{"id":21120,"date":"2005-07-16T00:00:00","date_gmt":"2005-07-15T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/f371fbf3d5eaa098088bfb20864d8e62_XL.jpg"},"modified":"2005-07-16T00:00:00","modified_gmt":"2005-07-15T22:00:00","slug":"21120","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/07\/16\/21120\/","title":{"rendered":"Elend &#8211; Elend"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">   <tr>      <td  class=\"tablecentre\">        <h1>ENTRETIEN : ELEND<\/h1>       <table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">         <tr>            <td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/int_elend_main.jpg\" width=\"220\" height=\"150\" border=\"1\"><\/td>           <td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>           <td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">              \n<p><span class=\"dateconcert\"><b>Origine : <\/b> France \/ Autriche<br \/> <b>Style : <\/b>Musique Symphonique Moderne <br \/> <b>Form\u00e9 en : <\/b> 1994<br \/> <b>Personnel : <\/b> <br \/>  Renaud Tschirner: instruments divers et voix<br \/> Iskandar Hasnawi : instruments divers et voix<br \/> S\u00e9bastien Roland : instruments divers et voix<br \/>  <b>Discographie :<\/b><br \/> Le\u00e7ons de t\u00e9n\u00e8bres (1994) <br \/> Les t\u00e9n\u00e8bres du dehors (1996) <br \/> Weeping Nights (1997) <br \/> The Umbersun (1998) <br \/> Winds Devouring Men (2003) <br \/> Sunwar the Dead (2004)    \t<\/span>            <\/td>         <\/tr>       <\/table>       <br \/>        <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong>L&rsquo;originalit\u00e9 d&rsquo;Elend va loin : elle permet m\u00eame de disposer d&rsquo;interviews men\u00e9es sur 18 mois ! Un an et demi apr\u00e8s la sortie de <i>Winds Devouring Men<\/i>, nous sommes heureux de vous proposer cet entretien \u00e0 peine achev\u00e9.<\/strong><\/p>        <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"> <b>Pouvez-vous nous expliquer la raison du long silence du groupe depuis la sortie de <i>The Umbersun<\/i> en 1998 ? Etait-il d\u00fb \u00e0 des probl\u00e8mes de label, aux projets parall\u00e8les que vous meniez \u2026 ? <br \/>   Elend (Renaud et Iskandar) <\/b>:  Les deux sans doute. Nous avions d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;arr\u00eater de rendre public et de commercialiser notre travail. Nous \u00e9tions tellement \u00e9c\u0153ur\u00e9s par le g\u00e2chis de temps et d&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;avait entra\u00een\u00e9 la promotion de <i>The Umbersun<\/i> &#8211; et tout cela pour qu&rsquo;au final, l&rsquo;album soit \u00e0 peine distribu\u00e9 &#8211; que nous avions d\u00e9cid\u00e9 de nous concentrer uniquement sur la musique et sur ce qui nous faisait plaisir. Ce qui nous a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 reprendre une activit\u00e9 publique, c&rsquo;est la rencontre avec David Kempf (violon) en 2001. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, nous travaillions sur les premiers enregistrements d&rsquo;un autre projet, Ensemble Orphique. Sa pr\u00e9sence ainsi que celle de nouveaux musiciens a apport\u00e9 un souffle nouveau et nous a redonn\u00e9 envie de partager notre travail avec un public plus large que notre cercle d&rsquo;amis. <br \/><br \/>     <b>Avec le recul, quel regard portez-vous sur la trilogie que vous avez r\u00e9alis\u00e9e et qui, musicalement, est tr\u00e8s diverse ? Et sur le disque <i> Weeping Night <\/i>, qui reprenait certains morceaux des <i>T\u00e9n\u00e8bres du Dehors<\/i> sans les voix hurl\u00e9es