{"id":19006,"date":"2005-03-29T00:00:00","date_gmt":"2005-03-28T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/141c4292ddda253f7c170178dbc7b955_XL.jpg"},"modified":"2005-03-29T00:00:00","modified_gmt":"2005-03-28T22:00:00","slug":"19006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/03\/29\/19006\/","title":{"rendered":"Queen &#038; Paul Rodgers &#8211; Queen &#038; Paul Rodgers"},"content":{"rendered":"<p style=\"margin-top: 10px; margin-bottom: 10px;\" align=\"justify\"><strong>La Reine redescend dans l&rsquo;ar\u00e8ne ! Queen est repass\u00e9 en France, \u00e9v\u00e9nement aussi inconcevable qu&rsquo;une tourn\u00e9e des Beatles avant la disparition de George Harrison, ou un concert des Doors il y a encore quelques ann\u00e9es.<br \/>On a d&rsquo;ailleurs beaucoup glos\u00e9 sur ces reformations chim\u00e9riques de monstres sacr\u00e9s d\u00e9sormais tr\u00e8s\u00a0<em>tendance<\/em> : planche \u00e0 billet ou amour de l&rsquo;art, don au public ou charit\u00e9 bien ordonn\u00e9e ? Brian May et Roger Taylor ont-ils pris un risque ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin-top: 10px; margin-bottom: 10px;\" align=\"justify\">Alors que May d\u00e9clarait encore en 2001 \u00e0 la tr\u00e8s s\u00e9rieuse S\u00fcddeutsche Zeitung \u00e0 propos de la reformation du groupe sans son meneur historique, \u00ab\u00a0<em>Nous aurions ressenti cela comme une trahison par rapport \u00e0 Freddie<\/em>\u00ab\u00a0, la formation est repartie en tourn\u00e9e. Toute la formation ? Non : hors l&rsquo;excentrique ic\u00f4ne populaire Mercury, le bassiste, John Deacon, manque aussi \u00e0 l&rsquo;appel. Jeune retrait\u00e9, il n&rsquo;a pas souhait\u00e9 se joindre \u00e0 une r\u00e9surrection contre laquelle il n&rsquo;a n\u00e9anmoins formul\u00e9 aucune opposition.<\/p>\n<p>Ce sont donc les deux traditionnels h\u00e9rauts qui s&rsquo;y collent. On les avait d\u00e9j\u00e0 vus en de nombreuses autres occasions, dont l&rsquo;\u00e9rection d&rsquo;une statue au chanteur \u00e0 moustache pour l&rsquo;inauguration du\u00a0<em>musical We Will Rock You<\/em> \u00e0 Londres, et dont le CD sortait d&rsquo;ailleurs le 28 mars 2005 en France &#8211; veille du concert parisien &#8211; o\u00f9 la pi\u00e8ce n&rsquo;est pourtant jamais venue : il n&rsquo;y pas de hasard.<br \/>May et Taylor ont d\u00e9sormais pris l&rsquo;habitude d&rsquo;assumer l&rsquo;ambassade de Queen, multipliant les d\u00e9clarations depuis dix ans et cependant laissant le suspense en place : reformation ? George Michael ? Album cach\u00e9 ? R\u00e9\u00e9ditions avec des in\u00e9dits ? Certes, le guitariste Brian May par exemple, pourrait \u00eatre tax\u00e9 de bien mener son fond de commerce, lui qui sur son\u00a0<em>Live at the Brixton Academy<\/em> solo pioche facilement dans ses contributions queeniennes, et recase le souvenir de l&rsquo;idole disparue dans un \u00a0\u00bb Love of My Life \u00a0\u00bb d\u00e9sormais \u00e9rig\u00e9 en classique. Certains r\u00e9flexes, comme aussi le \u00a0\u00bb Brighton Rock solo \u00ab\u00a0, ne se perdent pas.