{"id":19404,"date":"2013-10-02T00:00:00","date_gmt":"2013-10-01T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-21.jpg"},"modified":"2013-10-02T00:00:00","modified_gmt":"2013-10-01T22:00:00","slug":"19404","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2013\/10\/02\/19404\/","title":{"rendered":"Night of the Prog &#8211; Un festival pour les gouverner tous &#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article collaboratif \u00e9crit par Martial Briclot, Maxime Delorme et Elisabeth Parnaudeau<\/strong><\/p>\r\n\n<p><strong>Lorelei : un nom qui \u00e9voque une nixe germanique dont le chant envo\u00fbtait les navigateurs du Rhin, les pr\u00e9cipitant \u00e0 leur perte sur le rocher \u00e9ponyme. Aujourd\u2019hui, cette nymphe attire un autre type de proies : les festivaliers ! En effet, chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9, la commune de Sankt Goarshausen organise une s\u00e9rie de concerts et de festivals sur le rocher de Lorelei. Il faut avouer que le cadre magique (un amphith\u00e9\u00e2tre en ext\u00e9rieur, une acoustique fabuleuse et une vue imprenable sur la vall\u00e9e du Rhin) particuli\u00e8rement propice au calme et \u00e0 la d\u00e9tente en a fait un lieu de concerts privil\u00e9gi\u00e9.<br \/><br \/> Cette ann\u00e9e, pour la sixi\u00e8me \u00e9dition, le rocher de Lorelei accueillait la <em>Night of the Prog<\/em>, festival de musiques progressives et assimil\u00e9es les 13 et 14 juillet. Au programme, Steven Wilson, Opeth, Devin Townsend ou encore Magma en t\u00eates d\u2019affiche. Autant dire qu\u2019il nous \u00e9tait impossible de r\u00e9sister \u00e0 la tentation de couvrir un tel \u00e9v\u00e8nement ! <br \/><br \/><\/strong> Malheureusement, le trajet \u00e9tant particuli\u00e8rement long depuis Paris, la <em>chromateam<\/em> n\u2019est pas arriv\u00e9e \u00e0 temps pour les deux premiers groupes : <strong>Sanguine Hum<\/strong> et <strong>Sound of Contact<\/strong> (projet men\u00e9 par Simon Collins, le fils du bien connu chanteur\/batteur). Le p\u00e9riple commence donc par l\u2019apparition de <strong>Pineapple Thief<\/strong> sur sc\u00e8ne.<br \/><br \/> Et il faut avouer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un des concerts les plus d\u00e9cevants du festival. Si l\u2019on veut bien croire que la bande de Bruce Soord a plus de succ\u00e8s \u00e0 huis clos en salle, en pleine journ\u00e9e sur la sc\u00e8ne du Lorelei, l\u2019effet est bien moindre. En effet, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9nergie que d\u00e9ploie son leader, le groupe suscite assez peu l\u2019\u00e9moi. Cette molesse peut \u00eatre attribu\u00e9e en grande partie \u00e0 une <em>setlist<\/em> qui mange \u00e0 tous les r\u00e2teliers. Lorsque les m\u00e9lodies n\u2019\u00e9voquent pas d\u2019autres groupes (pass\u00e9s par l\u00e0 de bien plus \u00e9l\u00e9gante mani\u00e8re), elles s\u2019av\u00e8rent un peu l\u2019apologie du riff \u00e0 un accord. Si l\u2019effet est amusant sur un morceau, \u00e0 la longue le tout devient passablement ennuyeux. On notera tout de m\u00eame un certain effort, notamment l\u2019adaptation au public r\u00e9solument prog, et l\u2019incitation \u00e0 taper dans les mains en 6\/8. En bref, le set m\u00e9diocre et le manque de v\u00e9ritable mise en sc\u00e8ne laisseront un go\u00fbt amer. Heureusement, il s\u2019agira d\u2019un des rares points noirs du festival.<br \/><br \/> Changement de set. Spontan\u00e9ment, lorsqu&rsquo;un de nos voisins nous demande ce \u00e0 quoi <strong>Crippled Black Phoenix<\/strong> pourrait bien ressembler, nous r\u00e9pondons avec l&rsquo;assurance de celui qui n&rsquo;a \u00e9cout\u00e9 le dernier album qu&rsquo;une poign\u00e9e de fois : un all-star band (incluant des membres de Mogwai et Electric Wizard) de post-rock avec une pointe de prog aux entournures. Et c&rsquo;est un regard plein d&rsquo;incompr\u00e9hension et d&rsquo;amusement que nous adresse le dit voisin au bout de deux morceaux de la formation anglaise. En <em>live<\/em>, il n&rsquo;est plus vraiment question de post-rock mais bien de classic rock muscl\u00e9, gonfl\u00e9 au progressif floydien et cela fonctionne \u00e0 deux cents pour cents sur l&rsquo;assistance. Relativement facile d&rsquo;acc\u00e8s, ponctu\u00e9e de riffs bien gras aux relents de stoner et de plages plus atmosph\u00e9riques, leur musique ne poss\u00e8de pas grand chose d&rsquo;original, mais lorsque l&rsquo;on propose deux claviers et trois guitares, il semble \u00e9vident que l&rsquo;on cherche avant tout \u00e0 en imposer par son efficacit\u00e9. La conclusion mettra l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre \u00e0 genoux, et c&rsquo;est au morceau Burnt Reynolds issu de l&rsquo;album <em>The Resurectionnists\/Night Raider<\/em> que l&rsquo;on remettra le prix de la plus belle participation du public pour cette ann\u00e9e.<br \/><br \/> C\u2019est ensuite \u00e0 l\u2019exception culturelle fran\u00e7aise de d\u00e9montrer que la musique progressive (m\u00eame si la d\u00e9finition a toujours \u00e9t\u00e9 assez marginale dans ce cas) n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 <strong>Magma<\/strong>. Invit\u00e9s sp\u00e9ciaux de Steven Wilson (qui se plaira \u00e0 nous le rappeler au concert suivant), la troupe de Christian Vander s\u2019impose avec aise, montrant par l\u00e0 m\u00eame qu\u2019elle n\u2019est pas intimid\u00e9e par les \u00ab\u00a0petits jeunes\u00a0\u00bb. Il faut avouer que Stella Vander et Herv\u00e9 Aknin ne sont pas en reste et leur voix envo\u00fbtante plonge l\u2019auditoire dans une hypnose b\u00e9ate qui ne cessera qu\u2019\u00e0 la fin du concert. Au programme des r\u00e9jouissances, un <em>M\u00ebkan\u00efk D\u00ebstrukt\u00ef\u1e81 K\u00f6mmand\u00f6h<\/em> du meilleur effet ainsi que l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de <em>F\u00e9licit\u00e9 Th\u00f6sz<\/em>. Par moments, c\u2019est Vander lui-m\u00eame qui nous gratifie de sa voix enivrante, narrant et chantant de longues m\u00e9lop\u00e9es. Si le show n\u2019aura pas convaincu toute l\u2019assembl\u00e9e, en raison de sa nature tr\u00e8s particuli\u00e8re, une personne au moins aura appr\u00e9ci\u00e9 plus que tout le spectacle : Mikael Akerfeldt. En effet, le leader d\u2019Opeth, apr\u00e8s un bain de foule un peu charg\u00e9 sur Crippled Black Phoenix, s&rsquo;est install\u00e9 pour profiter du spectacle de Magma aux premiers rangs !