{"id":19177,"date":"2012-05-16T00:00:00","date_gmt":"2012-05-15T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/13831\/120411_Punkt_BanlieuesBleues-8.jpg"},"modified":"2012-05-16T00:00:00","modified_gmt":"2012-05-15T22:00:00","slug":"19177","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2012\/05\/16\/19177\/","title":{"rendered":"Banlieues Bleues &#8211; Francesco Bearzatti \/ Supersonic \/ Punkt"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Sylvain Rifflet \u00ab Alphabet \u00bb \/ Francesco Bearzatti Tinissima Quartet \u00ab\u00a0X (Suite for Malcolm)\u00a0\u00bb (6 avril 2012),\u00a0Maison du Peuple (Pierrefitte sur Seine)<\/strong><br \/><br \/> C&rsquo;est \u00e0 la Maison du peuple de Pierrefitte-sur-Seine que le festival Banlieues Bleues continue son p\u00e9riple. L&rsquo;audience est encore quelque peu clairsem\u00e9e quand arrive toute une ribambelle d&rsquo;enfants venus applaudir Sylvain Rifflet. Le saxophoniste, clarinettiste et bidouilleur s&rsquo;est en effet pleinement investi dans cette \u00e9dition, en partageant son savoir et ses projets avec les plus jeunes lors de quatre sessions organis\u00e9es avec le conservatoire local. Pour ce concert, il a d\u00e9laiss\u00e9 les <em>Beaux-Arts<\/em> \u00e0 l&rsquo;honneur de son pr\u00e9c\u00e9dent disque pour s&rsquo;inspirer librement de l&rsquo;alphabet. Et \u00e0 l&rsquo;image des \u00e9l\u00e8ves h\u00e9sitants apprenant leur le\u00e7on, il fonde toujours sa musique sur les r\u00e9p\u00e9titions pour construire et \u00e9chafauder ses compositions. Phil Gordiani, assis \u00e0 la guitare, r\u00e9p\u00e8te les motifs de base et \u00e9voque les d\u00e9ambulations minimalistes de Robert Fripp, Benjamin Flament soutient le tout aux percussions et Joce Miennel aux fl\u00fbtes se lie aux \u00e9lucubrations du <em>leader<\/em> pour sublimer le tout. Toujours capable de m\u00e9lodies limpides, Sylvain Rifflet n&rsquo;a rien perdu du lyrisme et de la fougue, qui \u00e9merveillaient au sein de <em>Rockingchair<\/em>. Mais le caract\u00e8re tr\u00e8s \u00e9crit des morceaux prend ici parfois\u00a0 le pas sur l&rsquo;instinct ou l&rsquo;intuition, et l&rsquo;ensemble ne d\u00e9colle que trop rarement, comme avec \u00ab\u00a0Electronic Fire Gun\u00a0\u00bb. Assez statique sur sc\u00e8ne, la formation semble parfois avoir du mal \u00e0 s&rsquo;engager totalement dans une musique qui fourmille pourtant de trouvailles et m\u00e9riterait sans doute d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9e avec plus de violence, comme lors des derni\u00e8res salves o\u00f9, sur des notes orientales, le talentueux Monsieur Rifflet fait \u00e9talage de toute sa classe et du potentiel d&rsquo;un groupe que l&rsquo;on esp\u00e8re revoir tr\u00e8s bient\u00f4t.<br \/><br \/> Mais par bonheur, si \u00e0 force de travailler son alphabet, le saxophoniste en a peut-\u00eatre un peu perdu son latin, Francesco Bearzatti et ses comparses en ont en exc\u00e8s. Deux cent pour cent italien, l&rsquo;accent, la tchatche et la classe en prime, le quartet <em>Tinissima<\/em> tient toutes ses promesses en jouant en int\u00e9gralit\u00e9 <em>X (Suite for Malcolm)<\/em>, avec une ferveur communicative. Soutenu par un montage vid\u00e9o \u00e9grenant les titres et illustrant la vie du <em>leader<\/em> maudit, les quatre hommes font bien plus que reproduire ce qu&rsquo;ils avaient d\u00e9j\u00e0 grav\u00e9 sur disque en 2010. V\u00e9ritable t\u00eate de