<\/p>\n<p>Bref : voici un challenge \u00e0 la hauteur de nos mythes vivants : faire oublier que seul un demi-Queen sera pr\u00e9sent sur sc\u00e8ne ce soir, accompagn\u00e9 d&rsquo;une demi-l\u00e9gence en la personne de Paul Rodgers, ex-Free, ex-Bad Company, ex-The Firm &#8211; quelles r\u00e9f\u00e9rences ! &#8211; qui n&rsquo;a pas la place facile et le sait bien, la preuve : l&rsquo;affiche annonce Queen + Paul Rodgers pour d\u00e9samorcer les aigreurs et Rodgers partagera m\u00eame sa gratitude pour avoir \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 entrer dans la salle ce soir-l\u00e0 !<br \/>S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une fraction du groupe d&rsquo;origine, les si\u00e8ges demeurent \u00e0 un tarif entier et respectable : le public s&rsquo;en ressent et la distance du fan \u00e0 la sc\u00e8ne est proportionnelle \u00e0 sa proximit\u00e9 de la retraite. Car on est venu en famille, et souvent d&rsquo;outre-Manche ! Grand-p\u00e8re tient la main de la petite derni\u00e8re, douze ans, qui connaissait \u00a0\u00bb We Will Rock You \u00a0\u00bb mais chant\u00e9 par des gosses dans une pub. Papa et maman entament une le\u00e7on de choses : la vie des\u00a0<em>seventies<\/em> \u00e0 leur ado lyc\u00e9en, qui n&rsquo;a pas encore saisi par quel miracle il se retrouve dans la fosse d&rsquo;un concert de rock avec ses parents. Pourvu qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas un copain dans la salle ! Au second rang, un quinquag\u00e9naire encravat\u00e9 explique \u00e0 son fils\u00a0<em>skater<\/em>de dix-neuf ans que oui, Brian, le guitariste, a fa\u00e7onn\u00e9 son instrument seul avec son p\u00e8re dans un manteau de chemin\u00e9e. Et l&rsquo;on tr\u00e9pigne, \u00e0 tout \u00e2ge, on s&rsquo;impatiente, on piaffe : c&rsquo;est vrai, c&rsquo;est tout de m\u00eame Queen que l&rsquo;on attend.<\/p>\n<p>Pourtant c&rsquo;est Eminem qui commence ! On pourra se poser des questions sur le choix de cette pr\u00e9-ouverture sonore, elle apporte n\u00e9anmoins deux \u00e9l\u00e9ments : la salle se l\u00e8ve et chauffe, et Queen marque son parti pris pour une \u00e8re moderne, pas forc\u00e9ment un\u00a0<em>revival<\/em> de la grande \u00e9poque. On entre avec ses id\u00e9es, on repart avec celles que le groupe a voulu orchestrer sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 justement une dualit\u00e9 qui sera difficile \u00e0 assumer durant tout le concert. Queen n&rsquo;a rien de nouveau \u00e0 vendre, pas d&rsquo;album, pas d&rsquo;in\u00e9dit, et va se battre pour imposer ses choix durant deux heures en soumettant des classiques rebattus chant\u00e9s par une grande voix r\u00e9put\u00e9e pour ses accents\u00a0<em>soul<\/em>, au parfum infiniment ann\u00e9es quatre-vingt. Aussi, apr\u00e8s \u00a0\u00bb Tie Your Mother Down \u00a0\u00bb choisi pour secouer un peu le Zenith et qui ne surprend pas dans le registre de Rodgers, le groupe lance \u00a0\u00bb Can&rsquo;t Get Enough of Your Love \u00ab\u00a0, sign\u00e9 Bad Company.