<br \/><br \/> C\u2019est apr\u00e8s cette baffe que le samedi soir d\u00e9cide de s\u2019achever sur le tr\u00e8s attendu <strong>Steven Wilson<\/strong>. Et \u2026 c\u2019est une autre d\u00e9ception en somme. La troupe de l\u2019Anglais (mentionnons que Marco Minnemann a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 sur ces quelques dates par Chad Wackermann) est toujours aussi impressionnante sur sc\u00e8ne, d\u2019une part par la richesse musicale qu\u2019elle prodigue et d\u2019autre part par le jeu de sc\u00e8ne, l\u2019\u00e9nergie et la toujours aussi immersive synesth\u00e9sie entre la musique et les images projet\u00e9es. Mais ce millim\u00e9trage a un prix : un certain manque de spontan\u00e9it\u00e9 d\u2019une saison sur l\u2019autre, que l\u2019on peut d\u00e9plorer. Si l\u2019on comprend bien que le leader de la bande ne peut pas particuli\u00e8rement se permettre de faire de fioritures d\u2019un concert \u00e0 l\u2019autre, on aurait tout de m\u00eame esp\u00e9r\u00e9 (na\u00efvement certes) une apparition d\u2019Akerfeldt sur sc\u00e8ne. C\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 en effet, l\u2019occasion ou jamais de pousser la chansonnette ensemble, voire, \u00f4 exclusivit\u00e9, de nous gratifier d\u2019un extrait de <em>Storm Corrosion<\/em> en <em>live<\/em>. Malheureusement il n\u2019en sera rien. Heureusement que le concert sera tout de m\u00eame d\u2019une qualit\u00e9 stup\u00e9fiante \u2026 comme \u00e0 son habitude. Et comme \u00e0 son habitude, le public sera particuli\u00e8rement r\u00e9ceptif aux morceaux plongeant l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre dans une ambiance hors du commun. Parfaite mani\u00e8re de clore la premi\u00e8re journ\u00e9e.<br \/><br \/> La deuxi\u00e8me journ\u00e9e s\u2019ouvre avec <strong>Anima Mundi<\/strong>, une formation d\u2019origine cubaine, une des excellentes surprises de ce festival. Le public ne s\u2019y trompe pas, et d\u00e8s potron-minet, l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre r\u00e9sonne des applaudissements enthousiastes de centaines de progueux conquis. Le groupe est venu pr\u00e9senter son nouvel album <em>The Lamplighter<\/em>, et son chanteur, Emmanuel Pirko-Farrath. Essai transform\u00e9 pour ce dernier : malgr\u00e9 quelques canards dans les aigus, son \u00e9nergie est communicative et on se serait bien vu aussi se tr\u00e9mousser sur sc\u00e8ne avec lui, un tambourin \u00e0 la main. M\u00eame constat pour les autres musiciens : leur plaisir de jouer est extr\u00eamement palpable et assure le plus efficace des r\u00e9veils. Anima Mundi nous propose un rock progressif tr\u00e8s symphonique aux influences floydiennes bien identifiables \u2013 le guitariste semble en \u00eatre inconditionnel, et plusieurs solos sonnent comme un hommage \u00e0 David Gilmour. La basse n\u2019est pas en reste non plus, avec une grande pr\u00e9sence m\u00e9lodique. De tr\u00e8s belles percussions et fl\u00fbtes accompagnent plusieurs des morceaux, comme pour nous rappeler les origines cubaines du groupe. Et pour le petit c\u00f4t\u00e9 d\u00e9cal\u00e9 \/ melting pot culturel, une cornemuse vient s\u2019ajouter sur \u00ab\u00a0La Montana del Vigia\u00a0\u00bb. Mais \u00e0 vouloir trop bien faire, cette profusion se fait au d\u00e9triment d\u2019autres instruments comme la clarinette, \u00e0 peine perceptible, noy\u00e9e dans le mix. Malgr\u00e9 un set assez court, Anima Mundi nous a donc mis une patate d\u2019enfer avec leur musique aussi joyeuse, color\u00e9e et d\u00e9lirante que la pochette de leur nouvel album. D\u2019ailleurs, nombre de festivaliers se sont pr\u00e9cipit\u00e9s sur les stands <em>merchandising<\/em> pour acheter <em>The Lamplighter<\/em>. Si \u00e7a, ce n\u2019est pas un signe de r\u00e9ussite !&#8230;<br \/><br \/> Dans ce festival \u00e0 la programmation ultra prog, <strong>Maybeshewill<\/strong> repr\u00e9sente l\u2019ouverture au post-rock, une des facettes modernes du genre. Mais voil\u00e0, avouons-le tout net, ce n&rsquo;aura pas \u00e9t\u00e9 un franc succ\u00e8s. La faute sans doute due en partie \u00e0 ce d\u00e9calage entre un public compos\u00e9 en grande partie de vieux de la vieille du prog, et ce groupe de jeunes Anglais m\u00e9chus au look de hipster bonnet-slim roul\u00e9. Sans doute ont-ils eux m\u00eames senti ce d\u00e9calage car on ne les aura pas senti toujours \u00e0 leur aise sur sc\u00e8ne, surtout que la communication avec le public fut r\u00e9duite au strict minimum \u2013 quoique visiblement, ce soit un comportement r\u00e9current chez certains groupes de post rock ou d\u2019indie. Pass\u00e9 outre l\u2019<em>a priori<\/em> vestimentaire et la barri\u00e8re du style, Maybeshewill a d\u00e9livr\u00e9 un set de post rock purement instrumental classique, efficace et \u00e9nergique. La pr\u00e9sence de deux guitaristes a permis d\u2019envoyer des gros riffs, parfois assez <em>heavy<\/em> et souvent entra\u00eenants, mais couvrant compl\u00e8tement le clavier. Seul le balancement de m\u00e8che assez hypnotique du clavi\u00e9riste nous aura indiqu\u00e9 qu\u2019il jouait. Rendons lui justice cependant : ses introductions et ses solos \u00e9taient r\u00e9ussis et m\u00e9lodieux, et instauraient une atmosph\u00e8re planante plut\u00f4t agr\u00e9able. Ce n&rsquo;est pas suffisant pour garder l\u2019attention d\u00e9clinante d\u2019un public poli mais peu conquis. Les motifs et les progressions harmoniques \u00e9tant r\u00e9p\u00e9titifs voire frustrants, on pouvait sentir par instants la lassitude s\u2019installer apr\u00e8s des d\u00e9buts de morceaux prometteurs. Maybeshewill ne fut sans doute pas la r\u00e9v\u00e9lation du festival, mais inviter des groupes qui ne sont pas progressifs \u00e0 proprement parler est tout de m\u00eame une id\u00e9e \u00e0 garder et \u00e0 creuser pour les prochaines \u00e9ditions !