proue du jazz moderne, qui dig\u00e8re toutes les influences sans oublier ses racines, Bearzatti, d\u00e9contract\u00e9, en jeans et gros saxo \u00e0 la main, sorte de John Zorn transalpin dans l&rsquo;attitude sans concession, va droit au but et touche au c\u0153ur. On pense au <em>Liberation Music Orchestra<\/em> avec l&rsquo;introduction profonde et grave, quand d\u00e9j\u00e0 Giovanni Falzone (trompette) l\u00e2che un solo habit\u00e9, qui lance le concert pour de bon. Fantastique <em>performer<\/em>, qui crie, siffle et bruite quand il ne souffle pas, il capte l&rsquo;attention avec un naturel d\u00e9concertant. Quand Miles Davis renvoyait par-dessus l&rsquo;Atlantique un photographe ind\u00e9licat qui voulait le photographier trompette \u00e0 l&rsquo;horizontale d&rsquo;un m\u00e9prisant \u00ab\u00a0Je ne suis pas un p&#8230;. de joueur de fanfare\u00a0\u00bb, Falzone lui, joue \u00e0 l&rsquo;horizontale, et est dans le plus pur sens du terme un putain de joueur de fanfare : un mec qui prend son solo comme on part \u00e0 l&rsquo;assaut, plie les genoux, s&rsquo;engage et se sert de son instrument comme d&rsquo;autres se servent de leurs fusils. C&rsquo;est physique, c&rsquo;est viril, \u00e7a prend aux tripes et vous colle la chair de poule, on en redemande une salve, <em>Music is the Weapon <\/em> !! <br \/><br \/> Au service des compositions initiales mais toujours \u00e0 fond, les deux soufflants sont bouillants, Bearzatti joue un solo de saxophone distordu, perdu entre Hendrix et les claviers <em>seventies<\/em>, le tout soutenu par une paire rythmique hyper-pr\u00e9sente o\u00f9 le bassiste Danilo Gallo, \u00e9mule de John Goodman grisonnant, donne parfois dans le funk et l&rsquo;improvisation avec un vrai talent. Ces musiciens se connaissent par c\u0153ur, connaissent leur musique, et la partagent en un final \u00e9mouvant o\u00f9 Napol\u00e9on Maddox monte sur sc\u00e8ne et joint ses mots \u00e0 la performance alors que le groupe tourne le dos au public, en mettant une derni\u00e8re fois en valeur Malcolm X, dont le nom orne leurs T-shirts. Un ultime pas de danse tout en joie, syncopes et mouvements de post\u00e9rieur en hommage au mythique combat de Mohamed Ali \u00e0 Kinshasa, une derni\u00e8re fable de Maddox et la lumi\u00e8re se rallume d\u00e9j\u00e0. Monumental.<br \/><br \/><br \/><strong>Build An Ark \/ Supersonic (7 avril 2012),\u00a0Salle Pablo Neruda (Bobigny)<\/strong><br \/><br \/> Pour le Vendredi saint, les organisateurs de Banlieues Bleues ont choisi de verser dans le jazz le plus spirituel, voire le plus religieux qui soit. H\u00e9ritier de Pharoah Sanders ou de John Coltrane, le collectif californien Build An Ark d\u00e9livre un concert d&rsquo;une rare densit\u00e9, o\u00f9 l&rsquo;enthousiasme poli laisse progressivement place \u00e0 une \u00e9trange et contagieuse ferveur. Leur musique, bas\u00e9e sur un socle rythmique solide jou\u00e9 d&rsquo;une basse semblant destin\u00e9e \u00e0 s&rsquo;envoler, est sublim\u00e9e par deux personnages inclassables. Dwight Trible, dont les mimiques et le faci\u00e8s rappellent en moins joufflu Forest Whitaker, se lance dans un esprit <em>soul<\/em> sur les lignes m\u00e9lodiques tendues par le quintet au sein duquel l&rsquo;altiste Miguel Altwood-Ferguson irradie\u00a0 par ses fulgurances, capable de maintenir l&rsquo;assistance en apesanteur \u00e0 lui seul. L&rsquo;ensemble, rod\u00e9 \u00e0 la perfection, d\u00e9colle