<br \/>La r\u00e9v\u00e9lation, le choc stylistique se produira sur \u00a0\u00bb I Want to Break Free \u00ab\u00a0, titre mercurien \u00e0 outrance sur lequel Rodgers montre une certaine rigidit\u00e9. Trop\u00a0<em>soul<\/em>, c&rsquo;est s\u00fbr. Il faudra attendre les ch\u0153urs d&rsquo;introduction de \u00a0\u00bb Fat Bottomed Girls \u00ab\u00a0, titre inattendu et heureuse attention, pour que le concert d\u00e9colle. D\u00e9sormais, la politique s&rsquo;affiche clairement : Brian May a un son et Roger Taylor une frappe, imm\u00e9diatement reconnaissables. Donc tous les risques reposent sur le chant, alors le partage se fait : les titres les plus rock \u00e0 Paul qui malgr\u00e9 les r\u00e9ajustements une octave plus basse de certains couplets et refrains, et une adaptation stylistique difficile voire douloureuse, d\u00e9montre quand m\u00eame un talent authentique, et les autres morceaux \u00e0 Brian et Roger en fonction de leur auteur et\/ou affinit\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors que ceci est admis, le spectacle peut commencer. Alternant apart\u00e9s intimistes et grands classiques, Queen se permettra m\u00eame de livrer quelques titres jusqu&rsquo;alors in\u00e9dits sur sc\u00e8ne. Ainsi, alors que May s&rsquo;assied sur un tabouret, tous les briquets s&rsquo;allument pour un \u00a0\u00bb We-do-this-one-for-Freddie-Love of My Life \u00ab\u00a0. Attention : une salle de cinq mille personnes chantant avec \u00e9motion ce titre devenu l&rsquo;un des hymnes de la Reine, est une exp\u00e9rience d&rsquo;une rare intensit\u00e9 que m\u00eame le guitariste soulignera. Les premi\u00e8res larmes coulent sur les joues des plus anciens fans.<br \/>May, en vieux routier, tisse une transition avec un \u00a0\u00bb Hammer to Fall \u00a0\u00bb \u00e0 mi chemin entre la ballade et la folk, tr\u00e8s Tracy Chapman mais qui reprendra rapidement son rythme original pour accueillir Rodgers. La diff\u00e9rence de charisme \u00e9clabousse, au d\u00e9triment du chanteur : alors que chacune de ses interventions fait un peu retomber l&rsquo;ambiance, les retours de May (\u00a0\u00bb &rsquo;39 \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb Love Of My Life \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb Hammer To Fall \u00a0\u00bb ) ou de Taylor (\u00a0\u00bb I&rsquo;m In Love With My Car \u00ab\u00a0, princier, \u00a0\u00bb These Are The Days Of Our Lives \u00a0\u00bb parfait, \u00a0\u00bb Radio Ga Ga \u00a0\u00bb d&rsquo;anthologie) red\u00e9livrent sans forcer un parfum de la Grande Heure \u00e0 ce Zenith qui ne s&rsquo;y trompe pas. Un instant, on pourra m\u00eame se dire qu&rsquo;un Mercury est tapi dans l&rsquo;ombre et surgira dans une seconde sur un \u00a0\u00bb Lleeeeeeeeeeeeehhhhhlo ! \u00a0\u00bb fracassant.\u00a0<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;ex-Free dispose de plusieurs atouts qui font forte impression \u00e0 tous ceux qui pensaient un tel moment impossible : certes, \u00a0\u00bb These Are The Days\u2026 \u00a0\u00bb \u00e9tait in\u00e9dite en concert, mais que dire d&rsquo; \u00a0\u00bb I Want It All \u00a0\u00bb et de \u00a0\u00bb The Show Must Go On \u00a0\u00bb ? Ces titres ont sans aucun doute offert aux spectateurs un peu plus que ce qu&rsquo;ils attendaient pourtant : sur certains visages, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 la mousson. Grands temps forts, soulign\u00e9s comme tout le reste du concert par des jeux de lumi\u00e8re simples mais tr\u00e8s bien men\u00e9s aux projecteurs si gros qu&rsquo;il faut un op\u00e9rateur d\u00e9di\u00e9 pour chaque.