{"id":19746,"date":"2015-10-10T00:00:00","date_gmt":"2015-10-09T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/02 - Day 1 - Motis.JPG"},"modified":"2015-10-10T00:00:00","modified_gmt":"2015-10-09T22:00:00","slug":"19746","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/10\/10\/19746\/","title":{"rendered":"Crescendo &#8211; Saint Palais, tonnerre de prog !"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>17\u00e8me \u00e9dition (!) pour ce festival toujours gratuit, toujours aussi r\u00e9jouissant, et proposant trois jours de concerts de musiques progressives, pour qui veut bien soit d\u00e9ambuler par hasard le long de la mer, devant l\u2019Esplanade du Conci\u00e9 , \u00e0 Saint Palais Sur Mer (pr\u00e8s de Royan ), soit r\u00e9server son billet de train \u00e0 l\u2019avance, pour loger \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, au bungalow, ou tout simplement sous la tente, dont l\u2019emplacement est, lui aussi, comme chaque ann\u00e9e, offert ! Ouf ! Que de bonnes nouvelles en une seule phrase ! <br \/><br \/> Une fois de plus la m\u00e9t\u00e9o c\u00e9leste, comme musicale, se pr\u00e9sentait sous les meilleurs auspices, ass\u00e9nant son soleil vainqueur, entre sc\u00e8ne ombrag\u00e9e et vue sur mer, imprenables ! Chaque ann\u00e9e on envie un peu plus les musiciens qui jouent en ce site enchanteur\u2026 Et chaque ann\u00e9e, depuis quelques saisons maintenant, l\u2019on constate une pr\u00e9sence sans cesse accrue du public, ce d\u00e8s l\u2019ouverture du premier jour, \u00e0 17h. Merci, et bravo \u00e0 tous, rien que pour ce constat.  <br \/><br \/> JEUDI 20 ao\u00fbt<\/strong><br \/> 17h :<br \/> Ce sont les jurassiens de <strong>Motis<\/strong>, d\u00e9j\u00e0 vieux complices de Crescendo, puisque c\u2019est leur troisi\u00e8me apparition, qui entament le festival&#8230;. Ils ouvriront \u00e9galement le bal le lendemain, avec donc deux sets diff\u00e9rents d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s 45 minutes chacun. Pour le premier jour, ils ont choisi le versant folk et chanson de leur r\u00e9pertoire, portant avec beaucoup de classe leur univers m\u00e9di\u00e9val tr\u00e8s identifiable. Changement notable par rapport \u00e0 leurs derni\u00e8res prestations cinq ans auparavant : ils sont de nouveau trois d\u00e9sormais (contre deux pr\u00e9c\u00e9demment), rejoints par Martial Baudoin \u00e0 la basse, pr\u00e9sent sur leur dernier album. D\u2019entr\u00e9e le son est excellent, mettant en valeur les trois larrons, et la pr\u00e9sence de ce nouveau bassiste ne fait qu\u2019asseoir un peu plus les prouesses rythmiques de Tony Carvalho (batterie, et tr\u00e8s jolies interventions au vibraphone), ainsi que les acrobaties (litt\u00e9ralement !) d\u2019Emmanuel Tissot (Motis), qui au chant, qui au bouzouki \u00e9lectrique, qui aux claviers ! Toujours aussi performant ! La recette fait mouche, m\u00eame si le r\u00e9pertoire semble un peu sage, pour ce set du moins. Les gaillards s\u2019y entendent pourtant pour faire monter la sauce, augurant d\u2019un lendemain encore plus all\u00e9chant. Le public finit par \u00eatre s\u00e9duit, voire conquis ! Vivement demain !  <br \/><br \/> 18h :<br \/> <strong>Inepsys<\/strong> est un groupe fran\u00e7ais du sud ouest de la France (Midi-Pyr\u00e9n\u00e9es), pratiquant un m\u00e9tal symphonique comme on en trouve un peu partout actuellement, et dont les influences tr\u00e8s largement partag\u00e9es vont vers Dream Theatre. Leur musique, \u00e9grainant les plans reconnus et rebattus du genre, se pare r\u00e9guli\u00e8rement de s\u00e9quences gothiques symphoniques, pop rock, \u00e9lectro rock, funk rock, soul, jazz etc. Beaucoup de guitares, riffs \u00e0 l\u2019appui, grosse caisse plomb\u00e9e et chant lyrique au menu, pas tr\u00e8s progressif en fait (ce sera d\u2019ailleurs une sorte de fil rouge tout au long du festival, un point un peu regrettable). On pourra pointer du doigt un certain manque d\u2019originalit\u00e9, certes desservi par un son assez moyen. Saluons tout de m\u00eame le professionnalisme du combo, en esp\u00e9rant que leur prestation leur aura permis d\u2019\u00e9largir leur