<br \/><br \/> Comme toute formation culte, <strong>\u00c4nglag\u00e5rd<\/strong> b\u00e9n\u00e9ficie du soutien inconditionnel de nombreux convertis, mais fait \u00e9galement face \u00e0 l&rsquo;incompr\u00e9hension d&rsquo;une partie de l&rsquo;auditoire \u00e0 laquelle nous appartenons.   Le groupe a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment remani\u00e9, c&rsquo;est un fait (Jaime Salazar, ex-Flower Kings reprend pour le moment le poste de batteur), mais ceci n&rsquo;explique pas la tournure bancale que pris leur prestation <em>live<\/em> ce jour l\u00e0. Si leur prog soigneusement \u00e9crit, aux ambiances nordiques cisel\u00e9es, propose quelques saillies bien lourdes susceptibles de s\u00e9duire quelques fans d&rsquo;Opeth on regrette que l&rsquo;ensemble prenne parfois des allures de r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale. Balance \u00e0 rallonge, erreurs lors des intros, penses-b\u00eates \u00e0 droite et \u00e0 gauche, il arrive \u00e9galement \u00e0 la meneuse de se tromper en annon\u00e7ant un morceau. Celle-ci aura malgr\u00e9 tout le m\u00e9rite de cumuler les casquettes avec aisance, jonglant entre fl\u00fbtes, samples et saxophone tout du long de leur performance. Pour faire simple, si ceux qui v\u00e9n\u00e9raient \u00c4nglag\u00e5rd \u00e0 ce jour repartirent ravis, les autres n&rsquo;auront vraisemblablement pas ralli\u00e9 la cause suite \u00e0 ce concert.<br \/><br \/> S\u2019installent ensuite les impressionnants racks d\u2019effets d\u2019<strong>Amplifier<\/strong>. Les octopus fusent de partout et la balance interminable nous promet un show \u00e0 la fois massif et subtil comme \u00e0 l\u2019 habitude du groupe. Les Mancun\u00e9ens sont d\u00e9sormais accompagn\u00e9s par Charlie Barnes sur sc\u00e8ne tenant le r\u00f4le de musicien bonus aux claviers, guitares, chants et lunettes de soleil. Tout semblait partir pour le mieux, notamment avec des interpr\u00e9tations particuli\u00e8rement r\u00e9ussies de quelques morceaux d\u2019<em>Echo Street<\/em> (\u00ab\u00a0The Wheel\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Extra Vehicular\u00a0\u00bb entre autres) et d&rsquo;une bonne partie de <em>The Octopus<\/em> (notons un \u00ab\u00a0The Wave\u00a0\u00bb tout \u00e0 fait splendide). Malheureusement une machine \u00e0 fum\u00e9e folle s\u2019empara de la sc\u00e8ne, noyant le groupe dans les volutes, occultant celle-ci en int\u00e9gralit\u00e9 \u2026ainsi que le premier rang. Si les vents auront tendance \u00e0 balayer de temps \u00e0 autres la fum\u00e9e, le groupe passera un bon tiers de son set invisible aux yeux de l\u2019auditoire. C\u2019est d\u2019autant plus dommage qu\u2019il est visiblement en grande forme et que le son de bonne qualit\u00e9 d\u00e9passe tr\u00e8s largement sa derni\u00e8re apparition en France (en collaboration avec Anathema). Autre incident, la balance \u00e0 rallonge et le retard des autres formations fera p\u00e2tir Amplifier qui doit \u00e9vacuer la sc\u00e8ne apr\u00e8s un set raccourci pour laisser la place aux t\u00eates d\u2019affiche. Sel ne manquera pas de montrer son m\u00e9contentement, malgr\u00e9 un remerciement chaleureux du public, tout \u00e0 fait r\u00e9ceptif.<br \/><br \/> Que dire de neuf sur <strong>Caravan<\/strong> qui n&rsquo;ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crit ? Pour \u00eatre honn\u00eate, il serait simple de vous renvoyer \u00e0 notre compte-rendu du High Voltage de 2011 tant leur prestation f\u00fbt \u00e9quivalente. Nous faisons face \u00e0 une machine exp\u00e9riment\u00e9e, aux rouages certes plus tous jeunes, mais parfaitement huil\u00e9s. Une spontan\u00e9it\u00e9 non feinte et un plaisir totalement communicatif ont permis aux repr\u00e9sentants de la sc\u00e8ne de Canterbury de toucher le public en plein c\u0153ur. Le prog, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une musique complexe, s\u00e9rieuse, aux arrangements foisonnants, cela peut \u00eatre direct, enjou\u00e9 et ludique. Et ce n&rsquo;est pas le solo de petite cuill\u00e8res issu de \u00ab\u00a0Golf Girl\u00a0\u00bb qui viendra nous contredire. Les p\u00e9pites issues d&rsquo;<em>In the Land of the Grey and Pink<\/em> ou les violonades \u00e9nergiques de Geoffrey Richardson ach\u00e8veront sans peine de convaincre les plus sceptiques, pr\u00e9parant le terrain \u00e0 un univers bien diff\u00e9rent, celui de sieur Devin Townsend.