vers les plus hautes sph\u00e8res, rythm\u00e9 par les incantations du chanteur. Mais si le proph\u00e8te <em>crooner<\/em> se r\u00e9v\u00e8le impressionnant, que dire alors de Kamau Daaood, le chantre urbain de Los Angeles, po\u00e8te, slammeur avant l&rsquo;heure et dont la seule pr\u00e9sence \u00e0 proximit\u00e9 de la sc\u00e8ne impose le respect ? Immense par la taille, immense par sa voix s\u00e9pulcrale mais incroyablement juste, il se fraie un chemin \u00e0 travers le collectif, tel un musicien \u00e0 part enti\u00e8re. <em>\u00ab\u00a0John Coltrane was a freedom Fighter\u00a0\u00bb<\/em> commence-t-il, son recueil de textes \u00e0 la main, et instantan\u00e9ment, la magie op\u00e8re. Perch\u00e9 quelque part entre Albert Ayler et Gil Scott-Heron, il fascine litt\u00e9ralement l&rsquo;audience, scandant ses stances lumineuses. Plus tard, il rend hommage \u00e0 son ami et pianiste Horace Tapscott, avec une sinc\u00e9rit\u00e9 et une admiration confondantes. Quelque chose de mystique plane r\u00e9ellement dans l&rsquo;atmosph\u00e8re, et lorsque la c\u00e9l\u00e9bration s&rsquo;ach\u00e8ve, les admirateurs qui s&#8217;empressent de le c\u00f4toyer semblent h\u00e9siter \u00e0 lui baiser les pieds plut\u00f4t que de lui serrer la main. <em>\u00ab <\/em><em>Music is the Healing Force of the Universe<\/em> <em>\u00bb<\/em> criait Ayler il y a quarante ans. En cette veille de P\u00e2ques, ses incantations mystiques ont presque pris forme \u00e0 Bobigny.<br \/><br \/> La prestation de Build an Ark est encore presque palpable quand Thomas de Pourquery et Supersonic reprennent les affaires en mains. Ils jouent \u00e0 domicile, et le public religieux qui communiait une demi-heure auparavant s&rsquo;est chang\u00e9 en un bouillant club de supporters. Formation qui rend hommage et prolonge avec \u00e9nergie l&rsquo;h\u00e9ritage musical du plus hallucin\u00e9 des Saturniens, Supersonic tourne autour de trois soufflants talentueux, Fabrice Martinez aux trompette et tuba, Laurent Bardainne aux saxophones baryton et t\u00e9nor, et Thomas de Pourquery aux saxophones alto et soprano, qui se chargent de reconstituer le souffle cosmique de l&rsquo;Arkestra. Ce trio a de la gueule. Entre le sage Martinez et l&rsquo;hirsute Bardainne, dandy d\u00e9braill\u00e9, sosie \u00e9lim\u00e9 de Gustave de Kervern, Thomas de Pourquery impose sa stature et son look atypique : peau de fesse sur le cr\u00e2ne et barbe de Robinson en haut, peau de vache en ska\u00ef et poitrail de catcheur en bas, le gaillard en impose, et la musique de sa troupe est \u00e0 l&rsquo;avenant, \u00e0 la fois puissante et truculente. Il s&rsquo;engage enti\u00e8rement dans ce projet, soutenu par un Edward Perrault multicolore et hyperactif derri\u00e8re sa batterie, \u00e9claire avec enthousiasme l&rsquo;immense \u0153uvre de Sun Ra, et n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 pousser la chansonnette quand il le faut. Souriant, h\u00e2bleur, charmeur, le <em>leader<\/em> assure et \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, Laurent Bardainne multiplie les magnifiques envol\u00e9es viriles arm\u00e9 de ses gros engins. Et lorsque l&rsquo;in\u00e9vitable \u00ab\u00a0Space is the Place\u00a0\u00bb se profile, toute la fanfare de Banlieues Bleues (l\u00e0 aussi r\u00e9sultat d&rsquo;un projet p\u00e9dagogique men\u00e9 avec des \u00e9l\u00e8ves de Bobigny) arrive sur sc\u00e8ne pour \u00e9pauler le quintet et donner un peu de suppl\u00e9ment venteux \u00e0 l&rsquo;ensemble. Malheureusement assez loin de la folie cosmique des grandes folies de saxophones de l&rsquo;orchestre originel, il manque finalement un peu de puissance pour vraiment porter le groupe vers les sommets, mais qu&rsquo;importe, il y avait bien quelque chose de Sun Ra qui planait dans l&rsquo;air et Supersonic lui a rendu un hommage stimulant et actuel que n&rsquo;aurait sans doute pas reni\u00e9 le ma\u00eetre en personne.