{"id":19304,"date":"2013-04-12T00:00:00","date_gmt":"2013-04-11T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14416\/130304_NealMorse_Trabendo-9.jpg"},"modified":"2013-04-12T00:00:00","modified_gmt":"2013-04-11T22:00:00","slug":"19304","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2013\/04\/12\/19304\/","title":{"rendered":"Neal Morse ft. Mike Portnoy &#8211; Soir\u00e9e sur un Transat&rsquo;"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Quelle que soit l&rsquo;origine de l\u2019initiative r\u00e9unissant deux groupes parmi les plus respect\u00e9s de la sc\u00e8ne progressive, il \u00e9tait impossible de ne pas se r\u00e9jouir \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de retrouver une telle palette de musiciens. Du talent au m\u00e8tre carr\u00e9, de fortes personnalit\u00e9s et l&rsquo;espoir de voir tout ce beau monde <em>jammer<\/em>, voil\u00e0 ce que proposait <em>a priori<\/em> cette double affiche Flower Kings\/Neal Morse. Chronique d&rsquo;une soir\u00e9e de pur plaisir.<\/strong><br \/><br \/> La bande \u00e0 Roine Stolt, le dandy du progressif aux tenues bariol\u00e9es, d\u00e9cide de d\u00e9buter les festivit\u00e9s tout en l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, puisque ce n&rsquo;est rien de moins que \u00ab\u00a0Numbers\u00a0\u00bb, la pi\u00e8ce principale de leur dernier album qui servira d&rsquo;introduction. Une \u0153uvre-synth\u00e8se de 25 minutes au compteur (excusez du peu), qui balaye sans complexes divers courants, mais qui peut cependant rebuter le n\u00e9ophyte, dont la pleine concentration est requise pour en appr\u00e9cier les subtilit\u00e9s&#8230;<br \/> L&rsquo;\u00e9quilibre sonore permet au groupe d&rsquo;approcher en <em>live<\/em> le son obtenu en studio, mais donne \u00e9galement l&rsquo;occasion \u00e0 Roine Stolt de briller \u00e0 chaque note, tant gr\u00e2ce \u00e0 son timbre vocal granuleux qu&rsquo;\u00e0 son touch\u00e9 \u00e0 la six cordes. S&rsquo;il est sans conteste le c\u0153ur et l&rsquo;\u00e2me de Flower Kings, la seconde voix du groupe, Hasse Fr\u00f6berg, contribue de son c\u00f4t\u00e9 pour une grande part \u00e0 la dynamique sc\u00e9nique. Probablement berc\u00e9 au son de Led Zep et de Free, son attitude \u00e9nergique et la hargne qu&rsquo;il donne \u00e0 chacun de ses accords plaqu\u00e9s permet \u00e0 l&rsquo;ensemble de ne pas usurper le terme \u00ab\u00a0rock\u00a0\u00bb accol\u00e9 \u00e0 l&rsquo;adjectif progressif. Il se transforme rapidement en seule attraction visuelle du set, puisque ses compagnons restent franchement calmes, pour ne pas dire mous, sur l&rsquo;ensemble de la soir\u00e9e. Avouons tout de m\u00eame qu&rsquo;un batteur jouant quasiment en coulisse n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 un atout majeur pour tout groupe de rock qui se respecte : en effet, sans grande surprise, le trente-trois tonnes percussif de sieur Portnoy, soignement cach\u00e9 aux regards sous sa b\u00e2che, se sent un peu \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit sur la sc\u00e8ne du Trabendo, et ne risque pas de laisser le loisir \u00e0 Felix Lehrmann, r\u00e9cemment recrut\u00e9, de communiquer avec ses partenaires.<br \/> Apr\u00e8s avoir ex\u00e9cut\u00e9 brillamment \u00ab\u00a0In the Eyes of the World\u00a0\u00bb extrait de <em>Stardust We Are<\/em>, les Anglais laissent la place aux Am\u00e9ricains apr\u00e8s cinq \u00ab\u00a0petits\u00a0\u00bb morceaux, sous les applaudissements d&rsquo;un public poli qui attendra encore un peu avant de s&rsquo;exprimer pleinement.<br \/><br \/> Si les Flower Kings sont d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s il y quelques mois par Paris, ce n&rsquo;est pas le cas de la formation de Neal Morse, plus rare et vraisemblablement plus attendue ce soir par une majorit\u00e9 des spectateurs. Petite curiosit\u00e9 sur cette tourn\u00e9e europ\u00e9enne, la pr\u00e9sence du fid\u00e8le Mike Portnoy, d\u00e9sormais plus disponible pour son grand ami (alors qu&rsquo;il ne participait g\u00e9n\u00e9ralement qu&rsquo;\u00e0 la tourn\u00e9e am\u00e9ricaine), probablement en raison d&rsquo;un agenda devenu plus flexible ces derniers temps&#8230; La carri\u00e8re solo de Neal Morse reste d&rsquo;une \u00e9tonnante vivacit\u00e9 malgr\u00e9 le rythme imperturbable des publications. Encha\u00eenant studio, tourn\u00e9es puis albums <em>live<\/em>, la machine Neal Morse en est au point que l&rsquo;on peut d\u00e9sormais trouver le DVD de la tourn\u00e9e le soir m\u00eame du concert. Exploit ou aberration, chacun se fera son opinion. On peut penser ce que l&rsquo;on veut de cette carri\u00e8re solo et de l&rsquo;orientation christique qui en d\u00e9coule : toujours est-ils qu\u2019elle parvient \u00e0 conserver un niveau de cr\u00e9ativit\u00e9 et d&rsquo;exigence clairement appr\u00e9ciable, permettant \u00e0 <em>Momentum<\/em> de recueillir nombre de critiques \u00e9logieuses. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs avec le morceau \u00e9ponyme, v\u00e9ritable tube en puissance, que la formation soud\u00e9e autour du trio Morse\/Portnoy\/George d\u00e9boule sur sc\u00e8ne. De l&rsquo;adjonction de deux nouveaux membres lors de cette tourn\u00e9e (Eric Gillette et Adson Sodre, respectivement clavier\/guitare et guitariste) d\u00e9coule une puissance suppl\u00e9mentaire non n\u00e9gligeable : les petits nouveaux sont adeptes d&rsquo;amplis Mesa Boogie et de Musicman signature John Petrucci (Portnoy doit se sentir poursuivi), donnant \u00e0 certains morceaux des atours presque metal et une texture finalement tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle de l&rsquo;album. On regrette simplement une basse un peu trop pr\u00e9sente, qui d\u00e9s\u00e9quilibre l&rsquo;ensemble et ne permet que rarement d&rsquo;appr\u00e9cier pleinement le timbre des guitaristes qui souffrent ainsi malgr\u00e9 eux de la comparaison avec le son limpide de Stolt, qui les pr\u00e9c\u00e9dait.<br \/> Neal Morse en concert est souvent synonyme de joyeux bordel, les multi-instrumentistes jouant des coudes pour d\u00e9montrer l&rsquo;\u00e9tendue de leurs nombreux talents, et ce show ne fait pas exception. Tout le monde, mis \u00e0 part Portnoy &#8211; allez comprendre &#8211; pousse la chansonnette avec plus ou moins de bonheur (Gillette s&rsquo;en sort plut\u00f4t bien dans le registre aigu\u00eb, Sodre est plus anecdotique), et les quelques passages oblig\u00e9s de canons <em>a cappella<\/em> font leur petit effet (notamment sur le tr\u00e8s <em>fun<\/em> et d\u00e9sormais classique \u00ab\u00a0Author of confusion\u00a0\u00bb). Avec plus ou moins de spontan\u00e9it\u00e9, puisqu&rsquo;il le pratique quasiment \u00e0 chaque concert, Neal Morse se permet un bon bain de foule qui produit toujours son petit effet sur l&rsquo;assistance. La bonne humeur du <em>leader<\/em> semble absolument permanente, et d&rsquo;aucuns pourraient parfois douter de sa sinc\u00e9rit\u00e9 sur sc\u00e8ne. Mais une telle \u00e9nergie d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 tout instant ne peut \u00eatre le fruit d&rsquo;un calcul ou d&rsquo;une soi-disant \u00ab\u00a0attitude\u00a0\u00bb. Il vit simplement sa musique comme rarement musicien n&rsquo;ose le montrer, et le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est que le bougre sait transmettre les ondes positives. Les quatre-vingt petites minutes accord\u00e9es au groupe se focalisent majoritairement sur le dernier album. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du complexe \u00ab\u00a0Thoughts part V\u00a0\u00bb ou du pav\u00e9 \u00ab\u00a0World Without End\u00a0\u00bb qui conclue leur passage, le groupe se joue des difficult\u00e9s sans montrer quelconque signe de faiblesse.<br \/><br \/> La fausse surprise de la soir\u00e9e, vaguement annonc\u00e9e \u00e0 droite et \u00e0 gauche, fut le <em>mini-set<\/em> consacr\u00e9 \u00e0 Transatlantic, dont l&rsquo;annonce d&rsquo;un prochain album a \u00e9t\u00e9 faite au cours de la tourn\u00e9e. Une fa\u00e7on plut\u00f4t fine de t\u00e2ter le terrain pour ce <em>all-star band<\/em> dont la notori\u00e9t\u00e9 d\u00e9passe largement celle d&rsquo;un Morse en solo ou de Flower Kings. Et c&rsquo;est cette notori\u00e9t\u00e9 qui explose au visage de Neal Morse et Roine Stolt d\u00e8s les premi\u00e8res secondes de \u00ab\u00a0Bridge Across Forever\u00a0\u00bb. L&rsquo;ovation et l&rsquo;excitation de la foule les accueillent comme \u00e0 aucun autre moment de la soir\u00e9e, indiquant pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 se situent les attentes du public pour le futur. Il suffit de se retourner quelques secondes pour saisir l&rsquo;ampleur de cette for\u00eat de sourires b\u00e9at. Le plaisir est total, se transformant sur sc\u00e8ne en orgie d&rsquo;une dimension in\u00e9dite. Les musiciens d\u00e9filent pendant cette trop courte demie-heure, jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre une douzaine de personnes sur les planches, pour conclure, apr\u00e8s deux heures trente de marathon progressif, sur un extrait du mythique \u00ab\u00a0Stranger in your Soul\u00a0\u00bb.<br \/><br \/> C&rsquo;est ainsi que la soir\u00e9e s&rsquo;ach\u00e8ve, sur un moment rare que l&rsquo;on esp\u00e8re pouvoir revivre un jour prochain, laissant pr\u00e9sager d&rsquo;une future tourn\u00e9e Transatlantic probablement dantesque !<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14416\/130304_NealMorse_Trabendo-11.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19306\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14416\/130304_NealMorse_Trabendo-11.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19306\" 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