<br \/><br \/> Un des rares repr\u00e9sentant de la section m\u00e9tallique du genre progressif s&rsquo;est hiss\u00e9 en bonne place sur l&rsquo;affiche du premier soir, et <strong>Devin Townsend<\/strong> ne se prive pas de taquiner un public dont il sait qu&rsquo;il aura \u00e0 convaincre la frange la plus conservatrice. Mais ce n&rsquo;est pas pour autant que le fac\u00e9tieux canadien exercera ce soir un compromis sur sa setlist parfaitement r\u00f4d\u00e9e lors de la pr\u00e9c\u00e9dente tourn\u00e9e. Seule ombre au tableau, il lui manque en ce moment un de ses fid\u00e8les acolyte, Dave Young, qui ne sera pas remplac\u00e9 pour l&rsquo;occasion, les bandes-son faisant office de roue de secours improvis\u00e9e. On pourra r\u00e9torquer que seul sur sc\u00e8ne, Townsend assurerait malgr\u00e9 tout, et force est de constater que cette affirmation a tout pour \u00eatre cr\u00e9dible. Joueur, il accueillera \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s la silhouette du musicien en arr\u00eat maladie, confectionn\u00e9e par les fans pour l&rsquo;occasion, et s&rsquo;en amusera r\u00e9guli\u00e8rement. Il ne se privera pas non plus d&rsquo;inviter quelques fans sur sc\u00e8ne ou de descendre r\u00e9guli\u00e8rement dans la fosse, au grand dam du service de s\u00e9curit\u00e9 allemand, absolument pas pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 cette \u00e9ventualit\u00e9. Quelques missiles de heavy sympho-prog plus tard, il nous ass\u00e8ne l&rsquo;hymne massive et obs\u00e9dante \u00ab\u00a0Grace\u00a0\u00bb issue de son dernier album, d\u00e9sormais le point d&rsquo;orgue de chacun de ses concerts. On aurait aim\u00e9 plus de musiciens sur sc\u00e8ne et moins de bande pr\u00e9enregistr\u00e9es pour l&rsquo;occasion, mais cette configuration minimaliste remplit malgr\u00e9 tout son r\u00f4le d&rsquo;introduction de luxe au plat m\u00e9tallique principal de la soir\u00e9e que repr\u00e9sente Opeth.<br \/><br \/> C&rsquo;est finalement sur un set absolument irr\u00e9prochable que le Night of the Prog se termine. <strong>Opeth<\/strong> investit la sc\u00e8ne pour une bonne heure et demie de concert. Les Su\u00e9dois, men\u00e9s par un Mikael Akerfeldt toujours aussi jouasse, arborant fi\u00e8rement un t-shirt Magma, dispense comme \u00e0 leur habitude un metal \u00e0 la fois violent, subtil et complexe. Le groupe r\u00e9serve quelque surprises \u00e0 son auditoire (lui &#8230;). La premi\u00e8re est un son d\u2019une clart\u00e9 exceptionnelle qui rend l\u2019ambiance particuli\u00e8rement palpable. Il faut avouer qu\u2019\u00e9couter Opeth en plein air, dans un amphith\u00e9\u00e2tre \u00e0 la nuit tomb\u00e9e repr\u00e9sente probablement les meilleures conditions pour appr\u00e9cier la musique envo\u00fbtante du groupe. Seconde surprise : la setlist nous propose deux in\u00e9dits : \u00ab\u00a0White Cluster\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Atonement\u00a0\u00bb. La bonne humeur du groupe d\u00e9teint sur le public qui participe beaucoup sur les morceaux. On notera que malgr\u00e9 une chute sur les marches de l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre, Akerfeldt assurera parfaitement la fin de \u00ab\u00a0Deliverance\u00a0\u00bb. Le concert et le festival s\u2019ach\u00e8vent sur un magistral \u00ab\u00a0Blackwater Park\u00a0\u00bb, et c\u2019est les yeux brillants que les festivaliers quittent les pr\u00e9misses pour rentrer.<br \/><br \/> Une chose est certaine. Si l\u2019\u00e9quipe du <em>Night of The Prog<\/em> continue \u00e0 proposer une programmation de si bonne qualit\u00e9, dans un lieu aussi enchanteur, elle pourra compter sur la participation de la <em>chromateam<\/em> \u00e0 chaque \u00e9dition. Ce festival est une perle rare, \u00e0 la fois pour son cadre et la qualit\u00e9 des groupes invit\u00e9s. Et si le d\u00e9placement depuis la France est certes un peu fastidieux et long, le jeu en vaut grandement la chandelle.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-15.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19406\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-15.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19406\" class=\"wp-image-19406\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-10.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19407\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-10.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19407\" class=\"wp-image-19407\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-20.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19408\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-20.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19408\" class=\"wp-image-19408\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-23.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19409\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-23.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19409\" class=\"wp-image-19409\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-13.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19410\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-13.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19410\" class=\"wp-image-19410\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-17.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19411\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-17.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19411\" class=\"wp-image-19411\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-26.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19412\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-26.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19412\" class=\"wp-image-19412\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-19.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19413\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-19.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19413\" class=\"wp-image-19413\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-22.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19414\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-22.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19414\" class=\"wp-image-19414\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-24.