{"id":18505,"date":"2012-10-22T00:00:00","date_gmt":"2012-10-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karfagen crescendo 2012 ab01.jpg"},"modified":"2012-10-22T00:00:00","modified_gmt":"2012-10-21T22:00:00","slug":"18505","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2012\/10\/22\/18505\/","title":{"rendered":"Crescendo 2012 &#8211; Quatorzi\u00e8me prise"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Article co-r\u00e9dig\u00e9 avec\u00a0Pierre Wawrzyniak.<\/em><\/p>\r\n\n<p><strong>Du 17 au 19 ao\u00fbt s\u2019est tenu le quatorzi\u00e8me festival Crescendo \u00e0 Saint-Palais sur Mer. Une nouvelle fois, S\u00e9bastien Monteaud et son \u00e9quipe ont concoct\u00e9 pour un public divers neuf magnifiques concerts dans la plus pure tradition progressive. Retour sur trois jours de canicule agr\u00e9ment\u00e9s de musique \u00e0 la fois fouill\u00e9e, belle et profonde.<\/strong><br \/><br \/> Ce sont les fr\u00e8res Payssan qui ouvrent le bal de ce quatorzi\u00e8me festival Crescendo. Apr\u00e8s un tr\u00e8s court la\u00efus de la part de l\u2019organisation, les jumeaux de <strong>Minimum Vital<\/strong> (claviers, guitare) accompagn\u00e9s d\u2019Eric Rebeyrol \u00e0 la basse prennent place sur sc\u00e8ne, face \u00e0 la mer sous une chaleur caniculaire. Tout commence sur quelques notes d\u2019orgue, qui sont bient\u00f4t reprises par une guitare acoustique \u00e0 deux manches. La musique des jumeaux est pour le moins champ\u00eatre et se veut inspir\u00e9e d\u2019\u00e9pisodes de l\u2019histoire, de personnages, (Saladin, par exemple), ou du moins de danses ancestrales comme nous le conte le timide Thierry Payssan. Si les th\u00e8mes sont particuli\u00e8rement efficaces, les spectateurs se lassent rapidement des sonorit\u00e9s plus que <em>vintage<\/em> des claviers. Heureusement, l\u2019ajout de quelques touches orientalisantes (un saz, une mandoline et une darbouka) contribuera \u00e0 varier cette musique d\u00e9finitivement \u00ab\u00a0m\u00e9di\u00e9vale\u00a0\u00bb. Cependant, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de la darbouka et de quelques percussions assur\u00e9es par les claviers, Minimum Vital manque tr\u00e8s clairement d\u2019une section rythmique appuy\u00e9e, avec un v\u00e9ritable batteur\/percussionniste. La basse, tr\u00e8s pr\u00e9sente, assoit la m\u00e9lodie mais ne comble malheureusement pas les carences en rythme, laissant un trou \u00e9norme dans les compositions.<br \/><br \/> C\u2019est ensuite aux Flamands de <strong>Quantum Fantay<\/strong>. Leur set, particuli\u00e8rement haut en couleur aura l\u2019avantage de ravir les fans d\u2019Ozric Tentacles et autres Hawkwind. En effet, le quatuor belge d\u00e9livre un <em>space-rock<\/em> instrumental des plus hauts perch\u00e9s. Malgr\u00e9 une musique pouvant para\u00eetre parfois r\u00e9p\u00e9titive, Quantum Fantay arrive \u00e0 d\u00e9coller gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9nergie et une bonne humeur transmise au public,  par les claviers envo\u00fbtants de Pete Mush, les solos de guitare de Dario Frodo o\u00f9 le groove de basse de Jaro. L\u00e0 o\u00f9 les Belges innovent par rapport \u00e0 leurs homologues britanniques, c\u2019est dans l\u2019apport d\u2019une touche plus metal \u00e0 certains morceaux, interrompant le d\u00e9luge psych\u00e9d\u00e9lique de quelques riffs <em>metal-prog<\/em> bien sentis. Malgr\u00e9 un jeu de sc\u00e8ne un peu limit\u00e9 (outre une superbe danse en canard du guitariste),  le quatuor fait preuve de beaucoup d\u2019aisance face \u00e0 une foule grandissante. Les morceaux, appuy\u00e9s par une section rythmique tr\u00e8s pr\u00e9sente, se permettent parfois de varier dans les th\u00e8mes et de faire quelques incartades assez remarquables, tout en gardant un fond charg\u00e9 en hallucinog\u00e8nes. Notons par exemple, un morceau de reggae se transformant en d\u00e9luge psych\u00e9d\u00e9lique, ou encore un m\u00e9lange de <em>space-rock<\/em> et de musique se voulant plus \u00ab\u00a0celtique\u00a0\u00bb. Globalement les Belges gagnent le public par leur bonne humeur et un set, certes un peu monotone, mais particuli\u00e8rement efficace.<br \/><br \/> Enfin, <strong>Haken<\/strong>, fort de son second album <em>Visions<\/em> et tr\u00e8s attendu des festivaliers, constitue la t\u00eate d&rsquo;affiche du premier jour du festival. Les organisateurs ont eu le nez creux : programmer un groupe de metal progressif reconnu en Europe mais n&rsquo;ayant jamais foul\u00e9 le sol fran\u00e7ais. G\u00e9n\u00e9reux \u00e0 souhait, le show  constitua le pic sonore du festival. Apr\u00e8s une introduction tonitruante, Ross Jennings (chant) entre sur sc\u00e8ne sous une explosion d&rsquo;applaudissements et instaure une complicit\u00e9 instantan\u00e9e avec le public. L&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de <em>Visions<\/em> est interpr\u00e9t\u00e9e avec \u00e9nergie. Le groupe arrive \u00e0 reproduire le c\u00f4t\u00e9 \u00e9pique et transformer son concept album en concert symphonique. On regrette cependant certains parti pris dans le mixage comme celui de sur-mixer les basses au point de rendre  indiscernables les arrangements savants de Diego Tejeda aux claviers.  