{"id":21090,"date":"2002-12-24T00:00:00","date_gmt":"2002-12-23T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/034b00141e9ff3c98e665df57e838ca9_XL.jpg"},"modified":"2002-12-24T00:00:00","modified_gmt":"2002-12-23T22:00:00","slug":"21090","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2002\/12\/24\/21090\/","title":{"rendered":"Porcupine Tree &#8211; Porcupine Tree"},"content":{"rendered":"\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"images\/contenu\/articles\/old\/int_PT_main.jpg\" border=\"1\" width=\"220\" height=\"150\" \/><br \/><br \/> <strong>Origine :<\/strong> Royaume-Uni<br \/> <strong>Style :<\/strong> Rock progressif<br \/> <strong> Form\u00e9 en :<\/strong> 1987<br \/> <strong>Line-up:<\/strong> Steven Wilson (chant, guitare), Colin Edwin (basse), Richard Barbieri (claviers), Gavin Harrison (batterie)<br \/> <strong>Dernier album : <\/strong><em>In Absentia<\/em> (2002)<br \/><br \/> <strong>C&rsquo;est un Steven Wilson gripp\u00e9 et en plein d\u00e9calage horaire que nous avons rencontr\u00e9 pour \u00e9voquer <em>In Absentia<\/em>, l&rsquo;Arl\u00e9sienne du progressif en 2002, paru en septembre aux Etats-Unis, et&#8230; \u00e0 para\u00eetre en f\u00e9vrier 2003 en Europe ! Il suffit toujours de lancer Steven sur une question pour bouffer la moiti\u00e9 de l&rsquo;interview et parler de choses aussi diverses que le risque pesant sur la cr\u00e9ativit\u00e9 musicale du fait du CD ou la m\u00e9thode de promotion du disque aux Etats-Unis&#8230;<\/strong><br \/><br \/> <strong>Progressia : Avant d&rsquo;\u00e9voquer <em>In Absentia<\/em>, revenons un instant sur Lightbulb Sun. Certains l&rsquo;ont trouv\u00e9 trop proche de Stupid Dream, comme si vous aviez refus\u00e9 de prendre trop de risques&#8230;<\/strong><br \/> <strong>Steven Wilson :<\/strong> (<em>longue h\u00e9sitation<\/em>) C&rsquo;est difficile d&rsquo;en parler : ces deux albums ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s dans un intervalle tr\u00e8s proche, au point que j&rsquo;en oublie parfois quel titre figure sur quel album, ils forment pour moi une vraie unit\u00e9. Lightbulb Sun n&rsquo;est probablement en rien un d\u00e9veloppement pour le groupe, n&rsquo;a pas de particularit\u00e9, ce qui en fait une exception dans notre catalogue. Il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 si rapidement apr\u00e8s la tourn\u00e9e de Stupid Dream que nous n&rsquo;avons pas eu le temps de d\u00e9velopper ni d&rsquo;explorer suffisamment certaines id\u00e9es. Je crois n\u00e9anmoins que cet album poss\u00e8de une saveur diff\u00e9rente, c&rsquo;est un disque sombre et d\u00e9pressif, issu d&rsquo;une rupture sentimentale, tandis que Stupid Dream \u00e9tait bien plus joyeux. Je dirais qu&rsquo;ils sont en fait deux faces d&rsquo;une m\u00eame pi\u00e8ce, et qu&rsquo;en termes de son, ils sont plus proches d&rsquo;un double CD que de deux \u0153uvres diff\u00e9rentes.<br \/><br \/> <strong>Avec les sorties de Recordings, Metanoia et Star Dies, tu souhaitais clore le chapitre Delerium (NDJ : l&rsquo;ancienne maison de disques de PT) ou est-ce un concours de circonstances ?<\/strong><br \/> Il nous reste des albums \u00e0 remasteriser, auxquels nous allons ajouter un nouvel artwork, pour r\u00e9activer notre catalogue. Cependant, je n&rsquo;ai pas toujours le contr\u00f4le des r\u00e9\u00e9ditions, puisque \u00e0 part Recordings, les titres figurant sur ces compilations ne sont pas ma propri\u00e9t\u00e9 mais celle de Delerium Records. Du coup, d\u00e8s que Porcupine Tree franchit un cap en terme de notori\u00e9t\u00e9, ils ont l&rsquo;opportunit\u00e9 de faire fructifier leur catalogue. Ce sont donc eux qui ont l&rsquo;initiative de ces r\u00e9\u00e9ditions. Je suis cependant heureux d&rsquo;y participer, car m\u00eame si je ne peux les emp\u00eacher de ressortir du mat\u00e9riel, je peux m&rsquo;assurer de la qualit\u00e9 sonore et du packaging. En v\u00e9rit\u00e9, nous avons travaill\u00e9 deux ans sur Star Dies. Cela nous a pris un temps fou pour rassembler les titres, faire la pochette, retrouver les photos. Il n&rsquo;\u00e9tait pas cens\u00e9 sortir en m\u00eame temps que les deux autres compilations.