{"id":18625,"date":"2011-06-23T00:00:00","date_gmt":"2011-06-22T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/rw2.jpg"},"modified":"2011-06-23T00:00:00","modified_gmt":"2011-06-22T22:00:00","slug":"18625","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2011\/06\/23\/18625\/","title":{"rendered":"Roger Waters &#8211; The Wall &#8211; Epoustouflant"},"content":{"rendered":"\n<p>En 1979, Pink Floyd met au monde un concept-album qui marque les esprits de toute une g\u00e9n\u00e9ration : <em>The Wall<\/em>, l\u2019histoire d\u2019un homme qui, de traumatisme en traumatisme, se coupe progressivement du monde et s\u2019enferme derri\u00e8re un mur symbolique. Habitu\u00e9s \u00e0 des spectacles hallucinants pour l\u2019\u00e9poque en mati\u00e8re d\u2019effets visuels durant leurs performances sc\u00e9niques, Roger Waters &#8211; qui a pris un poids pr\u00e9pond\u00e9rant lors des sessions d\u2019enregistrement &#8211; et les autres membres du groupe &#8211; qui ne l\u2019ont pas toujours bien v\u00e9cu &#8211; tentent d\u2019\u00e9lever leur nouvel album \u00e0 un niveau encore sup\u00e9rieur, en lui donnant toute sa puissance lors d\u2019un <em>live<\/em> v\u00e9ritablement mis en sc\u00e8ne. Mais s\u2019ils y parvinrent effectivement, les technologies de l\u2019\u00e9poque n\u2019\u00e9taient pas assez pouss\u00e9es pour correspondre \u00e0 la folie des grandeurs floydienne. Trente ans apr\u00e8s la tourn\u00e9e de 1980-81, Roger Waters arpente les sc\u00e8nes du monde entier une derni\u00e8re fois (du moins d\u2019apr\u00e8s ses dires) pour jouer \u00e0 nouveau <em>The Wall<\/em> ; le 31 mai, il \u00e9tait \u00e0 Bercy, et nous aussi. <br \/><br \/> Avant m\u00eame que le concert commence, la salle impressionne : d\u2019abord, le mur, pr\u00eat \u00e0 \u00eatre construit sous nos yeux, et qui occupe d\u00e9j\u00e0 une partie des gradins. Sur sc\u00e8ne, un mannequin en uniforme militaire, souvenir du p\u00e8re absent ; au plafond, un avion miniature. Et enfin, au sol, une r\u00e9gie immense, bien n\u00e9cessaire au vu de la puissance visuelle du spectacle auquel on s\u2019appr\u00eate \u00e0 assister. <br \/><br \/> Le concert commence, devant un public aussi heureux qu\u2019anxieux ; ce concert allait-il valoir le coup ? Roger Waters n\u2019allait-il pas risquer d\u2019ab\u00eemer l\u2019un des beaux souvenirs musicaux qui soient, celui de la d\u00e9couverte de ce disque, \u00e0 l\u2019adolescence ? Les premi\u00e8res notes de \u00ab In The Flesh \u00bb retentissent, des flammes explosent de tous les c\u00f4t\u00e9s, l\u2019avion fonce sur la sc\u00e8ne dans un tourbillon infernal ; les yeux brillent, le spectacle commence, et il commence fort. <br \/><br \/> Un mot d\u2019abord sur la musique, qui reste tout de m\u00eame au centre : bien que les guitaristes s\u2019autorisent quelques fantaisies sur leurs solos, le tout reste tr\u00e8s carr\u00e9 et tr\u00e8s proche du disque ou de versions <em>live <\/em>ult\u00e9rieures, ce qui peut \u00eatre parfois dommage mais qui est ici absolument logique. En effet, la musique accompagne le d\u00e9roulement visuel du spectacle, ce qui explique cette rigueur impos\u00e9e. Malgr\u00e9 cette contrainte, Roger Waters n\u2019a pas trop de mal \u00e0 rappeler qu\u2019il est un compositeur hors pair ; \u00ab\u00a0Young Lust\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Run Like Hell\u00a0\u00bb acqui\u00e8rent une puissance consid\u00e9rable en <em>live<\/em> tandis que d\u2019autres instants savent se faire intimistes. Sans s\u2019\u00e9tendre encore sur la majestueuse interpr\u00e9tation de \u00ab\u00a0Comfortably Numb\u00a0\u00bb, m\u00eame sans la pr\u00e9sence de David Gilmour, il faut souligner le soin apport\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0Mother\u00a0\u00bb : Roger Waters, \u00ab\u00a0au risque de para\u00eetre narcissique\u00a0\u00bb comme il l\u2019a lui-m\u00eame annonc\u00e9, le chante en duo&#8230; avec lui-m\u00eame (projet\u00e9 en fond, sur une vid\u00e9o de la tourn\u00e9e de 80-81). Et force est de constater que le Waters de 67 ans a encore une belle voix ; il lui arrive d\u2019\u00eatre faux &#8211; ce qui coupe court aux d\u00e9bats sur le play-back qui agitent internet -, mais il chante avec beaucoup d\u2019\u00e9motion et un r\u00e9el plaisir sur sc\u00e8ne, ce qui change des concerts d\u2019il y a trente ans, o\u00f9 le mal-\u00eatre du personnage de Pink semblait avoir envahi celui qui l\u2019interpr\u00eatait. <br \/><br \/> Mais la musique n\u2019est qu\u2019une facette ins\u00e9parable de l\u2019aspect le plus spectaculaire de cette soir\u00e9e : le visuel. Tout au long de la premi\u00e8re partie du concert, des techniciens construisent le mur brique par