{"id":21753,"date":"2013-03-13T00:00:00","date_gmt":"2013-03-12T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/34df3698b9996542349f565dc722b674_XL.jpg"},"modified":"2013-03-13T00:00:00","modified_gmt":"2013-03-12T22:00:00","slug":"21753","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2013\/03\/13\/21753\/","title":{"rendered":"Marillion &#8211; Une affaire de famille"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Retour en force des incontournables du rock progressif avec un album inspir\u00e9 et intemporel, <em>Sounds that can\u2019t be made<\/em>. Tout au long d\u2019une carri\u00e8re riche d\u00e9marr\u00e9e dans un petit port de p\u00eache en Angleterre, Marillion a grav\u00e9 son nom en lettres d\u2019or. Le point avec Steve Rothery, guitariste historique de la bande qui se laisse aller, au d\u00e9tour de certaines questions, \u00e0 une r\u00e9trospective \u00e9mouvante. <br \/><br \/>Chromatique : Vous venez de sortir votre dix-septi\u00e8me album, qui est un peu un m\u00e9lange de Marillion tr\u00e8s classique, claviers <em>vintage<\/em> en t\u00eate, et de choses faisant \u00e9cho \u00e0 vos derniers albums. C\u2019est une sorte de synth\u00e8se ? <br \/> Steve Rothery : :<\/strong> Pour moi c\u2019est effectivement le r\u00e9sultat de l\u2019ensemble des choses que nous avons apprises, au fur et \u00e0 mesure. Il y a toujours une approche classique dans le son Marillion et la  mani\u00e8re de composer. Il y a aussi des choses plus modernes, apport\u00e9es depuis l\u2019album <em>Anoraknophobia<\/em>. Il y a enfin l\u2019influence des producteurs et c\u2019est la synth\u00e8se de tout cela qui donne l\u2019esprit de l\u2019album. En fait, chaque sortie est comme une r\u00e9action \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente. Donc l\u00e0, c\u2019est une r\u00e9action \u00e0 l\u2019album acoustique. Pour \u00eatre honn\u00eate, il y a certains disques pour lesquels j\u2019ai le sentiment que nous n\u2019avons pas d\u00e9velopp\u00e9 en profondeur les id\u00e9es que nous avions au d\u00e9part, peut-\u00eatre par manque de temps. Ici, nous avons eu le temps d\u2019ancrer l\u2019ADN Marillion, il y a des chansons tr\u00e8s \u00e9piques, d\u2019autres tr\u00e8s courtes. L\u2019\u00e9quilibre est le bon.<br \/><br \/> <strong>Une partie de l\u2019album a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite en 2011 aux studios Real World. Comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e sa gestation ? <\/strong><br \/> C\u2019\u00e9tait un processus tr\u00e8s long et lent. Nous sommes all\u00e9s au Portugal en 2010, il \u00e9tait encore trop t\u00f4t pour \u00e9crire et nous avons donc d\u00e9cid\u00e9 de prendre le temps plut\u00f4t que de nous imposer des contraintes fortes. Puis, nous avons \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s sur une tourn\u00e9e avec Deep Purple en Allemagne et cela nous a remis en selle. Nous avons enregistr\u00e9 pendant cinq jours aux studios Real World o\u00f9 l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9tait tr\u00e8s positive. Nous avons \u00e9crit et en m\u00eame temps enregistr\u00e9. Il y a une ambiance particuli\u00e8re et vraiment inspirante dans ces lieux. Les deux sessions de cinq jours ont compt\u00e9 comme six semaines d\u2019enregistrement dans notre propre studio. Puis, on est retourn\u00e9 bri\u00e8vement \u00e0 notre studio mais on a d\u00fb repartir en tourn\u00e9e aux Etats-Unis. Du coup, j\u2019ai enregistr\u00e9 pas mal de parties de guitare de mon c\u00f4t\u00e9, Mark a fait la m\u00eame chose pour les claviers. On n\u2019avait pas vraiment d\u2019id\u00e9e de la fa\u00e7on dont l\u2019album allait sonner jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tape du mix. Et on \u00e9tait ravi m\u00eame si l\u2019accouchement a \u00e9t\u00e9 difficile. On travaillait m\u00eame sur nos portables en tourn\u00e9e !