public, ainsi que de vendre un maximum de disques (nouvel album : <em>The Chaos Engine<\/em>) . C\u2019est tout le mal qu\u2019on leur souhaite ! <br \/><br \/> 20h : <br \/> L\u2019Italie est cette fois-ci \u00e0 l\u2019honneur (comme ce sera encore deux fois le cas) avec les acolytes de Paolo \u00ab\u00a0SKE Botta\u00a0\u00bb, clavi\u00e9riste et \u00e9minent compositeur, prolixe s\u2019il en est. <strong>Not A Good Sign<\/strong> avait frapp\u00e9 tr\u00e8s fort, avec un premier album de toute beaut\u00e9, alliant symphonisme, fusion et tensions sous contr\u00f4le. Depuis, le guitariste Francesco Zago, deuxi\u00e8me fondateur du groupe, a quitt\u00e9 le navire, emportant avec lui la part la plus sombre de leur musique. Le deuxi\u00e8me album a pourtant peu divis\u00e9, tourn\u00e9 d\u00e9sormais vers des pi\u00e8ces plus m\u00e9lodiques et chant\u00e9es. La prestation qui a suivi a t\u00f4t fait de r\u00e9concilier les uns et les autres tant la set-list fut synth\u00e9tique, et brillante. Tout d\u2019abord, saluons l\u2019enthousiasme tr\u00e8s contagieux des musiciens, Botta en t\u00eate, jubilant totalement sur ses claviers (pourtant emprunt\u00e9s en catastrophe, et \u00e0 la derni\u00e8re minute, du fait d\u2019un souci de transport a\u00e9rien !), suivi de pr\u00e8s par Alessandro Cassani, le bassiste, exub\u00e9rant, et visiblement tr\u00e8s fier de l\u2019\u00eatre (section rythmique de feu !). Il faut aussi louer la prestation vocale remarquable d\u2019Alessio Calandriello (La Coscienza Di Zeno), dont la technique et l\u2019intensit\u00e9 n\u2019ont jamais faibli, de bout en bout ; justesse, tessiture tr\u00e8s assur\u00e9e, pr\u00e9sence sc\u00e9nique, registre aigu puissant et pr\u00e9cis, en plus du plaisir d\u2019\u00eatre l\u00e0, on peut dire qu\u2019il aura durablement marqu\u00e9 les esprits. Seul le nouveau guitariste, finalement, d\u00e9tonnait dans ce registre de tr\u00e8s haute vol\u00e9e, son jeu tr\u00e8s fusion tournant en boucle, pour des soli fournis et d\u00e9monstratifs, toujours les m\u00eames, et manquant cruellement d\u2019\u00e2me\u2026 Ce sera, \u00e9galement, une certaine constante pour cette \u00e9dition 2015, comme vous le verrez\u2026 Mais c\u2019est faire la fine bouche, tant ce concert fut v\u00e9ritablement brillantissime. L\u2019un des concerts phare de cette \u00e9dition, sans aucun doute. <br \/><br \/> 22h : <br \/> L\u2019organisation est, comme chaque ann\u00e9e, tr\u00e8s ponctuelle, et c\u2019est au trio fran\u00e7ais <strong>M\u00f6rglbl<\/strong> de prendre d\u2019assaut l\u2019audience. Attention, le spectacle qui s\u2019annonce sera total ! Outre les prouesses guitaristiques de Christophe Godin (ma\u00eetre \u00e8s 6 cordes, m\u00e9thodes d\u2019enseignement \u00e0 l\u2019appui) , on va avoir droit \u00e0 un festival de poilades, invectives thrash, chauffage de salle et autres tueries musicales, tous azimuts ! Essayer de r\u00e9sumer ce concert serait une gageure, tant les trois musiciens (monstrueux de technique) semblaient totalement libres, improvisant quasiment de bout en bout ce show \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine ! Le bassiste, d\u2019apparence mesur\u00e9e (en contraste avec l\u2019allure tr\u00e8s  \u00ab hache de combat \u00bb de Godin) ne fut pas en reste pour dispenser pitreries et houspillages de public. Toute l\u2019histoire de la musique, ou presque, y est pass\u00e9e ; riffs ultra m\u00e9tal, arrachage de vert\u00e8bres, meeting Vai-Satriani, jazz retro, sauteries blues, Petite Musique De Nuit, et tout ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 ci avant\u2026 Difficile de r\u00e9sister \u00e0 un tel rouleau compresseur, si ce n\u2019est, parfois, le sentiment de ne pas trop savoir on l\u2019on va, et d\u2019avoir pass\u00e9 une bonne moiti\u00e9 du temps \u00e0 se faire engueuler, pour pas tant de musique que \u00e7a au fond. Mais la marrade \u00e9tait au rendez-vous, \u00e7a c\u2019est s\u00fbr ! Ce sont les al\u00e9as de ce genre de prestation, mais au vu du triomphe qui fut r\u00e9serv\u00e9, montant d\u2019un cran \u00e0 chaque fois (ils ont du m\u00e9tier et \u00e7a se voit !), la soir\u00e9e fut chaude !  <br \/><br \/> <strong>VENDREDI 21 ao\u00fbt<\/strong><br \/> 17h : <br \/> <strong>Motis<\/strong> est de retour, pour cette fois un deuxi\u00e8me set beaucoup plus ambitieux, progressif \u00e0 n\u2019en pas douter, faisant honneur \u00e0 leur tout dernier album. <em>Josquin Messonnier <\/em> est en effet un disque concept, tr\u00e8s ax\u00e9 sur les claviers analogiques, et \u00e0 qui il sera fait diablement honneur. Mellotron, Moog, Hammond et autres sonorit\u00e9s <em>seventies<\/em> ont \u00e9maill\u00e9 les chansons et morceaux du trio (dont un bel instrumental), enfon\u00e7ant le clou de la journ\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, et embarquant les quelques derniers circonspects. Manu Tissot, capitaine du projet, fut imp\u00e9rial, malgr\u00e9 des textes nombreux et cons\u00e9quents, jonglant une fois de plus entre micro, cordes, orgues (si !) pour des soli , accompagnements rythmiques et changements de sons : un v\u00e9ritable funambule musical, donnant de sa voix claire et puissante, entra\u00eenant la foule \u00e0 lui tout seul. Andr\u00e9 Balzer, monsieur Atoll, vint partager le chant sur le morceau d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans leur dernier disque, faisant affleurer quelques effluves d\u2019\u00e9motion et d\u00e9montrant, le temps de quelques dialogues m\u00e9lodieux, combien il n\u2019avait pas perdu la main, ou plut\u00f4t la voix. Oubli\u00e9e la teinte m\u00e9di\u00e9vale un peu sage et clich\u00e9, les Jurassiens ont, une fois encore, laiss\u00e9 un tr\u00e8s heureux souvenir \u00e0 l\u2019auditoire. <br \/><br \/> 18h : <br \/> A l\u2019annonce d\u2019une reformation d\u2019<strong>Atoll<\/strong>, groupe plus que mythique, voire culte, faisant partie des tous meilleurs du genre de l\u2019\u00e2ge d\u2019or (hors hexagone s\u2019entend), la surprise \u00e9tait totale ! L\u2019enthousiasme aussi ! Pensez-donc, ce Yes fran\u00e7ais, comme on le pr\u00e9sentait \u00e0 l\u2019\u00e9poque, n\u2019avait plus jamais foul\u00e9 la sc\u00e8ne depuis plus de 25 ans au moins. <strong>Andr\u00e9 Balzer<\/strong>, chanteur historique, avait r\u00e9cemment sorti un disque solo, dans un registre plut\u00f4t pop sophistiqu\u00e9e, tout en r\u00e9activant, avec Joelle Gehin aux claviers, la musique d\u2019Atoll, et avec un tout nouveau groupe de \u00ab p\u2019tits jeunes \u00bb\u2026 D\u00e9j\u00e0 c\u2019\u00e9tait une nouvelle formidable, <em>L\u2019Araign\u00e9e-Mal<\/em> \u00e9tant encore aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des meilleurs albums de rock progressif de tous les temps, m\u00eame s\u2019ils sont tr\u00e8s nombreux, je vous l\u2019accorde. Les quelques documents post\u00e9s sur Youtube (vive internet !) auguraient d\u2019un niveau tout \u00e0 fait encourageant. Restait la performance de Balzer, seul rescap\u00e9 de la flotte originelle. Les parties de chant de cette musique \u00e9tant particuli\u00e8rement marquantes, l\u2019interpr\u00e9tation jouant un r\u00f4le ma\u00eetre, toutes ces ann\u00e9es pass\u00e9es nous laissaient dans une certaine\u2026 expectative, augurant soit du meilleur, soit du pire. Et bien disons-le d\u2019entr\u00e9e : le r\u00e9sultat fut \u00e9poustouflant, d\u00e9passant tr\u00e8s largement les attentes de chacun d\u2019entre nous. Avec son allure neo punk, ses cheveux ras\u00e9s orange fluo, ses costumes bigarr\u00e9s m\u00ealant Orient et \u00e9trange, jamais pass\u00e9istes, \u00e9voquant de r\u00e9els voyages transversaux, le chanteur nous a d\u00e9livr\u00e9 un concert d\u2019une rare intensit\u00e9. Sa voix, certes charg\u00e9e d\u2019usure, d\u2019un grain encore in\u00e9dit, v\u00e9hiculait des \u00e9motions d\u2019une tr\u00e8s grande sinc\u00e9rit\u00e9, sans aucune auto complaisance, et ce avec une aisance et une technique v\u00e9ritablement in\u00e9dites.  