qui le caract\u00e9risait ? <br \/>   Renaud Tschirner :<\/b> Iskandar Hasnawi et moi sommes du m\u00eame avis : <i>l&rsquo;Office des T\u00e9n\u00e8bres<\/i> vaut plus par son mouvement d&rsquo;ensemble que par chacun de ses instants. Nous avons \u00e9chou\u00e9 \u00e0 faire ce que nous voulions faire dans certains morceaux, mais nous avons r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9laborer un ensemble coh\u00e9rent malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9volution de la composition audible d&rsquo;un album \u00e0 l&rsquo;autre, et assez syst\u00e9matique, et \u00e0 lui donner l&rsquo;aspect d&rsquo;une course \u00e0 l&rsquo;ab\u00eeme ; c&rsquo;\u00e9tait le but. Le seul v\u00e9ritable regret est de ne pas avoir pu enregistrer les premiers albums avec un budget comparable \u00e0 celui de <i>The Umbersun<\/i>.<br \/><br \/>En ce qui concerne <i>Weeping Night<\/i>s, malgr\u00e9 son apparence d&rsquo;accident de parcours, je pense qu&rsquo;il a constitu\u00e9 une sorte d&rsquo;accalmie avant la tornade de <i>The Umbersun<\/i>. Finalement c&rsquo;\u00e9tait une bonne chose : le choc n&rsquo;en a \u00e9t\u00e9 que plus brutal. Il faut \u00e9galement savoir qu&rsquo;Holy Records insistait sur la r\u00e9\u00e9dition sans hurlements des <i>T\u00e9n\u00e8bres du Dehors<\/i> ; nous ne pouvions pas intervenir dans cette d\u00e9cision purement commerciale, mais nous avons r\u00e9ussi \u00e0 les convaincre d&rsquo;y ajouter trois morceaux in\u00e9dits, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment plus proches de l&rsquo;ambiance des morceaux sans hurlements. <br \/><br \/>     <b>Comment avez-vous abord\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;un nouvel album, apr\u00e8s vous \u00eatre tant impliqu\u00e9s dans votre trilogie ?<\/b> <br \/>   Nous n&rsquo;avons jamais cess\u00e9 de composer, les choses se sont donc faites assez naturellement une fois prise la d\u00e9cision de reprendre une activit\u00e9 publique. <br \/><br \/>     <b><i>Winds Devouring Men<\/i> est une nouvelle \u00e9tape de l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;Elend. Il semble que la musique est devenue plus accessible, avec une attention port\u00e9e sur les m\u00e9lodies\u2026<\/b><br \/>   <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/int_elend_1.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" border=\"1\" align=\"right\">Pour ce qui est de l&rsquo;aspect plus d\u00e9pouill\u00e9 de la musique, il est voulu et assum\u00e9&#8230; Cela n&rsquo;aurait aucun sens de r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l&rsquo;infini le type de musique que nous composions au milieu des ann\u00e9es quatre-vingt-dix : nous avons enregistr\u00e9 ces albums, cette musique existe d\u00e9sormais &#8211; et c&rsquo;est une chose que nous n&rsquo;avions pas oubli\u00e9 de pr\u00e9ciser dans les <i>interviews<\/i> r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, lorsqu&rsquo;on nous demandait \u00e0 quoi ressembleraient les compositions d&rsquo;Elend une fois la derni\u00e8re messe de l&rsquo;<i>Office des T\u00e9n\u00e8bres<\/i> achev\u00e9e. Nous avons toujours su que nous devions chercher de nouvelles formes d&rsquo;expression. Le fait que certains morceaux du nouvel album soient plus d\u00e9pouill\u00e9s au niveau de l&rsquo;instrumentation ne fait que renforcer la tension entre les passages calmes et les explosions de violence ou entre ces morceaux et les morceaux plus denses. C&rsquo;est cette nouvelle \u00e9conomie de moyens qui peut donner l&rsquo;impression de morceaux plus m\u00e9lodiques ; mais les m\u00e9lodies \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;Office, simplement elles \u00e9taient beaucoup plus nombreuses et n&rsquo;\u00e9taient souvent pas r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. <br \/><br \/>     <b>L&rsquo;album propose \u00e9galement une musique beaucoup plus apais\u00e9e, en comparaison \u00e0 <i>The Umbersun <\/i>, tr\u00e8s tortur\u00e9\u2026<\/b><br \/>   Oui, mais il ne faut pas trop s&rsquo;y fier\u2026 <i>WDM<\/i> est finalement assez proche de <i>Weeping Nights<\/i> en termes d&rsquo;ambiance. N&rsquo;oublie pas que nous avons compos\u00e9 <i>The Umbersun<\/i> apr\u00e8s. Qui sait ce que l&rsquo;avenir vous r\u00e9serve ? <br \/><br \/>     <b>Vous d\u00e9finissez votre approche par le terme de \u00a0\u00bb musique populaire \u00ab\u00a0, s&rsquo;opposant \u00e0 celui de \u00a0\u00bb musique savante \u00ab\u00a0. Pouvez-vous pr\u00e9ciser cette d\u00e9marche ?<\/b><br \/>   C&rsquo;est bien simple, nous sommes des autodidactes. Nous avons eu une formation classique de base, mais nous n&rsquo;avons jamais suivi de cours de composition. C&rsquo;est un premier aspect, purement institutionnel.<br \/><br \/> Le deuxi\u00e8me aspect concerne notre pratique m\u00eame. Nous avons une approche assez intuitive de la composition : nous apprenons beaucoup \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;autres compositeurs, \u00e0 la lecture de leurs partitions, mais nous n&rsquo;avons pas la puissance d&rsquo;abstraction que donne une formation de compositeur et qui nous permettrait de composer sans avoir \u00e0 nous confronter \u00e0 la mati\u00e8re sonore et au contact avec l&rsquo;instrument ; nous ne pouvons pas passer de l&rsquo;id\u00e9e synth\u00e9tique d&rsquo;un morceau \u00e0 son \u00e9criture directe sur une feuille (avec tous les jeux d&rsquo;\u00e9critures harmoniques, rythmiques et m\u00e9lodiques que ce mode de composition permet). Nous avons besoin de l&rsquo;interm\u00e9diaire qu&rsquo;est le jeu, le travail manuel, l&rsquo;improvisation au clavier ou au violon. Cela peut para\u00eetre secondaire et ext\u00e9rieur au processus, mais c&rsquo;est au contraire primordial. La musique est le plus abstrait des arts et le seul qui puisse exister en dehors de son support physique naturel, le son. Avoir acc\u00e8s \u00e0 la dimension purement abstraite de la musique, c&rsquo;est une des dimensions de la musique savante.<br \/><br \/> Le troisi\u00e8me aspect a plus \u00e0 voir avec l&rsquo;histoire de la musique et la s\u00e9gr\u00e9gation du go\u00fbt qui caract\u00e9rise plus particuli\u00e8rement la musique occidentale. Car la musique est \u00e9galement un savoir : le savoir d&rsquo;un ensemble de formes \u00e0 la fois naturellement, historiquement et socialement d\u00e9termin\u00e9es. Il faut conna\u00eetre, ma\u00eetriser et savoir combiner ces formes, tout en ayant une compr\u00e9hension  profonde de leur historicit\u00e9.<br \/><br \/> Nous importons des techniques de la musique savante (du XIXe pour L&rsquo;<i>Office<\/i>, de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle pour ce nouveau cycle) dans notre univers musical.