<br \/><br \/> <strong>Le premier titre de <em>In Absentia<\/em> \u00ab Blackest Eyes \u00bb, sonne vraiment comme Opeth, avec son riff de guitare ac\u00e9r\u00e9 et ses parties de batterie saccad\u00e9es&#8230;<\/strong><br \/> Tu connais sans doute l&rsquo;\u00e9nigme \u00ab l&rsquo;\u0153uf ou la poule ? \u00bb&#8230; Je crois qu&rsquo;elle illustre bien la situation. J&rsquo;ai travaill\u00e9 avec Opeth car j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 immerg\u00e9 dans la sc\u00e8ne m\u00e9tal, et j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire des morceaux de ce genre. Certaines personnes diront que j&rsquo;ai \u00e9crit de tels titres suite \u00e0 ma collaboration avec Opeth. Je ne crois pas que ce soit vrai. Certainement, ce travail avec eux m&rsquo;a beaucoup inspir\u00e9, mais j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 de l&rsquo;orientation que je voulais prendre avec Porcupine Tree. Pour moi, \u00ab Blackest Eyes \u00bb est un riff heavy, qui aurait tout \u00e0 fait pu \u00eatre \u00e9crit par les Smashing Pumpkins, \u00e0 moins que j&rsquo;ai rat\u00e9 quelque chose, non ?<br \/><br \/> <strong>Je crois quand-m\u00eame que l&rsquo;influence de Opeth est assez prononc\u00e9e&#8230;<\/strong><br \/> Je ne m&rsquo;en rends peut-\u00eatre pas compte, cela a peut-\u00eatre plus que poids que je ne le croyais&#8230;<br \/><br \/> <strong>Personne ne t&rsquo;en avait fait la remarque ?<\/strong><br \/> J&rsquo;ai bien eu quelques r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Opeth, mais pas pour ce titre&#8230; (NdJ : Soit je suis sourd, soit mes coll\u00e8gues ont \u00e9cout\u00e9 le CD d&rsquo;une oreille un peu distraite !).<br \/><br \/> <strong>Plus g\u00e9n\u00e9ralement je suis tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9 par <em>In Absentia<\/em>. J&rsquo;attendais un album grand public, comme Stupid Dream ou Lightbulb Sun et c&rsquo;est en fait un album sans compromis&#8230;<\/strong><br \/> C&rsquo;est effectivement un album plus noir, plus difficile d&rsquo;acc\u00e8s. Je dirais que ses deux pr\u00e9d\u00e9cesseurs \u00e9taient trop loin de notre c\u00f4t\u00e9 exp\u00e9rimental, auquel je voulais revenir. Quant \u00e0 l&rsquo;aspect m\u00e9tal, cela nous a permis de revenir \u00e0 un son plus brut. Les gens ont pr\u00e9sum\u00e9 qu&rsquo;une major aurait une influence sur nous, ou sur notre son et je peux te dire que cela n&rsquo;est pas le cas. L&rsquo;album avait \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement compos\u00e9 avant que nous ne signions chez Lava, et nous avions d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 que le son devait \u00eatre plus noir, plus heavy. Notre direction musicale n&rsquo;a donc pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e et nous n&rsquo;avons eu aucune pression. Mais je reviens \u00e0 ton constat : c&rsquo;est un disque \u00e9minemment plus sombre que tout ce que nous avons fait auparavant.<br \/><br \/> <strong><em>In Absentia<\/em> est un \u00e9quilibre entre des chansons au sens premier du terme et des titres instrumentaux complexes&#8230;<\/strong><br \/> Ne pourrait-on pas dire cela de tout album de Porcupine Tree ? Est-ce l\u00e0 quelque chose d&rsquo;unique dans notre discographie ? Je pense que c&rsquo;est applicable \u00e0 tous nos disques<br \/><br \/> <strong>Certes, mais les extr\u00eames sont plus marqu\u00e9s qu&rsquo;auparavant&#8230;<\/strong><br \/> Encore une fois, c&rsquo;est la cons\u00e9quence de notre nouvelle direction m\u00e9tal. Elle a agrandi les \u00e9carts entre nos chansons