Il fallait le voir et entendre dans son registre falsetto, tutoyant les anges, tenir le souffle, ass\u00e9ner une rage toute hard rock, et empoigner sa musique comme si sa vie en d\u00e9pendait. L\u2019assistance en \u00e9tait p\u00e9trifi\u00e9e, et nombreux (dont votre serviteur) en ont vers\u00e9 des larmes, \u00e0 plusieurs reprises ! Le r\u00e9pertoire, pourtant court (pourquoi ne pas les avoir programm\u00e9s en t\u00eate d\u2019affiche ?) fut absolument idyllique : \u00ab\u00a0Musiciens-Magiciens\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0L\u2019araign\u00e9e-Mal\u00a0\u00bb (d\u2019anthologie !), \u00ab\u00a0 Paris C\u2019est Fini\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Les Dieux M\u00eame\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Smarto Kitchy\u00a0\u00bb(d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9 !), on en passe et des meilleures\u2026 Merveilleux de se souvenir \u00e0 quel point Atoll a produit une musique qui confine au g\u00e9nie. Beaucoup de groupes actuels devraient s\u2019en inspirer, soit dit en passant. La qualit\u00e9 des musiciens \u00e9tait de mise, avec une mention particuli\u00e8re pour la paire de claviers, d\u2019une pr\u00e9cision et d\u2019un \u00e0-propos hors pair, un batteur tr\u00e8s juste, tr\u00e8s fin (malgr\u00e9 le spectre ind\u00e9passable d\u2019Alain Gozzo). Fred Schneider (\u00c9clat, entre autre), assurait la rel\u00e8ve, sans doute due \u00e0 une absence provisoire du bassiste. En lieu et place du violon, un excellent fl\u00fbtiste-saxophoniste, insufflant une touche jazz, voire jazz rock, relayait quelques parties de chorus avec beaucoup de sensibilit\u00e9. Ce jeune homme est une trouvaille : bravo ! Seul le guitariste, finalement, jurait par ses d\u00e9monstrations st\u00e9riles de virtuosit\u00e9, lors de solos qu\u2019il administrait avec beaucoup de forfanterie, et que le mixage de d\u00e9part avait mis bien trop en avant. N\u2019est pas Latimer qui veut, ni Hackett\u2026 Ceci dit, lorsqu\u2019il se fondait dans la composition, il \u00e9tait parfait. Quoiqu\u2019il en soit, ce fut un pur moment de gr\u00e2ce (un rappel fut accord\u00e9, malgr\u00e9 le timing serr\u00e9, et le r\u00e9pertoire achev\u00e9), un concert absolument inoubliable, laissant esp\u00e9rer une tourn\u00e9e triomphale, et, au-del\u00e0, qui sait, un nouvel album. Avec un tel niveau, tout est permis ! <strong>Andr\u00e9 Balzer\u2019s Atoll<\/strong> ? Magnifique!  <br \/><br \/> 20h : <br \/> <strong>Profusion<\/strong> est un quintette italien tout droit venu de Sienne, pratiquant une sorte de n\u00e9o prog chant\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement muscl\u00e9, et entrecoup\u00e9 de parties instrumentales d\u00e9rivant parfois vers les ann\u00e9es 70. La prestation fut tr\u00e8s appliqu\u00e9e, si ce n\u2019est qu\u2019elle manquait un peu de conviction. On ne peut rien reprocher au niveau technique des musiciens, ni du chanteur d\u2019ailleurs, mais la prestation est rest\u00e9e un peu scolaire. Pourtant, les compositions ne s\u2019illustraient pas particuli\u00e8rement par leur degr\u00e9 de sophistication\u2026 Les plans pourtant annonc\u00e9s m\u00e9tal par le programme(Dream Theater en t\u00eate) \u00e9taient tr\u00e8s convenus, plut\u00f4t tranquilles, et il fallait beaucoup de patience pour d\u00e9couvrir \u00e7a et l\u00e0 quelques s\u00e9ances sortant du lot. Ne g\u00e2chons pas le plaisir de ceux qui appr\u00e9ci\u00e8rent, car il en est toujours qui, conquis par la dimension sc\u00e9nique , manifestent leur enthousiasme. On peut cependant affirmer que ce groupe manque encore d\u2019originalit\u00e9. Il ne fut pas le seul. <br \/><br \/> 22h00 : <br \/> La Norv\u00e8ge revient, apr\u00e8s un an d\u2019absence de festival, pour renouer avec les senteurs pop rock <em>seventies<\/em>. En effet, en 2013, le quatuor <strong>Arabs In Aspic<\/strong> avait conquis l\u2019esplanade, r\u00e9-\u00e9pluchant le catalogue des citations de la grande \u00e9poque. La sortie d\u2019un nouvel album fut l\u2019occasion pour faire montre, \u00e0 nouveau, de leur plaisir, et de leur aisance. Rien de nouveau, bien s\u00fbr, tant leur discographie ne d\u00e9vie pas d\u2019un iota. Quelques grands moments sortirent du lot, \u00e9voquant les grands Deep Purple, et surtout Black Sabbath (mention sp\u00e9ciale, quelques r\u00e9calcitrants se pr\u00e9cipitant d\u2019un seul coup vers la sc\u00e8ne\u2026 