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19415\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-24.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19415\" class=\"wp-image-19415\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-12.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19416\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-12.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19416\" class=\"wp-image-19416\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-18.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19417\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-18.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19417\" class=\"wp-image-19417\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-11.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19418\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-11.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19418\" class=\"wp-image-19418\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-25.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19419\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-25.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19419\" class=\"wp-image-19419\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-16.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19420\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-16.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19420\" class=\"wp-image-19420\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-14.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19421\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-14.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19421\" class=\"wp-image-19421\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-21.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19422\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-21.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19422\" class=\"wp-image-19422\"\/><\/figure><\/li><\/figure><\/ul>\n<p><strong>Article collaboratif \u00e9crit par Martial Briclot, Maxime Delorme et Elisabeth Parnaudeau<\/strong><\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><strong>Lorelei : un nom qui \u00e9voque une nixe germanique dont le chant envo\u00fbtait les navigateurs du Rhin, les pr\u00e9cipitant \u00e0 leur perte sur le rocher \u00e9ponyme. Aujourd\u2019hui, cette nymphe attire un autre type de proies : les festivaliers ! En effet, chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9, la commune de Sankt Goarshausen organise une s\u00e9rie de concerts et de festivals sur le rocher de Lorelei. Il faut avouer que le cadre magique (un amphith\u00e9\u00e2tre en ext\u00e9rieur, une acoustique fabuleuse et une vue imprenable sur la vall\u00e9e du Rhin) particuli\u00e8rement propice au calme et \u00e0 la d\u00e9tente en a fait un lieu de concerts privil\u00e9gi\u00e9.<br \/><br \/> Cette ann\u00e9e, pour la sixi\u00e8me \u00e9dition, le rocher de Lorelei accueillait la <em>Night of the Prog<\/em>, festival de musiques progressives et assimil\u00e9es les 13 et 14 juillet. Au programme, Steven Wilson, Opeth, Devin Townsend ou encore Magma en t\u00eates d\u2019affiche. Autant dire qu\u2019il nous \u00e9tait impossible de r\u00e9sister \u00e0 la tentation de couvrir un tel \u00e9v\u00e8nement ! <br \/><br \/><\/strong> Malheureusement, le trajet \u00e9tant particuli\u00e8rement long depuis Paris, la <em>chromateam<\/em> n\u2019est pas arriv\u00e9e \u00e0 temps pour les deux premiers groupes : <strong>Sanguine Hum<\/strong> et <strong>Sound of Contact<\/strong> (projet men\u00e9 par Simon Collins, le fils du bien connu chanteur\/batteur). Le p\u00e9riple commence donc par l\u2019apparition de <strong>Pineapple Thief<\/strong> sur sc\u00e8ne.<br \/><br \/> Et il faut avouer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un des concerts les plus d\u00e9cevants du festival. Si l\u2019on veut bien croire que la bande de Bruce Soord a plus de succ\u00e8s \u00e0 huis clos en salle, en pleine journ\u00e9e sur la sc\u00e8ne du Lorelei, l\u2019effet est bien moindre. En effet, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9nergie que d\u00e9ploie son leader, le groupe suscite assez peu l\u2019\u00e9moi. Cette molesse peut \u00eatre attribu\u00e9e en grande partie \u00e0 une <em>setlist<\/em> qui mange \u00e0 tous les r\u00e2teliers. Lorsque les m\u00e9lodies n\u2019\u00e9voquent pas d\u2019autres groupes (pass\u00e9s par l\u00e0 de bien plus \u00e9l\u00e9gante mani\u00e8re), elles s\u2019av\u00e8rent un peu l\u2019apologie du riff \u00e0 un accord. Si l\u2019effet est amusant sur un morceau, \u00e0 la longue le tout devient passablement ennuyeux. On notera tout de m\u00eame un certain effort, notamment l\u2019adaptation au public r\u00e9solument prog, et l\u2019incitation \u00e0 taper dans les mains en 6\/8. En bref, le set m\u00e9diocre et le manque de v\u00e9ritable mise en sc\u00e8ne laisseront un go\u00fbt amer. Heureusement, il s\u2019agira d\u2019un des rares points noirs du festival.