Ces quelques petits soucis techniques n&#8217;emp\u00eachent pas l&rsquo;alchimie de prendre. La section rythmique encha\u00eene des riffs techniques et complexes en prenant un plaisir aussi \u00e9vident que communicatif, relay\u00e9 par un humour qui fait mouche : le th\u00e8me vid\u00e9o-ludique de Mario Bros appara\u00eet au milieu d&rsquo;une composition. Le concert se termine sur deux reprises du premier album (<em>Aquarius<\/em>) qui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du monolithe symphonique pr\u00e9c\u00e9dent, ressemblent \u00e0 des patchworks efficaces mais improbables. Au final ce concert \u00e9tait bel et bien l&rsquo;un des points culminant du festival.<br \/><br \/> La seconde journ\u00e9e s\u2019ouvre, tout aussi chaude, sur le retour de <strong>Pascal Gutman<\/strong> et de son stick Chapman, en solo cette fois-ci. Le concert s\u2019oriente vers une alternance de morceaux extraits de ses deux albums et d\u2019apart\u00e9s p\u00e9dagogiques sur l\u2019instrument. Apr\u00e8s tout, Crescendo est un festival gratuit et une partie du public, non-experte, ne connait pas l\u2019instrument. Elle profite ainsi de quelques explications de la part d\u2019un expert. Gutman d\u00e9marre en reprenant certains th\u00e8mes de l\u2019an pass\u00e9, mais cette fois-ci sans l\u2019aide d\u2019un batteur. L\u2019effet s\u2019en ressent malheureusement rapidement. Si les premiers morceaux permettent d\u2019installer l\u2019ambiance et de d\u00e9marrer le concert du second jour, il faut avouer que rapidement la mollesse gagne l\u2019audience, qu\u2019il s\u2019agisse de la musique ou de la chaleur insoutenable. Si Gutman fait profiter l\u2019audience d\u2019une bonne humeur et d\u2019un sens de l\u2019humour des plus bienvenus, les explications sur l\u2019histoire de son instrument cr\u00e9ent des trous dans la <em>setlist<\/em>, laissant des vides. L\u2019apparition d\u2019une invit\u00e9e au stick alto ne suffit malheureusement pas \u00e0 capter l\u2019attention du public dissip\u00e9 et ce, m\u00eame sur des reprises audacieuses de Genesis, Bach ou encore de Greensleeves. Au d\u00e9part de la premi\u00e8re invit\u00e9e, Gutman entame une section plus rythm\u00e9e permettant de r\u00e9veiller le public. Ce second d\u00e9marrage sera poursuivi par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019autres invit\u00e9s \u00e0 la batterie et au clavier mettant un \u00e9norme coup de <em>boost<\/em> au concert sur la fin. Malgr\u00e9 quelques impr\u00e9cisions, la musique de Gutman avait tout pour charmer le public s\u2019il n\u2019avait malheureusement pas \u00e9t\u00e9 assomm\u00e9 par la chaleur : m\u00e9lodique \u00e0 souhait et bourr\u00e9e d\u2019harmonies int\u00e9ressantes. Gutman sait sans \u00e9quivoque se servir de son instrument et de ses dix doigts, m\u00e9langeant avec brio les \u00ab\u00a0pistes\u00a0\u00bb musicales. Dommage que les conditions n\u2019aient pas permis une \u00e9coute en de meilleures conditions.<br \/><br \/> Une fois Gutman parti, c\u2019est au tour de <strong>Camembert<\/strong> de prendre place sur sc\u00e8ne pour servir le concert le plus jazzy du festival, le premier disposant d\u2019une harpe en quatorze ans de festival. Le clacosmique nous est introduit par une narration de Pierre, au cours de laquelle le th\u00e8me de l\u2019album <em>Shn\u00f6rgl Attahk<\/em> est expliqu\u00e9. La musique, particuli\u00e8rement charg\u00e9e, injecte au public une dose de bonne humeur, appuy\u00e9 par une atmosph\u00e8re un peu moins chaude, alors que le soleil est sur le d\u00e9clin. La pr\u00e9sence des rythmes saccad\u00e9s et des loufoqueries inspire sans aucun doute aux connaisseurs quelques mesures bien senties de Frank Zappa. Mais, le v\u00e9ritable plus de Camembert r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 rajouter quelques touches contemporaines, qu\u2019il s\u2019agisse de la \u00ab\u00a0musique contemporaine\u00a0\u00bb (Steve Reich en t\u00eate, sur le xy-braphone), ou de metal\/funk par moments. Les th\u00e8mes varient beaucoup, parfois trop vite pour le public n\u00e9ophyte, mais il faut avouer que la bonne humeur et le haut niveau des compositions enchante la foule, d\u2019autant plus lorsque les th\u00e9matiques sont expliqu\u00e9es au public, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un morceau sur la reproduction des lapins, ou sur un \u00ab\u00a0\u00e9l\u00e9phant cybern\u00e9tique et alcoolique \u00e9crasant le march\u00e9 de No\u00ebl de Strasbourg\u00a0\u00bb (rien que \u00e7a). Une bonne partie de la <em>setlist<\/em> provient de morceaux non encore enregistr\u00e9s, donnant une excellente raison au public de se ruer vers le stand pour investir. Malgr\u00e9 une excellente musique, le mixage des diff\u00e9rents instruments (probablement le plus gros casse t\u00eate du festival) d\u00e9favorise la harpe et la guitare. La premi\u00e8re est l\u00e9g\u00e8rement sous-mix\u00e9e tout le concert, la seconde est trop forte d\u00e8s la pr\u00e9sence de distorsion. De m\u00eame, la pr\u00e9cision de certaines sections p\u00e8che un peu par moments, fait excus\u00e9 par l\u2019arriv\u00e9e toute r\u00e9cente de Valentin Metz \u00e0 la guitare et le remplacement de Phil\u00e9mon Walter \u00e0 la batterie par Jacopo Costa, percussionniste de Yugen.