brique. Mais ce mur n\u2019est pas une simple fa\u00e7ade, c\u2019est surtout un moyen de projeter des images, qui font toute l\u2019identit\u00e9 <em>The Wall<\/em>. Se m\u00e9langent ainsi des extraits des animations du film d\u2019Alan Parker, notamment la sc\u00e8ne o\u00f9 deux fleurs symbolisent l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 d\u2019un Pink adolescent \u00e9cras\u00e9 par sa m\u00e8re face \u00e0 la sexualit\u00e9, mais aussi le d\u00e9cor du parti fasciste qu\u2019il fonde ensuite, pour la reprise d\u2019 \u00ab\u00a0In The Flesh \u00bb et \u00ab\u00a0Run Like Hell \u00bb. Le mur n\u2019est pas le seul \u00e9l\u00e9ment \u00e0 cr\u00e9er l\u2019animation sur sc\u00e8ne ; Waters endosse les diff\u00e9rents r\u00f4les jou\u00e9 par Pink, brandit son m\u00e9gaphone, fusille \u00e0 tour de bras, du grand art. De plus, le professeur d\u2019\u00e9cole et la m\u00e8re sont incarn\u00e9s par d\u2019immenses marionnettes gonflables, et des enfants d\u2019Aulnay-sous-Bois envahissent la sc\u00e8ne pour \u00ab\u00a0Another Brick On The Wall (part. 2) \u00bb. A vrai dire, il est difficile de mettre en mots la richesse visuelle du spectacle propos\u00e9 par Roger Waters. <br \/><br \/> Le bassiste remet au go\u00fbt du jour le concept de <em>The Wall<\/em>. La dimension antimilitariste, qui n\u2019\u00e9tait qu\u2019une composante parmi d\u2019autres du disque, et qui allait \u00eatre largement d\u00e9velopp\u00e9e sur <em>The Final Cut<\/em>, se trouve ici accentu\u00e9e, les projections sur le mur faisant le lien entre la mort du p\u00e8re de Waters en 1944 et les guerres d\u2019Irak et d\u2019Afghanistan, ce qui n\u2019est sans doute pas au go\u00fbt de tous, mais qui a le m\u00e9rite d\u2019entrer en r\u00e9sonnance avec notre temps. De m\u00eame, le parti totalitaire stalino-nazifiant de Pink prend des atours contemporains en int\u00e9grant \u00e0 sa doctrine la folie du capitalisme actuel. Au final, Roger Waters verse son personnage dans d\u2019autres extr\u00eames, mais en revient \u00e0 la m\u00eame situation ; le mur est construit, derri\u00e8re lequel les musiciens disparaissent (ils reviennent pour la derni\u00e8re partie du concert dans leurs costumes du Parti), laissant Waters seul pour son moment de gloire sur un \u00ab\u00a0The Trial\u00a0\u00bb particuli\u00e8rement puissant, illustr\u00e9 int\u00e9gralement par des images du film d\u2019Alan Parker. <br \/><br \/> Enfin, dans l\u2019hyst\u00e9rie g\u00e9n\u00e9rale, le mur s\u2019effondre. Le groupe revient sur les ruines pour le final \u00ab\u00a0Outside The Wall\u00a0\u00bb, puis Roger Waters pr\u00e9sente ses partenaires, qui quittent la sc\u00e8ne un \u00e0 un. Les spectateurs sont encore un peu abasourdis. En toute logique, il n\u2019y a pas de rappel, ce qui devait \u00eatre dit l\u2019a \u00e9t\u00e9, Roger salue la foule une derni\u00e8re fois et laisse un public h\u00e9b\u00e9t\u00e9 mais heureux face aux briques en plastiques \u00e9parpill\u00e9es, vestiges d\u2019une soir\u00e9e m\u00e9morable (malgr\u00e9 le prix exorbitant des places).<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/rw3.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18627\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/rw3.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18627\" class=\"wp-image-18627\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/rw1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18628\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/rw1.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18628\" class=\"wp-image-18628\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/__MACOSX\" alt=\"\" data-id=\"18629\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/__MACOSX\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18629\" class=\"wp-image-18629\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/rw2.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18630\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/12818\/rw2.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18630\" class=\"wp-image-18630\"\/><\/figure><\/li><\/figure><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":32,"featured_media":18626,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18625"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/32"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18625"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18625\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18626"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18625"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18625"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18625"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}