mais cette s\u00e9quence fut de courte dur\u00e9e). Le reste, d\u2019un abord tr\u00e8s sympathique, prolongeait des couleurs psych\u00e9, \u00e0 grands renforts d\u2019orgue Hammond, et de chorus archi bluesy\u2026 Le public fut ravi. Les gens sont toujours contents! On regrettera, comme dit pr\u00e9c\u00e9demment, qu\u2019Atoll n\u2019ait pas eu la possibilit\u00e9 d\u2019assurer ces quasi deux heures, sauf le respect d\u00fb aux Norv\u00e9giens, bien s\u00fbr\u2026   <br \/><br \/> <strong>SAMEDI 22 ao\u00fbt <\/strong><br \/> 17h : <br \/> Aujourd\u2019hui c\u2019est la saint Fabrice! Mais c\u2019est aussi au tour d\u2019<strong>Hyskal<\/strong>, groupe local, d\u2019ouvrir le bal. Aux dires du programme, c\u2019est un groupe r\u00e9volu qui se pr\u00e9sente sur sc\u00e8ne, puisque celui-ci a d\u00e9j\u00e0 splitt\u00e9, lors de l\u2019enregistrement de son deuxi\u00e8me album (un premier cependant est paru : <em>Insight<\/em>). Crescendo fut donc pour eux l\u2019occasion de se r\u00e9unir.  Leur musique s\u2019apparente \u00e0 du m\u00e9tal progressif (encoooore !), mais ce sextette propose une certaine originalit\u00e9, dans la mesure o\u00f9 sa musique comporte un chant en fran\u00e7ais, doubl\u00e9 d\u2019interventions de saxophone, un instrument plut\u00f4t atypique dans ce genre. \u00c9crire et chanter en fran\u00e7ais, lorsqu\u2019on fait du rock, qui plus est du m\u00e9tal, n\u2019est pas chose ais\u00e9e, encore faut-il ma\u00eetriser la langue, mais aussi avoir un solide bagage litt\u00e9raire. Le pi\u00e8ge est de tomber dans les clich\u00e9s que le m\u00e9tal prog distribue \u00e0 profusion, entre citations jud\u00e9o-chr\u00e9tiennes, aphorismes d\u00e9clinant lumi\u00e8re et t\u00e9n\u00e8bres, raccourcis hasardeux sur la psych\u00e9 humaine, le sens de la vie etc. On aurait aim\u00e9 \u00eatre s\u00e9duit par l\u2019emploi du sax (on se rem\u00e9more la folie g\u00e9niale de Panzerballett, en m\u00eame lieu et place), mais il se montra plut\u00f4t parcimonieux, et sage, h\u00e9las, tout \u00e0 l\u2019instar des claviers, qui se content\u00e8rent de nappes encore plus discr\u00e8tes. Les joutes plomb\u00e9es et appuy\u00e9es entre grosse caisse et guitare occupaient le terrain, forc\u00e9ment. Le mim\u00e9tisme du chanteur avec celui de Dream Theater &#8211; voix, auto complaisance et r\u00e9ajustement de cheveux en t\u00eate &#8211; furent plus g\u00eanants au final qu\u2019autre chose, d\u2019autant que les textes n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s audibles (et fameux ?). En fait, ce groupe, assez mal sonoris\u00e9, aurait sans doutes plus retenu l\u2019attention si le festival n\u2019avait d\u00e9j\u00e0 programm\u00e9 au moins deux autres formations \u00e0 l\u2019identique; en ces circonstances, passer en troisi\u00e8me place n\u2019est que peu enviable. On peut aussi s\u2019interroger sur la pr\u00e9sence d\u2019un groupe, qui, officiellement, n\u2019existe plus. A moins qu\u2019il ne se soit reform\u00e9 ? <br \/><br \/> 18h : <br \/> L\u2019Italie est de nouveau \u00e0 l\u2019\u0153uvre, avec un quintette d\u00e9j\u00e0 acclam\u00e9 lors de festivals r\u00e9put\u00e9s, \u00e0 Veruno (\u00e9quivalent de notre Crescendo national), et G\u00eanes. Une chose frappe d\u2019entr\u00e9e : les similitudes avec Jethro Tull : chanteur-flutiste ad hoc, \u00e0 la gestuelle identique au grand Ian Anderson ! M\u00eame fa\u00e7on de scander les riffs et accentuations, m\u00eame \u00e9nergie, et intonations voisines, donc heavy prog et folk \u00e0 tous les \u00e9tages. Les compositions de <strong>Psycho Praxys<\/strong> ont fait montre d\u2019une belle inspiration, empreintes de tr\u00e8s bons passages, sans pourtant trop plagier ni parodier leur mod\u00e8le. Le seul hic, mais de taille, fut la fiabilit\u00e9 des musiciens, et tout particuli\u00e8rement celle du batteur, qui semblait ramer, tant il donnait l\u2019impression d\u2019avoir un demi train de retard ! A moins que ce ne soit le clavier, trop press\u00e9, ou trop affair\u00e9 \u00e0 mener \u00e0 bien ses arp\u00e8ges v\u00e9loces. Dommage, car les arrangements, une fois ces d\u00e9fauts mis de c\u00f4t\u00e9, apparaissaient comme vraiment r\u00e9ussis, et parfois m\u00eame somptueux. Pass\u00e9 le probl\u00e8met r\u00e9current de la rythmique \u00e0 la ramasse (mais tout le monde s\u2019en est-il aper\u00e7u ?), le plaisir a bien fini par s\u2019installer, et les plus exigeants finirent m\u00eame par tendre l\u2019oreille. Mission presque remplie finalement ! De quoi donner envie, en tous cas, de d\u00e9couvrir leur travail en studio. Un seul album paru, pour le moment : <em>Echoes From The Deep<\/em>, sorti en 2012.  <br \/><br \/> 20h : <br \/> En pr\u00e9ambule de la suite, Denis Longo, disparu dans le courant de l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e, fut \u00e9voqu\u00e9 ; compagnon exceptionnel, fondateur de l\u2019excellentissime site Progressive Area, festivalier fid\u00e8le, passionn\u00e9 \u00e9m\u00e9rite, son absence se fit ressentir parmi les nombreux t\u00e9moins qui furent appel\u00e9s \u00e0 rejoindre le devant de l\u2019estrade. Le concert qui suit lui fut d\u00e9di\u00e9. Et nombreux \u00e9tions-nous \u00e0 traverser l\u2019esplanade, pour t\u00e9moigner de notre attachement et notre admiration. Un moment de silence, et d\u2019\u00e9motion. <br \/><br \/> Place \u00e0 la musique : si ce cru 2015 s\u2019av\u00e9rait prometteur au regard d\u2019au moins une t\u00eate d\u2019affiche, c\u2019\u00e9tait bien avec <strong>Wobbler<\/strong>, l\u2019un des derniers fers de lance du renouveau nordique des ann\u00e9es 90. Trois albums seulement \u00e9maillent leur carri\u00e8re, dont les deux premiers prolongeaient l\u2019ambition d\u2019un \u00c4nglag\u00e5rd, \u00e0 la sauce ELP puisque les claviers analogiques y \u00e9taient port\u00e9s tr\u00e8s en avant. Leur tout dernier (d\u00e9j\u00e0 ancien) explorait les eaux plus contemplatives et positives du Yes de l\u2019\u00e2ge d\u2019or, avec un chanteur cette fois-ci presque omnipr\u00e9sent. Quoi qu\u2019il en soit la r\u00e9putation sc\u00e9nique de ces Norv\u00e9giens n\u2019\u00e9tant plus \u00e0 faire, toute l\u2019assistance \u00e9tait au rendez-vous. Et personne ne fut d\u00e9\u00e7u, bien au contraire. M\u00eame les plus sceptiques (ceux qui appr\u00e9ciaient les circonvolutions tendues et bouillonnantes des d\u00e9buts) furent emport\u00e9s par l\u2019excellence, d\u2019abord, du son, mais aussi des compositions (dont une in\u00e9dite), des arrangements (deux guitares d\u00e9sormais) et de l\u2019excellent chanteur, tant la qualit\u00e9 et la classe furent de mise. Incroyable de voir comment, avec une d\u00e9contraction et une simplicit\u00e9 de chaque instant, quasiment l\u2019air de rien, ils ont d\u00e9livr\u00e9 un set superbe, parfaitement \u00e9quilibr\u00e9, entre tensions crimsonniennes et harmonies c\u00e9lestes. On pressentait d\u00e9j\u00e0 sur disque une technique sans faille, mais ce fut un bonheur de chaque instant de constater combien cette excellence \u00e9tait au service de la nuance et de la sensibilit\u00e9. Une mention toute particuli\u00e8re pour le guitariste, presque effac\u00e9, \u00e0 gauche de la sc\u00e8ne, \u00e0 la justesse et au toucher absolument splendides, aux antipodes de tous les guitar-h\u00e9roes qui s\u2019\u00e9taient succ\u00e9d\u00e9 jusque l\u00e0, eux si souvent bavards et pr\u00e9tentieux. C\u2019\u00e9tait un r\u00e9el bonheur ; des effluves de Mellotron et orgue Hammond hantaient les lieux, soutenus par une paire rythmique absolument r\u00e9jouissante (basse Rickenbacker aux petits oignons, pr\u00e9cise, g\u00e9n\u00e9reuse ou mesur\u00e9e : magnifique).Quelque chose d\u2019inhabituel flottait dans l\u2019air\u2026 enfin ! Un tr\u00e8s grand bravo, pour l\u2019un des grands moments du festival, toutes saisons confondues ! <br \/><br \/> 22h : <br \/> Ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents il y a d\u00e9j\u00e0 quelques ann\u00e9es le savaient, ceux qui, depuis, avaient acquis le DVD promotionnel du festival aussi : <strong>Crazy World<\/strong> avait d\u00e9j\u00e0 su mettre le feu avec son hard rock d\u00e9jant\u00e9. Epaul\u00e9 par l\u2019ancien clavi\u00e9riste de Wigwam (groupe jazz rock pop des ann\u00e9es 70, dont les trois premiers