{"id":21739,"date":"2012-06-10T00:00:00","date_gmt":"2012-06-09T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/d06254a45a6888f942b793aa9a0b4cc5_XL.jpg"},"modified":"2012-06-10T00:00:00","modified_gmt":"2012-06-09T22:00:00","slug":"21739","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2012\/06\/10\/21739\/","title":{"rendered":"Patrick Forgas &#8211; Canterbury \u00e0 la fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Patrick Forgas persiste, signe et rencontre enfin le succ\u00e8s qu&rsquo;il m\u00e9rite dans sa grande oeuvre  : la pr\u00e9servation, non pass\u00e9iste du Canterbury \u00e0 la fran\u00e7aise. Retour sur la carri\u00e8re d&rsquo;un monstre sacr\u00e9 du genre, de ses d\u00e9buts \u00e0 Paris dans les ann\u00e9es jazz rock et zheul \u00e0 la cons\u00e9cration au NEARfest en 2010, des fr\u00e8res Bogdanov \u00e0 la signature sur le prestigieux label Cuneiform&#8230;<\/strong><br \/><br \/> <strong>Chromatique : Tu as commenc\u00e9 ta carri\u00e8re en 1977 avec <em>Cocktail<\/em>, petite p\u00e9pite de jazz-rock <em>groovy<\/em>. Peux-tu nous reparler de cette \u00e9poque ?<\/strong><br \/> <strong>Patrick Forgas<\/strong> : Ce premier disque est apparu \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or du rock progressif. J&rsquo;ai eu la chance de faire partie des quelques Fran\u00e7ais \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de ce privil\u00e8ge, et la malchance de ne pas pouvoir d\u00e9velopper ma musique sur la dur\u00e9e, comme Magma avait pu le faire par exemple. Mon label de l&rsquo;\u00e9poque, Gratte-Ciel, \u00e9tait trop marginal et a d\u00e9pos\u00e9 le bilan au moment o\u00f9 j&rsquo;achevais de composer ce qui aurait d\u00fb \u00eatre mon deuxi\u00e8me album.<br \/><br \/> <strong>Comment as-tu v\u00e9cu les ann\u00e9es quatre-vingt ?<\/strong><br \/> Ce fut une p\u00e9riode terriblement frustrante. J&rsquo;avais vendu ma batterie, et j&rsquo;ai essay\u00e9 de me reconvertir en tant que chanteur, guitariste et auteur-compositeur. En 1982, j&rsquo;ai sign\u00e9 avec CBS pour faire un simple. Je savais instinctivement que je n&rsquo;avais pas le talent suffisant en tant que chanteur pour r\u00e9ussir dans cette voie. Je me suis donc plant\u00e9 &#8211; tant mieux ! C&rsquo;est avec ce genre d&rsquo;exp\u00e9riences qu&rsquo;on voit plus clair dans ses envies. Dans les ann\u00e9es qui ont suivi, j&rsquo;ai essay\u00e9 de me reconstruire financi\u00e8rement en me pr\u00e9parant au moment o\u00f9 je pourrais reprendre mon cheval de bataille &#8211; ma vraie musique. Heureusement, elle est intemporelle ; c&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai pu la laisser de c\u00f4t\u00e9 pendant quelques ann\u00e9es pour la faire revivre dans des circonstances plus favorables.<br \/><br \/> <strong>En 1990, tu est revenu avec un deuxi\u00e8me album, <em> L&rsquo;Oeil<\/em> . Comment a-t-il \u00e9t\u00e9 re\u00e7u \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque ? Ce titre \u00e9nigmatique a-t-il une signification particuli\u00e8re pour toi ?<\/strong><br \/> Le titre fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un probl\u00e8me de sant\u00e9 que j&rsquo;ai subi en 1980, au moment o\u00f9 j&rsquo;envisageais de quitter la France sur un coup de t\u00eate apr\u00e8s une rencontre amoureuse. La fille en question venait de quitter un cabaret parisien r\u00e9put\u00e9 o\u00f9 elle travaillait comme danseuse et chanteuse et voulait rejoindre des amis \u00e0 Sydney. Je me suis laiss\u00e9 compl\u00e8tement envo\u00fbter par elle, jusqu&rsquo;\u00e0 revendre ma batterie pour payer le billet d&rsquo;avion. Peu de temps avant de partir, je me suis lev\u00e9 un matin et stupeur, je ne voyais presque plus rien d&rsquo;un oeil ! J&rsquo;avais perdu sept-dixi\u00e8mes des suites d&rsquo;une chorior\u00e9tinopathie. