{"id":21360,"date":"2010-03-25T00:00:00","date_gmt":"2010-03-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879254.jpg"},"modified":"2010-03-25T00:00:00","modified_gmt":"2010-03-24T22:00:00","slug":"21360","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/03\/25\/21360\/","title":{"rendered":"Phlox &#8211; Estoniens en fleur"},"content":{"rendered":"<span style=\"font-weight: bold;\">Aussi confidentiel soit-il, le genre progressif, aid\u00e9 par sa d\u00e9finition floue, trouve son expression dans les contr\u00e9es les plus inattendues. A l&rsquo;instar du vent qui balaie la r\u00e9publique balte, les Estoniens de Phlox, lib\u00e9r\u00e9s de toute contrainte stylistique, apportent de la fra\u00eecheur dans le paysage musical avec une fusion inclassable, fr\u00e9n\u00e9tique, empreinte de jazz et de bruitisme.<\/span><br style=\"font-weight: bold;\"><br style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-weight: bold;\">Progressia : Quelle est la signification du nom du groupe ? A-t-il un rapport avec la fleur du m\u00eame nom et comment avez-vous d\u00e9but\u00e9 ?<\/span><br style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-weight: bold;\">Pearu Helernum : <\/span>Le groupe s&rsquo;est form\u00e9 pendant l&rsquo;hiver de 1999 \u00e0 2000. Notre bassiste de l&rsquo;\u00e9poque faisait des \u00e9tudes de botanique. Les fleurs faisaient donc un peu partie de sa vie, mais \u00e7a n&rsquo;a pas plus de sens que cela.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">La musique de Phlox d\u00e9voile une multitude d&rsquo;influences : jazz fusion, rock progressif, musique bruitiste&#8230; Comment vous d\u00e9finiriez-vous ? &#171;&nbsp;Hard jazz fusion&nbsp;&#187; ? &#171;&nbsp;avant-prog&nbsp;&#187; ? Quels artistes vous ont le plus influenc\u00e9s ?<\/span><br>Powerjazz hyperbor\u00e9al feunugrec ? <span style=\"font-style: italic;\">(rires)<\/span> A vrai dire, la cl\u00e9, c&rsquo;est de ne pas se d\u00e9finir du tout. On peut jouer tout ce qui nous vient \u00e0 l&rsquo;esprit. Ainsi il est possible d&rsquo;entendre un <span style=\"font-style: italic;\">beat disco<\/span> suivi d&rsquo;un passage lyrique, avec entre temps du free jazz et quelque chose qui ressemble \u00e0 du Napalm Death en quelques minutes. D&rsquo;autre part, un groupe constitu\u00e9 de six membres a un mode de composition assez immuable, dans le sens o\u00f9 si tu inclus des parties diff\u00e9rentes, cela finit toujours par donner le m\u00eame genre de patchwork. A propos des influences, sans parler des plus \u00e9videntes, j&rsquo;imagine que c&rsquo;est la m\u00eame chose \u2013 nous avons tous des go\u00fbts diff\u00e9rents qui passent de la musique m\u00e9di\u00e9vale \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectronique, etc. Il faut arriver n\u00e9amoins \u00e0 les d\u00e9celer dans cette mixture bruitiste. En r\u00e9alit\u00e9, nous avons vu beaucoup d&rsquo;artistes fran\u00e7ais de jazz contemporain sur des sc\u00e8nes estoniennes qui nous ont pouss\u00e9s vers des directions que nous n&rsquo;aurions pas emprunt\u00e9es autrement. Depuis la moiti\u00e9 des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, Marc Ducret fait son oiseau en migration et vient quasiment tous les ans chez nous. J&rsquo;ai \u00e9galement vu M\u00e9d\u00e9ric Collignon, Louis Sclavis, Andy Emler, Vincent Courtois, Fran\u00e7ois Corneloup et j&rsquo;en passe !<br><br><span style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-style: italic;\">Rebimine + Voltimine<\/span> est votre troisi\u00e8me album, dynamique, complexe et parfois m\u00eame atmosph\u00e9rique. Vous utilisez beaucoup de distortions sur vos guitares et vos claviers. Est-ce comme un fil conducteur ? Comment composez-vous, est-ce un travail collectif ?