{"id":2003,"date":"2008-01-22T00:00:00","date_gmt":"2008-01-21T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/2003"},"modified":"2008-01-22T00:00:00","modified_gmt":"2008-01-21T22:00:00","slug":"2003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/01\/22\/2003\/","title":{"rendered":"Radio Massacre Internat&rsquo;l &#8211; Rain Falls in Grey"},"content":{"rendered":"<p><i> Un seul \u00eatre vous manque et tout est d\u00e9peupl\u00e9<\/i><br \/> (Alphonse de Lamartine)<\/p>\n<p>  Nous sommes le 7 juillet 2006 et Syd Barrett, le m\u00e9t\u00e9orique leader de Pink Floyd vient d\u2019abandonner d\u00e9finitivement son jardin et surtout les tourments int\u00e9rieurs qui le tiraillaient depuis plus de trente ans. A l\u2019instar de Bobby Fischer d\u00e9laissant les \u00e9checs de son g\u00e9nie ou d\u2019Arthur Rimbaud embarquant vers son Afrique, il avait depuis des ann\u00e9es mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart ce pourquoi tant de personnes l\u2019adoraient, et comme eux a eu l\u2019\u00e9trange privil\u00e8ge de disparaitre deux fois. En souvenir de ce proph\u00e8te maintenant d\u00e9finitivement absent, le groupe anglais de space rock \u00e9lectronique Radio Massacre International offre aux millions d\u2019admirateur de Pink Floyd un retour vers le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970 entre hommage musical et exercice de style.<\/p>\n<p>  Forts d\u2019une solide exp\u00e9rience et id\u00e9alement introduits par une pochette sign\u00e9e Daevid Allen digne de ses meilleures productions \u00ab&nbsp;gonguesques&nbsp;\u00bb, Steve Dinsdale (claviers, batterie, \u00e9lectronique), Duncan Goddard (claviers, basse, \u00e9lectronique) et Gary Houghton (guitare et\u2026. claviers !) mettent la machine \u00e0 remonter dans le temps en branle. 5, 4, 3, 2, 1, 0, un \u00e9clair violet, une chemise \u00e0 fleurs, un clin d\u2019\u0153il \u00e0 Timothy Leary et \u00ab&nbsp;Rain Falls in Grey&nbsp;\u00bb commence. Le morceau \u00e9ponyme en dix-sept minutes stup\u00e9fiantes ressemble \u00e0 un petit miracle, m\u00e9langeant toutes les influences avec un r\u00e9el bonheur. On trouve ainsi du Soft Machine (saxophone en rut et quelques d\u00e9lires d\u2019introduction 15 %), du Can (rythmiques obs\u00e9dantes 30 %), du Tangerine Dream (final de plusieurs minutes de rien aromatis\u00e9es aux claviers 20 %) et bien sur du Pink Floyd (l\u00e2chers de notes en grappes Gilmouriennes 15 %) du Pink Floyd (chorale des psilocybes \u00e0 la \u00ab&nbsp;Atom Heart Mother&nbsp;\u00bb 10 %) et du Pink Floyd (production irr\u00e9prochable 10%) ! Associ\u00e9 \u00e0 son court pendant judicieusement d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;Syd&nbsp;\u00bb, le charme agit sans retenue et Radio Massacre International replonge au c\u0153ur des ann\u00e9es psych\u00e9d\u00e9liques avec un talent ind\u00e9niable. Il est donc dommage que l\u2019intensit\u00e9 et l\u2019inventivit\u00e9 fassent cruellement d\u00e9faut sur le reste de l\u2019album, qui s\u2019embourbe dans les m\u00eames poncifs sans parvenir \u00e0 les transcender \u00e0 nouveau. Et si \u00ab&nbsp;Emissary&nbsp;\u00bb, plus orient\u00e9 vers un space rock planant reste un agr\u00e9able voyage pour qui a mis ce qu\u2019il fallait dans son g\u00e2teau au chocolat dominical, l\u2019ultime&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2026Far away&nbsp;\u00bb est en revanche clairement de trop. Quitte \u00e0 faire un bel hommage aux ann\u00e9es 1970, le retour \u00e0 une dur\u00e9e plus r\u00e9duite n\u2019aurait l\u00e9s\u00e9 personne et permis de rendre un r\u00e9sultat plus homog\u00e8ne et convaincant. <\/p>\n<p>  A l\u2019heure du bilan, de la sentence, la d\u00e9cision est dure. Si on consid\u00e8re que Pink Floyd et consorts n\u2019ont pas produit assez de disques durant leurs p\u00e9riodes fastes, il faudra  se d\u00e9mener corps et biens pour ce disque irr\u00e9prochable techniquement, fruit d\u2019une d\u00e9marche dont l\u2019honn\u00eatet\u00e9 ne saurait \u00eatre mise en doute. En cas d\u2019idol\u00e2trie mod\u00e9r\u00e9e, les sautes d\u2019inspirations pourraient bien s\u2019av\u00e9rer r\u00e9dhibitoires, m\u00eame si le voyage inaugural de dix-sept minutes dans un monde o\u00f9 Syd Barrett sourit encore se doit d\u2019\u00eatre v\u00e9cu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un seul \u00eatre vous manque et tout est d\u00e9peupl\u00e9 (Alphonse de Lamartine) Nous sommes le&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":2004,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2003"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2003"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2003\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2004"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2003"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2003"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2003"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}