{"id":2095,"date":"2007-07-11T00:00:00","date_gmt":"2007-07-10T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/2095"},"modified":"2007-07-11T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-10T22:00:00","slug":"2095","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/07\/11\/2095\/","title":{"rendered":"Sleepytime Gorilla Museum &#8211; In Glorious Times"},"content":{"rendered":"<p>Sleepytime Gorilla Museum, c\u2019est la r\u00e9v\u00e9lation musicale de ces derniers mois pour certains, de ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour d\u2019autres. Mais le fait est l\u00e0, le groupe grandit en terme de public, m\u00fbrit dans sa fa\u00e7on de composer, dans sa fa\u00e7on de jouer. Loin des consid\u00e9rations de groupes recherchant la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 avant de proposer un mat\u00e9riel musical intelligent d\u00e9tach\u00e9 des st\u00e9r\u00e9otypes stylistiques, SGM remet le couvert avec un troisi\u00e8me album, <i>In Glorious Times<\/i>, \u00e0 la crois\u00e9e des deux premiers disques. <\/p>\n<p>  Le pass\u00e9 l\u2019a prouv\u00e9, il n\u2019est pas \u00e9vident de rentrer de prime abord dans un disque de Sleepytime Gorilla Museum, comme il est d\u2019ailleurs difficile de rentrer dans un disque de Rock in Opposition tout court. Cependant, avec l\u2019habitude, il a sembl\u00e9 plus ais\u00e9 cette fois-ci d\u2019apprivoiser ce <i>In Glorious Times<\/i>. Peut-\u00eatre n\u2019est-ce d\u00fb qu\u2019au fait que SGM a su jouer la carte de la sensibilit\u00e9 en tout d\u00e9but d\u2019album plongeant ainsi l\u2019auditeur calmement dans les affres de son ambiance gothique  et grandiloquente, avec la voix grave et chaude de Nils Frykdahl mise en avant. \u00ab The Companions \u00bb permet avec ces dix minutes d\u2019installer un climat sombre, myst\u00e9rieux et envo\u00fbtant. La rupture avec \u00ab Helpless Corpses Enactment \u00bb n\u2019est alors que meilleure ; ce court morceau est le pendant de \u00ab 1997 \u00bb sur le premier album, <i>Grand Opening and Closing<\/i> : lourd, complexe, direct et facile \u00e0 retenir, ce titre est le plus metal du disque. <\/p>\n<p>  Frykdahl n\u2019est pas seul compositeur du disque, au contraire. Toute la joyeuse bande est mise \u00e0 contribution, aussi bien dans les textes que dans la musique, chacun ayant sa propre touche, apportant sa propre identit\u00e9 compositionnelle. C\u2019est pourquoi, tout au long du disque, les morceaux s\u2019encha\u00eenent et ne se ressemblent pas : tant\u00f4t \u00e9nerv\u00e9s, tant\u00f4t calmes. On est surpris par l\u2019ambiance \u00ab glauquissime \u00bb de l\u2019ensemble. Pour le coup, la touche Devil Doll n\u2019est pas loin, sans aller jusqu\u2019\u00e0 parler de Danny Elfman, m\u00eame si \u00ab Puppet Show \u00bb nous y fait grandement penser. <\/p>\n<p>  Le lien entre les morceaux se fait par le truchement d\u2019enregistrements vocaux du d\u00e9funt fr\u00e8re de Nils : Per, dont les dessins ont servi comme illustrations au tr\u00e8s beau digipack. Ce disque lui est d\u00e9di\u00e9 et ses dessins servent de trame \u00e0 la musique de Sleepytime Gorilla Museum. Il n\u2019y a \u00e0 priori aucun concept pr\u00e9cis, m\u00eame si <i>In Glorious Times<\/i> fait preuve d\u2019une grande coh\u00e9rence et homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, aussi bien dans sa musique que dans l\u2019ambiance g\u00e9n\u00e9rale et les textes. Sur \u00ab Formicary \u00bb, on retrouve les voix de Carla Kihlstedt et Dan Rathbun dans une ambiance \u00ab crimsonienne \u00bb des plus d\u00e9sarticul\u00e9e. Il s\u2019agit en fait ici de deux chansons que Dan a \u00e9crites pour finalement les r\u00e9unir en une seule. Avec \u00ab Angle of Repose \u00bb et \u00ab Ossuary \u00bb, les stridents violons et les \u00e9volutions rythmiques se font dans la violence \u00e0 mesure que les minutes passent. <\/p>\n<p>  Enfin, nous ne pourrons nous emp\u00eacher de remarquer la suite des cinq derniers morceaux : la suite des \u00ab The\u2026 \u00bb comme une symphonie en cinq mouvements avec son d\u00e9but, typique de la musique du groupe (\u00ab The Salt Crown \u00bb), son milieu chaotique, sorte de danse macabre (\u00ab The Only Dance \u00bb et \u00ab The Greenless Wreath \u00bb) et sa fin en forme d\u2019apoth\u00e9ose instrumentale, totalement d\u00e9nu\u00e9e de chant mais non de voix (\u00ab The Widening Eye \u00bb et \u00ab Putrid Refrain \u00bb). Tout cela est-il volontaire et le pur fruit d\u2019une parfaite osmose musicale ? <\/p>\n<p>  Sur le plan de la production, Dan Rathbun a fait un boulot impressionnant ! Ne se contentant pas d\u2019\u00eatre un bassiste atypique et \u00ab poutresque \u00bb, son travail de production l\u2019est lui aussi. Le son est surboost\u00e9, puissant, clair, comme si on \u00e9tait dans la pi\u00e8ce o\u00f9 se passe l\u2019enregistrement. Tous les petits bruits sont nets et distincts soulignant un peu plus les reliefs et les contours de cette musique muscl\u00e9e, pr\u00e9cise et soign\u00e9e. <\/p>\n<p>   Sleepytime Gorilla Museum sert \u00e0 nouveau un album excellent en tout point, r\u00e9ussissant \u00e0 combiner tous les \u00e9l\u00e9ments qui ont fait leur succ\u00e8s et leur renomm\u00e9e grandissante jusqu\u2019\u00e0 maintenant : l\u2019ambition des m\u00e9langes et l\u2019originalit\u00e9 des compositions. Tout y est ici parfait : \u00e9criture, instrumentalit\u00e9, sensibilit\u00e9 et puissance.<br \/> Sleepytime Gorilla Museum a encore une fois fait \u00e9voluer sa propre musique en laissant les audaces rythmiques apparentes en arri\u00e8re plan et ainsi se consacrer aux ambiances et aux effets de surprise avec des exp\u00e9rimentations plus condens\u00e9es. Plus intimiste que jamais, il faudra du courage aux non-initi\u00e9s pour rentrer dans l\u2019univers du groupe avec ce <i>In Glorious Times<\/i> oppressant au possible. Pour les autres, gros risque d\u2019\u00eatre encore plus \u00ab addict \u00bb qu\u2019auparavant !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sleepytime Gorilla Museum, c\u2019est la r\u00e9v\u00e9lation musicale de ces derniers mois pour certains, de ces&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":2096,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2095"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2095"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2095\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2096"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2095"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2095"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2095"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}