{"id":2077,"date":"2007-05-20T00:00:00","date_gmt":"2007-05-19T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/2077"},"modified":"2007-05-20T00:00:00","modified_gmt":"2007-05-19T22:00:00","slug":"2077","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/05\/20\/2077\/","title":{"rendered":"Hacride &#8211; Amoeba"},"content":{"rendered":"<p>Hacride est le groupe fran\u00e7ais qui monte ! N\u00e9 en 2001 \u00e0 Poitiers, Hacride qui signifie \u00ab \u00e2cre \u00bb en fran\u00e7ais (\u00ab acrid \u00bb en anglais) ne tarde pas \u00e0 sortir sa premi\u00e8re et unique d\u00e9mo <i>Cyanide Echoes<\/i> et ainsi fait parler de lui rapidement en bien. Puis suit le premier album <i>Deviant Current Signal<\/i> sorti en 2005 directement sign\u00e9 chez Listenable Records. Rapidement catalogu\u00e9 comme hybride entre Meshuggah et Strapping Young Lad, le groupe d\u00e9cide de s\u2019enfermer quatre mois en studio pour \u00e9crire ce qui deviendra <i>Amoeba<\/i>.<\/p>\n<p>  \u00ab Amoeba \u00bb signifie \u00ab amibe \u00bb, vous savez ce microscopique protozoaire de l\u2019environnement qui \u00e9volue dans les milieux sal\u00e9s et sales ? Encore un groupe \u00e9colo ? D\u2019une certaine mani\u00e8re oui, toutefois diff\u00e9rente de celle de Gojira, m\u00eame si quelques points communs sont \u00e0 noter ! Hacride se d\u00e9marque dans sa recherche sonore \u00e0 emprunter \u00e0 la nature dans une forme d\u2019imitation, ce qui est tr\u00e8s net sur l\u2019instrumental \u00ab Cycle \u00bb o\u00f9 les guitares d\u2019Adrien Grousset  tentent d\u2019imiter le tic-tac de gouttes qui tomberaient \u00e0 intervalles irr\u00e9guliers sur des plaques m\u00e9talliques. Apr\u00e8s r\u00e9flexion, Atheist pratiquait des choses similaires dans son troisi\u00e8me album <i>Elements<\/i>. Eux aussi avaient tendance \u00e0 s\u2019inspirer de la nature, chose \u00e9patante pour le m\u00e9tal et pas si \u00e9loign\u00e9e des aspirations de compositeurs de musique classique contemporaine comme Olivier Messiaen (notamment dans son <i>Catalogue d\u2019oiseaux<\/i>). Tout cela pour dire qu\u2019Hacride, ce n\u2019est pas seulement la fougue de gros riffs syncop\u00e9s, c\u2019est aussi une certaine forme d\u2019exp\u00e9rimentation !<br \/> En effet, si <i>Deviant Current Signal<\/i> redonnait du sang neuf \u00e0 une sc\u00e8ne m\u00e9tal fran\u00e7aise, <i>Amoeba<\/i> joue ici dans une autre cat\u00e9gorie, celle des groupes qui d\u00e9passent le concept de groupes nationaux, en optant pour une fa\u00e7on de faire \u00e0 la fran\u00e7aise. Les innovations que le groupe apporte \u00e0 un mouvement, celui d\u2019un m\u00e9tal technique emprunt de hardcore mais aussi de prog dans les d\u00e9veloppements, les structures et les rythmes, en pleine expansion avec des groupes comme Textures, Gojira, The End, Protest The Hero et compagnie, montrent une envie de d\u00e9passer les fronti\u00e8res dans tous les sens du terme. Par exemple, le titre \u00ab Zamba \u00bb repris d\u2019un groupe espagnol nomm\u00e9 Ojos de Brujo (Les yeux du magicien) s\u2019adonnant \u00e0 une musique alliant hip-hop et flamenquito : le voici ins\u00e9r\u00e9 dans l\u2019album au m\u00eame titre que les autres. La reprise qui est aussi une collaboration avec le groupe, est tellement originale que cela en est d\u00e9concertant ! D\u00e9concertant, c\u2019est le terme qui convient aussi \u00e0 la fin de \u00ab Deprived of Soul \u00bb o\u00f9 un riff totalement m\u00e9tal prog sorti de nulle part fait son apparition !<\/p>\n<p>  Le chant de Samuel Bourreau, vraiment mis en avant, s\u2019apparente \u00e0 celui de Joe Duplantier de Gojira, puissant, agressif et monolitique. Le travail des guitares est original et astucieux par moments comme sur le second morceau \u00ab Fate \u00bb et son intro \u00e0 la guitare \u00e9lectro-acoustique, suivi d\u2019un blast d\u00e9vastateur et d\u2019un riff \u00e0 la sonorit\u00e9 exploit\u00e9e par un effet habile, pour retrouver ensuite en contre-champ sous les grosses guitares le riff acoustique. Le duo basse\/batterie, respectivement Benoist Danneville et Olivier Laffond, fonctionne \u00e0 merveille offrant une base solide \u00e0 l\u2019\u00e9difice sonore. Les id\u00e9es s\u2019encha\u00eenent sans accrocs dans des polyrythmies subtiles qui ont le m\u00e9rite de ne pas d\u00e9stabiliser l\u2019\u00e9coute. La complexit\u00e9 n\u2019est ici que sous-jacente, utilis\u00e9e non pas pour impressionner mais pour cr\u00e9er \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un univers personnel, une force intrins\u00e8que repr\u00e9sentant les forces qui s\u2019opposent dans la nature. <br \/> En ce qui concerne la production, elle est tout simplement excellente. La puissance de tous les instruments est retranscrite tr\u00e8s fid\u00e8lement, avec des sons de guitares, basse, batterie, tr\u00e8s organiques, envelopp\u00e9s dans une couche de coton. On s\u2019approcherait du son du dernier album des canadiens de The End <i>Elementary<\/i> : massive mais douce \u00e0 la fois par certains c\u00f4t\u00e9s. <\/p>\n<p>  <i>Amoeba<\/i> est un disque brillant ! Hacride signe un second album nettement sup\u00e9rieur au premier par son originalit\u00e9 et sa puissance. Les id\u00e9es contenues ici sont intelligentes et se succ\u00e8dent avec fluidit\u00e9, rendant ainsi ce disque tr\u00e8s homog\u00e8ne mais aussi diversifi\u00e9 dans un style qui ne l\u2019est pas par essence. Hacride d\u00e9montre que la France regorge de musiciens talentueux et que la musique est en perp\u00e9tuelle \u00e9volution, \u00e0 condition qu\u2019on conc\u00e8de \u00e0 ouvrir les portes \u00e0 la mixit\u00e9 et \u00e0 l\u2019imagination.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hacride est le groupe fran\u00e7ais qui monte ! 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