\u00a0<\/p>\n<p>Inutile de souligner une fois encore le talent de la formation : lorsque plusieurs milliers de personnes frappent spontan\u00e9ment des mains en parfait ensemble sur \u00a0\u00bb Radio Gaga \u00a0\u00bb (\u00a0\u00bb All we hear is &#8211; clap-clap &#8211; Radio Gaga \u00a0\u00bb etc), ou \u00a0\u00bb We Will Rock You \u00ab\u00a0, lorsque les incontournables sont donn\u00e9s parce qu&rsquo;encore attendus (\u00a0\u00bb Brighton Rock solo \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb We Are The Champions \u00ab\u00a0\u2026) et qu&rsquo;on arrive pourtant encore \u00e0 s\u00e9duire, conqu\u00e9rir, innover m\u00eame gr\u00e2ce \u00e0 ces titres qui n&rsquo;avaient jamais connu la sc\u00e8ne ou encore \u00e0 ces grands tubes import\u00e9s par Paul Rodgers (\u00a0\u00bb All Right Now \u00a0\u00bb pour n&rsquo;en citer qu&rsquo;un), lorsque, aux rappels venus, nombre de quadra- et quinquag\u00e9naires ont les yeux rougis d&rsquo;\u00e9motion &#8211; h\u00e9 oui ! &#8211; et que dans la vingtaine de titres jou\u00e9s ne se trouvent que des hits plan\u00e9taires, et lorsque l&rsquo;on sait, enfin, qu&rsquo;il en reste encore deux fois plus en stock qui ne seront pas jou\u00e9s ce soir ! Alors le charme Queen a encore op\u00e9r\u00e9 et la puissance du mythe force le respect.<\/p>\n<p>Certes, m\u00eame Queen n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;abri des erreurs : beau massacre que ce Bohemian Rhapsody chant\u00e9 et jou\u00e9 par Freddie Mercury sur \u00e9cran g\u00e9ant. Le choix d&rsquo;inviter Freddie pouvait d\u00e9j\u00e0 \u00eatre discut\u00e9 &#8211; quel poids suppl\u00e9mentaire sur les \u00e9paules de Rodgers que son pr\u00e9d\u00e9cesseur affich\u00e9 sur plusieurs dizaines de m\u00e8tres carr\u00e9, et quelle exploitation ouverte de la gloire pass\u00e9e ou quel clin d&rsquo;\u0153il, c&rsquo;est selon ! &#8211; mais le manque total de synchronisation entre la bande enregistr\u00e9e et les musiciens, la cacophonie qui s&rsquo;ensuivit lors de la reprise du groupe sur la partie \u00e9lectrique, font tiquer. De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, m\u00eame apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre fait s\u00e9duire, le spectateur pourra toujours se demander \u00e0 propos de \u00a0\u00bb La Voix Soul du Rock \u00a0\u00bb ce\u00a0<em>que diable pouvait-il faire dans cette gal\u00e8re<\/em>, tant lutter contre un cher disparu peut s&rsquo;av\u00e9rer \u00e9puisant, vain et plus encore lorsqu&rsquo;en plus on cherche \u00e0 forcer la voie(x) pour faire passer ses accents<em>bluesy<\/em>.