<\/span><br>On a une certaine tendance \u00e0 aimer faire du bruit, d&rsquo;o\u00f9 la distorsion <span style=\"font-style: italic;\">(rires)<\/span>. Tous les morceaux sont des compositions faites maison de Madis, Kristo ou moi-m\u00eame. Nous ne sommes donc pas un groupe de jam. D\u00e8s lors, je ne pense pas qu&rsquo;elles soient trop complexes \u2013 pas encore, du moins \u2013 compar\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres groupes du genre. M\u00eame si nous avons fait \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;improvisations \u00e0 nos d\u00e9buts, nous avons essay\u00e9 de rendre ce mat\u00e9riau plus int\u00e9ressant \u00e0 jouer et cela a donn\u00e9 le Phlox d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Le prochain album va bient\u00f4t sortir sur MKDK Records, un petit label estonien mais apparemment audacieux. Est-ce difficile d&rsquo;enregistrer et de publier de la musique en Estonie ?<\/span><br>En publier est assez facile car les usines o\u00f9 les disques sont press\u00e9s ne sont pas ch\u00e8res, et il existe en outre beaucoup de studios, des professionnels comme des plus modestes. Par ailleurs, l&rsquo;informatique a rendu les studios surperflus pour ceux qui pr\u00e9f\u00e8rent enregistrer chez eux. Il y a une sc\u00e8ne vraiment cons\u00e9quente compos\u00e9e d&rsquo;artistes qui peuvent \u00e9galement jouer en concert. Parmi les mieux \u00e9tablis de notre g\u00e9n\u00e9ration, on trouve Pastacas, K\u00f6\u00f6k et Orelipoiss, mais \u00e9galement Malcolm Lincoln, Queennaive, Multiphonic Rodent, Antonina et un nombre incalculable de nouveaux venus. Nous sommes juste chanceux d&rsquo;avoir pu utiliser le studio analogue, ou plut\u00f4t la salle de r\u00e9p\u00e9tition de Beggar&rsquo;s Farm (sign\u00e9 \u00e9galement chez MKDK), o\u00f9 en plus d&rsquo;amplis, micros et tables de mixage assez anciens, se trouve du mat\u00e9riel confectionn\u00e9 \u00e0 la main par Heikki Tikas. Sur nos quatre albums, trois ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s l\u00e0-bas, et le dernier y a \u00e9t\u00e9 mix\u00e9. Je crains qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9 impossible de produire quoi que ce soit sans cet environnement, ni sans les deux paires d&rsquo;oreilles d&rsquo;Heikki Tikas et Kaur Faltis, les ing\u00e9nieurs du son.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">A l&rsquo;exception d&rsquo;In Spe ou Ruja, deux vieilles formations estoniennes qui jouaient un rock progressif plus ou moins &#171;&nbsp;classique&nbsp;&#187;, nos lecteurs ne connaissent probablement que peu d&rsquo;artistes issus de votre pays. Y a-t-il de la place pour de la musique sophistiqu\u00e9e en Estonie ?<\/span><br>Absolument, sans aucun doute. Le terme &#171;&nbsp;sophistiqu\u00e9&nbsp;&#187; n&rsquo;est bien s\u00fbr en aucun cas limit\u00e9 \u00e0 la musique progressive. Le prog et la fusion y ont leur place \u00e9videmment. Il y a eu une &#171;&nbsp;d\u00e9pression&nbsp;&#187; dans les ann\u00e9es quatre-vingt-dix avec seulement une poign\u00e9e de formations telles que Megan, BF et Luarvik Luarvik. Aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, les jeunes g\u00e9n\u00e9rations ont red\u00e9couvert ce patrimoine et beaucoup de nouveaux artistes et de formations ont \u00e9merg\u00e9 derni\u00e8rement, notamment TNVVN\u00dcM, P\u00f5hja Konn, les projets d&rsquo;Erki P\u00e4rnoja (Mai Nekk H\u00f6\u00f6ts \u2013 avec des musiciens su\u00e9dois \u2013 et Frank Frank) ainsi que Jakob Juhkam qui a commenc\u00e9 lorsqu&rsquo;il \u00e9tait adolescent en tant que <span style=\"font-style: italic;\">one-man band<\/span>, et qui a attir\u00e9 assez d&rsquo;attention pour finalement monter un groupe, sans oublier des musiciens comme Maria Faust et Kadri Voorand qui font du jazz encore plus lourd et violent qu&rsquo;un groupe de metal lambda.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Vous allez partir sur la route avec le groupe fran\u00e7ais Camembert, en passant par la France pour un concert au Triton aux Lilas, puis encha\u00eener par l&rsquo;Allemagne au Freakshow Artrock Festival. Est-ce la premi\u00e8re fois que vous visitez notre pays ? Comment avez-vous rencontr\u00e9 Camembert ?