albums sont absolument exceptionnels), ces joyeux drilles norv\u00e9giens savent replonger quiconque dans la marmite hard rock, avec une jubilation fa\u00e7on Woodstock, pas moins ! Le chanteur et mentor, Mika Jarvinen, crini\u00e8re d\u2019or, silhouette d\u00e9gingand\u00e9e (qui a dit Robert Plant ?), allure et voix d\u00e9glingu\u00e9es, s\u2019y conna\u00eet comme pas deux pour lever la jambe (litt\u00e9ralement !), avec son fran\u00e7ais approximatif, faisant fi des barri\u00e8res, des pyl\u00f4nes de sc\u00e8nes, et s\u2019immergeant \u00e0 plusieurs reprises dans la foule, micro en main (qui ose encore les bains de foule, \u00e0 plus de 50 piges ?), tel une pure star du rock tout droit \u00e9chapp\u00e9e de l\u2019asile du coin. Il faut le voir vous filer la banane, avec sa loufoquerie qui n\u2019a d\u2019\u00e9gale que celle d\u2019un Daevid Allen, h\u00e9las d\u00e9j\u00e0 au pays des th\u00e9i\u00e8res volantes, ou bien encore Raoul Petite (qui conna\u00eet ce g\u00e9nial artiste marseillais ?). Le pays des Crazy World se situe radicalement du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autoroute du paradis. La recette se veut simple et sans d\u00e9tour : un morceau de Crazy World, un morceau de Led Zeppelin ! Le concert va ainsi se d\u00e9rouler, entre ballades rock \u00e0 final en crescendo, saillies guitaristiques dantesques, feeling (enfin !) de folie, riffs hallucin\u00e9s, et catalogue ultra groove du Zep ! La voix du coyote de service a perdu de sa justesse, de sa superbe, certes, les aigus en ayant pris un coup, mais ce fut compter sans l\u2019\u00e9norme sens de l\u2019\u2019autod\u00e9rision de Jarvinen. Le public est aux anges, fourmis dans les pieds, bas du ventre aux abois et <em>head banging<\/em> \u00e0 tous les \u00e9tages. Et le groupe en a sous la p\u00e9dale : gratteux ultra rock (enfin !), <em>riffs, chorus<\/em> et <em>bends<\/em> incandescents, paire basse-batterie infernale, et orgue Hammond chauff\u00e9 \u00e0 blanc, lib\u00e9rant \u00e7a et l\u00e0 les nu\u00e9es d\u2019un Mellotron (un vrai !) stratosph\u00e9rique, sans compter les soli de Mini Moog \u00e0 tomber par terre ! L\u2019ambiance est \u00e0 la surchauffe, d\u2019autant que le ciel commence \u00e0 r\u00e9sonner du marteau des dieux, comme une sorte de reconnaissance. Tonnerre, grondements colossaux, puis temp\u00eate, tout va de pair ! Et puis\u2026 la pluie d\u00e9barque sagement d\u2019abord, puis se d\u00e9verse peu \u00e0 peu en cordes de piano sous les halos rouges, vert et bleu de la sc\u00e8ne. Le guitariste s\u2019interrompt, l\u00e2che tout, Jarvinen dispara\u00eet comme une fl\u00e8che dans sa camionnette blanche (parole !), suivi du bassiste, laissant seuls batteur et Hammond, pour une joute furibarde, disputant fureur et hurlements aux \u00e9l\u00e9ments, qui finiront quand m\u00eame par avoir le dessu. L\u2019esplanade devient alors d\u00e9luge biblique, les quelques rescap\u00e9s en capuchonn\u00e9s ont t\u00f4t fait de s\u2019\u00e9parpiller, \u00e0 l\u2019instar de votre serviteur, qui termina ce festival dans sa tente de poche, rou\u00e9e par les trombes furibardes de tout un \u00e9t\u00e9 de pluie ! <br \/><br \/> Difficile d\u2019en dire plus, si ce n\u2019est que la nuit fut autant tellurique que blanche, assourdie par les explosions hallucin\u00e9es d\u2019\u00e9clairs. Le marteau a bien frapp\u00e9, sans retenue ! Vive le rock, vive le prog, vive l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Un grand salut aux amis qu\u2019on n\u2019a \u00e9videmment pas eu le temps ni la possibilit\u00e9 d\u2019embrasser. <br \/><br \/> Ainsi s\u2019ach\u00e8ve Crescendo 2015, avec tout le courage du lendemain, celui des b\u00e9n\u00e9voles qui aid\u00e8rent au d\u00e9montage. Une fois de plus, ce festival r\u00e9sonnera comme un moment vraiment singulier, \u00e0 tous points de vue, o\u00f9 musique, fraternit\u00e9 et beaut\u00e9 g\u00e9ographique se sont disput\u00e9 la place. Un plaisir certain des retrouvailles. <br \/><br \/> A l\u2019ann\u00e9e prochaine !<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/25 - Day 2 - Atoll.