<br \/><br \/> Changement de set. Spontan\u00e9ment, lorsqu&rsquo;un de nos voisins nous demande ce \u00e0 quoi <strong>Crippled Black Phoenix<\/strong> pourrait bien ressembler, nous r\u00e9pondons avec l&rsquo;assurance de celui qui n&rsquo;a \u00e9cout\u00e9 le dernier album qu&rsquo;une poign\u00e9e de fois : un all-star band (incluant des membres de Mogwai et Electric Wizard) de post-rock avec une pointe de prog aux entournures. Et c&rsquo;est un regard plein d&rsquo;incompr\u00e9hension et d&rsquo;amusement que nous adresse le dit voisin au bout de deux morceaux de la formation anglaise. En <em>live<\/em>, il n&rsquo;est plus vraiment question de post-rock mais bien de classic rock muscl\u00e9, gonfl\u00e9 au progressif floydien et cela fonctionne \u00e0 deux cents pour cents sur l&rsquo;assistance. Relativement facile d&rsquo;acc\u00e8s, ponctu\u00e9e de riffs bien gras aux relents de stoner et de plages plus atmosph\u00e9riques, leur musique ne poss\u00e8de pas grand chose d&rsquo;original, mais lorsque l&rsquo;on propose deux claviers et trois guitares, il semble \u00e9vident que l&rsquo;on cherche avant tout \u00e0 en imposer par son efficacit\u00e9. La conclusion mettra l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre \u00e0 genoux, et c&rsquo;est au morceau Burnt Reynolds issu de l&rsquo;album <em>The Resurectionnists\/Night Raider<\/em> que l&rsquo;on remettra le prix de la plus belle participation du public pour cette ann\u00e9e.<br \/><br \/> C\u2019est ensuite \u00e0 l\u2019exception culturelle fran\u00e7aise de d\u00e9montrer que la musique progressive (m\u00eame si la d\u00e9finition a toujours \u00e9t\u00e9 assez marginale dans ce cas) n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 <strong>Magma<\/strong>. Invit\u00e9s sp\u00e9ciaux de Steven Wilson (qui se plaira \u00e0 nous le rappeler au concert suivant), la troupe de Christian Vander s\u2019impose avec aise, montrant par l\u00e0 m\u00eame qu\u2019elle n\u2019est pas intimid\u00e9e par les \u00ab\u00a0petits jeunes\u00a0\u00bb. Il faut avouer que Stella Vander et Herv\u00e9 Aknin ne sont pas en reste et leur voix envo\u00fbtante plonge l\u2019auditoire dans une hypnose b\u00e9ate qui ne cessera qu\u2019\u00e0 la fin du concert. Au programme des r\u00e9jouissances, un <em>M\u00ebkan\u00efk D\u00ebstrukt\u00ef\u1e81 K\u00f6mmand\u00f6h<\/em> du meilleur effet ainsi que l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de <em>F\u00e9licit\u00e9 Th\u00f6sz<\/em>. Par moments, c\u2019est Vander lui-m\u00eame qui nous gratifie de sa voix enivrante, narrant et chantant de longues m\u00e9lop\u00e9es. Si le show n\u2019aura pas convaincu toute l\u2019assembl\u00e9e, en raison de sa nature tr\u00e8s particuli\u00e8re, une personne au moins aura appr\u00e9ci\u00e9 plus que tout le spectacle : Mikael Akerfeldt. En effet, le leader d\u2019Opeth, apr\u00e8s un bain de foule un peu charg\u00e9 sur Crippled Black Phoenix, s&rsquo;est install\u00e9 pour profiter du spectacle de Magma aux premiers rangs !<br \/><br \/> C\u2019est apr\u00e8s cette baffe que le samedi soir d\u00e9cide de s\u2019achever sur le tr\u00e8s attendu <strong>Steven Wilson<\/strong>. Et \u2026 c\u2019est une autre d\u00e9ception en somme. La troupe de l\u2019Anglais (mentionnons que Marco Minnemann a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 sur ces quelques dates par Chad Wackermann) est toujours aussi impressionnante sur sc\u00e8ne, d\u2019une part par la richesse musicale qu\u2019elle prodigue et d\u2019autre part par le jeu de sc\u00e8ne, l\u2019\u00e9nergie et la toujours aussi immersive synesth\u00e9sie entre la musique et les images projet\u00e9es. Mais ce millim\u00e9trage a un prix : un certain manque de spontan\u00e9it\u00e9 d\u2019une saison sur l\u2019autre, que l\u2019on peut d\u00e9plorer. Si l\u2019on comprend bien que le leader de la bande ne peut pas particuli\u00e8rement se permettre de faire de fioritures d\u2019un concert \u00e0 l\u2019autre, on aurait tout de m\u00eame esp\u00e9r\u00e9 (na\u00efvement certes) une apparition d\u2019Akerfeldt sur sc\u00e8ne. C\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 en effet, l\u2019occasion ou jamais de pousser la chansonnette ensemble, voire, \u00f4 exclusivit\u00e9, de nous gratifier d\u2019un extrait de <em>Storm Corrosion<\/em> en <em>live<\/em>. Malheureusement il n\u2019en sera rien. Heureusement que le concert sera tout de m\u00eame d\u2019une qualit\u00e9 stup\u00e9fiante \u2026 comme \u00e0 son habitude. Et comme \u00e0 son habitude, le public sera particuli\u00e8rement r\u00e9ceptif aux morceaux plongeant l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre dans une ambiance hors du commun. Parfaite mani\u00e8re de clore la premi\u00e8re journ\u00e9e.<br \/><br \/> La deuxi\u00e8me journ\u00e9e s\u2019ouvre avec <strong>Anima Mundi<\/strong>, une formation d\u2019origine cubaine, une des excellentes surprises de ce festival. Le public ne s\u2019y trompe pas, et d\u00e8s potron-minet, l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre r\u00e9sonne des applaudissements enthousiastes de centaines de progueux conquis. Le groupe est venu pr\u00e9senter son nouvel album <em>The Lamplighter<\/em>, et son chanteur, Emmanuel Pirko-Farrath. Essai transform\u00e9 pour ce dernier : malgr\u00e9 quelques canards dans les aigus, son \u00e9nergie est communicative et on se serait bien vu aussi se tr\u00e9mousser sur sc\u00e8ne avec lui, un tambourin \u00e0 la main. M\u00eame constat pour les autres musiciens : leur plaisir de jouer est extr\u00eamement palpable et assure le plus efficace des r\u00e9veils. Anima Mundi nous propose un rock progressif tr\u00e8s symphonique aux influences floydiennes bien identifiables \u2013 le guitariste semble en \u00eatre inconditionnel, et plusieurs solos sonnent comme un hommage \u00e0 David Gilmour. La basse n\u2019est pas en reste non plus, avec une grande pr\u00e9sence m\u00e9lodique. De tr\u00e8s belles percussions et fl\u00fbtes accompagnent plusieurs des morceaux, comme pour nous rappeler les origines cubaines du groupe. Et pour le petit c\u00f4t\u00e9 d\u00e9cal\u00e9 \/ melting pot culturel, une cornemuse vient s\u2019ajouter sur \u00ab\u00a0La Montana del Vigia\u00a0\u00bb. Mais \u00e0 vouloir trop bien faire, cette profusion se fait au d\u00e9triment d\u2019autres instruments comme la clarinette, \u00e0 peine perceptible, noy\u00e9e dans le mix. Malgr\u00e9 un set assez court, Anima Mundi nous a donc mis une patate d\u2019enfer avec leur musique aussi joyeuse, color\u00e9e et d\u00e9lirante que la pochette de leur nouvel album. D\u2019ailleurs, nombre de festivaliers se sont pr\u00e9cipit\u00e9s sur les stands <em>merchandising<\/em> pour acheter <em>The Lamplighter<\/em>. Si \u00e7a, ce n\u2019est pas un signe de r\u00e9ussite !