et les titres les plus durs, a augment\u00e9 le contraste, ce qui fait que les titres les plus beaux, les plus \u00ab fragiles \u00bb de l&rsquo;album sont mis encore plus en valeur par les titres les plus heavy. Un second point a pu jouer : nous avons un nouveau batteur sur ce disque (NdJ : Gavin Harisson), bien plus enclin \u00e0 un jeu pr\u00e9cis et qui a produit des parties fantastiques, plus carr\u00e9es, plus math\u00e9matiques aussi. Mais je crois que d\u00e8s le d\u00e9part, apr\u00e8s un disque aussi morose que Lightbulb Sun, <em>In Absentia<\/em> devait \u00eatre un disque rock, \u00ab in your face \u00bb. Les tempos sont plus rapides, les guitares plus en avant, la batterie est plus complexe et f\u00e9brile. Il m&rsquo;est difficile d&rsquo;analyser ma musique, nous ne faisons rien de fa\u00e7on pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e et apr\u00e8s tout, c&rsquo;est plut\u00f4t \u00e0 toi d&rsquo;analyser (<em>rires<\/em>) !<br \/><br \/> <strong>Sur les vocaux, j&rsquo;ai trouv\u00e9 que tu avais fait un travail remarquable, avec beaucoup de vari\u00e9t\u00e9. Sur \u00ab Trains \u00bb, par exemple, tu montes vraiment tr\u00e8s haut. As-tu beaucoup travaill\u00e9 ta voix ?<\/strong><br \/> Peut \u00eatre, je ne pense pas avoir fait quelque chose de plus qu&rsquo;auparavant. Mais je suis convaincu que le fait d&rsquo;\u00e9couter constamment de la musique m&rsquo;inspire, tout comme les films, les livres, ma vie et celle de ma famille et de mes amis. Du coup, sans y r\u00e9fl\u00e9chir, cela me change et m\u00fbrit en moi. Alors j&rsquo;essaye de nouvelles choses. Je ne suis pas derri\u00e8re un bureau, en pr\u00e9parant un plan g\u00e9nial et en me disant : \u00ab Bon, \u00e7a je l&rsquo;ai fait, essayons ceci ! \u00bb. Je suis simplement heureux de voir que les gens d\u00e9couvrent de nouveaux \u00e9l\u00e9ments dans ma musique.<br \/><br \/> <strong>Tu avais mentionn\u00e9 dans notre derni\u00e8re interview, et tu le confirmes aujourd&rsquo;hui, que les compositions de cet album \u00e9taient tr\u00e8s heavy. Mais il semble qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, le reste du groupe n&rsquo;\u00e9tait pas satisfait de l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de ce mat\u00e9riel : as-tu \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de te r\u00e9soudre \u00e0 des compromis ?<\/strong><br \/>Compromis, ce n&rsquo;est pas le bon mot, je crois. Le mat\u00e9riel de d\u00e9part \u00e9tait bien plus heavy que le r\u00e9sultat final. Ce que j&rsquo;avais compos\u00e9 au d\u00e9part correspondait \u00e0 un album de heavy metal, \u00e0 100%. Quand j&rsquo;ai fait \u00e9couter ces premi\u00e8res d\u00e9mos au groupe, nous avons eu le sentiment que les compositions \u00e9taient trop g\u00e9n\u00e9riques, trop \u00abPorcupine Tree fait du m\u00e9tal \u00bb. Ils ont consid\u00e9r\u00e9 qu&rsquo;il fallait les diversifier, notamment en pr\u00e9servant le son classique de Porcupine Tree, et que les \u00e9l\u00e9ments m\u00e9tal devaient \u00eatre plus int\u00e9gr\u00e9s. C&rsquo;est un pi\u00e8ge tr\u00e8s commun : je m&rsquo;\u00e9tais tellement immerg\u00e9 dans le m\u00e9tal pendant six mois&#8230; Juste avant la composition de l&rsquo;album, je travaillais avec Opeth et je n&rsquo;\u00e9coutais quasiment plus que ce genre de musique. Mon \u00e9criture s&rsquo;en est donc vraiment ressentie. Cela aurait \u00e9t\u00e9 une erreur de faire l&rsquo;album \u00e0 ce moment-l\u00e0. Nous avons donc incorpor\u00e9 de nouveaux \u00e9l\u00e9ments, de nouvelles influences, je me suis remis \u00e0 \u00e9crire des chansons, et c&rsquo;est l\u00e0 que l&rsquo;album a retrouv\u00e9 son \u00e9quilibre, sa diversit\u00e9. Au fur et \u00e0 mesure que j&rsquo;\u00e9crivais, j&rsquo;int\u00e9grais mieux les nouveaux aspects dans les d\u00e9mos. Je crois aujourd&rsquo;hui que mon mat\u00e9riel de d\u00e9part \u00e9tait trop proche d&rsquo;un pastiche de morceaux m\u00e9tal. Cela dit, je persiste \u00e0 vouloir enregistrer certains de ces morceaux, et je crois que je vais faire ce que je fais habituellement : cr\u00e9er un nouveau projet, exclusivement port\u00e9 sur cet aspect de mon \u00e9criture ! <br \/><br \/> <strong>Ce mat\u00e9riel pourrait donc figurer sur un album solo, ou sur l&rsquo;album en pr\u00e9paration avec Michael d&rsquo;Opeth ?