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19748\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/25 - Day 2 - Atoll.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19748\" class=\"wp-image-19748\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/23 - Day 2 - Motis.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19749\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/23 - Day 2 - Motis.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19749\" class=\"wp-image-19749\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/28 - Day 2 - Atoll.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19750\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/28 - Day 2 - Atoll.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19750\" class=\"wp-image-19750\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/65 - Day 3 - Wobbler.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19751\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/65 - Day 3 - Wobbler.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19751\" class=\"wp-image-19751\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/46 - Day 2 - Arabs In Aspic.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19752\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/46 - Day 2 - Arabs In Aspic.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19752\" class=\"wp-image-19752\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/15 - Day 1 - Morglbl.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19753\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/15 - Day 1 - Morglbl.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19753\" class=\"wp-image-19753\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/38 - Day 2 - Atoll.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19754\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/38 - Day 2 - Atoll.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19754\" class=\"wp-image-19754\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/21 - Day 2 - Motis.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19755\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/21 - Day 2 - Motis.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19755\" class=\"wp-image-19755\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/16 - 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Day 3 - Hyskal.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19759\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/54 - Day 3 - Hyskal.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19759\" class=\"wp-image-19759\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/73 - Day 3 - Crazy World.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19760\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/73 - Day 3 - Crazy World.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19760\" class=\"wp-image-19760\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/74 - Day 3 - Crazy World.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19761\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/74 - Day 3 - Crazy World.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19761\" class=\"wp-image-19761\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/61 - Day 3 - Wobbler.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19762\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/61 - Day 3 - Wobbler.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19762\" class=\"wp-image-19762\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/08 - Day 1 - Inepsys.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19763\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/08 - Day 1 - Inepsys.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19763\" class=\"wp-image-19763\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/10 - Day 1 - Not A Good Sign.JPG\" alt=\"\" data-id=\"19764\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/10 - Day 1 - Not A Good Sign.JPG\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19764\" class=\"wp-image-19764\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15439\/51 - 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