{"id":1861,"date":"2009-06-22T00:00:00","date_gmt":"2009-06-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1861"},"modified":"2009-06-22T00:00:00","modified_gmt":"2009-06-21T22:00:00","slug":"1861","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/06\/22\/1861\/","title":{"rendered":"Tortoise &#8211; Beacons of Ancestorship"},"content":{"rendered":"<p>C&rsquo;en devient une habitude : Tortoise \u00e9nerve son monde, surtout celui des chroniqueurs. D\u2019une part, parce que les Chicagoans prennent un malin plaisir \u00e0 toujours brouiller les pistes et m\u00e9langer tous les styles possibles et imaginables. Histoire de leur rendre la monnaie de leur pi\u00e8ce, on les classera dans la mouvance post-rock qu\u2019ils ont contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es. D\u2019autre part, une sorte de relation d\u2019amour\/haine peut se d\u00e9velopper avec ce groupe avec sa propension \u00e0 utiliser un panel de sons <i>cheap<\/i> et <i>lo-fi<\/i>. Car effectivement, l\u2019impression entre des instants purement g\u00e9niaux d\u2019\u00e9couter de la musique d\u2019ascenseur pointe parfois tout au long de la discographie des tortues. Qu\u2019en sera-t-il avec <i>Beacons of Ancestorship<\/i>, leur sixi\u00e8me album studio ? <\/p>\n<p>   Si le pr\u00e9c\u00e9dent opus <i>It\u2019s All Around You<\/i> (2004) en avait laiss\u00e9 plus d\u2019un sur sa faim ,dans la mesure o\u00f9 Tortoise ne semblait gu\u00e8re renouveler son approche, force est de constater qu&rsquo;ils prennent \u00e0 pr\u00e9sent leur auditoire \u00e0 contre-pied. L\u2019approche \u00e9lectronique qui commen\u00e7ait \u00e0 dominer le propos de l\u2019ensemble depuis <i>Standards<\/i> (2001) prend une dimension nouvelle et plus rugueuse, en t\u00e9moigne le d\u00e9vastateur \u00ab&nbsp;High Class Slim Came Floatin&rsquo;In&nbsp;\u00bb. De m\u00eame, la section rythmique se fait bien plus puissante que par le pass\u00e9 (\u00ab&nbsp;Gigantes&nbsp;\u00bb, le tr\u00e8s punky \u00ab&nbsp;Yinxianghechengqi&nbsp;\u00bb), \u00e0 tel point qu\u2019un petit c\u00f4t\u00e9 bien rock \u00e0 la Honey for Petzi s\u2019en d\u00e9gage parfois. On notera \u00e9galement que l\u2019abandon total (et surprenant !) des vibraphones et des marimbas n\u2019est pas totalement \u00e9tranger \u00e0 cette \u00e9volution. <\/p>\n<p>   Si Tortoise prend du muscle, il ne perd jamais de sa finesse l\u00e9gendaire. Lorsque le groupe s\u2019engage dans des voies tr\u00e8s progressives, disons classiques (Canterbury et Krautrock principalement), cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 appara\u00eet au grand jour (\u00ab&nbsp;Prepare Your Coffin&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;The Fall of Seven Diamonds Plus One&nbsp;\u00bb, tous deux sublim\u00e9s par des interventions remarquables \u00e0 la guitare). Et les petits interludes d\u2019une \u00e0 deux minutes qui pars\u00e8ment le disque respirent l\u2019intelligence de la d\u00e9couverte. Cette alternance de puissance et de souplesse d\u2019exp\u00e9rimentation et de m\u00e9lodies subtiles est un v\u00e9ritable bonheur ; et la production exemplaire de John McEntire accentue cette impression. Seul le morceau final tra\u00eene quelque peu en longueur et peine \u00e0 convaincre. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, les Am\u00e9ricains, tout en poursuivant leur mission \u00e0 proposer du Tortoise, cr\u00e9ent une jolie surprise avec un album \u00e0 la fois exp\u00e9rimental et rock dans l\u2019\u00e2me. Une r\u00e9ussite qui annonce de belles retrouvailles avec leur public en concert !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;en devient une habitude : Tortoise \u00e9nerve son monde, surtout celui des chroniqueurs. 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