<\/p>\n<p>La question demeure donc :\u00a0<em>cash machine<\/em> ou amour de l&rsquo;art et de son public ? Sans doute un peu des deux, m\u00eame si, au passage, ce qui reste de Queen montre encore bien plus de professionnalisme et de talent que nombre de formations pourtant bien enti\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"margin-top: 10px; margin-bottom: 10px;\" align=\"right\"><strong>Florian Gonfreville<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin-top: 10px; margin-bottom: 10px;\" align=\"right\"><strong><br \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin-top: 10px; margin-bottom: 10px;\" align=\"justify\">Second regard, \u00e0 l&rsquo;approche bien moins acad\u00e9mique que son illustre r\u00e9dacteur en chef. Mais vous avez l\u00e0 deux versions et deux visions diff\u00e9rentes de cet \u00e9v\u00e9nement. Commen\u00e7ons par le d\u00e9but. Une entr\u00e9e en mati\u00e8re plus ou moins controvers\u00e9e et discutable au son d&rsquo;Eminem. Plaisanterie, scandale, cette intrusion hip-hop dans un monde rock suscite les rires, les interrogations et les sifflets. Peu de temps apr\u00e8s, les choses \u00ab\u00a0pas encore s\u00e9rieuses\u00a0\u00bb commencent avec \u00ab\u00a0Reaching Out\u00a0\u00bb sur lequel Paul Rodgers traverse le rideau sous l&rsquo;ovation d&rsquo;un Z\u00e9nith complet (surpris ?) Rejoint peu de temps apr\u00e8s par Brian May sur \u00ab\u00a0Tie Your Mother Down\u00a0\u00bb le rideau tombe et on les voit tous enfin : Roger Taylor, Spike Edney, Danny Miranda et Jamie Moses. Quel choix on ne peut plus judicieux pour d\u00e9marrer cette soir\u00e9e o\u00f9 l&rsquo;on croise des gens de tous les \u00e2ges, preuve que Queen est l&rsquo;un de ces rares groupes a traverser et f\u00e9d\u00e9rer les g\u00e9n\u00e9rations. D&#8217;embl\u00e9e le son est colossal, ce qui est tr\u00e8s rare au Z\u00e9nith. Le public chante \u00e0 tue-t\u00eate (il ne fera que \u00e7a d&rsquo;ailleurs tout le long du concert). \u00ab\u00a0Can&rsquo;t Get Enough Of Your Love\u00a0\u00bb vient juste derri\u00e8re et l&rsquo;on tape du pied sur cette chanson que l&rsquo;on a tous forc\u00e9ment entendu sans savoir vraiment qui jouait ce titre. \u00ab\u00a0I Want To Break Free\u00a0\u00bb fait toujours son effet, encore plus important lorsque Rodgers sollicite le public en lui proposant de chanter avec lui. Public impertinent : comme un seul homme, il r\u00e9pond !\u00a0<\/p>\n<p>Si cette soir\u00e9e s&rsquo;annonce riche en \u00e9motion, une premi\u00e8re surprise a pour nom \u00ab\u00a0Fat Bottomed Girls\u00a0\u00bb que personne n&rsquo;attendait en concert. Et c&rsquo;est l\u00e0 pour beaucoup que le concert a d\u00e9coll\u00e9. Deux spectateurs \u00e9galement : m\u00eame a un concert de Queen, il y a des\u00a0<em>slammers<\/em> ! On se remua encore sur \u00ab\u00a0Crazy Little Thing Called Love\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>Premier moment d&rsquo;accalmie : Paul Rodgers empoigne une guitare acoustique pour interpr\u00e9ter \u00ab\u00a0Seagull\u00a0\u00bb sur lequel Roger Taylor l&rsquo;accompagne aux bongos. On reste sur le mode tendre lorsque May arrive \u00e0 son tour, l&rsquo;acoustique \u00e0 la main, pour reprendre \u00ab\u00a0\u00d4 surprise\u00a0\u00bb le m\u00e9connu mais n\u00e9anmoins mythique \u00ab\u00a0&rsquo;39\u00a0\u00bb repris en ch\u0153ur par le Z\u00e9nith. Assis sur son tabouret, May met du temps a encha\u00eener et pour cause : l&rsquo;une des chevelures fris\u00e9es les plus connues de l&rsquo;histoire du Rock est \u00e9mue car cela fait pr\u00e8s de vingt ans que Queen n&rsquo;avait foul\u00e9 une sc\u00e8ne fran\u00e7aise. Du coup l&rsquo;\u00e9motion atteint une dimension \u00e9norme et elle touchera une premi\u00e8re fois \u00e0 son paroxysme sur \u00ab\u00a0Love Of My Life\u00a0\u00bb. Oui :\u00a0<em>Les premi\u00e8res larmes coulent sur les joues des plus anciens fans<\/em>. Sur celles des journalistes aussi.