{"id":18131,"date":"2008-01-27T00:00:00","date_gmt":"2008-01-26T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/86a469af0ee784fe906902a44c2cc64c_XL.jpg"},"modified":"2008-01-27T00:00:00","modified_gmt":"2008-01-26T22:00:00","slug":"18131","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/01\/27\/18131\/","title":{"rendered":"Catherine Ribeiro &#8211; Catherine Ribeiro"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>CONCERT : CATHERINE RIBEIRO CHANTE RIBEIRO + ALPES<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/live_ribeiro_main.jpg\" width=\"220\" height=\"150\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">              <b>Lieu :<\/b> Le Bataclan, Paris<br \/> <b>Date :<\/b> 11 janvier 2008<br \/> <b>Photos :<\/b> Christophe Manh\u00e8s<\/p>\n<p>                       <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"> <b>Commen\u00e7ons par un peu d\u2019histoire tant il est vrai que beaucoup &#8211; mais pas tous, nous le verrons &#8211; ont oubli\u00e9 la grande carri\u00e8re du groupe. Dans les ann\u00e9es soixante-dix, celui-ci a produit pas moins de neuf albums (dont <i>La d\u00e9boussole<\/i> qui recevra le grand prix de l\u2019acad\u00e9mie Charles Cros) et donn\u00e9 plus de cinq cents concerts dans les plus belles salles, en France et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. L\u2019heureuse association se dissout au tout d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt et Ribeiro, devenue ic\u00f4ne <i>seventies<\/i>, ira \u00ab&nbsp;chanter les autres&nbsp;\u00bb comme elle dit, pendant pr\u00e8s de vingt ans. Ce n\u2019est qu\u2019en 2002, lass\u00e9e de ce r\u00e9pertoire, qu\u2019elle reviendra &#8211; pour notre plus grand bonheur &#8211; \u00e0 celui de Alpes.<\/b><\/p>\n<p>  Avec Ribeiro + Alpes, voil\u00e0 l\u2019occasion de revenir sur une l\u00e9gende oubli\u00e9e des ann\u00e9es soixante-dix, qui a incarn\u00e9 en France autant la r\u00e9volte contre la d\u00e9shumanisation de notre soci\u00e9t\u00e9, que le souffle cr\u00e9atif d\u2019un rock progressif \u00e0 la facture singuli\u00e8re. Cas \u00e0 peu pr\u00e8s unique dans l\u2019Hexagone, la chanteuse poss\u00e9dait l\u2019aura d\u2019une <i>pasionaria<\/i> tout comme la stature d\u2019une artiste intransigeante et sinc\u00e8re. Son complice de toujours, Patrice Moullet, a le m\u00e9rite d\u2019avoir su, d\u00e8s les d\u00e9buts de la r\u00e9union Ribeiro + Alpes, sertir sa voix unique dans des compositions d\u2019une finesse et d\u2019un souffle d\u2019une intensit\u00e9 sans \u00e9quivalent dans le paysage rock fran\u00e7ais de cette \u00e9poque. Entre Peter Hammill et Janis Joplin, la diva tient sa place haut la main.<\/p>\n<p>  <b><i>Set-list<\/i> :<\/b> Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la force de t&rsquo;aimer me manque &#8211; Un Regard clair (obscur) &#8211; Dis-moi qui tu embrasses &#8211; Parle-moi d&rsquo;un homme heureux &#8211; Le Manque &#8211; Carrefour de la Solitude &#8211; Racines &#8211; Boogie Alpin &#8211; Pour une fois encore &#8211; Attendre pas &#8211; Elles &#8211; Stress et Strass &#8211; La Trainitude &#8211;  La Pierre et le Vent &#8211; Paix 007 &#8211; <b>Rappel :<\/b> La Pierre et le Vent &#8211; Pour une fois encore <\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/live_ribeiro_2.jpg\" width=\"138\" height=\"200\" align=\"right\" border=\"1\">Assister \u00e0 un concert de Catherine Ribeiro aujourd&rsquo;hui, c\u2019est un peu comme participer \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration d\u2019un culte \u00e9trange dont il est difficile de d\u00e9finir la nature. Communautaire et nostalgique, son public se comporte souvent en vrai fanatique, ce qui repr\u00e9sente pour les rares novices un vrai sujet de stup\u00e9faction. C\u2019est au Bataclan, mythique salle v\u00eatue de rouge, que la grande pr\u00eatresse officia ce soir-l\u00e0 pour un concert exceptionnel et donc tr\u00e8s attendu par ses ouailles. De la formation classique de Alpes, il ne reste sur sc\u00e8ne que le bassiste Francis Campello. Les nouveaux musiciens assurent sans probl\u00e8me la rel\u00e8ve m\u00eame si, pour certains, c\u2019est avec une fougue envahissante (le fac\u00e9tieux Luc Heller \u00e0 la batterie) et pour d\u2019autres, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, avec une impassibilit\u00e9 un peu excessive (Gilles Th\u00e9melin aux claviers).<\/p>\n<p>  Le spectacle commence dare-dare par un titre phare du groupe : \u00ab&nbsp;Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la force de t&rsquo;aimer me manque&nbsp;\u00bb. Typiquement \u00ab&nbsp;ribeiresque&nbsp;\u00bb, il est jou\u00e9 en force. Bonne surprise, le son est excellent, la voix de Catherine est bien pr\u00e9sente m\u00eame si elle manque parfois de clart\u00e9. Les musiciens connaissent indiscutablement leur sujet. Cependant, pour qui est plus familier des albums que des concerts du groupe, on ne peut qu\u2019\u00eatre surpris par la puissance presque <i>heavy<\/i> de l\u2019ensemble. La musique de Alpes en perd un peu de sa fascination et on regrette de ne pas retrouver cette merveilleuse sensation qu\u2019exhalent les albums <i>seventies<\/i> en juxtaposant miraculeusement vigueur et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. La beaut\u00e9 m\u00e9lodique et l\u2019\u00e9loquence de Ribeiro emportent cependant le public.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/live_ribeiro_3.jpg\" width=\"151\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">Dans la lign\u00e9e du titre pr\u00e9c\u00e9dent vient une nouvelle et remarquable incantation : \u00ab&nbsp;Un Regard clair&nbsp;\u00bb. Les musiciens poursuivent avec deux morceaux toujours tir\u00e9s du r\u00e9pertoire classique du groupe, \u00ab&nbsp;Dis-moi qui tu embrasses&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Parle-moi d&rsquo;un homme heureux&nbsp;\u00bb. Le groupe impr\u00e8gne d&rsquo;une belle \u00e9nergie l\u2019interpr\u00e9tation et ajoute une superbe touche psych\u00e9d\u00e9lique qui compense en partie la frappe de Luc Heller, virtuose mais peut-\u00eatre trop massive pour ce type de r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p>  Fait suite ce que l\u2019on pourrait d\u00e9terminer comme une seconde partie o\u00f9 le r\u00e9pertoire jou\u00e9 n\u2019appartient plus r\u00e9ellement \u00e0 Alpes. De toute \u00e9vidence les compositions sont moins marquantes mais continuent \u00e0 mettre en avant le chant charismatique de Ribeiro. Le <i>show<\/i> devient alors nettement plus in\u00e9gal. \u00ab&nbsp;Carrefour de la Solitude&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Pour une fois encore&nbsp;\u00bb cassent le rythme en se rapprochant plus de l\u2019univers de la vari\u00e9t\u00e9 que de l\u2019\u00e9nergie rock de d\u00e9part. Dans le public, \u00e9videmment conquis par avance, l\u2019ambiance est presque plus ardente que sur sc\u00e8ne, provoquant un \u00e9trange d\u00e9calage. Les sempiternelles \u00ab&nbsp;Catherine on t\u2019aime !