{"id":21110,"date":"2004-09-03T00:00:00","date_gmt":"2004-09-02T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/9d3b8e36d7cf0d94a73cf50ec7e813d5_XL.jpg"},"modified":"2004-09-03T00:00:00","modified_gmt":"2004-09-02T22:00:00","slug":"21110","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/09\/03\/21110\/","title":{"rendered":"Ferdinand Richard &#8211; Ferdinand Richard"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">   <tr>      <td  class=\"tablecentre\">        <h1>ENTRETIEN : FERDINAND RICHARD<\/h1>       <table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">         <tr>            <td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/int_frichard_main.jpg\" width=\"220\" height=\"137\" border=\"1\"><\/td>           <td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>           <td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">              \n<p><span class=\"dateconcert\"><b>Nationalit\u00e9 :<\/b> France<br \/>               <b>M\u00e9tier :<\/b> Directeur de l&rsquo;AMI<br \/>               <b>Date de Cr\u00e9ation du MIMI :<\/b> 1985<\/span>            <\/td>         <\/tr>       <\/table>       <br \/>       <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong>Fondateur de l&rsquo;AMI (Aide aux          Musiques Innovatrices), qui organise chaque ann\u00e9e le Festival MIMI, Ferdinand          Richard est \u00e9galement le bassiste d&rsquo;Etron Fou Leloublan, et un personnage          actif au sein du r\u00e9seau des musiques nouvelles en France. Il dresse pour          nous un \u00e9tat des lieux de ce secteur culturel laiss\u00e9 en friche par l&rsquo;industrie          musicale, et discute des initiatives technologies, \u00e9conomiques mais aussi          politiques \u00e0 mettre en \u0153uvre pour son d\u00e9veloppement.<\/strong><\/p>       <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"> <b>Progressia : Quelles sont les          initiatives et les objectifs de l&rsquo;AMI ?<br \/>         Ferdinand Richard <\/b>: l&rsquo;AMI a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e pour organiser le Festival          MIMI. Ce festival a \u00e9t\u00e9, pendant un certain nombre d&rsquo;ann\u00e9es, la seule          et unique activit\u00e9 de l&rsquo;AMI, sa seule justification. Mais comme nous souhaitions          pr\u00e9senter des signatures originales, innovantes et qui m\u00e9langent ce qui          n&rsquo;est pas autoris\u00e9 dans le \u00a0\u00bb manuel \u00ab\u00a0, nous nous adressions \u00e0 des artistes          dont nous savions qu&rsquo;ils avaient des difficult\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s au march\u00e9, de          professionnalisation ou m\u00eame de survie \u00e9conomique, tout simplement parce          qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas en phase avec les principaux distributeurs de musique          en France. Et tr\u00e8s vite, l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;organiser un festival dans une r\u00e9gion          qui en compte beaucoup pour pr\u00e9senter ce genre de musiciens au public,          et les renvoyer dans leur cave d\u00e8s le lendemain, nous a parue un peu idiote          et certainement pas efficace si l&rsquo;on souhaitait les aider r\u00e9ellement.          Nous nous sommes donc pos\u00e9 la question trois cent soixante et un autres          jours de l&rsquo;ann\u00e9e. <br \/>         Et lorsque l&rsquo;on soul\u00e8ve cette question, on se rend tr\u00e8s vite compte qu&rsquo;il          n&rsquo;y a pas de structures pour soutenir ces courants musicaux et contrairement          \u00e0 ce que les maisons de disques et le Minist\u00e8re de la Culture peuvent          nous dire, rien de tout cela n&rsquo;est ni organis\u00e9 ni clair. Nous avons donc          cherch\u00e9 \u00e0 savoir o\u00f9 ces artistes r\u00e9p\u00e9taient, comment ils survivaient,          qui les accompagnait, les formait. Nous nous sommes aussi interrog\u00e9s sur          l&rsquo;espace occup\u00e9 par ces artistes : \u00e0 quel niveau de \u00a0\u00bb surface g\u00e9ographique          couverte \u00a0\u00bb ces artistes pouvaient-ils survivre ? International ou r\u00e9gional          ? Et quelles structures pour les accueillir \u00e0 ce niveau g\u00e9ographique ?          