<\/span><br>C&rsquo;est la troisi\u00e8me fois pour nous en r\u00e9alit\u00e9. A propos de Camembert, c&rsquo;est leur guitariste Vincent Sexauer qui nous a d\u00e9couverts sur Internet et qui est venu \u00e0 notre concert \u00e0 Strasbourg il y a quelques ann\u00e9es. Nous appr\u00e9cions chacun la musique de l&rsquo;autre et avons commenc\u00e9 \u00e0 nous pencher sur des opportunit\u00e9s de jouer ensemble en Estonie, en France et n&rsquo;importe o\u00f9 d&rsquo;autre.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Est-ce facile pour un groupe peu commun comme vous de trouver des dates ?<\/span><br>Si on jouait plus que nous ne jouons d\u00e9j\u00e0, on ennuierait tout le monde. Comme on ne s&rsquo;est jamais limit\u00e9 \u00e0 nous d\u00e9finir comme un groupe prog, nous nous produisons sur sc\u00e8ne avec \u00e0 peu pr\u00e8s n&rsquo;importe qui, n&rsquo;importe o\u00f9 et pour notre plus grand plaisir. Toutes les sc\u00e8nes et tous les genres ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 m\u00e9lang\u00e9s en Estonie, et plus personne ne se soucie vraiment de la musique jou\u00e9e, mais plut\u00f4t de la mani\u00e8re dont tu la joues. Pour ce qui est des dates \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, touts nos concerts ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s par une personne qui souhaite nous y produire. Certains groupes estoniens font tout par eux-m\u00eames et partent en tourn\u00e9e pour une douzaine de concerts, comme Talbot, un duo de <span style=\"font-style: italic;\">doom<\/span> qui sera cette ann\u00e9e en France au mois d&rsquo;avril.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Outre le nouvel album, quels sont vos projets pour le futur ?<\/span><br>Le groupe va s\u00fbrement continuer, m\u00eame si certains d&rsquo;entre nous enregistrerons avec d&rsquo;autres personnes ou dans d&rsquo;autres projets en route. Ce printemps, nous aurons certainement du pain sur la planche avec le Bad Dream Big Band qui est en r\u00e9sum\u00e9 un orchestre \u00e9lectrique bruyant d&rsquo;une douzaine de musiciens. Du free jazz mix\u00e9 avec nos anciennes et nos nouvelles compositions en somme.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Un dernier mot pour les lecteurs de Progressia ?<\/span><br>La plupart des animaux sont capables de produire des sons qui surpassent carr\u00e9ment n&rsquo;importe quel gadget digital utilis\u00e9 en studio. Merci pour cette interview ! <br>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879278.jpg\" alt=\"\" data-id=\"21362\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879278.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=21362\" class=\"wp-image-21362\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879242.jpg\" alt=\"\" data-id=\"21363\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879242.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=21363\" class=\"wp-image-21363\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879264.jpg\" alt=\"\" data-id=\"21364\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879264.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=21364\" class=\"wp-image-21364\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879254.jpg\" alt=\"\" data-id=\"21365\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10715\/1271879254.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=21365\" class=\"wp-image-21365\"\/><\/figure><\/li><\/figure><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aussi confidentiel soit-il, le genre progressif, aid\u00e9 par sa d\u00e9finition floue, trouve son expression dans&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":21361,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21360"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21360"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21360\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21361"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21360"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21360"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21360"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}