<br \/><br \/> <strong>Revenons au d\u00e9tail et notamment \u00e0 ce morceau assez long, \u00ab\u00a0Gaza\u00a0\u00bb. Y a-t-il une raison particuli\u00e8re qui vous a d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 vous attaquer au sujet \u00e9pineux des conflits au Moyen Orient ? <\/strong><br \/> Steve a essay\u00e9 diff\u00e9rentes approches pour les paroles. C\u2019est vrai que c\u2019est un peu politique. On avait quasiment fini tous les autres morceaux et on se disait que celui-ci allait peut-\u00eatre devenir l\u2019un des meilleurs de l\u2019album et apporter quelque chose. En fait ce n\u2019est pas un point de vue politique, mais plut\u00f4t humanitaire, rien que par le fait de raconter l\u2019histoire \u00e0 travers les yeux d\u2019un enfant. L\u2019erreur  que nous avons commise est sans doute de l\u2019appeler Gaza alors qu\u2019\u00e0 un moment, nous voulions le nommer \u00ab\u00a0Both sides of the wire \u00bb. Cela a provoqu\u00e9 une r\u00e9action un peu disproportionn\u00e9e. Un ami sur facebook a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9clencher une pol\u00e9mique contre le titre et j\u2019ai trouv\u00e9 cela tr\u00e8s triste. On voit comment un tel sujet peut provoquer de vives r\u00e9actions et une politique de l\u2019autruche. De la m\u00eame fa\u00e7on, lorsque nous avons post\u00e9 le titre sur YouTube, on a commenc\u00e9 \u00e0 voir deux clans se dessiner, comme si le d\u00e9bat dans la vie r\u00e9elle se cr\u00e9ait \u00e0 nouveau dans le microcosme du web. Il y a des choses apparemment dont il est difficile de parler mais cela n\u2019emp\u00eache pas qu\u2019il est important de le faire.<br \/><br \/> <strong>Les trois longs titres de l\u2019album \u2013 fait finalement pas si habituel pour Marillion \u2013 c\u2019\u00e9tait voulu ? <\/strong><br \/> Nous n\u2019avons pas r\u00e9fl\u00e9chi comme cela, je pense que c\u2019est d\u00fb au fait que nous avons mis plus longtemps \u00e0 le faire, tout simplement. Ce n\u2019est pas conscient. Par exemple, \u00ab\u00a0Montreal\u00a0\u00bb a toujours \u00e9t\u00e9 une ville importante pour nous, on y avait jou\u00e9 en 1994 et on en avait gard\u00e9 un beau souvenir. Il y a un vrai contraste avec les Etats-Unis en termes de public, c\u2019est \u00e9videmment plus europ\u00e9en. Les fans sont vraiment passionn\u00e9s et c\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re de leur dire merci. Et on a pris le temps de le faire !<br \/><br \/> <strong>Parlons business : Marillion a d\u00e9cid\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es de se passer du canal traditionnel des maisons de disques et de la distribution. Comment le groupe est-il aujourd\u2019hui structur\u00e9 de ce point de vue ? <\/strong><br \/> Nous avons bien entendu une libert\u00e9 artistique compl\u00e8te et financi\u00e8rement, il faut dire que nous gagnons finalement autant qu\u2019au milieu des ann\u00e9es quatre vingts lorsque nous faisions des disques d\u2019or et de platine et remplissions Bercy. Nous avons fait huit albums avec EMI, trois avec des labels ind\u00e9pendants et ensuite en 1999, nous avons fait ce qu\u2019on appelle du <em>crowdfunding<\/em>, qui est finalement une m\u00e9thode qu\u2019utilisent beaucoup d\u2019artistes aujourd\u2019hui. Nous n\u2019avions plus besoin de distribution, notamment par l\u2019importance d\u2019Internet, nous n\u2019avions plus besoin de management non plus, nous pouvions booker nos propres tourn\u00e9es et nous avons fond\u00e9 notre soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9dition. Internet, m\u00eame si on en a dit beaucoup de mal, a \u00e9t\u00e9 ce qui a sauv\u00e9 le groupe. Nous avons cr\u00e9\u00e9 une famille mondiale autour de Marillion avec des conventions. C\u2019est incroyable de voir cela, trois cent mille personnes qui se retrouvent autour de nous.