Toutes ces questions sont passionnantes, et apr\u00e8s dix-neuf ans, se limiter          \u00e0 un festival n&rsquo;aurait que peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Ce qui nous int\u00e9resse, c&rsquo;est          toute cette cha\u00eene, c&rsquo;est de partir du studio de r\u00e9p\u00e9tition, voir qui          gravite autour (manager, m\u00e9dias), pour aller vers la maquette, l&rsquo;acc\u00e8s          aux maisons de disques, jusqu&rsquo;au disque.<br \/>         Lorsqu&rsquo;en 1991, on m&rsquo;a propos\u00e9 d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;un des fondateurs de la Friche          de la Belle de Mai <i>(NDLR : la Belle de Mai est un quartier de Marseille,          et la Friche un centre culturel orient\u00e9 vers les avant-gardes de toutes          sortes)<\/i>, on a saut\u00e9 sur l&rsquo;occasion. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;opportunit\u00e9 de d\u00e9velopper          grandeur nature ces questions, puisque nous avions la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er          des studios de r\u00e9p\u00e9titions, aujourd&rsquo;hui au nombre de sept, de construire          des ateliers de pratique artistique, pour permettre la transmission du          savoir des artistes plus exp\u00e9riment\u00e9s aux plus jeunes, et de commencer          \u00e0 mettre certains artistes en r\u00e9sidence.<br \/>         Par exemple, aujourd&rsquo;hui, Otomo Yoshihide joue au Festival, mais il a          \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par notre association en 1996 avec Christian Marclay, pour          une r\u00e9sidence avec 6 jeunes DJ du hip-hop marseillais. Ils ont fait un          travail de confrontation, de r\u00e9p\u00e9titions et de studio, de compr\u00e9hension          du mat\u00e9riel discographique, et le tout a d\u00e9bouch\u00e9 sur un disque (NDLR          : <i>Memory and Money<\/i>), puis sur un concert au MIMI et enfin \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence          de jeunes artistes comme Erik M., qui est sorti du lot gr\u00e2ce \u00e0 cette r\u00e9sidence.          Il serait sans aucun doute sorti de l&rsquo;ombre autrement, mais cette rencontre          de quinze jours, tr\u00e8s personnelle et tr\u00e8s intime avec Otomo lui a chang\u00e9          la vie et l&rsquo;a fait avancer. Et si nous pr\u00e9sentons aujourd&rsquo;hui Otomo, ce          n&rsquo;est pas juste pour le montrer au passage et le renvoyer le lendemain.          On cr\u00e9e du lien toute l&rsquo;ann\u00e9e, sur plusieurs ann\u00e9es. Il n&rsquo;y a donc pas          deux projets distincts, le MIMI et l&rsquo;AMI, et c&rsquo;est pour cela que tout          cela s&rsquo;articule et que ce festival est un \u00a0\u00bb Festival &#8211; Ateliers \u00ab\u00a0, qui          s&rsquo;inscrit dans la continuit\u00e9.<br \/>         <br \/>         <b>\u00c0 propos de cette initiative d&rsquo;atelier, nous avons cru comprendre que          vous d\u00e9veloppiez l&rsquo;id\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelon international, pour croiser les cultures\u2026<\/b><br \/>         Bien s\u00fbr. En France, en Afrique ou en Russie, les probl\u00e8mes sont les m\u00eames          : \u00eatre en r\u00e9gion \u00e0 huit cent kilom\u00e8tres de Paris, c&rsquo;est faire face aux          m\u00eame probl\u00e8mes que les artistes des pays \u00e9trangers. Pourquoi les artistes,          d\u00e8s lors qu&rsquo;ils sont confirm\u00e9s, s&rsquo;en vont-ils ? \u00c0 Marseille, d\u00e8s que nous          avons un bon manager ou un bon musicien, il s&rsquo;en va. \u00c0 Kinshasa, un musicien          est consid\u00e9r\u00e9 comme professionnel lorsqu&rsquo;il quitte son pays. Tant qu&rsquo;il          y reste, il n&rsquo;est pas professionnel. Ici, il faut \u00eatre \u00e0 Paris, Bruxelles,          Londres ou Tokyo : ceux qui restent n&rsquo;ont pas \u00a0\u00bb r\u00e9ussi \u00ab\u00a0. Nous voulons          inverser ce ph\u00e9nom\u00e8ne, cette perception. Cette probl\u00e9matique de d\u00e9veloppement          se retrouve ici, dans une r\u00e9gion un peu excentr\u00e9e, au sein de l&rsquo;Europe,          pour laquelle le plan est d&rsquo;avoir huit \u00e0 dix grandes villes centres culturels.          