{"id":20788,"date":"2020-01-13T00:00:00","date_gmt":"2020-01-12T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/17282\/AA%20Williams%201.jpg"},"modified":"2020-10-15T22:40:31","modified_gmt":"2020-10-15T20:40:31","slug":"20788","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2020\/01\/13\/20788\/","title":{"rendered":"Cult of Luna &#8211; La face cach\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p>Ambiance obscure mais chaleureuse pour un concert qui faisait fr\u00e9mir m\u00eame l\u2019hiver. Trois groupes nous donnaient rendez-vous ce soir-l\u00e0 en forme de saga g\u00e9n\u00e9reuse dans le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019italienne du Trianon. Premiers soubresauts avec AA Williams, int\u00e9ressante premi\u00e8re partie. Au clavier ou la guitare, l\u2019artiste emporte un public encore clairsem\u00e9 dans les recoins de ses ballades tristes et douces. Cultivant l\u2019intime pour raconter ses histoires au gr\u00e9 des quelques chansons propos\u00e9es, la Londonienne parvient \u00e0 se faire une petite place dans la soir\u00e9e et se retire avec discr\u00e9tion.<br><br> C\u2019est au tour de Brutus d\u2019encha\u00eener en levant un peu plus le niveau des d\u00e9cibels. De profil donc moins avec le public qu\u2019avec ses deux musiciens (et encore !), la chanteuse et batteur Stefanie Mannaerts capte les regards et les oreilles avec sa voix incisive et parfois presque chamanique. Des incantations indie, des vagues rythmiques hypnotiques (\u00ab&nbsp;Cemetery&nbsp;\u00bb) forment un arc narratif efficace malgr\u00e9 des lumi\u00e8res r\u00e9duites \u00e0 leur strict minimum. On dirait du Cranes sous st\u00e9ro\u00efdes. Disons-le d\u2019embl\u00e9e : Brutus restera la bonne surprise de cette soir\u00e9e, surfant avec talent sur ses r\u00e9cents albums <em>Burst<\/em> et <em>Nest<\/em>. Le set se cl\u00f4t par un \u00ab&nbsp;Sugar Dragon&nbsp;\u00bb virevoltant et appuie un peu plus la force du trio belge. Aucun vrai jeu de sc\u00e8ne mais des m\u00e9lodies qui captent l\u2019attention et la tension. Brutus m\u00e9rite un C\u00e9sar ! <br><br> C\u2019est au tour des Su\u00e9dois t\u00eates d\u2019affiche de s\u2019emparer du th\u00e9\u00e2tre devenu s\u00e9pulcral et de distiller un climat glac\u00e9 et aust\u00e8re. Contre lumi\u00e8re oblige, c\u2019est avant tout un concert fait d\u2019ombres qui prend place et nous n\u2019avons que peu l\u2019occasion de vraiment voir les expressions des diff\u00e9rents membres du groupe. Cult of Luna, sur sc\u00e8ne, est finalement moins atmosph\u00e9rique que profond\u00e9ment rentre-dedans. La densit\u00e9 du son n\u2019a d\u2019\u00e9gal que le nombre de musiciens pr\u00e9sents (trois guitares, une basse, un clavier et deux batteries) et on se demande si cet arsenal est tout le temps n\u00e9cessaire (l\u2019exemple des deux batteries parfois redondantes, parfois compl\u00e9mentaires selon). La voix de Johannes Persson, toute en col\u00e8re froide, est syst\u00e9matiquement engag\u00e9e et militante. Proposant majoritairement des productions r\u00e9centes dont des extraits du fameux <em>A Dawn to Fear<\/em> (les puristes de la premi\u00e8re heure en feront les frais), le culte nous invite \u00e0 un spectacle immobile tant\u00f4t \u00e9pique (\u00ab&nbsp;The Silent Man&nbsp;\u00bb), tant\u00f4t introspectif et lancinant (\u201c&nbsp;Lights on the hill&nbsp;\u00bb). Un peu plus \u00ab historique \u00bb, \u00ab&nbsp;Finland&nbsp;\u00bb, extrait de <em>Somewhere Along the highway<\/em>, fouette le sang gr\u00e2ce \u00e0 une introduction martiale, puis virevolte dans l\u2019indie rock. \u00ab&nbsp;The Fall&nbsp;\u00bb conclut le set avec une force persistante, comme il concluait le dernier album. Beaucoup plus intense et violent, Cult of Luna prend une autre dimension en live. Certains se reconna\u00eetront un peu plus dans les c\u00e9r\u00e9monies progressives (\u00ab&nbsp;In awe of&nbsp;\u00bb) que dans les purs moments de tension core, mais il se d\u00e9gageait ce soir-l\u00e0 une force brute qui n\u2019\u00e9chappa \u00e0 personne et dont personne ne r\u00e9chappa. <br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ambiance obscure mais chaleureuse pour un concert qui faisait fr\u00e9mir m\u00eame l\u2019hiver. 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