<br \/><br \/><br \/><strong>Punkt \/ Trio Wassi\u00e9-Sourisseau-Drake \/ Evan Parker Sextet (11 avril 2012), Le 104 (Paris)<\/strong><br \/><br \/> Punkt, concept d&rsquo;improvisation et de retraitement de la musique en quasi-direct pens\u00e9 par Erik Honor\u00e9 et Jan Bang, prend ses quartiers au sein de l&rsquo;imposant Cent-Quatre. Deux salles de concerts sont r\u00e9quisitionn\u00e9es pour permettre aux savants fous de d\u00e9composer en direct les concerts avant d&rsquo;en livrer une relecture aux auditeurs aux oreilles d\u00e9j\u00e0 bien pleines.<br \/><br \/> La premi\u00e8re performance est offerte par un trio intrigant sur le papier et formidable sur sc\u00e8ne,  o\u00f9 la chanteuse \u00e9thiopienne Ethenesh Wassi\u00e9 lie ses vocalises si caract\u00e9ristiques \u00e0 la guitare basse de Mathieu Sourisseau et la batterie d&rsquo;Hamid Drake. Ce qui aurait pu, \u00e0 la premi\u00e8re impression se r\u00e9v\u00e9ler bancal, frustrant ou abscons s&rsquo;est vite transform\u00e9 en le\u00e7on de m\u00e9tissage musical et d&rsquo;\u00e9coute mutuelle. La voix de l&rsquo;Ethiopienne, capable d&rsquo;\u00e9tonnantes variations, soutient sans coup f\u00e9rir l&rsquo;affrontement avec ses coll\u00e8gues masculins. Sourisseau use de courts motifs nerveux, gratte son instrument avec moult ustensiles et donne une vraie contenance \u00e0 l&rsquo;ensemble, tandis qu&rsquo; Hamid Drake confirme qu&rsquo;il est un des batteurs les plus dou\u00e9es de sa g\u00e9n\u00e9ration, capable de jouer \u00e0 peu de choses pr\u00e8s toutes les musiques. Un batteur de la trempe d&rsquo;un Jack DeJohnette, le genre de gars qui a d\u00fb na\u00eetre dans un tambour pour capter de mani\u00e8re aussi instinctive o\u00f9 se placer et o\u00f9 emmener rythmiquement le trio. A l&rsquo;aise avec ses acolytes, Ethenesh Wassi\u00e9 s&rsquo;envole, se l\u00e2che, scatte, improvise un pas de danse, balance le bassin. Parfois survolt\u00e9, le trio touche du doigt une transe \u00e9lectrique \u00e0 la fois moderne et ancestrale. Et c&rsquo;est encore sous le charme furieux de cette musique que l&rsquo;on rejoint sans attendre la salle Alpha o\u00f9 Bang et Honor\u00e9, accompagn\u00e9s pour l&rsquo;occasion par Sidsel Endresen, improvisent dans l&rsquo;instant \u00e0 partir des <em>samples<\/em> du concert tout juste achev\u00e9 une \u00e9trange performance que n&rsquo;aurait pas reni\u00e9 la troupe des Robins des Bois et leur c\u00e9l\u00e8bre <em>Instant Norv\u00e9gien<\/em>. En morcelant la prestation du trio, les machinistes venus du froid ont congel\u00e9 la ferveur \u00e9thiopienne pour l&rsquo;assaisonner aux vocalises al\u00e9atoires de la chanteuse. Exercice risqu\u00e9 qui, par le d\u00e9calage avec le mat\u00e9riau d&rsquo;origine et une approche pour le moins statique, laisse un peu sur sa faim.