<\/strong><br \/>Je n&rsquo;ai pas encore d\u00e9cid\u00e9. Michael veut absolument que nous fassions quelque chose ensemble, et d\u00e8s que nous aurons du temps, nous nous y attellerons.<br \/><br \/> <strong>Pour les morceaux plus durs, tu as \u00e9crit des paroles tr\u00e8s sombres, comme sur \u00ab The Creator Has a Mastertape \u00bb, ou \u00ab Strip the Soul \u00bb&#8230;<\/strong><br \/> Je suis fascin\u00e9 par la psychologie et par les gens \u00e0 qui il manque un aspect de leur personnalit\u00e9 ou de leur code moral, d&rsquo;o\u00f9 le titre, <em>In Absentia<\/em>. Je parle ici de gens tels que les tueurs en s\u00e9rie, ceux qui abusent d&rsquo;enfants ou qui battent leurs femmes, de toutes ces personnes effrayantes qui peuplent notre monde. J&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par les choses que je ne comprends pas. Dans mes paroles, je parle de drogues alors que je n&rsquo;en ai jamais pris, de la guerre alors que je n&rsquo;y suis jamais all\u00e9, et je voulais \u00e9tendre ce proc\u00e9d\u00e9 aux individus qui ne sont pas comme nous : ils vivent sur la m\u00eame plan\u00e8te, ont notre apparence, et le plus troublant chez eux est que leurs amis les plus proches comme leur famille ignorent totalement cet aspect sombre de leur personnalit\u00e9. Je suis fascin\u00e9 par le proc\u00e9d\u00e9 par lequel un \u00eatre humain devient un monstre. J&rsquo;ai du coup \u00e9crit sur les tueurs en s\u00e9rie, notamment, ce qui n&rsquo;est pas particuli\u00e8rement commercial ! Je pense que ces paroles \u00e9taient vraiment dans le ton de cette musique plus dure, plus tortur\u00e9e, et que cette attirance soudaine est arriv\u00e9e au bon moment pour cet album. Les paroles les plus sombres et les plus impressionnantes correspondent \u00e0 ces titres. Je suis d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale tr\u00e8s fier des paroles de l&rsquo;album.<br \/><br \/> <strong>On retrouve en revanche des paroles plus classiques pour le groupe, tr\u00e8s personnelles et autobiographiques, comme \u00ab Heartattack in a Layby \u00bb ou \u00ab Prodigual \u00bb.<\/strong><br \/>\u00ab Prodigual \u00bb est en effet tr\u00e8s personnel, \u00ab Heartattack \u00bb est plus une histoire racont\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re personne. En fait, je crois que chaque compositeur, s&rsquo;il \u00e9crit vraiment du fond de son c\u0153ur et de son \u00e2me, met une part de lui-m\u00eame dans ses chansons. Les gens font parfois des confusions quand ils cherchent \u00e0 comprendre comment les compositeurs \u00e9crivent leurs paroles. Pour moi, et je crois que c&rsquo;est vrai pour beaucoup de compositeurs, toute chanson n&rsquo;est jamais vraiment autobiographique, jamais compl\u00e8tement fictionnelle, c&rsquo;est toujours entre les deux, parce qu&rsquo;\u00e9crire des paroles est un peu comme m\u00ealer tous ces \u00e9l\u00e9ments et ces inspirations pour en faire une histoire. Si j&rsquo;analyse les paroles d&rsquo;une chanson comme \u00ab Heartattack \u00bb, je pourrais te dire : \u00ab Cette ligne est autobiographique, cette ligne est tir\u00e9e d&rsquo;un film, celle-ci d&rsquo;un livre&#8230; \u00bb, chaque ligne a une origine diff\u00e9rente et le talent du compositeur est de les mettre ensemble de sorte que cela devienne une histoire coh\u00e9rente, que l&rsquo;on lit comme une exp\u00e9rience individuelle unique. \u00ab Heartattack \u00bb est assez repr\u00e9sentative de cela.