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de rester \u00e0 Paris pour me soigner et renoncer \u00e0 ce grand voyage. C&rsquo;est en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cet \u00e9pisode que j&rsquo;ai appel\u00e9 mon album suivant <em> L&rsquo;oeil<\/em> . Il ne faut pas le voir comme la suite logique de <em> Cocktail<\/em> , plut\u00f4t comme ma r\u00e9apparition musicale. J&rsquo;avais fait la connaissance d&rsquo;Alain Juliac en 1988 &#8211; je profite de l&rsquo;occasion pour lui rendre hommage, car il est malheureusement d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en janvier &#8211; c&rsquo;est une immense perte pour moi, car il n&rsquo;a jamais cess\u00e9 de me soutenir tout au long de nos vingt ans d&rsquo;amiti\u00e9. C&rsquo;est par son biais j&rsquo;ai entam\u00e9 une collaboration avec Mus\u00e9a. L&rsquo;album lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 dans des conditions minimales, sur un Teac 4-pistes dans une chambre de bonne, avec trois bouts de ficelle. De vieux copains musiciens comme Jean-Pierre Fouquey, Didier Malherbe, Laurent Roubach ou Patrick Tillemann ont accept\u00e9 de venir me pr\u00eater main forte.<br \/><br \/> <strong>Apr\u00e8s deux albums chez Mus\u00e9a, tu es pass\u00e9 chez Cosmos Music (\u00e9galement site de VPC progressif bien connu) pour les deux premiers Forgas Band Phenomena. Pourquoi cette transition ?<\/strong><br \/> Apr\u00e8s un autre disque suivant la m\u00eame formule, <em> Art D&rsquo;\u00c9cho<\/em> , j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de me remettre \u00e0 la batterie et de reformer un groupe en 1993. Apr\u00e8s quelques remaniements, celui-ci, qui s&rsquo;appelait alors Villa Carmen, a donn\u00e9 un premier concert \u00e0 la MJC de Montrouge en 1995. Quand est arriv\u00e9 le moment de rentrer en studio, Mus\u00e9a n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00eat \u00e0 prendre en charge les frais d&rsquo;enregistrement. Au m\u00eame moment, Cosmos Music se montait, avec une partie label \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la VPC, et c&rsquo;est ainsi que <em> Roue Libre<\/em> en 1997, puis <em> Extra-Lucide<\/em> en 1999, ont \u00e9t\u00e9 produits. Le premier a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la pr\u00e9sence de Mireille Bauer, l&rsquo;ex-percussionniste de Gong, du bassiste Philippe Talet, ex-Abus Dangereux, du clavi\u00e9riste St\u00e9phane Jaoui, ex-Xaal, et d&rsquo;un jeune guitariste prodigieux, Mathias Desmier, tr\u00e8s marqu\u00e9 par Allan Holdsworth. Mathias a \u00e9t\u00e9 le seul musicien \u00e0 rester \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s pour l&rsquo;album suivant, sur lequel on entend notamment Denis Guivarc&rsquo;h, virtuose du sax alto connu pour sa longue collaboration avec Magic Malik.<br \/><br \/> <strong>Depuis <em> Soleil 12<\/em> (2005) vos disques sortent chez Cuneiform. Comment a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e cette collaboration ?<\/strong><br \/> Un nouveau Forgas Band Phenomena s&rsquo;est constitu\u00e9 en 2004 et a fait ses d\u00e9buts lors de la deuxi\u00e8me \u00e9dition des Tritonales, le festival de musiques progressives du Triton. Steve Feigenbaum, le patron de Cuneiform, \u00e9tait pr\u00e9sent. Il connaissait d\u00e9j\u00e0 ma musique, ayant distribu\u00e9 mes disques pr\u00e9c\u00e9dents aux \u00c9tats-Unis, mais il a beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 ce concert, et suite \u00e0 l&rsquo;enregistrement d&rsquo;un second spectacle au Triton l&rsquo;ann\u00e9e suivante, il nous a propos\u00e9 de publier le r\u00e9sultat, qui est devenu <em> Soleil 12<\/em>.