{"id":19798,"date":"2015-11-12T00:00:00","date_gmt":"2015-11-11T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15478\/151109-034.jpg"},"modified":"2015-11-12T00:00:00","modified_gmt":"2015-11-11T22:00:00","slug":"19798","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/11\/12\/19798\/","title":{"rendered":"Plaistow &#8211; Jazzdor 2015 &#8211; Titanesque"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Trente ans d\u00e9j\u00e0 que Jazzdor se fait l&rsquo;\u00e9cho de tous les jazz ; la programmation de l&rsquo;\u00e9dition 2015 l&rsquo;atteste une fois de plus. Il n&rsquo;est en effet pas donn\u00e9 \u00e0 tous les festivals de faire jouer des groupes aussi atypiques que Plaistow, qui \u00e9volue aux fronti\u00e8res du genre, avec un pied dans l&rsquo;ambiant et un autre dans le minimalisme. Le trio suisse, d\u00e9j\u00e0 invit\u00e9 \u00e0 Jazzdor en 2011, a investi le Centre Europ\u00e9en d&rsquo;Action Artistiques Contemporaines pour pr\u00e9senter son tr\u00e8s remarqu\u00e9 dernier album <em>Titan<\/em><\/strong>.<br \/><br \/> La petite salle, m\u00ealant l&rsquo;ancien et le moderne, s&rsquo;\u00e9tale tout en longueur. Une soixantaine de chaises, bien vite occup\u00e9e par un public de tous \u00e2ges, forme des arcs de cercles concentriques autour de la sc\u00e8ne. Une odeur de parquet cir\u00e9 nous accueille, le plancher craque, un escalier en colima\u00e7on et des piliers de bois s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent vers un plafond lointain. Plaistow entre en sc\u00e8ne : Johann Bourquenez s&rsquo;installe derri\u00e8re son piano tandis que Cyril Bondi prend possession de sa batterie. Vincent Ruiz et sa contrebasse viennent s&rsquo;intercaler entre les deux. Trois instruments acoustiques amplifi\u00e9s, car cette musique impressionniste n\u00e9cessite la participation de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 afin que soient r\u00e9v\u00e9l\u00e9es toutes ses nuances. <br \/><br \/> Le groupe amorce le voyage avec \u00ab\u00a0Hyp\u00e9rion\u00a0\u00bb, propulsant imm\u00e9diatement la salle dans les espaces vertigineux du voisinage saturnien. Si quelques spectateurs restent dubitatifs, l&rsquo;immense majorit\u00e9 a compris qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de l\u00e2cher prise et de se laisser recouvrir par le flot pour tenter d&rsquo;y voir clair, ou simplement  de s&rsquo;ouvrir aux \u00e9motions que v\u00e9hiculent les notes, sans chercher \u00e0 comprendre forc\u00e9ment la force qui les anime.  <br \/><br \/> Les trois musiciens font corps avec leur instrument, quasiment au sens propre, tant on sent que l&rsquo;objet n&rsquo;est qu&rsquo;un prolongement de l&rsquo;humain qui le manipule. Ou inversement. Alors que Bourquenez et Ruiz sont la concentration impassible incarn\u00e9e, Bondi est extr\u00eamement expressif derri\u00e8re ses f\u00fbts. Son immersion dans l&rsquo;oc\u00e9an de sons, la fusion totale entre lui, sa musique et ses caisses se dessine sur son visage, et parfois sur son corps entier.  Tant\u00f4t en retrait, tant\u00f4t explosive, la batterie entoure de sa versatilit\u00e9 les pulsations organiques du piano et de la contrebasse. Le concert est r\u00e9gl\u00e9 au millim\u00e8tre, et quelques regards lanc\u00e9s \u00e7\u00e0 et l\u00e0 suffisent aux musiciens pour articuler les diff\u00e9rentes phases.  Si, except\u00e9s ces regards, il n&rsquo;existe que peu de communication tangible  entre les trois hommes, ils ne parlent pas davantage avec le public ; \u00e0 peine le pianiste prononce-t-il quelques mots pour pr\u00e9senter le projet : les Suisses sont fiers de leur <em>Titan<\/em> et on le serait \u00e0 moins. Mais les mots importent peu ; ce qui relie ce soir l&rsquo;assistance au groupe, c&rsquo;est la musique et ses ondes hypnotiques, la force d&rsquo;attraction \u00e0 la fois discr\u00e8te et redoutable qu&rsquo;\u00e9mettent les satellites de Saturne. <br \/><br \/> Hormis l&rsquo;amplification, aucun gadget \u00e9lectronique n&rsquo;est utilis\u00e9 pour produire la myriade de sons qui s&rsquo;\u00e9chappe de cette performance. Une main plong\u00e9e dans les entrailles du piano, Bourquenez tire des modulations in\u00e9dites de son instrument, pendant que Ruiz violente les cordes de la contrebasse. Cyril Bondi fait subir \u00e0 son tom basse quantit\u00e9 d&rsquo;outrages, de toutes les mani\u00e8res possibles, y frottant baguettes, cloches, cymbales, pour en tirer des sons improbables.  A la mani\u00e8re d&rsquo;un Sylvain Darrifourq, par exemple (les <em>dreadlocks<\/em> en plus !), il utilise de petits dispositifs artisanaux \u00e0 base de ficelles, d\u2019aluminium, de peaux d\u00e9coup\u00e9es, sur les cymbales ou la caisse claire. Cet attirail vient compl\u00e9ter une bo\u00eete \u00e0 outils sonore qui ferait p\u00e2lir d\u2019envie l&rsquo;\u00e9chantillonneur le plus moderne. De jeunes spectateurs du premier rang \u2013 batteurs en herbe ? \u00e9tudiants en musicologie ? &#8211; tentent m\u00eame, oreilles et yeux riv\u00e9s \u00e0 la complexit\u00e9 de certaines parties de batterie, de compter les mesures de tel ou tel passage&#8230;<br \/><br \/> Le spectacle est dense,  immersif, et laisse peu de r\u00e9pit. C&rsquo;est \u00e0 peine si le tr\u00e8s limpide \u00ab\u00a0Pan\u00a0\u00bb permet de souffler un peu en milieu de concert. Mais le public a compris qu&rsquo;il a assist\u00e9 \u00e0 un grand moment et on sent le trio fier d&rsquo;avoir su le captiver avec une musique exigeante, dont la grande force est de s&rsquo;adresser \u00e0 celui qui pense mais aussi \u00e0 celui qui ressent.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15478\/151109-064.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19800\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15478\/151109-064.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19800\" class=\"wp-image-19800\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15478\/151109-066.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19801\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15478\/151109-066.jpg\" 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