{"id":19318,"date":"2013-05-30T00:00:00","date_gmt":"2013-05-29T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_TesseracT_NouveauCasino-1.jpg"},"modified":"2013-05-30T00:00:00","modified_gmt":"2013-05-29T22:00:00","slug":"19318","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2013\/05\/30\/19318\/","title":{"rendered":"Periphery &#8211; La ligue des Djentlemen extraordinaires"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Ce soir, mesdames et messieurs, nous c\u00e9l\u00e9brons le djent. Un genre tout aussi conspu\u00e9 qu&rsquo;il peut \u00eatre adul\u00e9, une soi-disant vague passag\u00e8re qui trouve tout doucement sa place au sein du paysage m\u00e9tallique europ\u00e9en. Si nos festivals nationaux restent herm\u00e9tiques au ph\u00e9nom\u00e8ne, d&rsquo;autres pays se laissent tenter par l&rsquo;exp\u00e9rience, au point qu&rsquo;un des rares groupes fran\u00e7ais pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;affiche du Download Festival soit clairement affili\u00e9 au djent (Algorithm pour ne pas le citer). Ok, nul n&rsquo;est proph\u00e8te etc etc&#8230; Mais en ce mercredi 1er mai, au Nouveau Casino, le style tant controvers\u00e9 a fait salle comble, la faute \u00e0 une double affiche dont les fans se pourl\u00e9chaient les babines d&rsquo;avance.<\/strong><br \/><br \/> C&rsquo;est Syquem, seule inconnue dans l&rsquo;\u00e9quation, qui a la charge de d\u00e9clencher les hostilit\u00e9s. Le public est enthousiaste, signe qu\u2019il semble \u00eatre connu de l&rsquo;assistance mais a malencontreusement \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 notre champ de vision. On navigue ici dans des eaux plus classiques, le groupe partageant plus de points communs avec le prog metal qu&rsquo;avec Meshuggah. Le guitariste principal assure \u00e9galement le poste de chanteur, profitant d&rsquo;un timbre au demeurant plut\u00f4t plaisant, plus traditionnel qu&rsquo;hardcore. Malgr\u00e9 leur bonne volont\u00e9 \u00e9vidente, les Teutons t\u00e2tonnent quelque peu entre les morceaux, laissant \u00e9chapper par erreur quelques bouts de <em>samples<\/em>. Sans \u00eatre fonci\u00e8rement dommageable, c&rsquo;est le genre de d\u00e9tail qui d\u00e9note d&rsquo;un certain manque de maturit\u00e9 sc\u00e9nique malgr\u00e9 cinq albums au compteur. Le bassiste jouera tout du long le r\u00f4le de statue impassible, id\u00e9al pour animer un enterrement mais moins efficace pour stimuler un public en demande de passion et d&rsquo;\u00e9nergie. Loin du sans faute, Syquem, par leur sens de la m\u00e9lodie, aura su malgr\u00e9 tout titiller notre curiosit\u00e9 et nous donner l&rsquo;envie d&rsquo;en d\u00e9couvrir un peu plus (n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 faire un tour sur leur bandcamp).<br \/><br \/> La ferveur prend soudain de l&rsquo;ampleur quand Tesseract foule la sc\u00e8ne. Bien qu&rsquo;on ait pu leur reprocher un <em>set<\/em> beaucoup trop court lors de leur passage au Batofar en t\u00eate d&rsquo;affiche, force est de constater que les Anglais font grimper le professionnalisme d&rsquo;un cran. Dot\u00e9e d&rsquo;une \u00e9pine dorsale en titane, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;excellent batteur Jay Postones, la section rythmique fait des merveilles. Ne privil\u00e9giant \u00e0 aucun moment la complexit\u00e9 technique outranci\u00e8re au d\u00e9triment d&rsquo;un touch\u00e9 ma\u00eetris\u00e9, basse et batterie humanisent quelque peu le groupe et effacent rapidement de nos m\u00e9moires les sonorit\u00e9s artificielles de Syquem. Nous sommes ind\u00e9niablement face aux \u00ab\u00a0v\u00e9t\u00e9rans\u00a0\u00bb de ce mouvement relativement r\u00e9cent qu&rsquo;est le Djent, ce qui s&rsquo;en ressent tant par leur \u00e2ge que par leur mise en place irr\u00e9prochable. Seul le chanteur, Ashe O&rsquo;Hara, se remettant d&rsquo;une infection \u00e0 la gorge aura sembl\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement peiner, h\u00e9sitant, en retrait face \u00e0 ses petits copains, \u00e0 quelques encablures de la transparence. Ressemblant \u00e0 un innocent choriste blondinet que l\u2019on aurait grim\u00e9 en <em>rocker<\/em> avec veste en cuir et <em>piercings<\/em> ad hoc, celui-ci camoufle ses errances sous les multiples <em>samples<\/em> vocaux qui l\u2019accompagnent. Le tr\u00e8s attendu \u00ab\u00a0Conceiling Fate part 1\u00a0\u00bb viendra boucler un <em>set<\/em> musicalement satisfaisant, qui laissera malgr\u00e9 tout un go\u00fbt amer d\u2019inachev\u00e9. Trop appliqu\u00e9s, trop concentr\u00e9s, ou simplement trop effac\u00e9s sur sc\u00e8ne? La marge de progression leur permettant d\u2019acqu\u00e9rir un v\u00e9ritable statut de \u00ab\u00a0groupe charismatique\u00a0\u00bb  reste aujourd\u2019hui cons\u00e9quente.<br \/><br \/> Apr\u00e8s quelques minutes de mise en place, la foule se resserre autant qu&rsquo;elle le peut, et vient alors le tour de Periphery. Autant avouer que nous ne savions pas r\u00e9ellement \u00e0 quoi nous attendre, la premi\u00e8re partie de Dream Theater en 2012 n&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 totalement convaincante. En notre for int\u00e9rieur, il \u00e9tait \u00e9vident que le groupe serait plus \u00e0 l&rsquo;aise en configuration club, mais ils avaient encore tout \u00e0 prouver. <br \/> Adam \u00ab\u00a0Nolly\u00a0\u00bb Getgood nous avait confi\u00e9 qu&rsquo;ils avaient gagn\u00e9 en assurance gr\u00e2ce au b\u00e9n\u00e9fice des retours \u00ab\u00a0oreillettes\u00a0\u00bb, et il est ind\u00e9niable que la formation se pr\u00e9sente ce soir sous un tout autre jour. Ce petit monde galope sur sc\u00e8ne et vient titiller de tr\u00e8s pr\u00e8s le public qui explose de plaisir. L&rsquo;\u00e9cart se creuse instantan\u00e9ment avec les confr\u00e8res de Tesseract, et c&rsquo;est un foss\u00e9 de professionnalisme qui les s\u00e9pare d\u00e9sormais, ils ne jouent plus dans la m\u00eame division, tout du moins en <em>live<\/em>. <br \/> Le <em>set<\/em> sera court, une soixantaine de minutes tout au plus : c&rsquo;est donc sans perdre de temps en bavardages inutiles que Spencer Sotelo s&#8217;empare de la sc\u00e8ne sur \u00ab\u00a0Ragnarok\u00a0\u00bb. Son registre hardcore m\u00e9lo et son attitude tout en schizophr\u00e9nie ma\u00eetris\u00e9e nous font penser instantan\u00e9ment \u00e0 Rody Walker de Protest the Hero. Il est n\u00e9cessaire de saluer sa technique parfaite : point d&rsquo;artifice ou d&rsquo;effet masquant les \u00e9ventuelles difficult\u00e9s, il se pr\u00e9sente \u00e0 nous sans complexe, alternant sans peine voix satur\u00e9e et chant clair. On lui souhaite de parvenir \u00e0 conserver une telle aisance sur le long terme, tant les cordes vocales peuvent souffrir de ce genre d\u2019acrobaties.<br \/> Lorsque l&rsquo;on b\u00e2tit une telle forteresse sonore, on perd n\u00e9cessairement en subtilit\u00e9, et rares sont les plages d&rsquo;accalmies dans ce d\u00e9luge de notes et de polyrythmie. Elles s&rsquo;av\u00e8rent cependant salutaires car permettent de justifier \u00e0 elles seules la pr\u00e9sence de trois guitaristes, au demeurant tous solistes. <em>Tapping<\/em> \u00e0 trois voix et arp\u00e8ges des plus complexes mettent en valeur chaque personnalit\u00e9. Misha Mansoor, ma\u00eetre \u00e0 penser et producteur de la formation, reste le plus effac\u00e9 des trois en terme de pr\u00e9sence. Il pond cependant les plus beaux soli de la soir\u00e9e, accrocheurs et inspir\u00e9s, ce qui permet de ne pas oublier que Periphery est aussi synonyme de m\u00e9lodies pas n\u00e9cessairement noy\u00e9es sous un d\u00e9luge de triples croches. <br \/><br \/> Toujours bienveillant envers leurs fans, Periphery transforme peu \u00e0 peu la sc\u00e8ne en terre d&rsquo;accueil pour <em>slammeurs<\/em> enthousiastes et improbables. Spiderman ou une jeune demoiselle avec son sac \u00e0 dos sur le ventre viendront c\u00f4toyer les