<br \/><br \/> <strong>Steve Howe quitte Asia, Journey se fait poursuivre en justice, Marillion est plut\u00f4t en forme finalement : comment expliques-tu une telle long\u00e9vit\u00e9 ? <\/strong><br \/> Un groupe peut avoir tout un tas de probl\u00e8mes : une guerre des egos, une impasse cr\u00e9ative etc. Nous avons pour notre part toujours eu une forte \u00e9nergie cr\u00e9ative, on \u00e9crira toujours plus de musique que ce que nous n\u2019en utilisons au final. La plupart du temps, nous nous entendons tr\u00e8s bien. On est une petite famille, on s\u2019envoie bien s\u00fbr des choses \u00e0 la t\u00eate comme c\u2019est le cas entre des proches, mais il y a cette confiance et ce respect in\u00e9branlables. On peut d\u00e9passer tous les probl\u00e8mes et on n\u2019a pas envie de s\u2019entre-tuer <em> (rires) <\/em>.<br \/><br \/> <strong>En plus, toi, tu es le personnage historique de cette formation. Trente-quatre ans ! Comment d\u00e9crirais-tu l\u2019histoire du groupe, avec tes mots ? <\/strong><br \/> Tu as un peu de temps l\u00e0 ? <em> (rires) <\/em> Tout a commenc\u00e9 dans une petite ville de p\u00eache du North Yorkshire. Quand je suis all\u00e9 \u00e0 l\u2019universit\u00e9, j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 faire quelque chose et le rock progressif \u00e9tait mon premier amour. J\u2019ai auditionn\u00e9 pour un groupe et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 retenu. J\u2019ai v\u00e9cu dans un petit cottage avec des chats, de la moisissure sur les murs, une ambiance tr\u00e8s rock\u2019n\u2019roll ! Mon r\u00eave a alors commenc\u00e9, c\u2019est toujours ce que j\u2019ai voulu faire. Mon autre passion, c\u2019est la photographie, j\u2019ai pass\u00e9 un entretien \u00e0 la National Film Archive et si j\u2019avais eu ce job, peut-\u00eatre que je me serais \u00e9loign\u00e9 un peu de la musique. J\u2019aime \u00e0 penser que non, mais je ne le saurai jamais. Fish nous a rejoint en 1981, on a fait notre album en 1982 puis les disques se sont encha\u00een\u00e9s. J\u2019ai l\u2019impression, quand je regarde les photos de l\u2019\u00e9poque, de voyager dans le temps, \u00e7a para\u00eet si loin\u2026 L\u2019industrie musicale a chang\u00e9, le monde aussi mais notre concept \u00e0 nous est rest\u00e9 le m\u00eame.<br \/><br \/> <strong>Tu as aussi des projets personnels avec The Wishing Tree. O\u00f9 en es-tu de ce c\u00f4t\u00e9 l\u00e0 ? <\/strong><br \/> J\u2019ai failli d\u00e9marrer un album avec Hannah mais elle termine un projet commun avec son mari donc ce n\u2019est pas pour tout de suite. On remettra la machine en route un peu plus tard. Ce qui m\u2019occupe en ce moment c\u2019est un livre de photos que j\u2019ai compil\u00e9es depuis quinze ans et j\u2019esp\u00e8re le finir d\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e. Avec le groupe, nous allons faire une pause en avril. J\u2019ai quelques expositions  \u00e0 droite \u00e0 gauche, dont une \u00e0 Paris o\u00f9 je reviendrai en mai ou en juin prochains. Je suis toujours dans la photo, c\u2019est mon deuxi\u00e8me grand truc apr\u00e8s la musique. J\u2019ai fait r\u00e9cemment la musique d\u2019un documentaire pour la cha\u00eene PBS aux Etats-Unis, il a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 pour trois Emmys. Et j\u2019ai \u00e9galement fait des musiques pour l\u2019Agence Spatiale Europ\u00e9enne, accompagnant les images d\u2019une station spatiale et on pense peut-\u00eatre en faire un DVD. J\u2019ai aussi deux enfants donc finalement tout cela m\u2019occupe bien !