{"id":18943,"date":"2011-11-21T00:00:00","date_gmt":"2011-11-20T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/c424b460fe583041c7a0498c6f662aee_XL.jpg"},"modified":"2011-11-21T00:00:00","modified_gmt":"2011-11-20T22:00:00","slug":"18943","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2011\/11\/21\/18943\/","title":{"rendered":"Guillaume Perret &#038; The Electric Epic &#8211; Hors normes"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Fusionner l\u2019organique et l\u2019\u00e9lectrique, c\u2019est la noble mission que s\u2019est fix\u00e9e Guillaume Perret au sein de sa formation Electric Epic. En r\u00e9sidence au Triton, il pr\u00e9sente ce soir le fruit d\u2019une cr\u00e9ation musicale en perp\u00e9tuelle mutation, un univers fantastique aux perspectives illimit\u00e9es. Le contexte est cependant particulier : dans le cadre du festival MAAD 93, il partage quelques compositions avec la chanteuse Sir Alice. <\/strong><br \/><br \/> Les musiciens semblent suivis de pr\u00e8s par un certain nombre d\u2019adeptes et c\u2019est un public jeune et diversifi\u00e9 qui vient bousculer ce soir les habitu\u00e9s des lieux, prouvant si besoin \u00e9tait encore, qu\u2019un concert de jazz peut se vivre avec exaltation, tant sur sc\u00e8ne qu\u2019assis dans la salle.<br \/> La s\u00e9ance d\u2019hypnose collective d\u00e9marre sur un solo. Plong\u00e9 dans une ambiance rouge\u00e2tre, le saxophone comme seul guide nous introduit quelques sonorit\u00e9s arabisantes. D\u00e8s lors, l\u2019oreille s\u2019attarde sur cet \u00e9cho persistant et l\u2019\u0153il fait le lien avec l\u2019amoncellement de p\u00e9dales aux pieds du musicien. Guillaume Perret, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un autre habitu\u00e9 des lieux, M\u00e9deric Collignon, s\u2019acoquine sans vergogne avec de nombreuses petites bo\u00eetes aux couleurs vari\u00e9es et m\u00e9lange les genres autant que les effets. Cette soif perp\u00e9tuelle d\u2019innovation rend la musique d\u2019Electric Epic difficilement descriptible tant celle-ci prend l\u2019apparence d\u2019un immense bac \u00e0 sable tant\u00f4t foutraque, tant\u00f4t millim\u00e9tr\u00e9.<\/p>\r\n\n<p>Alliant parties tr\u00e8s \u00e9crites et improvisations effr\u00e9n\u00e9es, les musiciens explosent all\u00e8grement les carcans formels pour piocher parmi leurs influences les plus diverses : d\u2019un morceau \u00e0 la progression harmonique Zeppelinienne l\u2019on est propuls\u00e9 au milieu des Brecker Brothers  \u00e0 la sauce King Crimson sans avoir pu anticiper une seule seconde ce virage \u00e0 180\u00b0. Garants de l\u2019\u00e9quilibre au sein du cataclysme, Jim Grandcamp (guitare), Philippe Bussonnet (basse) et Yoann Serra (batterie) brodent un fil rouge m\u00ealant <em>ostinati<\/em> hypnotiques, touches de funk et riffs massifs \u00e0 l\u2019unisson, qu\u2019un Panzerballett n\u2019aurait pas reni\u00e9s. Si Guillaume Perret reste le principal responsable de ce grand chambardement, ses acolytes participent joyeusement aux d\u00e9bats, passant du statut de pilier rythmique \u00e0 celui de soliste en un clignement de paupi\u00e8re. <br \/><br \/> Alors que le public est encore s\u00e9v\u00e8rement chauff\u00e9 \u00e0 blanc, la lumi\u00e8re se rallume. L\u2019entracte est un passage oblig\u00e9 des plus frustrants, et l\u2019adr\u00e9naline s\u2019\u00e9vapore naturellement. Une fois les ardeurs collectives calm\u00e9es, Sir Alice entre dans la danse pour un set bien diff\u00e9rent.<br \/><br \/> L\u2019artiste est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une r\u00e9putation de performeuse d\u00e9brid\u00e9e et joue ici la carte du contrepoint radical. L\u2019atmosph\u00e8re se feutre soudainement et c\u2019est une plong\u00e9e dans les ann\u00e9es cinquante qui s\u2019op\u00e8re, l\u2019interpr\u00e8te posant sa voix sur ce que l\u2019on se pla\u00eet \u00e0 identifier comme \u00e9tant les dialogues d\u2019un polar imaginaire. Le groupe construit alors une ambiance de bande sonore \u00ab\u00a0lynchienne\u00a0\u00bb, d\u00e9voilant par l\u00e0 m\u00eame occasion une nouvelle facette du mutant prot\u00e9iforme. Alice la pr\u00eatresse ass\u00e8nera plus tard un f\u00e9roce chant rapp\u00e9 totalement improbable pour qui n\u2019est pas habitu\u00e9 aux exc\u00e8s de la demoiselle, aux atours d&rsquo;\u00e9trange r\u00e9miniscence de Rage Against the Machine. Entre temps, Electric Epic aura repris son office dans la droite lign\u00e9e de la premi\u00e8re partie mais prend \u00e0 nouveau violemment le public \u00e0 revers lors d\u2019un morceau compos\u00e9 pour&#8230; bec de saxophone. Exercice au potentiel hautement casse-gueule que Guillaume Perret transcende en une v\u00e9ritable complainte intimiste et sensible. Le groupe d\u00e9cide finalement de proposer en rappel un titre encore en gestation, fruit de sa r\u00e9sidence au Triton. On d\u00e9couvre au beau milieu des entrailles de la b\u00eate un funk d\u00e9moniaque, tout aussi suintant que r\u00e9jouissant.