{"id":1915,"date":"2010-02-26T00:00:00","date_gmt":"2010-02-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1915"},"modified":"2010-02-26T00:00:00","modified_gmt":"2010-02-25T22:00:00","slug":"1915","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/02\/26\/1915\/","title":{"rendered":"Camel &#8211; Breathless (r\u00e9\u00e9d.)"},"content":{"rendered":"<p>La saga des r\u00e9\u00e9ditions de Camel pendant sa collaboration avec RCA (1973) et surtout Decca (1974-1985) est digne d\u2019un bon Largo Winch. Andrew Latimer avait r\u00e9ussit \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer les droits du premier album \u00e9ponyme (1973) pour le r\u00e9\u00e9diter en 1992 sous son propre label, Camel Productions. Il n\u2019a malheureusement pas pu acqu\u00e9rir le reste des bandes, jalousement conserv\u00e9es par Decca, devenue entretemps propri\u00e9t\u00e9 de PolyGram elle-m\u00eame achet\u00e9e par Universal, laquelle est \u00e9galement la maison-m\u00e8re de RCA. Vous suivez ? <\/p>\n<p>  En 2002, Universal r\u00e9\u00e9dite de superbe mani\u00e8re les quatre premiers albums studios ainsi que <i>A Live Record<\/i> avec moult bonus tir\u00e9s principalement d\u2019enregistrements publics de l\u2019\u00e2ge d\u2019or du groupe (1974-1977). Les versions <i>Deluxe<\/i> (double CD) de 2009 de <i>The Snow Goose<\/i> et <\/i>Moonmadness<\/i> n\u2019apportent pas de grandes nouveaut\u00e9s. De plus, toujours l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e, Universal publie un <i>Rain Dances<\/i> remasteris\u00e9 aux petits oignons avec de nombreux morceaux live en suppl\u00e9ment. Enfin, la <i>major<\/i> octroie une licence \u00e0 Esoteric Recordings, filiale de Cherry Red, pour la sortie du reste de la discographie du groupe jusqu\u2019en 1985, soit cinq disques studios et un live. En dehors du  n\u00e9cessaire d\u00e9poussi\u00e9rage sonore, les bonus propos\u00e9s pour ces publications sont bien en-de\u00e7\u00e0 de ceux d&rsquo;Universal, \u00e0 l\u2019exception notable de <i>Nude<\/i> et du live <i>Pressure Points<\/i>, devenant pour l\u2019occasion un double album. On remarquera que les deux disques suscit\u00e9s sont parmi les meilleurs de la p\u00e9riode 1978-1985. Etonnant n\u2019est-il pas ? <\/p>\n<p>  Or, l\u2019histoire m\u00eame de Camel est particuli\u00e8rement troubl\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque, expliquant pour une bonne part des r\u00e9sultats parfois mitig\u00e9s sur disque. Si l\u2019arriv\u00e9e au milieu de 1976 du saxophoniste Mel Collins, ex-King Crimson, marque l\u2019apog\u00e9e du groupe dans sa composante live gr\u00e2ce \u00e0 son apport clairement jazz-rock, le d\u00e9part du bassiste et fondateur Doug Ferguson en janvier 1977, fervent d&rsquo;une approche progressive plus traditionnelle, enl\u00e8ve le socle sur lequel la formation se (re)posait.<\/p>\n<p> L\u2019enregistrement de <i>Rain Dances<\/i> est plac\u00e9 sous le signe du stress de la pression impos\u00e9e pour Decca pour sortir un hit. Ce fut \u00ab Highways to the Sun \u00bb, la composition la plus faiblarde de Camel depuis belle lurette. <i>Rain Dances<\/i> reste n\u00e9anmoins l&rsquo;une des plus belles productions de la formation, gr\u00e2ce \u00e0 Mel Collins et \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de Richard Sinclair (Caravan et Hatfield &#038; the North) aux vocaux et \u00e0 la basse. La tourn\u00e9e qui a suivi, en plein boom punk, fut la plus r\u00e9ussie et ambitieuse de l&rsquo;histoire de Camel et la r\u00e9\u00e9dition en 2002 de <i>A Live Record<\/i>, d\u00e9sormais l&rsquo;un des plus beaux enregistrements en public du rock progressif, en t\u00e9moigne. <\/p>\n<p>  Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes en cette ann\u00e9e 1978 mais rien n&rsquo;est plus faux ! La maison de disque demande encore et toujours des tubes en puissance. A cela s&rsquo;ajoutent des tensions de plus en plus grandes entre les deux leaders du groupe, Andrew Latimer et Peter Bardens. Ce dernier finira par claquer la porte juste avant le mixage final du brinqueballant <i>Breathless<\/i>. Entre les morceaux de pop progressive aseptis\u00e9s qui n&rsquo;accrochent pas vraiment (\u00ab Breathless \u00bb, \u00ab A Wing and a Prayer \u00bb), les parties \u00e0 la ferme sans grand int\u00e9r\u00eat (\u00ab Down on the Farm \u00bb, pourtant \u00e9crite par Richard Sinclair) et les vaines tentatives d&rsquo;accrocher le Top 50, comme l&rsquo;inutile \u00ab You Make Me Smile \u00bb qui ne fait sourire personne, <i>Breathless<\/i> appara\u00eet comme le premier album rat\u00e9 du chameau. Le superbe solo de guitare de Latimer sur le fadasse \u00ab Summer Lightning \u00bb ajoute aux regrets. <\/p>\n<p>  Dans un ultime soubresaut, deux pi\u00e8ces \u00e9piques \u00e9viteront n\u00e9anmoins le naufrage total : \u00ab Echoes \u00bb, un exercice progressif dont Camel raffolait sur <i>Mirage<\/i>, et le sublime instrumental \u00ab The Sleeper \u00bb, qui reprend l&rsquo;\u00e9lan jazz rock esquiss\u00e9 sur <i>Rain Dances<\/i>. Marqu\u00e9 par l&rsquo;essoufflement de ses g\u00e9niteurs, <i>Breathless<\/i> sera le dernier album du groupe \u00e0 percer le Top 30 britannique. <\/p>\n<p>    Les changements incessants de personnel dans les ann\u00e9es qui suivent produisent des albums du m\u00eame acabit, oscillant entre le p\u00e9nible et le g\u00e9nial (<i>I Can See Your House from Here<\/i> avec  le d\u00e9finitif \u00ab Ice \u00bb). Deux p\u00e9pites sortent toutefois du lot : <i>Nude<\/i> (1981) et <i>Stationary Traveller<\/i> (1984). La r\u00e9\u00e9dition de ce dernier propose un bonus assez sympathique avec une version longue de l&rsquo;instrumental \u00ab Pressure Points \u00bb. On regrettera toutefois ce son <i>eighty<\/i> (l&rsquo;affreux Fairlight !) terriblement dat\u00e9 pour un concept album pourtant bien plus int\u00e9ressant que ce qu&rsquo;ont pu proposer Pink Floyd ou Roger Waters \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La saga des r\u00e9\u00e9ditions de Camel pendant sa collaboration avec RCA (1973) et surtout Decca&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1916,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1915"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1915"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1915\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1916"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1915"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1915"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1915"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}