d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s sympathiques membres du groupe, avant de jeter leur d\u00e9volu sur une fosse au <em>headbanging<\/em> intensif. <br \/> Au rayon des moments improbables de la soir\u00e9e viendra s&rsquo;ajouter une reprise compl\u00e8tement inattendue de Rage against the machine, un \u00ab\u00a0Killing in the name\u00a0\u00bb f\u00e9d\u00e9rateur suscitant un enthousiasme qui semble surprendre les musiciens eux-m\u00eames. Ne manque plus que le palindromique \u00ab\u00a0Racecar\u00a0\u00bb issu de leur premier album, et tout ce petit monde fini par rentrer chez soi, avec l\u2019agr\u00e9able sensation d\u2019avoir pass\u00e9 une soir\u00e9e ayant tenu toutes ses promesses.<br \/><br \/> Gr\u00e2ce \u00e0 Periphery et Tesseract, nous avons eu la preuve \u00e9vidente que le djent est un genre vivant, plein d\u2019avenir, f\u00e9d\u00e9rant une jeune communaut\u00e9 autour d\u2019une musique complexe et exigeante. Suivre son \u00e9volution et la mani\u00e8re dont il continuera \u00e0 influencer le prog metal ne pourra qu\u2019\u00eatre passionnant. A suivre&#8230;<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Periphery_NouveauCasino-2.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19320\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Periphery_NouveauCasino-2.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19320\" class=\"wp-image-19320\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Syqem_NouveauCasino-1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19321\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Syqem_NouveauCasino-1.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19321\" class=\"wp-image-19321\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Periphery_NouveauCasino-3.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19322\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Periphery_NouveauCasino-3.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19322\" class=\"wp-image-19322\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_TesseracT_NouveauCasino-2.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19323\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_TesseracT_NouveauCasino-2.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19323\" class=\"wp-image-19323\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Periphery_NouveauCasino-1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19324\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Periphery_NouveauCasino-1.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19324\" class=\"wp-image-19324\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Periphery_NouveauCasino-4.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19325\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Periphery_NouveauCasino-4.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19325\" class=\"wp-image-19325\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Syqem_NouveauCasino-2.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19326\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_Syqem_NouveauCasino-2.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19326\" class=\"wp-image-19326\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_TesseracT_NouveauCasino-1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19327\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14460\/130501_TesseracT_NouveauCasino-1.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19327\" class=\"wp-image-19327\"\/><\/figure><\/li><\/figure><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":24,"featured_media":19319,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19318"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/24"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19318"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19318\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19319"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}