<br \/><br \/> La journ\u00e9e se termine par l\u2019arriv\u00e9e des Qu\u00e9becois de <strong>Karcius<\/strong> sur sc\u00e8ne. Bien que la transition avec Camembert soit des plus difficiles, les Canadiens s\u2019imposent au public par une ma\u00eetrise de leur son particuli\u00e8rement hallucinante. Pour la pr\u00e9sentation de leur nouvel album <em>The First Day<\/em>, le premier chant\u00e9, le groupe fait mouche gr\u00e2ce aux qualit\u00e9s vocales de Sylvain Auclair, occupant accessoirement le poste de bassiste. Le quatuor pr\u00e9sente un m\u00e9lange de nouveaux et d\u2019anciens morceaux permettant de satisfaire les fans de la premi\u00e8re heure, les neufs et ceux qui ne connaissent pas encore. Si la musique est un peu plus classique que ce que l\u2019on a pu entendre jusqu\u2019ici, la pr\u00e9cision et la qualit\u00e9 des compositions du groupe conquiert rapidement. Si les nouvelles compositions font penser \u00e0 un Pink Floyd crois\u00e9 avec Pain of Salvation (les vieux), les anciennes ravissent les fans de musique plus technique, alternant signatures rythmiques, solos et breaks en tous genres. Le son est \u00e0 ce moment du spectacle quasiment \u00e0 la perfection. Tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9, les quatre instruments ressortent tr\u00e8s bien, ayant chacun leur place, permettant de mettre en valeur chacun des musiciens. Le chant d\u2019Auclair, ressemblant \u00e9trangement \u00e0 celui d\u2019Anadale de Jolly, donne une touche plus grave au registre, pla\u00e7ant Karcius sur un cr\u00e9neau assez singulier. Assumant leurs influences jusqu\u2019au bout, les Qu\u00e9becois se font plaisir en lan\u00e7ant un \u00ab\u00a0Dogs\u00a0\u00bb on ne peut plus efficace lors du rappel. Karcius pr\u00e9sente ainsi, pour sa premi\u00e8re \u00e9dition en France (ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 pour l\u2019\u00e9dition en Guyane) comble les attentes par une musique, certes parfois un peu canonique, mais terriblement efficace et bien jou\u00e9e.<br \/><br \/> Le dernier jour, nombreux \u00e9taient les festivaliers qui attendaient le retour du chevalier des claviers du rock progressif fran\u00e7ais des ann\u00e9es soixante-dix : Cyrille Verdeaux, leader du groupe <strong>Clearlight<\/strong>.  En effet, c&rsquo;est les larmes aux yeux que les fans \u00e9voquent les  cinq premiers albums mythiques de la formation, aux pochettes d\u00e9lirantes et au contenu  prog-symphonique cribl\u00e9 d&rsquo;incursions d&rsquo;acides Gongesques. Pour des raisons humaines et de budget, Verdeaux, habitant au Br\u00e9sil, venait seul a Crescendo jouer sur un piano acoustique et s&rsquo;accompagnait d&rsquo;un guitariste\/clavieriste et ami de trente ans (Chris Kovax) pour jouer sur des bandes pr\u00e9enregistr\u00e9es. Si les parties de piano, l&rsquo;engagement et la gentillesse du ma\u00eetre lui m\u00eame ont su convaincre, la prestation du guitariste fut moins glorieuse. En roue libre (improvisation totale sur du rock prog symphonique, il faut quand m\u00eame le faire) et en manque de reconnaissance, Chris Kovax cherche par tous les moyens \u00e0 se mettre en valeur et prend ouvertement le spectateur et les organisateurs du festival pour des imb\u00e9ciles. Heureusement, le respect et l&rsquo;attention du public vont naturellement \u00e0 Verdeaux qui termine sa prestation sous des applaudissement bien m\u00e9rit\u00e9s. On souhaite le revoir jouer en groupe bient\u00f4t.<br \/><br \/> Vint alors le tour des tr\u00e8s sympathiques <strong>Karfagen<\/strong>, men\u00e9 par le tr\u00e8s prolifique Anthony Kalugin (Hoggwash, Sunchild). La prestation oscillant entre des frasques de claviers <em>seventies<\/em> et des sucreries pop <em>eighties<\/em> fut un vrai succ\u00e8s aupr\u00e8s des spectateurs. Hyper professionnelle , la formation encha\u00eene les titres avec une facilit\u00e9, une ma\u00eetrise et une bonne humeur virale. L&rsquo;utilisation d&rsquo;un accord\u00e9on  apporte un plus notable \u00e0 la prestation. Kalugin se d\u00e9lecte de solos de clavier, chante, frappe des mains&#8230; Au chant, Victoria Osmachko, joue de percussions \u00e0 mains  et s&rsquo;investit physiquement avec un sourire sans faille. Les compositions pr\u00e9sent\u00e9es sont volontairement accessibles, sans trop grande recherche musicale. En ciblant un public large, le groupe fait mouche car sa prestation le remplit d&rsquo;\u00e9motions sinc\u00e8res.Un concert impeccable \u00e0 tout point de vue. Apr\u00e8s, libre \u00e0 l&rsquo;auditeur de ne pas se reconna\u00eetre dans les morceaux.<br \/><br \/> La soir\u00e9e se conclut sur le show d&rsquo;<strong>Anglag\u00e4rd<\/strong>, dont l&rsquo;unique concert dans l&rsquo;hexagone avait eu lieu le 23 Ao\u00fbt 2003 au festival Crescendo. Fra\u00eechement reform\u00e9 et ayant sorti un excellent troisi\u00e8me album, intitul\u00e9 <em>Viljans Oga<\/em>, le quintet s&rsquo;est montr\u00e9 sous son meilleur jour. Au z\u00e9nith de sa ma\u00eetrise technique, le groupe a jou\u00e9 l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de sa derni\u00e8re fourn\u00e9e de compositions. L&rsquo;ex\u00e9cution sans fautes a permis de mettre en \u0153uvre des contrastes dynamiques que l&rsquo;on ne croyait possibles que dans la musique classique ou dans les premiers albums de King Crimson. Lorsque le niveau sonore descend en dessous des limites envisageables dans un concert rock, les mont\u00e9es th\u00e9matiques flamboyantes et tortur\u00e9es prennent un essor in\u00e9dit.  