<br \/><br \/> Malgr\u00e9 une l\u00e9g\u00e8re baisse de tension en seconde partie, le bilan des courses est franchement positif : une musique suffisamment construite pour ne laisser personne au  bord de la route, et suffisamment novatrice pour piquer au vif l\u2019int\u00e9r\u00eat des plus blas\u00e9s. Plaisir et cr\u00e9ativit\u00e9 : ma\u00eetres mots de cette soir\u00e9e riche en diversit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Fusionner l\u2019organique et l\u2019\u00e9lectrique, c\u2019est la noble mission que s\u2019est fix\u00e9e Guillaume Perret au sein de sa formation Electric Epic. En r\u00e9sidence au Triton, il pr\u00e9sente ce soir le fruit d\u2019une cr\u00e9ation musicale en perp\u00e9tuelle mutation, un univers fantastique aux perspectives illimit\u00e9es. Le contexte est cependant particulier : dans le cadre du festival MAAD 93, il partage quelques compositions avec la chanteuse Sir Alice. <\/strong><br \/><br \/> Les musiciens semblent suivis de pr\u00e8s par un certain nombre d\u2019adeptes et c\u2019est un public jeune et diversifi\u00e9 qui vient bousculer ce soir les habitu\u00e9s des lieux, prouvant si besoin \u00e9tait encore, qu\u2019un concert de jazz peut se vivre avec exaltation, tant sur sc\u00e8ne qu\u2019assis dans la salle.<br \/> La s\u00e9ance d\u2019hypnose collective d\u00e9marre sur un solo. Plong\u00e9 dans une ambiance rouge\u00e2tre, le saxophone comme seul guide nous introduit quelques sonorit\u00e9s arabisantes. D\u00e8s lors, l\u2019oreille s\u2019attarde sur cet \u00e9cho persistant et l\u2019\u0153il fait le lien avec l\u2019amoncellement de p\u00e9dales aux pieds du musicien. Guillaume Perret, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un autre habitu\u00e9 des lieux, M\u00e9deric Collignon, s\u2019acoquine sans vergogne avec de nombreuses petites bo\u00eetes aux couleurs vari\u00e9es et m\u00e9lange les genres autant que les effets. Cette soif perp\u00e9tuelle d\u2019innovation rend la musique d\u2019Electric Epic difficilement descriptible tant celle-ci prend l\u2019apparence d\u2019un immense bac \u00e0 sable tant\u00f4t foutraque, tant\u00f4t millim\u00e9tr\u00e9.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Alliant parties tr\u00e8s \u00e9crites et improvisations effr\u00e9n\u00e9es, les musiciens explosent all\u00e8grement les carcans formels pour piocher parmi leurs influences les plus diverses : d\u2019un morceau \u00e0 la progression harmonique Zeppelinienne l\u2019on est propuls\u00e9 au milieu des Brecker Brothers  \u00e0 la sauce King Crimson sans avoir pu anticiper une seule seconde ce virage \u00e0 180\u00b0. Garants de l\u2019\u00e9quilibre au sein du cataclysme, Jim Grandcamp (guitare), Philippe Bussonnet (basse) et Yoann Serra (batterie) brodent un fil rouge m\u00ealant <em>ostinati<\/em> hypnotiques, touches de funk et riffs massifs \u00e0 l\u2019unisson, qu\u2019un Panzerballett n\u2019aurait pas reni\u00e9s. Si Guillaume Perret reste le principal responsable de ce grand chambardement, ses acolytes participent joyeusement aux d\u00e9bats, passant du statut de pilier rythmique \u00e0 celui de soliste en un clignement de paupi\u00e8re. <br \/><br \/> Alors que le public est encore s\u00e9v\u00e8rement chauff\u00e9 \u00e0 blanc, la lumi\u00e8re se rallume. L\u2019entracte est un passage oblig\u00e9 des plus frustrants, et l\u2019adr\u00e9naline s\u2019\u00e9vapore naturellement. Une fois les ardeurs collectives calm\u00e9es, Sir Alice entre dans la danse pour un set bien diff\u00e9rent.<br \/><br \/> L\u2019artiste est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une r\u00e9putation de performeuse d\u00e9brid\u00e9e et joue ici la carte du contrepoint radical. L\u2019atmosph\u00e8re se feutre soudainement et c\u2019est une plong\u00e9e dans les ann\u00e9es cinquante qui s\u2019op\u00e8re, l\u2019interpr\u00e8te posant sa voix sur ce que l\u2019on se pla\u00eet \u00e0 identifier comme \u00e9tant les dialogues d\u2019un polar imaginaire. Le groupe construit alors une ambiance de bande sonore \u00ab\u00a0lynchienne\u00a0\u00bb, d\u00e9voilant par l\u00e0 m\u00eame occasion une nouvelle facette du mutant prot\u00e9iforme. Alice la pr\u00eatresse ass\u00e8nera plus tard un f\u00e9roce chant rapp\u00e9 totalement improbable pour qui n\u2019est pas habitu\u00e9 aux exc\u00e8s de la demoiselle, aux atours d&rsquo;\u00e9trange r\u00e9miniscence de Rage Against the Machine. 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