{"id":18945,"date":"2011-11-24T00:00:00","date_gmt":"2011-11-23T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/1b1b1d97015ac06b4c32024b7a3aec81_XL.jpg"},"modified":"2011-11-24T00:00:00","modified_gmt":"2011-11-23T22:00:00","slug":"18945","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2011\/11\/24\/18945\/","title":{"rendered":"Pierrick Pedron &#8211; &#8230;ou l&rsquo;art du groove complexe"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce n\u2019est pas dans un vulgaire pub irlandais mais bien au mythique <em>Sunset <\/em>que jouait le Pierrick Pedron Quintet, pour la troisi\u00e8me soir\u00e9e cons\u00e9cutive. Quatre jeunes Am\u00e9ricains ne semblaient pas en avoir pris acte, au vu du <em>self-service<\/em> bavard qu\u2019ils se seront permis tout le long de la soir\u00e9e, malgr\u00e9 les regards d\u00e9sobligeants que leur lan\u00e7ait le reste d\u2019un public, plut\u00f4t \u00e2g\u00e9 et proche du lecteur-type de T\u00e9l\u00e9rama venu en couple vivre un \u00e9v\u00e9nement culturel, il est vrai, assez ultime <em>a posteriori<\/em>. \u00ab\u00a0<em>Oh my God! (\u2026) They are late!<\/em> \u00bb Certes, une demi-heure de retard pour une heure de concert, cela justifie bien que quelques t\u00eates se tournent, inqui\u00e8tes, guettant la moindre silhouette de musicien. Mais ils finiront bien par \u00ab\u00a0monter\u00a0\u00bb sur sc\u00e8ne, sans rideau ni annonce fracassante. Que le spectacle commence.<br \/><br \/> Le concept de la soir\u00e9e, c\u2019est l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de <a href=\"index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=13199:cheerleaders&amp;Itemid=12\" target=\"_blank\">Cheerleaders<\/a>, sans <em>cheerleaders<\/em>. Et nos deux Am\u00e9ricaines, blondes platine et plut\u00f4t du genre extraverties \u2013 <em>\u00ab\u00a0Wow! \u00bb<\/em> \u2013, ne joueront pas les majorettes, faute de cerner le sens de cet OVNI que le passage du disque au direct ne rend que plus extra-terrestre. Du jazz, oui, par la forme : th\u00e8me, chorus, improvisation malgr\u00e9 une \u00e9criture tr\u00e8s pr\u00e9sente ; par l\u2019instrumentation : saxophone alto, batterie jou\u00e9e en prise traditionnelle, Fender Rhodes. Mais les choix harmoniques et rythmiques d\u00e9routent. Les effets sonores et le recours massif aux bandes et aux boucles aussi, dans une moindre mesure. La musique du quintet a clairement une longueur d\u2019avance, que l\u2019oreille admire mais peine \u00e0 faire sienne.<br \/><br \/> Au fur et \u00e0 mesure que l\u2019album progresse, dans l\u2019ordre exact des pistes suivant lequel il nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de l\u2019entendre, l\u2019influence de Magma appara\u00eet nettement : artisan principal de l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 de la mati\u00e8re musicale, Fabrice Moreau devient Christian Vander le temps de quelques roulements et autres p\u00eaches, jusqu\u2019\u00e0 en imiter la gestuelle reconnaissable entre mille. L\u2019utilisation des octaves chez Vincent Artaud rappelle un certain art bassistique, bien que l\u2019homme reste en retrait, occup\u00e9 \u00e0 sculpter le paysage derri\u00e8re un mur d\u2019effets \u2013 d\u00e9lai long en t\u00eate. Le clavier de Laurent Coq, auteur des pires dissonances et de d\u00e9lires modaux \u00e0 donner le vertige, remplit un r\u00f4le typiquement rythmique. Cette base ainsi constitu\u00e9e offre un espace d\u2019expression haut de gamme \u00e0 Chris de Paw, qui signe au passage un petit solo \u00e0 la guitare acoustique m\u00ealant <em>slap<\/em> furieux et <em>tapping<\/em> \u00e0 quatorze doigts (quel monstre !), mais surtout au brave Pierrick, dompteur d\u2019une fanfare qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 hautement instable et condamn\u00e9e \u00e0 l\u2019implosion sans la voix cuivr\u00e9e, tant\u00f4t atmosph\u00e9rique tant\u00f4t volcanique, mais toujours f\u00e9d\u00e9ratrice, du meneur de jeu.<br \/><br \/> La soir\u00e9e aura donc \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de prendre pleinement conscience de toute la richesse de son dernier album, dont les moindres d\u00e9tails d\u2019arrangement sautent plus ais\u00e9ment aux yeux qu\u2019ils ne parviennent \u00e0 l\u2019oreille seule. \u00c0 noter, de la part du public, quelques vaines tentatives de marquer le temps d\u2019applaudissements enthousiastes : l\u2019heure n\u2019\u00e9tait pas tellement \u00e0 la gloire du fessier. N\u2019allez pas croire que le quintet a manqu\u00e9 de <em>groove<\/em> pour autant !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce n\u2019est pas dans un vulgaire pub irlandais mais bien au mythique Sunset que jouait&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":33,"featured_media":18946,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18945"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18945"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18945\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18946"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18945"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18945"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18945"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}