Mattias Olson, \u00e0 la batterie, se pose en digne successeur de Bill Bruford et d\u00e9veloppe des parties rythmiques mutantes. Proposant un discours de f\u00fbts passionnant entre \u00e9nergie et math\u00e9matiques, il est le pilier du concert. Johan Brand \u00e0 la basse se montre redoutable d&rsquo;inventivit\u00e9 et permet au public de r\u00e9aliser la complexit\u00e9 et la recherche de ses lignes m\u00e9lodiques. Celles ci sont  si \u00e9loign\u00e9es des st\u00e9r\u00e9otypes du genre qu&rsquo;elles apparaissent n\u00e9ologiques. Enfin le trio guitare (Jonas Engdeg\u00e4rd) fl\u00fbte\/saxophone (Anna Holmgren) et claviers (David Lundberg) d\u00e9ploie des tr\u00e9sors de th\u00e8mes et d\u2019arrangements, flirtant toujours avec la fronti\u00e8re tenue qui s\u00e9pare la symphonie savante du vingti\u00e8me si\u00e8cle du rock. Un tr\u00e8s grand moment de musique progressive et de loin, le must, du festival.<br \/><br \/> C\u2019est donc apr\u00e8s trois magnifiques journ\u00e9es de musiques progressives que s\u2019arr\u00eate cette \u00e9dition du Crescendo. Quelle le\u00e7on en tirer ? Qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un festival fran\u00e7ais promouvant la musique progressive de mani\u00e8re enti\u00e8rement gratuite (\u00e0 l\u2019exception pr\u00e8s de quelques consommations bienvenues sous un ciel de plomb). Qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une initiative permettant \u00e0 des n\u00e9ophytes de d\u00e9couvrir la musique progressive en vacances dans un cadre merveilleux aussi bien pour les musiciens que pour les spectateurs. Dans le m\u00eame temps, les organisateurs ont su pr\u00e9senter \u00e0 un public non-expert des groupes fran\u00e7ais mais aussi d\u2019\u00e9normes pointures du domaine. Cette initative, ce festival, ces trois jours annuels d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la musique progressive ne peuvent \u00eatre que salu\u00e9s. Prions donc pour que Crescendo vive encore de nombreuses ann\u00e9es sous le soleil de Poitou-Charentes !<\/p>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab03.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18507\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab03.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18507\" class=\"wp-image-18507\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/minimum vital crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18508\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/minimum vital crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18508\" 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ab04.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18511\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karcius crescendo 2012 ab04.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18511\" class=\"wp-image-18511\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/haken crescendo 2012 ab02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18512\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/haken crescendo 2012 ab02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18512\" class=\"wp-image-18512\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18513\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18513\" class=\"wp-image-18513\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karfagen crescendo 2012 ab02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18514\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karfagen crescendo 2012 ab02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18514\" class=\"wp-image-18514\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/camembert crescendo 2012 ab02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18515\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/camembert crescendo 2012 ab02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18515\" class=\"wp-image-18515\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/clearlight crescendo 2012 ab02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18516\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/clearlight crescendo 2012 ab02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18516\" class=\"wp-image-18516\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/pascal gutman crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18517\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/pascal gutman crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18517\" class=\"wp-image-18517\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/clearlight crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18518\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/clearlight crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18518\" class=\"wp-image-18518\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/haken crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18519\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/haken crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18519\" class=\"wp-image-18519\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18520\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18520\" class=\"wp-image-18520\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karcius crescendo 2012 ab02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18521\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karcius crescendo 2012 ab02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18521\" class=\"wp-image-18521\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/pascal gutman crescendo 2012 ab02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18522\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/pascal gutman crescendo 2012 ab02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18522\" class=\"wp-image-18522\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab04.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18523\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab04.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18523\" class=\"wp-image-18523\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/quantum fantay crescendo 2012 ab02.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18524\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/quantum fantay crescendo 2012 ab02.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18524\" class=\"wp-image-18524\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/camembert crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18525\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/camembert crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18525\" class=\"wp-image-18525\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karcius crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18526\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karcius crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18526\" class=\"wp-image-18526\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/quantum fantay crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18527\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/quantum fantay crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18527\" class=\"wp-image-18527\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karfagen crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18528\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/karfagen crescendo 2012 ab01.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18528\" class=\"wp-image-18528\"\/><\/figure><\/li><\/figure><\/ul>\n<p><em>Article co-r\u00e9dig\u00e9 avec\u00a0Pierre Wawrzyniak.<\/em><\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><strong>Du 17 au 19 ao\u00fbt s\u2019est tenu le quatorzi\u00e8me festival Crescendo \u00e0 Saint-Palais sur Mer. Une nouvelle fois, S\u00e9bastien Monteaud et son \u00e9quipe ont concoct\u00e9 pour un public divers neuf magnifiques concerts dans la plus pure tradition progressive. Retour sur trois jours de canicule agr\u00e9ment\u00e9s de musique \u00e0 la fois fouill\u00e9e, belle et profonde.<\/strong><br \/><br \/> Ce sont les fr\u00e8res Payssan qui ouvrent le bal de ce quatorzi\u00e8me festival Crescendo. Apr\u00e8s un tr\u00e8s court la\u00efus de la part de l\u2019organisation, les jumeaux de <strong>Minimum Vital<\/strong> (claviers, guitare) accompagn\u00e9s d\u2019Eric Rebeyrol \u00e0 la basse prennent place sur sc\u00e8ne, face \u00e0 la mer sous une chaleur caniculaire. Tout commence sur quelques notes d\u2019orgue, qui sont bient\u00f4t reprises par une guitare acoustique \u00e0 deux manches. La musique des jumeaux est pour le moins champ\u00eatre et se veut inspir\u00e9e d\u2019\u00e9pisodes de l\u2019histoire, de personnages, (Saladin, par exemple), ou du moins de danses ancestrales comme nous le conte le timide Thierry Payssan. Si les th\u00e8mes sont particuli\u00e8rement efficaces, les spectateurs se lassent rapidement des sonorit\u00e9s plus que <em>vintage<\/em> des claviers. Heureusement, l\u2019ajout de quelques touches orientalisantes (un saz, une mandoline et une darbouka) contribuera \u00e0 varier cette musique d\u00e9finitivement \u00ab\u00a0m\u00e9di\u00e9vale\u00a0\u00bb. Cependant, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de la darbouka et de quelques percussions assur\u00e9es par les claviers, Minimum Vital manque tr\u00e8s clairement d\u2019une section rythmique appuy\u00e9e, avec un v\u00e9ritable batteur\/percussionniste. La basse, tr\u00e8s pr\u00e9sente, assoit la m\u00e9lodie mais ne comble malheureusement pas les carences en rythme, laissant un trou \u00e9norme dans les compositions.