{"id":18210,"date":"2010-02-12T00:00:00","date_gmt":"2010-02-11T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10700\/1272094848.jpg"},"modified":"2010-02-12T00:00:00","modified_gmt":"2010-02-11T22:00:00","slug":"18210","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/02\/12\/18210\/","title":{"rendered":"Peter Hammill &#8211; G\u00e9n\u00e9rateur de souvenirs"},"content":{"rendered":"<span style=\"font-weight: bold;\">Peter Hammill a pris l\u2019habitude de mettre sur pied de petites tourn\u00e9es en solitaire, durant lesquelles il investit absolument seul les lieux, une guitare et un piano pour toutes b\u00e9quilles. Id\u00e9al pour enfin voir l&rsquo;artiste \u00ab&nbsp;faire le show&nbsp;&#187; sans artifice aucun. Foin d\u2019\u00e9crans, de jeux de lumi\u00e8re ou de discussions oiseuses (\u00e0 la U2) avec le public. Place \u00e0 la folie, l\u2019improvisation, les erreurs, le style et la classe. Du pur Hammill, quoi.<\/span><br style=\"font-weight: bold;\"><br>Peter Hammill conna\u00eet bien la sympathique salle de Z\u00fcrich, puisqu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 fr\u00e9quent\u00e9e en novembre 2004, pour une soir\u00e9e d\u2019anthologie. Il \u00e9tait alors accompagn\u00e9 de son violoniste Stuart Gordon. Six ans plus tard, seul le<span style=\"font-style: italic;\"> Thin Man <\/span>donne son tour de chant, devant un public respectueux mais passablement d\u00e9concert\u00e9 par la teneur de ce concert bien trop court et conclu par un bref et unique rappel.<br><br>C\u2019est un Peter Hammill bien amaigri et sur lequel le poids des ans commence \u00e0 faire son \u0153uvre qui descend les escaliers descendant du premier \u00e9tage (le restaurant) au rez-de-chauss\u00e9e, qui fait office de bar et de \u00ab&nbsp;coin-concert&nbsp;&#187;. Une bouteille de vin rouge (on esp\u00e8re pour lui qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un \u00ab&nbsp;nectar&nbsp;&#187; suisse allemand !) dans une main et quelques feuillets de papier dans l\u2019autre, l\u2019homme \u00e0 qui Peter Gabriel ou Fish doivent (presque) tout s\u2019assied tranquillement devant un piano \u00e9lectrique lou\u00e9 par le propri\u00e9taire des lieux. Il signale d\u2019embl\u00e9e qu\u2019il se trouve particuli\u00e8rement heureux de jouer sur cet antique clavier mythique, un Yamaha.<br><br>L&rsquo;artiste d\u00e9bute un <span style=\"font-style: italic;\">set<\/span> de quatre-vingt-dix minutes plein d&rsquo;une folie douce, d\u2019erreurs et d\u2019errances, de moments de gr\u00e2ce et d\u2019\u00e9motion brute. L\u2019ancien chanteur de Van der Graaf Generator prend en effet un malin plaisir \u00e0 brouiller les pistes. Il d\u00e9structure, ralentit, coupe et syncope ses m\u00e9lodies les plus \u00e9videntes. Ainsi, m\u00eame les titres les plus connus ne sont m\u00eame plus reconnaissables. On distingue cependant quelques emprunts \u00e0 son dernier album, <span style=\"font-style: italic;\">Thin Air<\/span>, paru l\u2019an pass\u00e9.<br><br>Aucun titre de Van der Graaf Generator, pourtant reform\u00e9 depuis peu, n&rsquo;est \u00e0 l\u2019honneur. Inutile de pr\u00e9ciser que la voix du bonhomme, toujours \u00e9patante et si personnelle, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre absolument juste, convaincra bien vite les plus sceptiques. Comme l\u2019\u00e9crivait un coll\u00e8gue journaliste r\u00e9cemment, l\u2019organe vocal de ce troubadour des temps modernes s\u2019\u00e9tend all\u00e9grement \u00ab&nbsp;du baryton au fausset&nbsp;&#187; ! On ne saurait mieux dire !<br><br>C\u2019est donc \u00e0 un spectacle d\u00e9routant que l\u2019autre \u00ab&nbsp;fou chantant&nbsp;&#187; convie son maigre public, sur les rives de la Limmat. On ne saurait lui reprocher un manque d\u2019audace ou un pilotage automatique d\u00fb \u00e0 la routine. Peter Hammill choisit les morceaux qu\u2019il va interpr\u00e9ter au fur \u00e0 mesure de sa prestation, en compulsant avec un flegme bien britannique des tapuscrits \u00e9pars qui ont bien failli se voir noy\u00e9s plus d&rsquo;une fois sous le vin.<br><br>On est loin, tr\u00e8s loin, des entreprises \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine auxquelles nous ont habitu\u00e9s les Pink Floyd, Genesis ou autres David Bowie, et il faut bien admettre que ce don d\u00e9cousu et aride n\u2019a pas su captiver l\u2019auditoire sur la longueur. Il est n\u00e9anmoins rassurant de constater qu\u2019\u00e0 plus de soixante ans, Peter Hammill ne peut concevoir l\u2019art autrement que par une mise en danger permanente et totale. Rien que pour cela, il aura toujours de l\u2019avance sur ses suiveurs. <br>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10700\/1272094860.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18212\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10700\/1272094860.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18212\" class=\"wp-image-18212\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10700\/1272094836.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18213\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10700\/1272094836.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18213\" class=\"wp-image-18213\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10700\/1272094848.jpg\" alt=\"\" data-id=\"18214\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10700\/1272094848.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=18214\" class=\"wp-image-18214\"\/><\/figure><\/li><\/figure><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peter Hammill a pris l\u2019habitude de mettre sur pied de petites tourn\u00e9es en solitaire, durant&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":18211,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18210"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18210"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18210\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18211"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18210"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18210"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18210"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}