<br \/><br \/> <strong> \u00ab The Sound of Muzak \u00bb est un jugement tr\u00e8s dur et cynique port\u00e9 \u00e0 l&rsquo;encontre de la musique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : es-tu de ceux qui pensent que la musique des ann\u00e9es 70 \u00e9tait meilleure, et ne penses-tu pas que tu fais d\u00e9sormais partie du syst\u00e8me en signant avec une major ?<br \/><\/strong>Oui et non. Je ne critique pas le syst\u00e8me mais le fait qu&rsquo;au 21\u00e9me si\u00e8cle les gens ne s&rsquo;int\u00e9ressent plus \u00e0 la musique, comme ils le faisaient quand j&rsquo;\u00e9tais gamin. Notre mode de vie a chang\u00e9, les gens ach\u00e8tent des disques comme ils vont \u00e0 l&rsquo;\u00e9picerie. J&rsquo;\u00e9tais gosse durant les ann\u00e9es 80, une d\u00e9cennie \u00e9pouvantable pour la musique, et je piochais dans les ann\u00e9es 70 pour y trouver la musique qui me plaisait. J&rsquo;avais 15-16 ans et la musique \u00e9tait tout pour moi, comme pour beaucoup de mes amis. Aujourd&rsquo;hui, je crois que la musique est descendue au dernier rang des priorit\u00e9s des jeunes, apr\u00e8s les jeux vid\u00e9os, MTV, les vacances. Je trouve cela tragique : la musique devient insignifiante pour les jeunes. Pour revenir \u00e0 ta premi\u00e8re question, on pourrait dire que cette d\u00e9gradation vient du fait que la musique est moins bonne qu&rsquo;auparavant, mais je ne crois pas que cela soit n\u00e9cessairement vrai. Je crois que \u00e7a l&rsquo;est partiellement, la musique a tendance \u00e0 \u00eatre moins riche et complexe qu&rsquo;elle ne l&rsquo;\u00e9tait dans les ann\u00e9es 70. Il y a eu un \u00e2ge d&rsquo;or pour la musique, d\u00e9butant en 1967-1968, avec <em>Sergent Pepper&rsquo;s<\/em>&#8230; et <em>Pet Sounds<\/em>, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e du punk \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. Durant cette p\u00e9riode de dix ans, la musique s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9e au rang d&rsquo;art, les groupes pensaient \u00e0 la fa\u00e7on dont ils pouvaient amener leurs albums \u00e0 ce niveau, celui de l&rsquo;art. Ce mouvement a pourtant amen\u00e9 des disques tr\u00e8s accessibles. Mais le punk a tout chang\u00e9, et devait peut \u00eatre fatalement arriver. Sur ce, deux inventions des ann\u00e9es 80 ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9fastes pour la musique. La premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 MTV : la musique devait \u00e0 nouveau correspondre \u00e0 un format de 3 minutes, alors que les musiciens avaient tout fait pour s&rsquo;en \u00e9loigner. On revenait \u00e0 cette mentalit\u00e9 des ann\u00e9es 50, o\u00f9 seul le single comptait. La seconde est le Compact Disc : le CD a tu\u00e9 l&rsquo;album en tant que format, les quarante minutes divis\u00e9es en deux parties. Je crois que l&rsquo;auditeur ne peut r\u00e9ellement donner son attention \u00e0 un groupe au del\u00e0 de quarante \u00e0 quarante-cinq minutes. Avec les quantre-vingt minutes du CD, beaucoup d&rsquo;albums sont trop longs. Je pense que c&rsquo;est \u00e9galement le cas de <em>In Absentia<\/em> : il est bien trop long. J&rsquo;aurais ador\u00e9 r\u00e9ussir \u00e0 le faire en quarante minutes, mais je n&rsquo;y suis pas arriv\u00e9. Je crois qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, pour un ado qui ach\u00e8te un disque d&rsquo;un groupe \u00e0 la mode, c&rsquo;est juste du \u00ab fast forward \u00bb, \u00ab O\u00f9 est donc le single ? \u00bb. Il n&rsquo;y a plus de notion d&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;un album en lui-m\u00eame, on en reste au s\u00e9quen\u00e7age. Tout le concept d&#8217;emmener son auditeur pour une sorte de voyage n&rsquo;existe plus&#8230; \u00e0 l&rsquo;exception de quelques groupes (<em>rires<\/em>), comme Radiohead ou