<br \/><br \/> C\u2019est ensuite aux Flamands de <strong>Quantum Fantay<\/strong>. Leur set, particuli\u00e8rement haut en couleur aura l\u2019avantage de ravir les fans d\u2019Ozric Tentacles et autres Hawkwind. En effet, le quatuor belge d\u00e9livre un <em>space-rock<\/em> instrumental des plus hauts perch\u00e9s. Malgr\u00e9 une musique pouvant para\u00eetre parfois r\u00e9p\u00e9titive, Quantum Fantay arrive \u00e0 d\u00e9coller gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9nergie et une bonne humeur transmise au public,  par les claviers envo\u00fbtants de Pete Mush, les solos de guitare de Dario Frodo o\u00f9 le groove de basse de Jaro. L\u00e0 o\u00f9 les Belges innovent par rapport \u00e0 leurs homologues britanniques, c\u2019est dans l\u2019apport d\u2019une touche plus metal \u00e0 certains morceaux, interrompant le d\u00e9luge psych\u00e9d\u00e9lique de quelques riffs <em>metal-prog<\/em> bien sentis. Malgr\u00e9 un jeu de sc\u00e8ne un peu limit\u00e9 (outre une superbe danse en canard du guitariste),  le quatuor fait preuve de beaucoup d\u2019aisance face \u00e0 une foule grandissante. Les morceaux, appuy\u00e9s par une section rythmique tr\u00e8s pr\u00e9sente, se permettent parfois de varier dans les th\u00e8mes et de faire quelques incartades assez remarquables, tout en gardant un fond charg\u00e9 en hallucinog\u00e8nes. Notons par exemple, un morceau de reggae se transformant en d\u00e9luge psych\u00e9d\u00e9lique, ou encore un m\u00e9lange de <em>space-rock<\/em> et de musique se voulant plus \u00ab\u00a0celtique\u00a0\u00bb. Globalement les Belges gagnent le public par leur bonne humeur et un set, certes un peu monotone, mais particuli\u00e8rement efficace.<br \/><br \/> Enfin, <strong>Haken<\/strong>, fort de son second album <em>Visions<\/em> et tr\u00e8s attendu des festivaliers, constitue la t\u00eate d&rsquo;affiche du premier jour du festival. Les organisateurs ont eu le nez creux : programmer un groupe de metal progressif reconnu en Europe mais n&rsquo;ayant jamais foul\u00e9 le sol fran\u00e7ais. G\u00e9n\u00e9reux \u00e0 souhait, le show  constitua le pic sonore du festival. Apr\u00e8s une introduction tonitruante, Ross Jennings (chant) entre sur sc\u00e8ne sous une explosion d&rsquo;applaudissements et instaure une complicit\u00e9 instantan\u00e9e avec le public. L&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de <em>Visions<\/em> est interpr\u00e9t\u00e9e avec \u00e9nergie. Le groupe arrive \u00e0 reproduire le c\u00f4t\u00e9 \u00e9pique et transformer son concept album en concert symphonique. On regrette cependant certains parti pris dans le mixage comme celui de sur-mixer les basses au point de rendre  indiscernables les arrangements savants de Diego Tejeda aux claviers.  Ces quelques petits soucis techniques n&#8217;emp\u00eachent pas l&rsquo;alchimie de prendre. La section rythmique encha\u00eene des riffs techniques et complexes en prenant un plaisir aussi \u00e9vident que communicatif, relay\u00e9 par un humour qui fait mouche : le th\u00e8me vid\u00e9o-ludique de Mario Bros appara\u00eet au milieu d&rsquo;une composition. Le concert se termine sur deux reprises du premier album (<em>Aquarius<\/em>) qui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du monolithe symphonique pr\u00e9c\u00e9dent, ressemblent \u00e0 des patchworks efficaces mais improbables. Au final ce concert \u00e9tait bel et bien l&rsquo;un des points culminant du festival.<br \/><br \/> La seconde journ\u00e9e s\u2019ouvre, tout aussi chaude, sur le retour de <strong>Pascal Gutman<\/strong> et de son stick Chapman, en solo cette fois-ci. Le concert s\u2019oriente vers une alternance de morceaux extraits de ses deux albums et d\u2019apart\u00e9s p\u00e9dagogiques sur l\u2019instrument. Apr\u00e8s tout, Crescendo est un festival gratuit et une partie du public, non-experte, ne connait pas l\u2019instrument. Elle profite ainsi de quelques explications de la part d\u2019un expert. Gutman d\u00e9marre en reprenant certains th\u00e8mes de l\u2019an pass\u00e9, mais cette fois-ci sans l\u2019aide d\u2019un batteur. L\u2019effet s\u2019en ressent malheureusement rapidement. Si les premiers morceaux permettent d\u2019installer l\u2019ambiance et de d\u00e9marrer le concert du second jour, il faut avouer que rapidement la mollesse gagne l\u2019audience, qu\u2019il s\u2019agisse de la musique ou de la chaleur insoutenable. Si Gutman fait profiter l\u2019audience d\u2019une bonne humeur et d\u2019un sens de l\u2019humour des plus bienvenus, les explications sur l\u2019histoire de son instrument cr\u00e9ent des trous dans la <em>setlist<\/em>, laissant des vides. L\u2019apparition d\u2019une invit\u00e9e au stick alto ne suffit malheureusement pas \u00e0 capter l\u2019attention du public dissip\u00e9 et ce, m\u00eame sur des reprises audacieuses de Genesis, Bach ou encore de Greensleeves. Au d\u00e9part de la premi\u00e8re invit\u00e9e, Gutman entame une section plus rythm\u00e9e permettant de r\u00e9veiller le public. Ce second d\u00e9marrage sera poursuivi par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019autres invit\u00e9s \u00e0 la batterie et au clavier mettant un \u00e9norme coup de <em>boost<\/em> au concert sur la fin. Malgr\u00e9 quelques impr\u00e9cisions, la musique de Gutman avait tout pour charmer le public s\u2019il n\u2019avait malheureusement pas \u00e9t\u00e9 assomm\u00e9 par la chaleur : m\u00e9lodique \u00e0 souhait et bourr\u00e9e d\u2019harmonies int\u00e9ressantes. Gutman sait sans \u00e9quivoque se servir de son instrument et de ses dix doigts, m\u00e9langeant avec brio les \u00ab\u00a0pistes\u00a0\u00bb musicales. Dommage que les conditions n\u2019aient pas permis une \u00e9coute en de meilleures conditions.