{"id":2121,"date":"2008-05-13T00:00:00","date_gmt":"2008-05-12T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/2121"},"modified":"2008-05-13T00:00:00","modified_gmt":"2008-05-12T22:00:00","slug":"2121","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/05\/13\/2121\/","title":{"rendered":"Atrox &#8211; Binocular"},"content":{"rendered":"<p>Huit ans, c\u2019est le nombre d\u2019ann\u00e9es qu\u2019il aura fallu au groupe norv\u00e9gien mythique Atrox pour sortir son premier album, <i>Mesmerised<\/i> (1996). Ce qui a fait la toute relative gloire de ce groupe est sans conteste la voix exceptionnelle de Monika Edvardsen, une chanteuse au talent inimitable. Lorsqu\u2019en mars 2004, elle quitte le groupe apr\u00e8s l\u2019enregistrement du quatri\u00e8me album <i>Orgasm<\/i>, les musiciens commencent \u00e0 d\u00e9bander ou <i>disband<\/i> en anglais, au choix. Pas \u00e9vident de perdre un \u00e9l\u00e9ment majeur de sa musique. Il aura donc fallu du temps \u00e0 Atrox pour revenir avec un nouveau son et de nouvelles pr\u00e9tentions, mais c\u2019est aujourd\u2019hui chose faite avec <i>Binocular<\/i>. A quoi peut-on donc bien s\u2019attendre ?<\/p>\n<p>  Atrox a toujours \u00e9t\u00e9 un groupe avant-gardiste, avec ce qui pouvait se rapprocher d\u2019un metal progressif \u00ab\u00a0agressif\u00a0\u00bb et technique comme avec <i>Terrestrials<\/i> sorti 2002 dans l\u2019esprit Atheist. Mais ce qui a toujours d\u00e9marqu\u00e9 ce groupe des autres en plus de sa terrible originalit\u00e9, c\u2019est la voix hallucinante de Monika, entre sorci\u00e8re d\u00e9moniaque et imp\u00e9ratrice d\u00e9cadente. Aujourd\u2019hui, il faut bien admettre qu\u2019elle manque et que Rune Folger\u00f8 malgr\u00e9 tous ses efforts \u2013 une voix efficace, puissante et un timbre convaincant \u2013 ne pourra jamais la remplacer (ce qui n\u2019est pas le but non plus). Musicalement, Atrox a su au fil des ann\u00e9es se cr\u00e9er une r\u00e9elle identit\u00e9 et l\u2019apport r\u00e9cent de nombreux sons \u00e9lectroniques et synth\u00e9tiques renforce cette personnalit\u00e9. On pouvait d\u2019ailleurs entendre cette facette <i>dark<\/i> electro en 2001 sur l\u2019album de Tactile Gemma, un projet parall\u00e8le de Monika et sa s\u0153ur au chant accompagn\u00e9es de Rune S\u00f8rg\u00e5rd aux programmations, traitements, guitares, basse, synth\u00e9tiseurs, samples et unique compositeur. Le m\u00e9lange entre les deux groupes a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9 sur <i>Binocular<\/i> comme une double perception et la patte Atrox est perceptible imm\u00e9diatement m\u00eame avec ces l\u00e9gers changements. Le c\u00f4t\u00e9 technique a insidieusement disparu, les grosses guitares sont pr\u00e9sentes mais mises en retrait pour laisser place \u00e0 une ambiance faite d\u2019innombrables petits d\u00e9tails sonores. Les morceaux paraissent plus simples qu\u2019avant en surface, malgr\u00e9 un niveau instrumental \u00e9lev\u00e9 et \u00e9vident \u00e0 constater. Cependant, ce sont les arrangements qui font la diff\u00e9rence, avec cette multiplicit\u00e9 des genres masqu\u00e9e, m\u00e9tamorphosant la chrysalide en joli papillon. <\/p>\n<p>  Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre fait aux diff\u00e9rentes \u00e9volutions du groupe, comme le c\u00f4t\u00e9 metal moins appuy\u00e9 et affirm\u00e9, les textures synth\u00e9tiques et la nouvelle voix, on retrouve ais\u00e9ment le style Atrox comme sur le titre \u00ab\u00a0Traces\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Castle for Clowns\u00a0\u00bb. On pense \u00e0 Psychotic Waltz par moments pour la voix et pour l\u2019esprit metal <i>circus<\/i> cher aussi \u00e0 Stolen Babies. Le mid tempo pr\u00e9domine afin de cr\u00e9er une atmosph\u00e8re lourde, pesante, \u00e9trange voire angoissante. Le sublime \u00ab\u00a0Tight Tie\u00a0\u00bb aurait pu figurer sur <i>Untitled<\/i>, le dernier album de Korn. Chaque titre arrive par un moyen ou un autre \u00e0 captiver l\u2019auditeur sans jamais ennuyer ou d\u00e9cevoir. Il est int\u00e9ressant de constater que l\u2019appr\u00e9ciation n\u2019est pas imm\u00e9diate et qu\u2019il faut du temps pour rentrer dans l\u2019univers d\u2019Atrox m\u00eame pour celui qui y est habitu\u00e9. Les textes abordent la m\u00e9galomanie, les constructions d\u00e9cadentes \u00e0 travers la vision d\u2019un esprit tortur\u00e9 a priori, sans s\u2019apparenter \u00e0 un album concept. Et le dernier titre \u00ab\u00a0Transportal\u00a0\u00bb constitue un essentiel pour les amateurs du Atrox de l\u2019\u00e9poque <i>Contentum<\/i> (2000). La production, quant \u00e0 elle, se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un des nouveaux points forts de la formation. L\u2019exercice a toujours \u00e9t\u00e9 en permanente \u00e9volution, les albums devenant au fur et \u00e0 mesure et \u00e0 chaque fois un peu plus l\u00e9ch\u00e9s. <i>Binocular<\/i> poss\u00e8de un son personnel et riche \u00e0 la hauteur des grands groupes avec le petit plus que les \u00e9l\u00e9ments synth\u00e9tiques s\u2019int\u00e8grent \u00e0 merveille \u00e0 l\u2019ensemble de cette musique \u00e0 dominante metal. <\/p>\n<p>  Au final, il s\u2019agit ici d\u2019un tr\u00e8s bon disque, dont l\u2019originalit\u00e9 et son lot d\u2019exp\u00e9rimentations et d\u2019avant-gardisme m\u00e9rite l\u2019attention de l\u2019auditeur avide de recherche sonore. Cependant, <i>Binocular<\/i> ne provoque pas forc\u00e9ment d\u2019\u00e9motions hyst\u00e9riques et inconditionnelles car la musique d\u2019Atrox est tellement bien pens\u00e9e et introspective qu\u2019elle s\u2019en retrouve peut-\u00eatre un brin trop intellectualis\u00e9e. Il faut consid\u00e9rer ce nouvel album comme un prolongement logique \u00e0 la discographie des Norv\u00e9giens et une remise en question identitaire du compositeur principal Rune S\u00f8rg\u00e5rd, qui relance la carri\u00e8re d\u2019un groupe qu\u2019on pensait \u00e9teint \u00e0 jamais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Huit ans, c\u2019est le nombre d\u2019ann\u00e9es qu\u2019il aura fallu au groupe norv\u00e9gien mythique Atrox pour&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":2122,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2121"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2121"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2121\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2122"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2121"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2121"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2121"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}