d&rsquo;autres. Je ne veux pas dire que nous sommes les seuls \u00e0 avoir cet objectif. Mais d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la fa\u00e7on dont les gens \u00e9coutaient la musique et dont les auditeurs se pr\u00e9occupaient de celle-ci n&rsquo;existe plus. C&rsquo;est si facile aujourd&rsquo;hui de se contenter de grappiller ici et l\u00e0&#8230; C&rsquo;est de cela que \u00ab The Sound of Muzak \u00bb parle, de cette paresse des gens face \u00e0 ce qui demeure pour moi la plus importante et la plus puissante des formes d&rsquo;art. Je crois que la musique reste sup\u00e9rieure aux films, elle est la seule qui permette \u00e0 l&rsquo;auditeur de participer et de se projeter. Avec les films, tout est l\u00e0 pour vous : l&rsquo;image, l&rsquo;histoire, le son, tout est donn\u00e9. Avec la musique, les gens peuvent encore interpr\u00e9ter. Ce n&rsquo;est donc pas \u00e0 propos de l&rsquo;industrie que j&rsquo;ai \u00e9crit ces paroles, mais par rapport aux relations que les gens entretiennent avec la musique.<br \/><br \/> <strong>Je ne suis pas d&rsquo;accord avec ta conception du CD : avec les vinyles, les groupes de progressif des ann\u00e9es 70 faisaient un titre sur une face, le reste sur la seconde. C&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s artificiel, et aussi tr\u00e8s limit\u00e9.<\/strong><br \/> Chaque format a ses limites, et le CD n&rsquo;y d\u00e9roge pas. Mais il y a diff\u00e9rents types de limitations : le vinyle a cr\u00e9\u00e9 une discipline qui n&rsquo;existe plus aujourd&rsquo;hui. Des groupes de progressif contemporains \u00e9crivent des suites de plus d&rsquo;une heure&#8230;<br \/><br \/> <strong>Toi tu aimes les Flower Kings !<\/strong><br \/>Je ne sais pas, je ne les connais pas. Mais je sais qu&rsquo;ils ont effectivement \u00e9crit un titre de plus d&rsquo;une heure (<em>rires<\/em>) ! Il y aurait une th\u00e9orie selon laquelle la dur\u00e9e parfaite pour un titre est de vingt minutes : regarde tous les grands morceaux \u00e9piques du prog. Je ne sais pas pourquoi, mais ces morceaux \u00e9taient \u00e9galement inclus dans des albums de quarante \u00e0 quarante-cinq minutes. Je ne dis pas que c&rsquo;est une r\u00e8gle universelle (<em>rires<\/em>), mais de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, je crois qu&rsquo;il y a un truc magique derri\u00e8re cette dur\u00e9e. Regarde les classiques des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, comme <em>Nevermind<\/em> de Nirvana, <em>Grace <\/em>de Jeff Buckley ou <em>Dummy <\/em>de Portishead : c&rsquo;est le m\u00eame format. Je n&rsquo;arrive pas \u00e0 trouver une telle forme \u00e0 des albums durant quatre-vingt minutes et comportant vingt chansons, mais tu vas probablement me donner des exceptions \u00e0 ma r\u00e8gle (<em>rires<\/em>) !<br \/><br \/> <strong>Tu n&rsquo;as peut \u00eatre pas tort. En tout cas, \u00e0 quand une nouvelle chanson de Porcupine en vingt minutes (<em>rires<\/em>) ?<\/strong><br \/> On en a fait \u00e0 nos d\u00e9buts. Aujourd&rsquo;hui, je ne pense plus aux albums de Porcupine Tree en terme de morceaux plus ou moins longs, mais en tant qu&rsquo;albums en eux-m\u00eames. <em>In Absentia<\/em>, pour moi, est une pi\u00e8ce de musique, faite de diff\u00e9rentes parties, avec beaucoup d&rsquo;interconnections, de continuit\u00e9s, de transitions, de s\u00e9quen\u00e7age. Consid\u00e8res-tu Dark Side of the Moon comme dix chansons ou comme un tout ? Je le consid\u00e8re comme un tout. Et de m\u00eame, <em>Sergent Pepper&rsquo;s<\/em>&#8230; ou <em>Pets Sounds<\/em> sont des unit\u00e9s, et j&rsquo;aime \u00e0 penser qu&rsquo;il en va ainsi des albums de Porcupine Tree. Je me fiche d&rsquo;\u00e9crire des titres de deux ou de vingt minutes, je veux une pi\u00e8ce de musique. Apr\u00e8s tout, qu&rsquo;est ce que <em>Close to the Edge<\/em> ? Quatre chansons, bien arrang\u00e9es, avec des retours de th\u00e8mes, des transitions certes, mais qui restent quatre chansons (NdJ : voil\u00e0 qui s&rsquo;oppose peut-\u00eatre \u00e0 la th\u00e9orie de la dur\u00e9e parfaite).