<br \/><br \/> <strong>Signer avec ce label t&rsquo;a-t-il permis de toucher un public plus large ? Quelles sont les cons\u00e9quences directes de cette signature sur ta carri\u00e8re ?<\/strong><br \/> Cuneiform a une forte r\u00e9putation internationale, et m&rsquo;a permis de b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une bonne distribution ainsi qu&rsquo;une promotion efficace, qui s&rsquo;est concr\u00e9tis\u00e9e par un grand nombre de chroniques et d&rsquo;articles dans la presse sp\u00e9cialis\u00e9e. Cette collaboration est un gros point positif qui compense un peu le fait qu&rsquo;il reste difficile de trouver des concerts. C&rsquo;est aussi une preuve de confiance motivante pour entreprendre l&rsquo;\u00e9norme travail que repr\u00e9sente chacun de ces albums, et continuer \u00e0 avancer et \u00e0 progresser.<br \/><br \/> <strong>Peux-tu nous parler des membres du FBP actuel ?<\/strong><br \/> Pour la premi\u00e8re fois, j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 conserver pendant cinq ans la m\u00eame \u00e9quipe, et faire deux albums cons\u00e9cutifs avec elle. Je me demande souvent si je serais capable de donner autant \u00e0 quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre qu\u2019\u00e0 mes musiciens et ma musique. Je n&rsquo;en sais rien, mais le principal, c&rsquo;est que \u00e7a fonctionne \u00e0 merveille avec eux, et \u00e7a nous fait tous progresser. Je pense leur donner ce qu&rsquo;ils recherchent, c&rsquo;est-\u00e0-dire un d\u00e9fi qui les fasse progresser. Ma musique, parce qu&rsquo;elle donne la parole \u00e0 chaque musicien, favorise l&rsquo;entente et l&rsquo;amiti\u00e9. Pour dire quelques mots sur chacun Igor [Brover] est un pianiste en partie autodidacte, dont la personnalit\u00e9 est marqu\u00e9e par ses origines juive et russe, toujours pleine de surprises ! Dans ce genre de musique, il est difficile de trouver un clavier qui assume un tel r\u00e9pertoire avec humour. Kengo [Mochizuki] est un \u00eatre pur, comme sorti d&rsquo;un conte de f\u00e9es. Son \u00e9ducation japonaise, ax\u00e9e sur la discipline et la rigueur, donne \u00e0 son jeu de basse une justesse et une pr\u00e9cision irr\u00e9prochables. Je ne pouvais pas tomber mieux en tant que batteur. Karolina [Mlodecka] est elle aussi marqu\u00e9e par ses origines, polonaises en l&rsquo;occurrence, et son jeu de violon poss\u00e8de un feeling incroyable, m\u00e9lange de pr\u00e9cision et de swing, toujours avec une personnalit\u00e9 bien \u00e0 elle. Benjamin [Violet] m&rsquo;impressionne par sa facilit\u00e9 d\u00e9concertante. Lors de nos premiers contacts, je l&rsquo;ai trouv\u00e9 assez r\u00e9serv\u00e9 ; heureusement, la suite des \u00e9v\u00e9nements m&rsquo;a donn\u00e9 tort, comme le montre sa prestation sur le DVD. Quand il commence \u00e0 jouer, on a du mal \u00e0 l&rsquo;arr\u00eater ! Son travail sur<em> Acte V<\/em> est vraiment exceptionnel. Dimitri [Alexaline] est un trompettiste \u00e0 la fois a\u00e9rien et ma\u00eetre du rythme, qui fait merveille autant dans les passages un peu <em>free<\/em> que les ambiances plus m\u00e9lodiques. C&rsquo;est aussi un gar\u00e7on assez fac\u00e9tieux mais qui sait retrouver son s\u00e9rieux quand il le faut. Enfin, S\u00e9bastien [Trognon] joue de toutes sortes de saxophones, et m\u00eame un peu de fl\u00fbte ; c&rsquo;est un musicien d&rsquo;une \u00e9nergie terrassante, capable tant\u00f4t de jouer sur la chaleur du son, tant\u00f4t de partir dans des d\u00e9lires venus d&rsquo;une autre plan\u00e8te. Il sait donner ce qu&rsquo;il faut au bon moment.<br \/><br \/> <strong>En 2009,<em> L&rsquo;Axe Du Fou<\/em> sort, et obtient un excellent succ\u00e8s critique. Quel \u00e9tait ton projet avec cet album ?