<br \/><br \/> Une fois Gutman parti, c\u2019est au tour de <strong>Camembert<\/strong> de prendre place sur sc\u00e8ne pour servir le concert le plus jazzy du festival, le premier disposant d\u2019une harpe en quatorze ans de festival. Le clacosmique nous est introduit par une narration de Pierre, au cours de laquelle le th\u00e8me de l\u2019album <em>Shn\u00f6rgl Attahk<\/em> est expliqu\u00e9. La musique, particuli\u00e8rement charg\u00e9e, injecte au public une dose de bonne humeur, appuy\u00e9 par une atmosph\u00e8re un peu moins chaude, alors que le soleil est sur le d\u00e9clin. La pr\u00e9sence des rythmes saccad\u00e9s et des loufoqueries inspire sans aucun doute aux connaisseurs quelques mesures bien senties de Frank Zappa. Mais, le v\u00e9ritable plus de Camembert r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 rajouter quelques touches contemporaines, qu\u2019il s\u2019agisse de la \u00ab\u00a0musique contemporaine\u00a0\u00bb (Steve Reich en t\u00eate, sur le xy-braphone), ou de metal\/funk par moments. Les th\u00e8mes varient beaucoup, parfois trop vite pour le public n\u00e9ophyte, mais il faut avouer que la bonne humeur et le haut niveau des compositions enchante la foule, d\u2019autant plus lorsque les th\u00e9matiques sont expliqu\u00e9es au public, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un morceau sur la reproduction des lapins, ou sur un \u00ab\u00a0\u00e9l\u00e9phant cybern\u00e9tique et alcoolique \u00e9crasant le march\u00e9 de No\u00ebl de Strasbourg\u00a0\u00bb (rien que \u00e7a). Une bonne partie de la <em>setlist<\/em> provient de morceaux non encore enregistr\u00e9s, donnant une excellente raison au public de se ruer vers le stand pour investir. Malgr\u00e9 une excellente musique, le mixage des diff\u00e9rents instruments (probablement le plus gros casse t\u00eate du festival) d\u00e9favorise la harpe et la guitare. La premi\u00e8re est l\u00e9g\u00e8rement sous-mix\u00e9e tout le concert, la seconde est trop forte d\u00e8s la pr\u00e9sence de distorsion. De m\u00eame, la pr\u00e9cision de certaines sections p\u00e8che un peu par moments, fait excus\u00e9 par l\u2019arriv\u00e9e toute r\u00e9cente de Valentin Metz \u00e0 la guitare et le remplacement de Phil\u00e9mon Walter \u00e0 la batterie par Jacopo Costa, percussionniste de Yugen.<br \/><br \/> La journ\u00e9e se termine par l\u2019arriv\u00e9e des Qu\u00e9becois de <strong>Karcius<\/strong> sur sc\u00e8ne. Bien que la transition avec Camembert soit des plus difficiles, les Canadiens s\u2019imposent au public par une ma\u00eetrise de leur son particuli\u00e8rement hallucinante. Pour la pr\u00e9sentation de leur nouvel album <em>The First Day<\/em>, le premier chant\u00e9, le groupe fait mouche gr\u00e2ce aux qualit\u00e9s vocales de Sylvain Auclair, occupant accessoirement le poste de bassiste. Le quatuor pr\u00e9sente un m\u00e9lange de nouveaux et d\u2019anciens morceaux permettant de satisfaire les fans de la premi\u00e8re heure, les neufs et ceux qui ne connaissent pas encore. Si la musique est un peu plus classique que ce que l\u2019on a pu entendre jusqu\u2019ici, la pr\u00e9cision et la qualit\u00e9 des compositions du groupe conquiert rapidement. Si les nouvelles compositions font penser \u00e0 un Pink Floyd crois\u00e9 avec Pain of Salvation (les vieux), les anciennes ravissent les fans de musique plus technique, alternant signatures rythmiques, solos et breaks en tous genres. Le son est \u00e0 ce moment du spectacle quasiment \u00e0 la perfection. Tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9, les quatre instruments ressortent tr\u00e8s bien, ayant chacun leur place, permettant de mettre en valeur chacun des musiciens. Le chant d\u2019Auclair, ressemblant \u00e9trangement \u00e0 celui d\u2019Anadale de Jolly, donne une touche plus grave au registre, pla\u00e7ant Karcius sur un cr\u00e9neau assez singulier. Assumant leurs influences jusqu\u2019au bout, les Qu\u00e9becois se font plaisir en lan\u00e7ant un \u00ab\u00a0Dogs\u00a0\u00bb on ne peut plus efficace lors du rappel. Karcius pr\u00e9sente ainsi, pour sa premi\u00e8re \u00e9dition en France (ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 pour l\u2019\u00e9dition en Guyane) comble les attentes par une musique, certes parfois un peu canonique, mais terriblement efficace et bien jou\u00e9e.<br \/><br \/> Le dernier jour, nombreux \u00e9taient les festivaliers qui attendaient le retour du chevalier des claviers du rock progressif fran\u00e7ais des ann\u00e9es soixante-dix : Cyrille Verdeaux, leader du groupe <strong>Clearlight<\/strong>.  En effet, c&rsquo;est les larmes aux yeux que les fans \u00e9voquent les  cinq premiers albums mythiques de la formation, aux pochettes d\u00e9lirantes et au contenu  prog-symphonique cribl\u00e9 d&rsquo;incursions d&rsquo;acides Gongesques. Pour des raisons humaines et de budget, Verdeaux, habitant au Br\u00e9sil, venait seul a Crescendo jouer sur un piano acoustique et s&rsquo;accompagnait d&rsquo;un guitariste\/clavieriste et ami de trente ans (Chris Kovax) pour jouer sur des bandes pr\u00e9enregistr\u00e9es. Si les parties de piano, l&rsquo;engagement et la gentillesse du ma\u00eetre lui m\u00eame ont su convaincre, la prestation du guitariste fut moins glorieuse. En roue libre (improvisation totale sur du rock prog symphonique, il faut quand m\u00eame le faire) et en manque de reconnaissance, Chris Kovax cherche par tous les moyens \u00e0 se mettre en valeur et prend ouvertement le spectateur et les organisateurs du festival pour des imb\u00e9ciles. Heureusement, le respect et l&rsquo;attention du public vont naturellement \u00e0 Verdeaux qui termine sa prestation sous des applaudissement bien m\u00e9rit\u00e9s. On souhaite le revoir jouer en groupe bient\u00f4t.