<br \/><br \/> <strong>En tout cas, j&rsquo;ai le sentiment qu&rsquo;aucun disque de Porcupine Tree n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 autant pens\u00e9 et travaill\u00e9 dans ce sens qu&rsquo;<em>In Absentia<\/em>, dans une recherche de coh\u00e9rence notamment.<\/strong><br \/> Cette fois, nous avions beaucoup plus de temps. Pour \u00eatre honn\u00eate, avant m\u00eame que nous n&rsquo;entrions en studio, j&rsquo;avais une id\u00e9e tr\u00e8s claire de la forme qu&rsquo;allait prendre le disque. Nous avons pris tellement de temps pour n\u00e9gocier le contrat que nous n&rsquo;avions plus qu&rsquo;une envie : entrer en studio et faire ce fichu disque. Mais ce temps suppl\u00e9mentaire nous a donn\u00e9 le privil\u00e8ge de bien pr\u00e9parer le s\u00e9quen\u00e7age, la forme et le son du disque. Parfois, on peut \u00e9crire dix grandes chansons, qui ne font pas pour autant un album ensemble. Il y a beaucoup d&rsquo;exemples de disques consid\u00e9r\u00e9s comme des chefs d&rsquo;\u0153uvre, alors que si l&rsquo;on consid\u00e8re individuellement les chansons qui sont dessus, on choisirait un autre album du m\u00eame artiste. <em>Sergent Pepper&rsquo;s <\/em>des Beatles contient beaucoup de classiques, mais ce qui en fait un album ind\u00e9passable, c&rsquo;est cette coh\u00e9rence, cette profondeur du son, qui lui donne plus de poids que tout autre album des Beatles. J&rsquo;esp\u00e8re que <em>In Absentia<\/em> contient les meilleures chansons sous la meilleure forme, en tant qu&rsquo;album.<br \/><br \/> <strong>Parlons de l&rsquo;aspect promotionnel. Es-tu heureux du lancement de l&rsquo;album aux Etats-Unis ?<\/strong><br \/>\u00c7a s&rsquo;est tr\u00e8s bien pass\u00e9. C&rsquo;est \u00e9trange de voir comment se font les choses aux Etats-Unis. En Europe, nous avons tendance \u00e0 sortir un album, et \u00e0 mettre toute la promotion en branle durant les premiers mois du lancement. Apr\u00e8s, le disque meurt. Aux Etats-Unis, le premier single pour <em>In Absentia<\/em> sortira en f\u00e9vrier, pr\u00e8s de cinq mois apr\u00e8s le lancement de l&rsquo;album. C&rsquo;est tr\u00e8s \u00e9trange, mais \u00e7a marche : l&rsquo;album sort, il est chroniqu\u00e9, les gens en parlent, les radios le passent, les vid\u00e9os passent sur MTV. Ce d\u00e9lai avant la sortie du single lui donne de grandes chances d&rsquo;avoir de l&rsquo;impact, car le terrain a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9. Je crois que cela n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 le cas si nous avions lanc\u00e9 single et album en m\u00eame temps. Aux Etats-Unis, le march\u00e9 est si \u00e9norme qu&rsquo;il faut agir de la sorte, il faut y aller graduellement. Nous y sommes all\u00e9s deux fois pour la promotion, et nous avons constat\u00e9 au fil du temps un rajeunissement de notre auditoire, une plus grande diversit\u00e9, de plus grandes salles, un nouveau public s&rsquo;est form\u00e9, incluant aussi nos anciens fans. En ce sens, \u00e7a se passe bien, et je suis optimiste&#8230; pour une fois (<em>rires<\/em>) !<br \/><br \/> <strong>Je suppose que tu sais que beaucoup de fans europ\u00e9ens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7us du retard du lancement de l&rsquo;album, et qu&rsquo;ils se sont rabattus sur les disques import\u00e9s, ce qui pourrait avoir pour cons\u00e9quence de minorer vos ventes en Europe.