<\/strong><br \/> Je voulais avant tout donner \u00e0 entendre notre pleine puissance de feu. Je souhaitais monter d&rsquo;un cran pour donner davantage la parole \u00e0 notre guitariste, Benjamin Violet, dont la prestation a, je crois, surpris beaucoup de gens ! Il poss\u00e8de une v\u00e9locit\u00e9 majestueuse qui tient beaucoup au fait qu&rsquo;il a d\u00e9but\u00e9 la musique par le violon, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans. Je cherchais depuis toujours un guitariste qui ait \u00e0 la fois un temp\u00e9rament hendrixien et la capacit\u00e9 d&rsquo;affronter les mesures impaires, et je l&rsquo;ai trouv\u00e9 avec lui. Depuis les ann\u00e9es soixante-dix, le niveau des musiciens a \u00e9norm\u00e9ment \u00e9volu\u00e9. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai pu m&rsquo;entourer de gens qui sont \u00e0 la fois de redoutables solistes, des accompagnateurs d&rsquo;une grande rigueur rythmique, et capables de se glisser dans des ambiances extr\u00eamement vari\u00e9es.<br \/><br \/> <strong>Vous avez \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s au tr\u00e8s prestigieux NEARfest aux \u00c9tats-Unis en 2010, pour une prestation qui fut film\u00e9e et qu&rsquo;on retrouve maintenant en DVD avec le nouvel album&#8230;<\/strong><br \/> Ce concert, j&rsquo;en r\u00eavais depuis longtemps ! Nous avons \u00e9t\u00e9 accueillis comme des rois. L&rsquo;\u00e9quipe du festival \u00e9tait tr\u00e8s professionnelle, et la salle remplie d&rsquo;un public de vrais connaisseurs. Nous avions conscience que ce concert \u00e9tait la chance de notre vie pour marquer les esprits. Et tout s&rsquo;est formidablement bien pass\u00e9, \u00e0 partir de l&rsquo;annonce \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb de Tom Gagliardi, de l&rsquo;\u00e9mission Gagliarchives, avant notre mont\u00e9e en sc\u00e8ne, jusqu&rsquo;au rappel r\u00e9clam\u00e9 par mille spectateurs debout pour manifester leur enthousiasme. Les Am\u00e9ricains ont le m\u00e9rite, quand ils vous aiment, de vous le faire savoir ! Quelques minutes plus tard, nous avons v\u00e9cu un grand moment d&rsquo;\u00e9motion en d\u00e9couvrant la file d&rsquo;attente pour la s\u00e9ance de d\u00e9dicaces, qui a dur\u00e9 plus d&rsquo;une heure. Je crois que nous avons vendu 150 CD d&rsquo;un seul coup ce jour-l\u00e0 ! \u00c0 notre retour \u00e0 Paris, nous avons ressenti un grand vide. Heureusement, notre concert au Sunset le 15 f\u00e9vrier nous a rassur\u00e9s par son succ\u00e8s en prouvant qu&rsquo;il existe bel et bien un public pour cette musique, et pour la n\u00f4tre en particulier! <br \/><br \/> <strong>Comment as-tu compos\u00e9 le mat\u00e9riel d<em>&lsquo;Acte V<\/em> ?<\/strong><br \/> L&rsquo;inspiration de ma musique provient essentiellement de la p\u00e9riode o\u00f9 je n\u2019en faisais plus, c&rsquo;est-\u00e0-dire des ann\u00e9es quatre-vingts. Les titres des morceaux renvoient souvent \u00e0 mon v\u00e9cu de l&rsquo;\u00e9poque et aux symboles qui s&rsquo;y rattachent. Au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, j&rsquo;ai beaucoup fr\u00e9quent\u00e9 l&rsquo;Institut M\u00e9tapsychique International o\u00f9 j&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 des dizaines de conf\u00e9rences sur les sujets les plus divers. Je me passionne aussi pour l&rsquo;ufologie, ayant du mal \u00e0 imaginer que nous soyons seuls dans l&rsquo;univers ! Au milieu des ann\u00e9es quatre-vingts, j&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs collabor\u00e9 avec les fr\u00e8res Bogdanov en signant des musiques pour leur \u00e9mission <em>Temps X<\/em>. Concernant <em> Acte V<\/em> , je rends hommage au surr\u00e9aliste Raymond Roussel, qui \u00e9tait proche du fameux alchimiste Fulcanelli qui, disait-on, avait d\u00e9couvert le secret de l&rsquo;immortalit\u00e9.<br \/><br \/> <strong>Aymeric Leroy collabore avec vous depuis plusieurs ann\u00e9es maintenant. Quel est son r\u00f4le dans le Forgas Band Phenomena actuel ?