{"id":19812,"date":"2016-03-13T00:00:00","date_gmt":"2016-03-12T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a joe.jpg"},"modified":"2016-03-13T00:00:00","modified_gmt":"2016-03-12T22:00:00","slug":"19812","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/03\/13\/19812\/","title":{"rendered":"Fire! &#8211; Fire! embrase l\u2019hiver scandinave"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Dans le cadre de l\u2019\u00e9dition hivernale du festival de jazz de Copenhague, c\u2019est plus de six cents concerts qui sont programm\u00e9s, principalement dans la capitale scandinave, avec une optique tr\u00e8s large, des performances grand public aux musiques exp\u00e9rimentales. C\u2019est le concert des Su\u00e9dois de Fire!, l\u2019un des fers de lance du label Rune Grammofon, qui a retenu l\u2019attention de l\u2019\u00e9quipe de Chromatique (r\u00e9duite \u00e0 un seul membre pour des raisons \u00e9videntes de co\u00fbt). Elle a donc enfourch\u00e9 son v\u00e9lo dans la nuit copenhagoise pour se rendre au Jazzhouse, salle intimiste dans le centre historique de la ville.<\/strong><br \/><br \/> Programm\u00e9 en premi\u00e8re partie, le duo am\u00e9ricain compos\u00e9 de Joe McPhee au saxophone et \u00e0 la trompette, et Chris Corsano \u00e0 la batterie s\u2019inscrit parfaitement dans la tradition du free-jazz. Dans l\u2019ambiance feutr\u00e9e du Jazzhouse, les spectateur assis attendent poliment le d\u00e9but du concert et lorsque McPhee et Corsano rentrent en sc\u00e8ne, un dialogue se noue \u00e0 la fois intime et puissant entre la figure tut\u00e9laire du free jazz \u00e2g\u00e9e de soixante-seize ans et le batteur plus jeune de trente-six ans. L\u2019espace de libert\u00e9 offert par l\u2019interpr\u00e9tation du duo laisse les spectateurs s\u2019immerger dans une musique \u00e9vocatrice. Si les passages de folie dissonante propres au free-jazz sont bien entendu de mise, McPhee sait aussi cr\u00e9er des m\u00e9lodies \u00e0 la beaut\u00e9 \u00e9vanescente. Il \u00e9voque parfois la fin de la carri\u00e8re de John Coltrane. \u00c0 la batterie, Corsano montre une versatilit\u00e9 habile, il utilise parfaitement toutes les possibilit\u00e9s de son instrument pour accompagner McPhee. Apr\u00e8s presque une heure de concert McPhee rend hommage \u00e0 Ornette Coleman qui d\u2019apr\u00e8s lui a permis l&rsquo;existence de tout un pan du jazz, avec une reprise magnifique de \u201c\u00a0Lonely Woman\u00a0\u201d en rappel.<br \/><br \/> C\u2019est ensuite autour de Fire! de prendre place sur sc\u00e8ne et, d\u00e8s les premi\u00e8res minutes, il semble que l\u2019atmosph\u00e8re du Jazzhouse soit un peu trop sage pour le trio su\u00e9dois. En effet, Fire! est un groupe dont la pr\u00e9sence et la puissance sont plut\u00f4t \u00e0 aller chercher du c\u00f4t\u00e9 du rock, voir du metal. C\u2019est la version trio du groupe, compos\u00e9e de Mats Gustafsson au saxophone, Johan Berthling \u00e0 la basse et Andreas Werlin \u00e0 la batterie, qui entre sur sc\u00e8ne ce soir-l\u00e0 pour pr\u00e9senter l\u2019album <em>She Sleeps She Sleeps<\/em>. Men\u00e9s par la basse satur\u00e9e de Berthling, les musiciens commencent \u00e0 improviser lentement ; petit \u00e0 petit Gustafsson et Werlin entrent dans une fureur implacable et mettent en place un morceau \u00e0 la rythmique lourde et \u00e9touffante, la musique ne va alors plus s\u2019arr\u00eater pendant pr\u00e8s d\u2019une heure. Impressionnant avec son saxophone baryton, Gustafsson assaille le public de ses  phras\u00e9s tortur\u00e9s et tranchants. Il est \u00e9paul\u00e9 par une section rythmique puissante, particuli\u00e8rement Werling dont les envol\u00e9es f\u00e9roces r\u00e9pondent avec autant de folie \u00e0 Gustafsson. Au milieu du chaos, la basse de de Berthling sert de point d\u2019ancrage essentiel.<br \/><br \/> Par moments, Gustafsson se sert d\u2019une bo\u00eete \u00e0 effets pour cr\u00e9er du bruit blanc dans le maeltr\u00f6m sonore qui envahit la salle. Le groupe encha\u00eene les morceaux, si bien que le public ne sait pas vraiment \u00e0 quel moment applaudir. La troisi\u00e8me composition est un crescendo tendu et hypnotique. Tout au long des quatre morceaux jou\u00e9s, les rythmes s\u2019emballent ou se rel\u00e2chent mais l\u2019intensit\u00e9 brute du trio reste enti\u00e8re et l\u2019impression constante que la terre vient de s\u2019ouvrir sous nos pieds pour lib\u00e9rer le magma tellurique de Fire! est tenace. Apr\u00e8s une petite heure de concert qui a sembl\u00e9 durer seulement quelques minutes, le groupe s\u2019\u00e9clipse avant de revenir sur sc\u00e8ne pour un rappel. Gustafsson remercie l\u2019auditoire avant d\u2019\u00e9changer quelques bon mots en su\u00e9dois qui amusent le public mais restent malheureusement incompr\u00e9hensibles pour la Chromateam. Le final du concert d\u00e9bute donc par une improvisation qui rappelle la performance de McPhee et Corsano avant de se conclure sur un dernier moment de folie dantesque.<br \/><br \/> Sous les applaudissements nourris du public, Fire! se retire pour de bon, les trois membres du groupes restent \u00e9changer avec certains spectateurs, ravis par la soir\u00e9e. Pour son premier concert du festival de jazz de Copenhague, l\u2019\u00e9quipe de Chromatique a donc \u00e9t\u00e9 g\u00e2t\u00e9e, entre la performance tout en \u00e9motion du duo Corsano\/McPhee et le magistral Fire!<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a mats 02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19814\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a mats 02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19814\" class=\"wp-image-19814\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a joe 02(1).jpg\" alt=\"\" data-id=\"19815\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a joe 02(1).jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19815\" class=\"wp-image-19815\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a mats.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19816\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a mats.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19816\" class=\"wp-image-19816\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a chris.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19817\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a chris.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19817\" class=\"wp-image-19817\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a joe.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19818\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15702\/a joe.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19818\" class=\"wp-image-19818\"\/><\/figure><\/li><\/figure><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":46,"featured_media":19813,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19812"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/46"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19812"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19812\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19813"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19812"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19812"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19812"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}