<br \/> Au final, notre musique est essentiellement une musique populaire &#8211; dans sa structure th\u00e9matique bas\u00e9e sur la r\u00e9p\u00e9tition, dans sa structure harmonique lin\u00e9aire avec peu de variations, par son respect d&rsquo;une relative simplicit\u00e9 m\u00e9lodique &#8211; qui utilise des techniques savantes, que ce soit dans l&rsquo;usage de rythmes et de mesures complexes, dans la recherche harmonique, dans les techniques de jeu, dans l&rsquo;orchestration et le travail timbral, et qui joue avec la tradition musicale savante : par ex. la musique concr\u00e8te et le sonorisme pour <i>Winds Devouring Men<\/i>, la musique minimaliste d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est pour \u00a0\u00bb Charis \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb A Staggering Moon \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb Silent Slumber \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb Vision\u2026 \u00ab\u00a0. C&rsquo;est une musique hybride, m\u00e9t\u00e8que, marqu\u00e9e par un \u00e9clectisme formel qui fait \u00e0 la fois notre force et notre faiblesse. <br \/><br \/>     <b>La r\u00e9f\u00e9rence qui vient tout de suite \u00e0 l&rsquo;esprit est<i> Within the Realm of a Dying Sun <\/i> de Dead Can Dance, impression renforc\u00e9e par les voix masculines tr\u00e8s calmes et tr\u00e8s profondes qui apparaissent sur \u00a0\u00bb Charis \u00a0\u00bb ou certains passages de \u00a0\u00bb Under War-broken Trees \u00ab\u00a0. Cette comparaison vous g\u00eane-t-elle ? <br \/>   <\/b>Cela d\u00e9pend\u2026 Le timbre de la voix masculine se rapproche de celui de la voix de Brendan Perry, mais en dehors de cela, je ne vois vraiment pas les similitudes. C&rsquo;est un honneur de voir <i>Winds Devouring Men<\/i> compar\u00e9 \u00e0 cet album, mais je pense qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un malentendu : m\u00eame si notre musique est plus d\u00e9pouill\u00e9e qu&rsquo;avant, il y a toujours dans Elend une complexit\u00e9 m\u00e9lodique et harmonique et une richesse d&rsquo;arrangements qu&rsquo;on ne trouve nulle part dans DCD ; ensuite, nos orientations sonores sont radicalement diff\u00e9rentes : notre son est beaucoup plus acoustique, pr\u00e9cis et profond que le leur ; enfin et surtout, il y a dans tous nos morceaux une tension tragique qu&rsquo;on ne retrouve pas chez Dead Can Dance. Ce ne sont pas les quelques instruments \u00ab\u00a0exotiques\u00a0\u00bb, \u00e9trangers \u00e0 la tradition occidentale &#8211; tradition que nous tenions \u00e0 suivre pour l&rsquo;<i>Office<\/i>, que nous employons ici pour la premi\u00e8re fois qui suffiront \u00e0 \u00e9tablir une parent\u00e9 avec les tendances <i>world music<\/i> de Dead Can Dance. Nous avons toujours d\u00e9contextualis\u00e9 tous les \u00e9l\u00e9ments a priori incompatibles. C&rsquo;est l\u00e0 une diff\u00e9rence essentielle. <br \/><br \/>     <\/p>  <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/int_elend_2.jpg\" width=\"220\" height=\"91\" border=\"1\" align=\"right\"><b>Et cette voix, avez-vous d\u00fb particuli\u00e8rement vous travailler pour obtenir ce r\u00e9sultat ? <br \/>   <\/b>Non, le type de chant que nous avons choisi n&rsquo;est pas tr\u00e8s technique ou difficile &#8211; je veux dire\u2026 \u00e0 partir du moment o\u00f9 l&rsquo;on sait chanter, bien s\u00fbr ! Il ne demande pas vraiment de r\u00e9p\u00e9tition ou de travail vocal. Il est plus important de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la logique m\u00e9lodique de la ligne : o\u00f9 placer les respirations, les accents, le vibrato, les nuances. <br \/><br \/>     <b>En revanche, les voix f\u00e9minines sont plus discr\u00e8tes qu&rsquo;auparavant, et interviennent plus pour soutenir la musique\u2026<br \/>   <\/b>Il se trouve que pour cet album, c&rsquo;est le chant masculin qui s&rsquo;imposait naturellement. L&rsquo;album est intimiste et repr\u00e9sente un moment d&rsquo;introspection, il n&rsquo;y avait pas de place pour des ch\u0153urs \u00e9piques ou pour de v\u00e9ritables lignes f\u00e9minines solo. Les voix f\u00e9minines ne sont l\u00e0 qu&rsquo;en accompagnement, comme timbre suppl\u00e9mentaire ou comme textures. Elles sont alors retravaill\u00e9es, salies, filtr\u00e9es, parfois m\u00eame satur\u00e9es, et utilis\u00e9es comme des bruits ou des nappes d&rsquo;ambiance : c&rsquo;est le cas dans \u00a0\u00bb Away from Barren Stars \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb Winds Devouring Men \u00a0\u00bb et \u00a0\u00bb Vision Is All That Matters \u00ab\u00a0.<br \/>Nous refusons l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;utiliser les voix, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des voix f\u00e9minines ou des hurlements, comme une recette, comme une sorte de marque de fabrique, sous pr\u00e9texte qu&rsquo;il y en avait beaucoup dans l&rsquo;<i>Office<\/i>. Chaque projet a sa sp\u00e9cificit\u00e9. C&rsquo;est pour cela que nous fonctionnons plus sur le mode d&rsquo;un ensemble \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable que sur celui, plus traditionnel dans la musique populaire, de groupe constitu\u00e9 et stable. L&rsquo;<i>Office<\/i> est termin\u00e9 depuis plus de six ans maintenant : nous sommes embarqu\u00e9s dans une autre aventure. Beaucoup de choses sont diff\u00e9rentes, \u00e0 commencer par notre fa\u00e7on de composer qui n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec celle de l&rsquo;<i>Office<\/i>. <br \/><br \/>     <b>De m\u00eame, certains aspects industriels et urbains, pr\u00e9sents sur <i> The Umbersun <\/i> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s au milieu de votre nouveau disque. Comptez-vous allez plus loin, en m\u00ealant par exemple ces sons \u00e0 vos morceaux plus \u00a0\u00bb classiques \u00a0\u00bb ? <br \/>   <\/b>Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 le faire sur cet album et cela sera plus accentu\u00e9 sur certains des disques du nouveau cycle. <i>Winds Devouring Men <\/i> est encore un album classique, nous introduisons l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 au fur et \u00e0 mesure. Nous concevons notre \u00e9volution musicale sur un cycle de plusieurs albums et non sur un seul. Cela implique l&rsquo;id\u00e9e de progression dramatique, de contraste et de rupture. <br \/><br \/>     <b>Sur le plan des textes, on retrouve peu de r\u00e9f\u00e9rences au christianisme et \u00e0 Dieu, qui \u00e9taient au centre de votre trilogie. Les paroles sont-elles plus personnelles, ou plus philosophiques d\u00e9sormais? <br \/>   <\/b>L&rsquo;<i>Office<\/i> d\u00e9peignait un monde habit\u00e9 par un dieu r\u00e9actif, incarnation du ressentiment. Ce nouveau cycle d\u00e9peint un monde sans dieu, m\u00eame si des divinit\u00e9s coutumi\u00e8res y sont pr\u00e9sentes, o\u00f9 l&rsquo;homme est le jouet de forces qui le d\u00e9passent : le temps, les vents, la guerre. Un monde tragique. <br \/><br \/>     <b>Vous semblez appr\u00e9cier les m\u00e9taphores. Une phrase revient sans cesse sur <i>Winds Devouring Men <\/i> : \u00ab\u00a0<i>Vision is all that matters to a wayward traveller<\/i>\u00ab\u00a0. Quel en est le sens ? <br \/>   <\/b>Le th\u00e8me de la vision et du pouvoir des r\u00eaves comme force structurante semble devoir pr\u00e9dominer dans une \u0153uvre qui d\u00e9crit un monde sans centre. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;Iskandar appr\u00e9cie particuli\u00e8rement le cinqui\u00e8me \u00a0\u00bb Holy Sonnet \u00a0\u00bb de John Donne (<i>Holy Meditations<\/i>, V : <i>I am a little world made cunningly<\/i>) : il d\u00e9crit la r\u00e9organisation d&rsquo;une humanit\u00e9 europ\u00e9enne d\u00e9centr\u00e9e par les d\u00e9couvertes de nouveaux continents \u00a0\u00bb <i> You which beyond that heaven which was most high \/ Have found new spheres, and of new lands can write<\/i>\u00a0\u00bb (vv. 5-6). Ces quelques vers sont d&rsquo;ailleurs, avec d&rsquo;autres, une des origines de son po\u00e8me, qui est une m\u00e9ditation sur quelques vers de Saint John Perse, Donne, Pound\u2026<br \/><br \/>     <b>La production est \u00e9galement bien meilleure sur ce disque. Les passages symphoniques sont bien mieux mis en valeur : est-ce d\u00fb \u00e0 votre exp\u00e9rience, au temps pass\u00e9 au studio, \u00e0 la pr\u00e9-production ? <br \/>   <\/b>C&rsquo;est d\u00fb \u00e0 tout cela \u00e0 la fois&#8230; Mais l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus important, c&rsquo;est de pouvoir contr\u00f4ler chaque \u00e9tape de la production, de l&rsquo;enregistrement au <i>mastering<\/i>, en passant par le mixage, et de pouvoir le faire dans un calme relatif, sans contraintes financi\u00e8res. <br \/><br \/>     <b>Peut-on esp\u00e9rer entendre de nouveau parler d&rsquo;Elend dans un futur proche, et surtout, mais c&rsquo;est un peu LA question r\u00e9currente, allez-vous pouvoir vous produire sur sc\u00e8ne ? <i>(NdA : entre temps, le tourment\u00e9 <\/i>Sunwar The Dead<i> est sorti, voir notre chronique)<\/i><br \/>   <\/b><i>Winds Devouring Men<\/i> est la premi\u00e8re partie d&rsquo;un cycle de cinq albums. Nous avons pr\u00e9vu de sortir un album par an ; au-del\u00e0, l&rsquo;avenir du projet est incertain. En ce qui concerne les concerts, il faudra encore patienter. Il est tr\u00e8s difficile de reproduire notre musique sur sc\u00e8ne. Nous n&rsquo;avons rien contre l&rsquo;id\u00e9e de donner quelques concerts dans des salles disposant d&rsquo;une bonne acoustique, mais une tourn\u00e9e serait impossible. Le fait que nous vivions toujours \u00e0 cheval sur deux pays ne nous facilite pas la t\u00e2che. <br \/><br \/>     <b>Quels sont vos centres d&rsquo;int\u00e9r\u00eats actuels et vos nouveaux projets ? <br \/>   <\/b>Nous sommes en train d&rsquo;enregistrer le prochain album de ce nouveau cycle. Cela nous laisse malheureusement peu de temps pour mener \u00e0 bien nos autres projets communs. <br \/><br \/>        <\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Propos recueillis par Djul<\/b><\/p>      <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web : <\/strong><a href=\"http:\/\/www.elend-music.org\/\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><strong>http:\/\/www.elend-music.org\/<\/strong><\/font><\/a><\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"> <strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">          retour au sommaire<\/font><\/font><\/a><br \/>         <\/strong><\/p>       <\/td>   <\/tr> <\/table>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ENTRETIEN : ELEND &nbsp; Origine : France \/ Autriche Style : Musique Symphonique Moderne Form\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":21121,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21120"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21120"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21120\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21121"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21120"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21120"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21120"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}