Pour la r\u00e9gion Nord-M\u00e9dit\u00e9rann\u00e9e, la ville en question sera Barcelone,          pas Marseille. En dehors de ces villes, le reste est consid\u00e9r\u00e9 au pire          comme un d\u00e9sert, au mieux comme une r\u00e9serve de mat\u00e9riaux bruts, \u00e0 exploiter,          pour le d\u00e9velopper dans ces centres. Or, la coop\u00e9ration culturelle internationale          que nous cherchons \u00e0 d\u00e9velopper consiste \u00e0 fixer les gens sur place, les          laisser ind\u00e9pendants et inventifs, et qu&rsquo;ils soient reconnus sur toute          la plan\u00e8te, sans \u00eatre oblig\u00e9s de s&rsquo;exiler \u00e0 New York. S&rsquo;ils s&rsquo;en vont,          c&rsquo;est une perte. C&rsquo;est ce que nous faisons \u00e0 Marseille, ce travail d&rsquo;accompagnement,          c&rsquo;est ce que nous avons ensuite d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 l&rsquo;international<br \/>         Pour beaucoup, la coop\u00e9ration internationale consiste \u00e0 pr\u00e9senter l&rsquo;excellence          fran\u00e7aise \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, ou \u00e9ventuellement \u00e0 rep\u00e9rer un ou deux artistes          locaux pour les int\u00e9grer dans des festivals europ\u00e9ens. Mais envoyer des          \u00e9quipes fran\u00e7aises ou internationales travailler sur place \u00e0 la structuration          de micro-entreprises, \u00e0 la consolidation des groupes et des studios d&rsquo;enregistrement,          c&rsquo;est quelque chose qui ne se faisait pas trop. Et notre ambition est          de devenir les sp\u00e9cialistes de ce type d&rsquo;initiative. On refuse de plus          en plus de propositions, venant du P\u00e9rou, de Pologne ou d&rsquo;ailleurs, car          ce type de d\u00e9veloppement est \u00e9videmment durable, sur quatre ou cinq ans,          et demande un lourd suivi. Mais cette d\u00e9marche porte ses fruits : depuis          que nous sommes all\u00e9s \u00e0 Dakar et Abidjan par exemple, tout le monde s&rsquo;accorde          \u00e0 reconna\u00eetre \u00e0 Dakar le statut de plate-forme du hip-hop africain, avec          des artistes qui font des choses tr\u00e8s int\u00e9ressantes et inventives. Les          membres des groupes de cette sc\u00e8ne, managers compris, sont pass\u00e9s dans          nos ateliers, pendant notre programme sur trois ann\u00e9es. Je ne dis pas          que cette sc\u00e8ne n&rsquo;aurait pas \u00e9merg\u00e9 sans nous, mais nous y avons contribu\u00e9.          Et ensuite, nous emmenons ces artistes : lors des d\u00e9buts d&rsquo;intervention          \u00e0 Kinshasa, nous avons six s\u00e9n\u00e9galais, anciens stagiaires devenus formateurs,          qui nous ont accompagn\u00e9s. C&rsquo;est cette dynamique que nous voulons initier.          Le festival MIMI est la partie \u00e9merg\u00e9e de cet iceberg. <br \/>         <br \/>         <b><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/int_frichard_1.jpg\" width=\"180\" height=\"161\" align=\"right\" border=\"1\">Vous          parliez de l&rsquo;importance de garder les artistes chez eux. Comment se mat\u00e9rialisent          ces \u00e9changes locaux ? \u00a0\u00bb Simples \u00a0\u00bb \u00e9changes culturels ou \u00e9galement financement          de leurs projets ?<\/b><br \/>         \u00c7a, c&rsquo;est l&rsquo;avenir. Pour l&rsquo;instant, nous r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 des partenariats          financiers, ici et l\u00e0-bas, pour cr\u00e9er des fonds de garantie, des cr\u00e9dits          mutuels, pour aider les artistes \u00e0 entrer dans l&rsquo;\u00e9conomique. Acc\u00e9der \u00e0          l&rsquo;\u00e9conomie, c&rsquo;est s&rsquo;ouvrir \u00e0 la d\u00e9mocratie, c&rsquo;est d\u00e9velopper son entreprise.          