<br \/><br \/> Vint alors le tour des tr\u00e8s sympathiques <strong>Karfagen<\/strong>, men\u00e9 par le tr\u00e8s prolifique Anthony Kalugin (Hoggwash, Sunchild). La prestation oscillant entre des frasques de claviers <em>seventies<\/em> et des sucreries pop <em>eighties<\/em> fut un vrai succ\u00e8s aupr\u00e8s des spectateurs. Hyper professionnelle , la formation encha\u00eene les titres avec une facilit\u00e9, une ma\u00eetrise et une bonne humeur virale. L&rsquo;utilisation d&rsquo;un accord\u00e9on  apporte un plus notable \u00e0 la prestation. Kalugin se d\u00e9lecte de solos de clavier, chante, frappe des mains&#8230; Au chant, Victoria Osmachko, joue de percussions \u00e0 mains  et s&rsquo;investit physiquement avec un sourire sans faille. Les compositions pr\u00e9sent\u00e9es sont volontairement accessibles, sans trop grande recherche musicale. En ciblant un public large, le groupe fait mouche car sa prestation le remplit d&rsquo;\u00e9motions sinc\u00e8res.Un concert impeccable \u00e0 tout point de vue. Apr\u00e8s, libre \u00e0 l&rsquo;auditeur de ne pas se reconna\u00eetre dans les morceaux.<br \/><br \/> La soir\u00e9e se conclut sur le show d&rsquo;<strong>Anglag\u00e4rd<\/strong>, dont l&rsquo;unique concert dans l&rsquo;hexagone avait eu lieu le 23 Ao\u00fbt 2003 au festival Crescendo. Fra\u00eechement reform\u00e9 et ayant sorti un excellent troisi\u00e8me album, intitul\u00e9 <em>Viljans Oga<\/em>, le quintet s&rsquo;est montr\u00e9 sous son meilleur jour. Au z\u00e9nith de sa ma\u00eetrise technique, le groupe a jou\u00e9 l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de sa derni\u00e8re fourn\u00e9e de compositions. L&rsquo;ex\u00e9cution sans fautes a permis de mettre en \u0153uvre des contrastes dynamiques que l&rsquo;on ne croyait possibles que dans la musique classique ou dans les premiers albums de King Crimson. Lorsque le niveau sonore descend en dessous des limites envisageables dans un concert rock, les mont\u00e9es th\u00e9matiques flamboyantes et tortur\u00e9es prennent un essor in\u00e9dit.  Mattias Olson, \u00e0 la batterie, se pose en digne successeur de Bill Bruford et d\u00e9veloppe des parties rythmiques mutantes. Proposant un discours de f\u00fbts passionnant entre \u00e9nergie et math\u00e9matiques, il est le pilier du concert. Johan Brand \u00e0 la basse se montre redoutable d&rsquo;inventivit\u00e9 et permet au public de r\u00e9aliser la complexit\u00e9 et la recherche de ses lignes m\u00e9lodiques. Celles ci sont  si \u00e9loign\u00e9es des st\u00e9r\u00e9otypes du genre qu&rsquo;elles apparaissent n\u00e9ologiques. Enfin le trio guitare (Jonas Engdeg\u00e4rd) fl\u00fbte\/saxophone (Anna Holmgren) et claviers (David Lundberg) d\u00e9ploie des tr\u00e9sors de th\u00e8mes et d\u2019arrangements, flirtant toujours avec la fronti\u00e8re tenue qui s\u00e9pare la symphonie savante du vingti\u00e8me si\u00e8cle du rock. Un tr\u00e8s grand moment de musique progressive et de loin, le must, du festival.<br \/><br \/> C\u2019est donc apr\u00e8s trois magnifiques journ\u00e9es de musiques progressives que s\u2019arr\u00eate cette \u00e9dition du Crescendo. Quelle le\u00e7on en tirer ? Qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un festival fran\u00e7ais promouvant la musique progressive de mani\u00e8re enti\u00e8rement gratuite (\u00e0 l\u2019exception pr\u00e8s de quelques consommations bienvenues sous un ciel de plomb). Qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une initiative permettant \u00e0 des n\u00e9ophytes de d\u00e9couvrir la musique progressive en vacances dans un cadre merveilleux aussi bien pour les musiciens que pour les spectateurs. Dans le m\u00eame temps, les organisateurs ont su pr\u00e9senter \u00e0 un public non-expert des groupes fran\u00e7ais mais aussi d\u2019\u00e9normes pointures du domaine. Cette initative, ce festival, ces trois jours annuels d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la musique progressive ne peuvent \u00eatre que salu\u00e9s. Prions donc pour que Crescendo vive encore de nombreuses ann\u00e9es sous le soleil de Poitou-Charentes !<\/p>\n<!-- wp:gallery {\"ids\":[18507,18508,18509,18510,18511,18512,18513,18514,18515,18516,18517,18518,18519,18520,18521,18522,18523,18524,18525,18526,18527,18528]} --><figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab03.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18507\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/anglagard crescendo 2012 ab03.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18507\" class=\"wp-image-18507\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/14072\/minimum vital crescendo 2012 ab01.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18508\" 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