\u00a0<\/p>\n<p>On le sait Queen est pass\u00e9 ma\u00eetre dans la finesse musicale, par cons\u00e9quent l&rsquo;alternance \u00ab\u00a0Love Of My Life\u00a0\u00bb \/ \u00ab\u00a0Hammer To Fall\u00a0\u00bb sans v\u00e9ritable transition aurait pu para\u00eetre maladroite. Il n&rsquo;en est rien gr\u00e2ce \u00e0 une version \u00ab\u00a0folk\u00a0\u00bb du Marteau dont les premiers couplets sont chant\u00e9s par May avant d&rsquo;encha\u00eener crescendo sur la version que vous connaissez tous ! Paul Rodgers r\u00e9clame au public un peu d&rsquo;amour, \u00ab\u00a0A Little Bit Of Love\u00a0\u00bb et le public parisien, reconnu pour sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, lui en donne. On n&rsquo;a pas encore entendu Roger Taylor chanter, et tr\u00e9pignaient bien ceux qui attendaient d&rsquo;entendre le batteur faire ses vocalises. V\u0153u exauc\u00e9 : \u00ab\u00a0I&rsquo;m In Love With My Car\u00a0\u00bb que, disons-le franchement, peu de gens attendaient, a provoqu\u00e9 un remous sympathique avant de laisser la place \u00e0 Doctor May pour le d\u00e9sormais traditionnel mais toujours aussi impressionnant et \u00e0 la limite attendu par le public, \u00ab\u00a0Brighton Rock Solo\u00a0\u00bb, suivi de \u00ab\u00a0Last Horizon\u00a0\u00bb. Roger Taylor, son ami de quarante ans, s&#8217;empare du micro pour un \u00e9mouvant \u00ab\u00a0These Are The Days Of Our Lives\u00a0\u00bb. Comment en effet ne pas penser \u00e0 l&rsquo;image de Freddie Mercury, \u00e9maci\u00e9 dans la vid\u00e9o de cette chanson, la derni\u00e8re qu&rsquo;il tourna.\u00a0<\/p>\n<p>De l&rsquo;\u00e9motion au frisson, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas, franchi sur les premi\u00e8res mesures de \u00ab\u00a0Radio Ga Ga\u00a0\u00bb. Imaginez six mille cinq cent personnes tapant dans leurs mains &#8211; \u00e7a fait treize mille mains ! &#8211; lors du c\u00e9l\u00e9brissime\u00a0<em>All we hear is Radio Ga Ga<\/em> et l\u00e0 vous avez une s\u00e9rieuse d\u00e9finition du mot \u00ab\u00a0frisson\u00a0\u00bb. On sent le public du Z\u00e9nith chaud comme une braise : m\u00eame s&rsquo;il fut exemplaire d\u00e8s les premi\u00e8res notes jou\u00e9es en d\u00e9but de concert, on atteint a ce moment pr\u00e9cis un sommet d&rsquo;\u00e9motion. C&rsquo;est ce dont profitent May, Taylor et leurs amis pour passer en mode \u00ab\u00a0puissance\u00a0\u00bb et jeter un \u00ab\u00a0I Want It All\u00a0\u00bb (version album s&rsquo;il vous plait) familial en p\u00e2ture, repris en ch\u0153ur par le public. Paul Rodgers se donne vocalement, ne cessant de solliciter la foule. Une formule qui a \u00e9galement pay\u00e9 sur \u00ab\u00a0A Kind Of Magic\u00a0\u00bb encore plus puissant gr\u00e2ce aux deux guitares. Une pioche rapide dans le r\u00e9pertoire de Bad Company avec \u00ab\u00a0Feel Like Making Love\u00a0\u00bb avant d&rsquo;arriver au moment que TOUS, oui tous sans exception ont attendu : la Rhapsodie Boh\u00e9mienne.