<\/strong><br \/> Nous nous connaissons depuis 1994, lorsqu&rsquo;il avait sign\u00e9 un article sur moi dans sa revue <em>Big Bang<\/em>. Il a ensuite \u00e9t\u00e9 partie prenante de l&rsquo;aventure Cosmos Music avant de me mettre en contact avec Cuneiform avec lequel il collabore r\u00e9guli\u00e8rement en signant des livrets, notamment de CD de Soft Machine. Il g\u00e8re aussi notre pr\u00e9sence sur internet et participe activement \u00e0 la production artistique des disques. C&rsquo;est aussi lui qui a supervis\u00e9 la production (montage et mixage) du DVD. Nous sommes tr\u00e8s diff\u00e9rents, mais nous nous compl\u00e9tons tr\u00e8s bien. Nous aimons tous les deux les m\u00eames musiques, en particulier l&rsquo;\u00e9cole de Canterbury qui reste unique en son genre avec des groupes essentiels comme Soft Machine, Caravan, Gong ou Hatfield and the North. Autodidacte intuitif et instinctif, je me reconnais parfaitement dans cet \u00e9tat d&rsquo;esprit. Cette affinit\u00e9 musicale est la base de notre complicit\u00e9 qui a beaucoup apport\u00e9 \u00e0 la longue aventure du Forgas Band Phenomena. Nous avons des personnalit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes, mais tr\u00e8s compl\u00e9mentaires aussi. Par ailleurs, Aymeric est un journaliste chevronn\u00e9 \u00e0 la culture musicale impressionnante et compte parmi les grands sp\u00e9cialistes du rock progressif, comme le prouvent ses ouvrages sur le sujet.<br \/><br \/> <strong>Quels sont vos futurs projets ?<\/strong><br \/> Pour l&rsquo;instant, nous esp\u00e9rons recommencer \u00e0 jouer r\u00e9guli\u00e8rement sur sc\u00e8ne. Notre concert de rentr\u00e9e \u00e0 Paris nous a donn\u00e9 un gros coup de fouet et nous sommes impatients de remettre \u00e7a ! J&rsquo;esp\u00e8re \u00e9videmment que le nouvel album et le DVD du NEARfest feront leur effet sur les programmateurs de salles et de festivals, car m\u00eame si nous peaufinons au maximum nos enregistrements en studio, cette musique est vraiment faite pour \u00eatre jou\u00e9e en <em>live<\/em>. Je crois que la r\u00e9action du public, toujours tr\u00e8s enthousiaste, nous donne raison sur ce point.<br \/><br \/> <strong>Quels sont les groupes actuels que tu \u00e9coutes ? Y-a-t-il d&rsquo;autres formations dont tu te sens proche aujourd&rsquo;hui?<\/strong><br \/> Malheureusement, je n&rsquo;\u00e9coute pas grand-chose d&rsquo;actuel, principalement en raison du fait que je passe beaucoup de temps \u00e0 composer ma musique ! Quand j&rsquo;en \u00e9coute, ce sont souvent des vieux groupes, avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour les DVD <em>live<\/em> qui permettent de les revoir en action \u00e0 la grande \u00e9poque. J&rsquo;ai revu r\u00e9cemment le num\u00e9ro de <em>Chorus<\/em>, l&rsquo;\u00e9mission d&rsquo;Antoine de Caunes, consacr\u00e9 \u00e0 Captain Beefheart. J&rsquo;avais eu le privil\u00e8ge de passer quelques minutes avec lui dans sa caravane &#8211; un grand moment !<br \/><br \/> <strong>Merci Patrick pour tes r\u00e9ponses !<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Patrick Forgas persiste, signe et rencontre enfin le succ\u00e8s qu&rsquo;il m\u00e9rite dans sa grande oeuvre&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":21740,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21739"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21739"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21739\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21740"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21739"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21739"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21739"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}