&#8230;<br \/><br \/> Dans ce festival \u00e0 la programmation ultra prog, <strong>Maybeshewill<\/strong> repr\u00e9sente l\u2019ouverture au post-rock, une des facettes modernes du genre. Mais voil\u00e0, avouons-le tout net, ce n&rsquo;aura pas \u00e9t\u00e9 un franc succ\u00e8s. La faute sans doute due en partie \u00e0 ce d\u00e9calage entre un public compos\u00e9 en grande partie de vieux de la vieille du prog, et ce groupe de jeunes Anglais m\u00e9chus au look de hipster bonnet-slim roul\u00e9. Sans doute ont-ils eux m\u00eames senti ce d\u00e9calage car on ne les aura pas senti toujours \u00e0 leur aise sur sc\u00e8ne, surtout que la communication avec le public fut r\u00e9duite au strict minimum \u2013 quoique visiblement, ce soit un comportement r\u00e9current chez certains groupes de post rock ou d\u2019indie. Pass\u00e9 outre l\u2019<em>a priori<\/em> vestimentaire et la barri\u00e8re du style, Maybeshewill a d\u00e9livr\u00e9 un set de post rock purement instrumental classique, efficace et \u00e9nergique. La pr\u00e9sence de deux guitaristes a permis d\u2019envoyer des gros riffs, parfois assez <em>heavy<\/em> et souvent entra\u00eenants, mais couvrant compl\u00e8tement le clavier. Seul le balancement de m\u00e8che assez hypnotique du clavi\u00e9riste nous aura indiqu\u00e9 qu\u2019il jouait. Rendons lui justice cependant : ses introductions et ses solos \u00e9taient r\u00e9ussis et m\u00e9lodieux, et instauraient une atmosph\u00e8re planante plut\u00f4t agr\u00e9able. Ce n&rsquo;est pas suffisant pour garder l\u2019attention d\u00e9clinante d\u2019un public poli mais peu conquis. Les motifs et les progressions harmoniques \u00e9tant r\u00e9p\u00e9titifs voire frustrants, on pouvait sentir par instants la lassitude s\u2019installer apr\u00e8s des d\u00e9buts de morceaux prometteurs. Maybeshewill ne fut sans doute pas la r\u00e9v\u00e9lation du festival, mais inviter des groupes qui ne sont pas progressifs \u00e0 proprement parler est tout de m\u00eame une id\u00e9e \u00e0 garder et \u00e0 creuser pour les prochaines \u00e9ditions !<br \/><br \/> Comme toute formation culte, <strong>\u00c4nglag\u00e5rd<\/strong> b\u00e9n\u00e9ficie du soutien inconditionnel de nombreux convertis, mais fait \u00e9galement face \u00e0 l&rsquo;incompr\u00e9hension d&rsquo;une partie de l&rsquo;auditoire \u00e0 laquelle nous appartenons.   Le groupe a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment remani\u00e9, c&rsquo;est un fait (Jaime Salazar, ex-Flower Kings reprend pour le moment le poste de batteur), mais ceci n&rsquo;explique pas la tournure bancale que pris leur prestation <em>live<\/em> ce jour l\u00e0. Si leur prog soigneusement \u00e9crit, aux ambiances nordiques cisel\u00e9es, propose quelques saillies bien lourdes susceptibles de s\u00e9duire quelques fans d&rsquo;Opeth on regrette que l&rsquo;ensemble prenne parfois des allures de r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale. Balance \u00e0 rallonge, erreurs lors des intros, penses-b\u00eates \u00e0 droite et \u00e0 gauche, il arrive \u00e9galement \u00e0 la meneuse de se tromper en annon\u00e7ant un morceau. Celle-ci aura malgr\u00e9 tout le m\u00e9rite de cumuler les casquettes avec aisance, jonglant entre fl\u00fbtes, samples et saxophone tout du long de leur performance. Pour faire simple, si ceux qui v\u00e9n\u00e9raient \u00c4nglag\u00e5rd \u00e0 ce jour repartirent ravis, les autres n&rsquo;auront vraisemblablement pas ralli\u00e9 la cause suite \u00e0 ce concert.<br \/><br \/> S\u2019installent ensuite les impressionnants racks d\u2019effets d\u2019<strong>Amplifier<\/strong>. Les octopus fusent de partout et la balance interminable nous promet un show \u00e0 la fois massif et subtil comme \u00e0 l\u2019 habitude du groupe. Les Mancun\u00e9ens sont d\u00e9sormais accompagn\u00e9s par Charlie Barnes sur sc\u00e8ne tenant le r\u00f4le de musicien bonus aux claviers, guitares, chants et lunettes de soleil. Tout semblait partir pour le mieux, notamment avec des interpr\u00e9tations particuli\u00e8rement r\u00e9ussies de quelques morceaux d\u2019<em>Echo Street<\/em> (\u00ab\u00a0The Wheel\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Extra Vehicular\u00a0\u00bb entre autres) et d&rsquo;une bonne partie de <em>The Octopus<\/em> (notons un \u00ab\u00a0The Wave\u00a0\u00bb tout \u00e0 fait splendide). Malheureusement une machine \u00e0 fum\u00e9e folle s\u2019empara de la sc\u00e8ne, noyant le groupe dans les volutes, occultant celle-ci en int\u00e9gralit\u00e9 \u2026ainsi que le premier rang. Si les vents auront tendance \u00e0 balayer de temps \u00e0 autres la fum\u00e9e, le groupe passera un bon tiers de son set invisible aux yeux de l\u2019auditoire. C\u2019est d\u2019autant plus dommage qu\u2019il est visiblement en grande forme et que le son de bonne qualit\u00e9 d\u00e9passe tr\u00e8s largement sa derni\u00e8re apparition en France (en collaboration avec Anathema). Autre incident, la balance \u00e0 rallonge et le retard des autres formations fera p\u00e2tir Amplifier qui doit \u00e9vacuer la sc\u00e8ne apr\u00e8s un set raccourci pour laisser la place aux t\u00eates d\u2019affiche. Sel ne manquera pas de montrer son m\u00e9contentement, malgr\u00e9 un remerciement chaleureux du public, tout \u00e0 fait r\u00e9ceptif.