<br \/><br \/> <strong>Qu\u2019est ce qui t\u2019excite en ce moment musicalement ? La perspective d\u2019un futur album de Roger Waters ou des jeunes pousses ? <\/strong><br \/> Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 un grand fan de Waters en solo pour \u00eatre honn\u00eate. Par exemple, je n\u2019adore pas <em>The Final Cut<\/em> qui est pour moi trop marqu\u00e9 par Roger Waters par rapport \u00e0 un album comme <em>Animals<\/em>. Il a quand m\u00eame \u00e9crit des choses fantastiques, bien s\u00fbr. En termes de musique, je suis un grand fan d\u2019Elbow, Sigur Ros, de grands compositeurs comme Damien Rice. Il y a un projet ambient appel\u00e9 Low Roar que j\u2019aime beaucoup. Ma fille m\u2019a aussi fait d\u00e9couvrir pas mal de musique r\u00e9cente mais je ne me souviens plus des noms <em> (rires) <\/em>.<br \/><br \/> <strong>Certains groupes classiques remasterisent leurs anciens albums. Qu\u2019en penses-tu ? <\/strong><br \/> On a fait l\u2019exercice pour la nouvelle sortie de <em>Radiation <\/em> car on n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s satisfait de la mani\u00e8re dont il sonnait. Le r\u00e9sultat est vraiment super. A l\u2019\u00e9poque on l\u2019avait mix\u00e9 sur une des premi\u00e8res consoles digitales Mackie et on n\u2019avait pas trouv\u00e9 le bon son, la bonne ambiance. Il y a toujours cette option mais uniquement pour moi dans le cas o\u00f9 l\u2019on est vraiment d\u00e9\u00e7u de la production et que cela continue de nous tracasser. C\u2019\u00e9tait le cas avec celui-ci.<br \/><br \/> <strong>Le rock progressif en tant qu\u2019\u00e9tiquette cela a encore du sens aujourd\u2019hui ? <\/strong><br \/> Evidemment, il faut toujours se m\u00e9fier des \u00e9tiquettes. <em>Faire du rock progressif<\/em>, cela peut \u00eatre le plus beau des compliments et la pire des insultes en fait. Le vrai sens du rock progressif est un rock qui se veut aventureux, qui sort des sentiers battus. Un peu comme tu d\u00e9crivais Chromatique au d\u00e9but de notre entretien. La musique qui ne se contente pas d\u2019un format, d\u2019une dur\u00e9e et qui se permet de m\u00e9langer diff\u00e9rentes influences, parfois sur le m\u00eame morceau. C\u2019est cela pour moi la d\u00e9finition du rock progressif. Cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec des mellotrons, des mini-moogs, des p\u00e9dales de basse, faire du 7\/8. C\u2019est un \u00e9tat d\u2019esprit, pas vraiment un style musical selon moi.<br \/><br \/> <strong>Si tu avais \u00e0 d\u00e9crire en quelques mots seulement <em>Sounds that can\u2019t be made<\/em> \u00e0 nos lecteurs, que leur dirais tu ? <\/strong><br \/> C\u2019est un album important pour nous. Tous les morceaux sont disponibles sur YouTube donc il est facile de se faire une id\u00e9e. Les vieux fans qui se sont un peu \u00e9loign\u00e9s peuvent y revenir. Je ne pense pas que les gens soient d\u00e9\u00e7us. Ecoutez, tout simplement !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retour en force des incontournables du rock progressif avec un album inspir\u00e9 et intemporel, Sounds&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":39,"featured_media":21754,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21753"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21753"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21753\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21754"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21753"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21753"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21753"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}