=\"160\" border=\"1\" align=\"right\">Le          concert reprend dans son int\u00e9gralit\u00e9 <i>Platypus<\/i>, et le public retrouve          avec plaisir les qualit\u00e9s de \u00ab Maelstr\u00f6m \u00bb et de \u00ab Wu \u00bb. Le premier, m\u00e9lodique          et fortement charpent\u00e9, fait la part belle aux contrastes d\u2019ambiances          et aux progressions mesur\u00e9es, tandis que \u00ab Wu \u00bb est plus chaotique et          morcel\u00e9, plus aride aussi, mettant en valeur la capacit\u00e9 du groupe \u00e0 d\u00e9velopper          un propos musical coh\u00e9rent et sur la longueur, tout en gardant une grande          libert\u00e9 de structure. Dans l\u2019ensemble cependant, la prestation de Sotos          est moins contrast\u00e9e, spontan\u00e9e et fusionnelle que lors de leur premi\u00e8re          venue au Triton : les phases de progressions montent moins vite et vont          moins loin, comme si le groupe, peut-\u00eatre tendu, avait voulu donner la          priorit\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9cision plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019ambiance. Nous avons vu ce soir          une facette plus carr\u00e9e et plus \u00ab professionnelle \u00bb de Sotos. On peut          certes regretter le zeste de folie entra\u00eenante qui avait fait la qualit\u00e9          de leur concert pr\u00e9c\u00e9dent, mais on appr\u00e9cie nettement cette plus grande          rigueur. La synth\u00e8se des deux approches sera un nouveau pas vers la perfection          !<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Djul et Fanny Layani<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>La conclusion du R\u00e9dac\u2019 chef<\/strong><br \/>         <br \/>         Cette soir\u00e9e de cl\u00f4ture des Tritonales ponctue de fort belle mani\u00e8re le          festival, avec l\u2019une des affiches les plus juv\u00e9niles et rafra\u00eechissantes          de la s\u00e9rie pour laquelle le public \u2013 globalement plus jeune que pour          les autres concerts \u2013 s\u2019est d\u00e9plac\u00e9 massivement. Il fallait \u00eatre l\u00e0 ce          soir, pour applaudir ces \u00ab espoirs \u00bb, et saluer une musique contemporaine,          exigeante et enthousiasmante. <br \/>         <br \/>         Lors, pas de doute : la rel\u00e8ve est assur\u00e9e. Tordons une fois de plus le          cou \u00e0 un clich\u00e9 qui a trop v\u00e9cu et p\u00e8se lourdement sur le genre, \u00e0 chaque          fois que l\u2019on associe \u00ab rock \u00bb et \u00ab progressif \u00bb dans une m\u00eame phrase          : ce n\u2019est pas un courant autarcique depuis la fin des ann\u00e9es soixante-dix,          ni une mode surann\u00e9e. Ces premi\u00e8res Tritonales ont encore d\u00e9montr\u00e9 que          l\u2019on parle bien d\u2019un \u00e9tat d\u2019esprit o\u00f9 l\u2019exp\u00e9rimentation permet d\u2019alimenter          la progression des ambiances, \u00e0 la recherche de nouvelles cordes \u00e0 jouer          parmi les \u00e9motions de l\u2019auditeur. En faisant coexister ainsi plusieurs          aspects du m&ecirc;me courant musical, depuis les r&eacute;f&eacute;rences          &eacute;tablies et diverses des Daevid Allen, Richard<br \/>         Sinclair ou Christian Vander qui n&rsquo;ont cess&eacute; d&rsquo;innover depuis les          ann&eacute;es<br \/>         soixante-dix, aux jeunes frondeurs de Sotos ou Nebelnest et en passant          par<br \/>         les chemins de traverse d&#8217;Ad Vitam, le festival du Triton a d&eacute;montr&eacute;          que le<br \/>         &quot;genre&quot; progressif est vivant et continue d&rsquo;avancer, tout simplement.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Florian Gonfreville et la R&eacute;daction<\/strong><\/p>      &nbsp;","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER : Les Tritonales 2003 (pt.2) 4 . 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