On a tendance \u00e0 croire que c&rsquo;est le travail des majors, mais l&rsquo;objectif          de ces structures, c&rsquo;est justement d&#8217;emp\u00eacher les initiatives priv\u00e9es          pour conserver un monopole. C&rsquo;est cette initiative priv\u00e9e que nous voulons          d\u00e9velopper et l&rsquo;un des obstacles, c&rsquo;est la cr\u00e9dibilit\u00e9 financi\u00e8re : il          faut un partenaire qui se porte garant, il faut des syst\u00e8mes, comme la          tontine en Afrique ou le micro-cr\u00e9dit. A Nantes, avec le <a href=\"http:\/\/www.kstream.org\/article.php3?id_article=75%20\" target=\"_blank\">Trempolino          <\/a>ou \u00e0 Lille, avec <a href=\"http:\/\/www.nordpasdecalais.fr\/dm\/index.html\" target=\"_blank\">Domaine          Musiques<\/a>, il y a des organisations qui ont investigu\u00e9 la question,          et ont mis en place des initiatives, qui ont fonctionn\u00e9. Les garanties          bancaires \u00e0 Nantes n&rsquo;ont jou\u00e9 que dans vingt pour cent des cas : le pied          \u00e0 l&rsquo;\u00e9trier a donc fonctionn\u00e9. En dehors de cela, l&rsquo;artiste reste dans          le cercle vicieux des demandes de subventions, \u00e0 la fronti\u00e8re entre priv\u00e9          et public, o\u00f9 l&rsquo;on maquille une initiative priv\u00e9e (le commerce de disques)          en initiative publique et inversement. Il manque donc un maillon, et c&rsquo;est          \u00e9tonnant de voir qu&rsquo;un tel discours passe mieux aupr\u00e8s des Chambres de          Commerce que des Maisons de la Culture. Nous entretenons un excellent          contact avec la Chambre de Commerce de Marseille, car lorsque nous leur          parlons de micro-entreprises, ses repr\u00e9sentants comprennent bien notre          discours. <br \/>         <br \/>         <b>Pour revenir \u00e0 vos propos sur la concentration du march\u00e9 du disque,          les chiffres montrent que la France est particuli\u00e8rement touch\u00e9e par ce          ph\u00e9nom\u00e8ne <i>(NDLR : En France, les producteurs discographiques ind\u00e9pendants          ne repr\u00e9sentent que 3,3 % de parts de march\u00e9, contre 16,1 % en moyenne          dans les autres pays europ\u00e9ens et 23,5 % dans le monde)<\/i>. Est-ce une          des explications de la difficult\u00e9 de l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une sc\u00e8ne ind\u00e9pendante          en France ? <\/b><br \/>         Oui, je pense que le probl\u00e8me est bien la surconcentration entre quelques          mains. Les majors ne sont pas plus mauvaises que d&rsquo;autres maisons de disques,          mais elles sont li\u00e9es par une probl\u00e9matique simple : elles doivent utiliser          le mat\u00e9riau brut dont nous parlions tout \u00e0 l&rsquo;heure et rentabiliser des          capitaux \u00e9trangers. C&rsquo;est comme la for\u00eat \u00e0 Born\u00e9o que l&rsquo;on exploite sans          replanter derri\u00e8re. Pour la musique en France, c&rsquo;est la m\u00eame chose : on          trouve l&rsquo;artiste qui va vendre deux millions de disques, on l&rsquo;exploite          ou on le coupe. Moi, je pense que c&rsquo;est du mauvais business, pas int\u00e9gr\u00e9,          pas \u00a0\u00bb \u00e9cologique \u00ab\u00a0, sans recherche et d\u00e9veloppement, ce qui n\u00e9cessiterait          de soutenir des initiatives comme les n\u00f4tres, id\u00e9e qui les \u00e9berlue totalement.          Ces gens travaillent \u00e0 l&rsquo;anglo-saxonne, comme l&rsquo;industrie lourde : ils          exploitent un fonds de catalogue, en vinyle, puis en CD, sans investir          sur un artiste. Mais c&rsquo;est aussi un peu la faute des pouvoirs publics          : pendant des d\u00e9cennies, l&rsquo;innovation en musique \u00e9tait consid\u00e9e comme          relevant du domaine public : l&rsquo;Etat, le d\u00e9partement, la r\u00e9gion, mettaient          de l&rsquo;argent, et d\u00e8s que quelqu&rsquo;un sortait du lot, les majors rappliquaient          et le faisaient signer. Mais c&rsquo;est une fausse bonne id\u00e9e. <br \/>         <br \/>         <b>Et encore faut-il chercher le talent \u00e9mergent, ce qui n&rsquo;est pas franchement          le cas\u2026<\/b><br \/>         Bien s\u00fbr\u2026 Je suis en contact permanent avec ce type de probl\u00e8mes : tous          les jeunes tapent \u00e0 leur porte sans arr\u00eat. La politique de signature des          majors est lamentable, leur but est \u00a0\u00bb