<br \/><br \/> Le second artiste \u00e0 se pr\u00eater au jeu du s\u00e9quen\u00e7age en direct est Evan Parker. Le saxophoniste phare de l&rsquo;\u00e9lectro-acoustique, habitu\u00e9 aux grands ensembles et masses sonores fluctuantes joue ici avec un sextet tout en bruitages qui accompagne ses envol\u00e9es parfois teint\u00e9es d&rsquo;Orient. Souvent formidable sur enregistrement, la performance perd paradoxalement en intensit\u00e9 par son caract\u00e8re fig\u00e9 et tr\u00e8s peu visuel. Ikue Mori, scotch\u00e9e devant son <em>laptop<\/em>, semble \u00e0 tel point enthousiaste que l&rsquo;on se demande si elle n&rsquo;en profite pas pour v\u00e9rifier sa boite mail, Toma Gouband joue des cailloux, Adam Linson bruite avec sa basse, l&rsquo;ensemble donnant naissance \u00e0 une vague qui bruisse, couine, casse et dans laquelle il est bien difficile de distinguer qui joue quoi. Mais le r\u00e9sultat reste fascinant, min\u00e9ral, radical. Du pur Evan Parker, refusant tout compromis, pour jouer une musique, unique et puissante. Et le saxophoniste est m\u00eame pr\u00e9sent pour faire du neuf avec son propre concert puisqu&rsquo;il participe \u00e0 son propre <em>remix<\/em> aux c\u00f4t\u00e9s de Bang et Honor\u00e9. Aussi pr\u00e9sents, le trompettiste Nils-Petter Molvaer et son compagnon de route Eivind Aarset \u00e0 la guitare, ainsi que l&rsquo;inusable Hamid Drake qui a la lourde de t\u00e2che de mettre un peu de rythme \u00e0 la performance bruitiste et venteuse qui s&rsquo;annonce, compl\u00e8tent le tableau. Assez in\u00e9gal, ce concert, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre parfait entre Molvaer et Parker et le soutien tout en finesse de Drake, donne n\u00e9anmoins lieu \u00e0 de beaux moments calmes, apais\u00e9s, tr\u00e8s loin des \u00e9lucubrations du saxophoniste, vieilles d&rsquo;\u00e0 peine dix minutes. Les cliquetis, souffles et autres passages distribu\u00e9s par Honor\u00e9 et Bang (ainsi que ceux d&rsquo;Aarset qui aura vaguement gratt\u00e9 trois trucs et deux bidules) n&rsquo;offrent plus grand chose de similaire avec la performance pr\u00e9c\u00e9dente et l&rsquo; on peut s&rsquo;interroger sur le v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat de cette forme d&rsquo;art improvis\u00e9 en direct. La technique permet tant de choses qu&rsquo;elle semble parfois prendre le pas sur la musique en elle-m\u00eame, et s&rsquo;il semble \u00e9vident que je jazz d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est \u00e9lectrique, \u00e9lectronique, mall\u00e9able et loin des canons en vigueur il y a peu, il ne doit pas y perdre son patrimoine originel, organique et vivant. C&rsquo;est cette force brute qui le rend capable d&rsquo;\u00e9voluer si vite et d&#8217;embrasser toutes sortes de musique. Ethenesh Wassi\u00e9, Mathieu Sourisseau et Hamid Drake en ont fait ce soir une \u00e9clatante d\u00e9monstration.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/13831\/120411_Punkt_BanlieuesBleues-12.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19179\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/13831\/120411_Punkt_BanlieuesBleues-12.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19179\" class=\"wp-image-19179\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/13831\/120411_Punkt_BanlieuesBleues-1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"19180\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/13831\/120411_Punkt_BanlieuesBleues-1.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=19180\" 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