<\/strong><br \/> Seules sept mille copies de l&rsquo;album ont \u00e9t\u00e9 export\u00e9es des Etats-Unis vers l&rsquo;Europe. Sept mille copies ! Si cela repr\u00e9sente le total des disques que nous pouvions vendre sur toute l&rsquo;Europe, c&rsquo;est que l&rsquo;album est un flop de toute fa\u00e7on. Je crois que tu as raison, nos fans les plus avides vont l&rsquo;acheter par import, mais ce sont aussi ceux qui seront int\u00e9ress\u00e9s par l&rsquo;\u00e9dition europ\u00e9enne qui contiendra 2 titres suppl\u00e9mentaires. Je comprends qu&rsquo;ils soient m\u00e9contents, mais il y a eu quelques contretemps. En v\u00e9rit\u00e9, pendant des ann\u00e9es, nous avons enregistr\u00e9 pour des maisons de disques anglaises : nos albums sortaient en Europe, puis six mois apr\u00e8s aux Etats-Unis. Aujourd&rsquo;hui, nous enregistrons pour une maison de disques am\u00e9ricaine, et c&rsquo;est l&rsquo;inverse qui se produit : c&rsquo;est ainsi ! Quand une major finance l&rsquo;enregistrement et la sortie d&rsquo;un disque, cela fonctionne g\u00e9n\u00e9ralement de la fa\u00e7on suivante : le groupe d\u00e9livre l&rsquo;album, et le label va vivre avec celui-ci pendant quelques mois avant sa sortie, organiser le packaging, la s\u00e9lection des titres, la promotion, etc&#8230; Puis, la maison de disques contacte les soci\u00e9t\u00e9s affili\u00e9es dans le monde pour la sortie en dehors des Etats-Unis. East\/West France recevra le disque pour la premi\u00e8re fois quelques semaines seulement avant la sortie am\u00e9ricaine, et ils doivent eux-m\u00eame pr\u00e9parer le lancement, le plan m\u00e9dia et marketing. Pour un groupe comme Radiohead, on peut faire un lancement mondial, mais nous sommes trop nouveaux pour risquer la pr\u00e9cipitation. C&rsquo;est la r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est dommage, et certains se sentirons trahis, mais pendant des ann\u00e9es, ce sont eux qui ont \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9s. Il y aura toujours des m\u00e9contents !<br \/><br \/> <strong>Je jetais un coup d&rsquo;\u0153il \u00e0 votre emploi du temps et j&rsquo;ai remarqu\u00e9 des dates anglaises en mars : vous passerez nous voir durant cette p\u00e9riode ?<\/strong><br \/>Je crois qu&rsquo;il y aura un show fin mars \u00e0 Paris, puis une tourn\u00e9e en Europe, et on reviendra en France au retour, fin avril.<br \/><br \/> <strong>Et John Wesley (ex-Fish) vous rejoindra ?<\/strong><br \/> Oui, tout \u00e0 fait !<br \/><br \/> <strong>Qu&rsquo;apportera-t-il au groupe, sur sc\u00e8ne ?<\/strong><br \/>Wes a une grande importance : notre nouveau batteur ne chante pas, or je voulais un deuxi\u00e8me chanteur, pour les harmonies et les ch\u0153urs. Mais en plus, comme de nombreux riffs heavy de <em>In Absentia<\/em> sont jou\u00e9s six ou sept fois sur disque pour les rendre \u00e9normes, je pense qu&rsquo;il nous fallait un second guitariste, pour nous aider \u00e0 reproduire ce son sur sc\u00e8ne.<br \/><br \/> <strong>Est-ce que cela t&rsquo;aidera \u00e0 devenir plus \u00ab performer \u00bb (<em>rires<\/em>) ?<\/strong><br \/> Je ne sais pas, ce n&rsquo;est pas trop mon rayon. Comme tu le sais, Porcupine Tree, c&rsquo;est avant tout un spectacle focalis\u00e9 sur les musiciens. Ce qui sera diff\u00e9rent en revanche, c&rsquo;est la logistique, car nous allons apporter des nouveaux \u00e9l\u00e9ments, des films sp\u00e9cialement tourn\u00e9s pour cinq chansons. Mais au final, tout reste une affaire de musiciens.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Origine : Royaume-Uni Style : Rock progressif Form\u00e9 en : 1987 Line-up: Steven Wilson (chant,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":21091,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21090"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21090"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21090\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21091"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21090"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21090"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21090"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}