&nbsp;\u00bb fusent, laissant la chanteuse d\u00e9contenanc\u00e9e, ne sachant trop comment r\u00e9pondre \u00e0 tant d\u2019idol\u00e2trie. Avec \u00ab&nbsp;Boogie Alpin&nbsp;\u00bb, les musiciens refont parler la poudre et chacun y va de son petit solo. On est loin, tr\u00e8s loin, du sommet des Alpes et plus pr\u00e8s du plancher des vaches du blues. Cette nouvelle couleur, en plus de banaliser la musique, s\u2019accorde mal avec le style du groupe dont les origines sont \u00e0 mille lieux de cette trame harmonique. Heureusement, \u00ab&nbsp;Attendre pas&nbsp;\u00bb, une nouvelle et magnifique composition de Patrice Moullet, exhale \u00e0 nouveau un fort accent \u00ab&nbsp;alpin&nbsp;\u00bb et revitalise l\u2019attention du fan des ann\u00e9es soixante-dix.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/live_ribeiro_4.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Finalement, au bout de quatre-vingt-dix minutes, vient ce qui aurait pu \u00eatre le clou de la soir\u00e9e mais qui va se r\u00e9v\u00e9ler par bien des aspects une belle d\u00e9ception : le titre \u00ab&nbsp;Paix&nbsp;\u00bb du l\u00e9gendaire album \u00e9ponyme. Saisissante, a\u00e9rienne et d\u2019une majest\u00e9 inoubliable, cette chanson, \u00e0 l\u2019origine de pr\u00e8s de quinze minutes, est certainement une des compositions les plus remarquables du patrimoine progressif fran\u00e7ais. Quand les premi\u00e8res notes retentissent, c\u2019est l\u2019euphorie. Mais la poigne de Luc Heller surprend une nouvelle fois en plombant l\u2019essence c\u00e9leste du titre. Tr\u00e8s vite, trop vite, on bascule \u00e0 nouveau dans une revisite rock\u2019n\u2019roll douteuse\u2026 La magie est totalement cass\u00e9e.<\/p>\n<p>  Les rappels seront tout aussi d\u00e9cevants car Alpes n\u2019a visiblement pas pr\u00e9vu de jouer autre chose que deux titres d\u00e9j\u00e0 interpr\u00e9t\u00e9s quelques minutes auparavant. M\u00eame si beaucoup de fans sont aux anges, les autres sont d\u00e9\u00e7us que le groupe n\u2019ait pas profit\u00e9 de l\u2019occasion pour jouer de nouvelles chansons de leur pourtant tr\u00e8s riche r\u00e9pertoire. Mais chassez le naturel, il revient au galop : avant que Catherine Ribeiro ne tire sa r\u00e9v\u00e9rence, la <i>pasionaria<\/i> reprend du service et profite de l\u2019ovation pour se lancer dans une virulente et \u00e9mouvante catilinaire politique ! <\/p>\n<p>  Pour les fans de Ribeiro, cette soir\u00e9e fut forc\u00e9ment un grand moment. La chanteuse ayant conserv\u00e9 sa voix admirable, sa rage et son prestige d\u2019artiste rare, toujours \u00e0 fleur de peau. Pour  ceux d\u2019Alpes, ce fut un concert plut\u00f4t d\u00e9cevant, trop court et rarement capable de restituer la magie des titres <i>seventies<\/i>. Mais au fond, peu importe, car apr\u00e8s quarante ans de carri\u00e8re, c\u2019est une \u00e9vidence, la \u00ab&nbsp;femme-flamme&nbsp;\u00bb est toujours debout, toujours r\u00e9volt\u00e9e et \u00e9prise de libert\u00e9 !    <\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Christophe Manh\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONCERT : CATHERINE RIBEIRO CHANTE RIBEIRO + ALPES &nbsp; Lieu : Le Bataclan, Paris Date&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":18132,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18131"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18131"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18131\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18132"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}