<br \/><br \/> Que dire de neuf sur <strong>Caravan<\/strong> qui n&rsquo;ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crit ? Pour \u00eatre honn\u00eate, il serait simple de vous renvoyer \u00e0 notre compte-rendu du High Voltage de 2011 tant leur prestation f\u00fbt \u00e9quivalente. Nous faisons face \u00e0 une machine exp\u00e9riment\u00e9e, aux rouages certes plus tous jeunes, mais parfaitement huil\u00e9s. Une spontan\u00e9it\u00e9 non feinte et un plaisir totalement communicatif ont permis aux repr\u00e9sentants de la sc\u00e8ne de Canterbury de toucher le public en plein c\u0153ur. Le prog, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une musique complexe, s\u00e9rieuse, aux arrangements foisonnants, cela peut \u00eatre direct, enjou\u00e9 et ludique. Et ce n&rsquo;est pas le solo de petite cuill\u00e8res issu de \u00ab\u00a0Golf Girl\u00a0\u00bb qui viendra nous contredire. Les p\u00e9pites issues d&rsquo;<em>In the Land of the Grey and Pink<\/em> ou les violonades \u00e9nergiques de Geoffrey Richardson ach\u00e8veront sans peine de convaincre les plus sceptiques, pr\u00e9parant le terrain \u00e0 un univers bien diff\u00e9rent, celui de sieur Devin Townsend.<br \/><br \/> Un des rares repr\u00e9sentant de la section m\u00e9tallique du genre progressif s&rsquo;est hiss\u00e9 en bonne place sur l&rsquo;affiche du premier soir, et <strong>Devin Townsend<\/strong> ne se prive pas de taquiner un public dont il sait qu&rsquo;il aura \u00e0 convaincre la frange la plus conservatrice. Mais ce n&rsquo;est pas pour autant que le fac\u00e9tieux canadien exercera ce soir un compromis sur sa setlist parfaitement r\u00f4d\u00e9e lors de la pr\u00e9c\u00e9dente tourn\u00e9e. Seule ombre au tableau, il lui manque en ce moment un de ses fid\u00e8les acolyte, Dave Young, qui ne sera pas remplac\u00e9 pour l&rsquo;occasion, les bandes-son faisant office de roue de secours improvis\u00e9e. On pourra r\u00e9torquer que seul sur sc\u00e8ne, Townsend assurerait malgr\u00e9 tout, et force est de constater que cette affirmation a tout pour \u00eatre cr\u00e9dible. Joueur, il accueillera \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s la silhouette du musicien en arr\u00eat maladie, confectionn\u00e9e par les fans pour l&rsquo;occasion, et s&rsquo;en amusera r\u00e9guli\u00e8rement. Il ne se privera pas non plus d&rsquo;inviter quelques fans sur sc\u00e8ne ou de descendre r\u00e9guli\u00e8rement dans la fosse, au grand dam du service de s\u00e9curit\u00e9 allemand, absolument pas pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 cette \u00e9ventualit\u00e9. Quelques missiles de heavy sympho-prog plus tard, il nous ass\u00e8ne l&rsquo;hymne massive et obs\u00e9dante \u00ab\u00a0Grace\u00a0\u00bb issue de son dernier album, d\u00e9sormais le point d&rsquo;orgue de chacun de ses concerts. On aurait aim\u00e9 plus de musiciens sur sc\u00e8ne et moins de bande pr\u00e9enregistr\u00e9es pour l&rsquo;occasion, mais cette configuration minimaliste remplit malgr\u00e9 tout son r\u00f4le d&rsquo;introduction de luxe au plat m\u00e9tallique principal de la soir\u00e9e que repr\u00e9sente Opeth.<br \/><br \/> C&rsquo;est finalement sur un set absolument irr\u00e9prochable que le Night of the Prog se termine. <strong>Opeth<\/strong> investit la sc\u00e8ne pour une bonne heure et demie de concert. Les Su\u00e9dois, men\u00e9s par un Mikael Akerfeldt toujours aussi jouasse, arborant fi\u00e8rement un t-shirt Magma, dispense comme \u00e0 leur habitude un metal \u00e0 la fois violent, subtil et complexe. Le groupe r\u00e9serve quelque surprises \u00e0 son auditoire (lui &#8230;). La premi\u00e8re est un son d\u2019une clart\u00e9 exceptionnelle qui rend l\u2019ambiance particuli\u00e8rement palpable. Il faut avouer qu\u2019\u00e9couter Opeth en plein air, dans un amphith\u00e9\u00e2tre \u00e0 la nuit tomb\u00e9e repr\u00e9sente probablement les meilleures conditions pour appr\u00e9cier la musique envo\u00fbtante du groupe. Seconde surprise : la setlist nous propose deux in\u00e9dits : \u00ab\u00a0White Cluster\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Atonement\u00a0\u00bb. La bonne humeur du groupe d\u00e9teint sur le public qui participe beaucoup sur les morceaux. On notera que malgr\u00e9 une chute sur les marches de l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre, Akerfeldt assurera parfaitement la fin de \u00ab\u00a0Deliverance\u00a0\u00bb. Le concert et le festival s\u2019ach\u00e8vent sur un magistral \u00ab\u00a0Blackwater Park\u00a0\u00bb, et c\u2019est les yeux brillants que les festivaliers quittent les pr\u00e9misses pour rentrer.<br \/><br \/> Une chose est certaine. Si l\u2019\u00e9quipe du <em>Night of The Prog<\/em> continue \u00e0 proposer une programmation de si bonne qualit\u00e9, dans un lieu aussi enchanteur, elle pourra compter sur la participation de la <em>chromateam<\/em> \u00e0 chaque \u00e9dition. Ce festival est une perle rare, \u00e0 la fois pour son cadre et la qualit\u00e9 des groupes invit\u00e9s. Et si le d\u00e9placement depuis la France est certes un peu fastidieux et long, le jeu en vaut grandement la chandelle.<\/p>\n<!-- wp:gallery {\"ids\":[19406,19407,19408,19409,19410,19411,19412,19413,19414,19415,19416,19417,19418,19419,19420,19421,19422]} --><figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-15.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19406\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-15.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19406\" class=\"wp-image-19406\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14599\/13071x_NightOfTheProg-10.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19407\" 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