d&rsquo;assurer au maximum \u00a0\u00bb et ils favorisent          le r\u00e8gne de la \u00a0\u00bb copie conforme \u00ab\u00a0. Il n&rsquo;y a plus de prise de risque :          pour les majors, cette prise de risque est aux Etats-Unis, en Grande Bretagne,          au Japon, &#8211; un peu &#8211; dans les pays nordiques, et c&rsquo;est tout. C&rsquo;est de          l&rsquo;\u00e9conomie \u00e0 la petite semaine ! Avec les nouvelles technologies, l&rsquo;industrie          centralis\u00e9e c&rsquo;est fini, il existe des milliers de petits centres pouvant          produire de l&rsquo;\u00e9conomique. <br \/>         <br \/>         <b>Concernant le MIMI, vous avez mis en place diff\u00e9rents festivals, \u00e0          Marseille mais aussi dans les pays du Nord et du Sud : y a-t-il des interactions,          des artistes qui passent de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre ? <\/b><br \/>         Bien s\u00fbr ! Il y a des ateliers et surtout des op\u00e9rateurs qui passent de          l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre. Nous emmenons des artistes de continent en continent,          et ils se retrouvent ici, \u00e0 Marseille. En deux semaines, par rapport \u00e0          ce qu&rsquo;ils peuvent conna\u00eetre chez eux, ils gagnent une exp\u00e9rience incroyable,          et ils s&rsquo;orienteront de mani\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9rente ensuite. <br \/>         <br \/>         <b>Y a-t-il des aboutissements discographiques de ces \u00e9changes ? <\/b><br \/>         Cela n&rsquo;entre pas dans notre projet : c&rsquo;est \u00e0 eux de faire aboutir les          \u00e9changes que nous initions. Nous ne travaillons pas sur des produits finis          : si nous organisons un festival, c&rsquo;est en rapport avec l&rsquo;\u00e9change qui          a eu lieu pr\u00e9c\u00e9demment, ou qui aura lieu dans le futur. Ce qui nous int\u00e9resse,          ce n&rsquo;est pas le projet discographique, mais le trajet. Nous essayons d&rsquo;\u00eatre          en mouvement, en coh\u00e9rence avec les nouvelles technologies et non un syst\u00e8me          concentr\u00e9, pyramidal. C&rsquo;est aux labels de prendre le risque, de s&rsquo;engager          vis-\u00e0-vis de l&rsquo;artiste et d&rsquo;investir. Nous, nous les interrogeons sur          leur projet, sur ce qu&rsquo;impliquent leurs id\u00e9es, leur promotion, leur futur.          <br \/>         <br \/>         <img alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/int_frichard_2.jpg\" align=\"left\" border=\"1\"><b>Le          Festival MIMI en est \u00e0 sa dix-neuvi\u00e8me \u00e9dition, une belle long\u00e9vit\u00e9 pour          un \u00e9v&eacute;nement souvent \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, notamment en France. \u00c0 quoi est-ce          d\u00fb ? <\/b><br \/>         Je crois que c&rsquo;est le choix des artistes et la mani\u00e8re que nous avons          de travailler avec eux. Il y a aussi le <a href=\"www.musiqueaction.com\" target=\"_blank\">Musique          Action<\/a> \u00e0 Nancy, et la Semaine des Musiques Innovatrices \u00e0 <a href=\"http:\/\/ornitoto.free.fr\/hist.htm\" target=\"_blank\">Saint          Etienne<\/a>, qui existent depuis des ann\u00e9es. Pourquoi ? Parce que ce sont          des gens attach\u00e9s \u00e0 des relations profondes avec certains artistes, qui          n&rsquo;ont pas pour objectif de faire la promotion pour les maisons de disques          : il y a du fond. Ce qui fait la force du MIMI, ce sont les artistes et          leur d\u00e9veloppement. <br \/>         <br \/>         <b>\u2026 et c\u00f4t\u00e9 public, souhaitez-vous vous ouvrir au plus grand nombre ?          <\/b><br \/>         Bien entendu, mais pas \u00e0 n&rsquo;importe quelle condition. De plus en plus de          gens sont int\u00e9ress\u00e9s par un nouveau type de relations \u00e0 l&rsquo;artiste et \u00e0          l&rsquo;organisation, qui ne veulent plus aller dans un \u00a0\u00bb terminal de consommation          \u00ab\u00a0, manger ce qu&rsquo;on leur donne. Beaucoup de gens au sein du public du MIMI          ne connaissent pas les artistes de l&rsquo;affiche. Mais ils viennent parce          qu&rsquo;ils savent que \u00e7a sera \u00a0\u00bb diff\u00e9rent \u00ab\u00a0. Ils se sentent partie prenante          d&rsquo;une dynamique. C&rsquo;est une question de respect du public. Dans la programmation          MIMI, ils n&rsquo;aimeront pas tout, et c&rsquo;est normal. Ce qui est int\u00e9ressant,          c&rsquo;est de prendre un risque. Beaucoup ne veulent plus \u00eatre trait\u00e9s comme          du b\u00e9tail, notamment les jeunes, et je suis tr\u00e8s optimiste pour l&rsquo;avenir          de ce point de vue l\u00e0. <br \/>         <br \/>         <b>Quels sont les crit\u00e8res de s\u00e9lection pour figurer sur l&rsquo;affiche du          MIMI ? <\/b><br \/>         C&rsquo;est difficile\u2026 . On ne fonctionne pas au coup de c\u0153ur : il y a des groupes          que j&rsquo;appr\u00e9cie beaucoup qui ne passeront jamais au Festival et d&rsquo;autres          que je n&rsquo;aime pas mais qui y figureront. Je ne crois pas qu&rsquo;il soit juste          de se faire plaisir avec de l&rsquo;argent public. Il y a une ligne directrice,          qui tourne autour des m\u00e9langes contre-nature, de tout ce qui est d\u00e9stabilisant,          et qui ne correspond pas \u00e0 qui est \u00e9crit dans le \u00a0\u00bb manuel \u00ab\u00a0. Apr\u00e8s, il          y a un travail de \u00a0\u00bb mariage \u00a0\u00bb des groupes au sein d&rsquo;une m\u00eame soir\u00e9e, et          de mariage des soir\u00e9es entre elles. Il ne faut pas huit groupes \u00e9voluant          dans le m\u00eame domaine esth\u00e9tique, dans le m\u00eame monde. Il faut des variations          importantes, et des groupes de tous les horizons. Il y a donc des groupes          qui ne sont pas programm\u00e9s cette ann\u00e9e, mais qui seront l\u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e prochaine.          Cette ann\u00e9e, Otomo Yoshihide et Katz jouent, alors que je ne pouvais pas          les faire venir l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re pour des raisons de coh\u00e9rence de programmation.          <br \/>         <br \/>         <b> Vous recevez \u00e9galement diverses repr\u00e9sentations de th\u00e9\u00e2tre\u2026<\/b><br \/>         Cette ann\u00e9e, je voulais particuli\u00e8rement t\u00e9moigner de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Je          rencontre de plus en plus d&rsquo;artistes qui ne sont plus seulement musiciens          mais aussi plasticiens ou autres : il fallait montrer l&rsquo;interdisciplinarit\u00e9,          comme avec Silent Block, qui touche aux arts visuels, ou les repr\u00e9sentations          mises en sc\u00e8ne par Pesenti mais en musique, et voir interagir Tinariwen          et la compagnie Maat. Ce sont trois spectacles que j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 vus, et          dans lesquels le musicien n&rsquo;est pas seulement un illustrateur mais aussi          un acteur \u00e0 part enti\u00e8re du spectacle. L&rsquo;ann\u00e9e prochaine, il y aura certainement          encore du th\u00e9\u00e2tre, toujours dans cette approche multidisciplinaire&#8230;<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Propos recueillis par Djul<\/strong><\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web :<font color=\"#0000FF\">          <\/font><\/strong><a href=\"http:\/\/www.amicentre.biz\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><font color=\"#0000FF\"><strong>http:\/\/www.amicentre.biz\/<\/strong><\/font><\/font><\/a><\/p>       <\/td>   <\/tr> <\/table>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ENTRETIEN : FERDINAND RICHARD &nbsp; Nationalit\u00e9 : France M\u00e9tier : Directeur de l&rsquo;AMI Date de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":21111,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21110"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21110"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21110\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21111"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21110"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21110"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21110"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}