\u00a0<\/p>\n<p>Malheureusement, ce qui fut pr\u00e9vu comme le point d&rsquo;orgue de la soir\u00e9e se transforma rapidement en cauchemar, certains iront jusqu&rsquo;\u00e0 employer le terme \u00ab\u00a0h\u00e9r\u00e9sie\u00a0\u00bb. Lorsque le Z\u00e9nith vit appara\u00eetre sur grand \u00e9cran, la silhouette de Freddie Mercury, assis au piano sur des images venant du\u00a0<em>Live At Wembley<\/em> il \u00e9tait clair que le d\u00e9funt chanteur se devait de participer \u00e0 la f\u00eate. Une intention plus que louable d&rsquo;un point de vue sentimental, mais pas au niveau musical. Que le groupe joue sur les bandes du<em>Wembley<\/em>, certes, mais qu&rsquo;il soit alors synchrone avec la bande-son ! Quelques secondes d&rsquo;ajustement se montr\u00e8rent n\u00e9cessaires pour que les musiciens aillent plus vite que la musique et la rattrapent enfin. Bien trop.<br \/>La partie op\u00e9ra fut l&rsquo;occasion de resserrer quelques boulons et Queen se reprit de fort belle mani\u00e8re sur la partie rock, lourde comme il faut, qui vit toute la fosse du Z\u00e9nith sauter en l&rsquo;air comme un seul homme. Certes ils ont redress\u00e9 la barre, mais que l&rsquo;on aurait souhait\u00e9 que ce revirement de situation n&rsquo;arriva jamais.\u00a0<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me crise paroxystique survient alors que le Z\u00e9nith r\u00e9sonne de \u00ab\u00a0The Show Must Go On\u00a0\u00bb jamais interpr\u00e9t\u00e9 sur sc\u00e8ne hors le\u00a0<em>Freddie Mercury Tribute<\/em>. L\u00e0 aussi impossible de ne pas se passer le clip dans la t\u00eate et de revoir les images de Mercury. A n&rsquo;en pas douter, \u00ab\u00a0The Show Must Go On\u00a0\u00bb fut Le moment fort de la soir\u00e9e.\u00a0<\/p>\n<p>Tout au long de ce concert, Paul Rodgers a invit\u00e9 le public a chanter avec lui. Ravi tout au long de la soir\u00e9e de voir que celui-ci r\u00e9pondait pr\u00e9sent, s&rsquo;attendait-il franchement \u00e0 une telle participation sur le tube \u00e9ternel de Free, LA chanson qui l&rsquo;identifie le mieux, le mythique \u00ab\u00a0All Right Now\u00a0\u00bb ? On pourra en douter. Quoi qu&rsquo;il en soit, ce f\u00fbt une belle mani\u00e8re de chauffer une derni\u00e8re fois l&rsquo;ambiance avant de cl\u00f4turer par les deux classiques parmi les classiques : \u00ab\u00a0We Will Rock You\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0We Are The Champions\u00a0\u00bb f\u00e9d\u00e9rateurs au possible d&rsquo;un Z\u00e9nith qui l\u00e8ve les bras au le ciel alors m\u00eame que certains font \u00e9couter au t\u00e9l\u00e9phone portable des bribes de ce qui, \u00e0 n&rsquo;en pas douter restera dans les souvenirs. Un concert royal en hommage \u00e0 une reine ; pardon : \u00e0 une diva du rock. La Reine est &#8211; h\u00e9las &#8211; morte, vive la Reine, et quel titre mieux que \u00ab\u00a0God Save The Queen\u00a0\u00bb, infaillible cl\u00f4ture des concerts de Queen, pouvait le souligner\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Reine redescend dans l&rsquo;ar\u00e8ne ! 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