{"id":18129,"date":"2007-11-24T00:00:00","date_gmt":"2007-11-23T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/7cea575cd666e0ba8b275cbc7df8f990_XL.jpg"},"modified":"2007-11-24T00:00:00","modified_gmt":"2007-11-23T22:00:00","slug":"18129","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/11\/24\/18129\/","title":{"rendered":"SGM &#8211; SGM"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>CONCERT : SLEEPYTIME GORILLA MUSEUM<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/lr_sgm1007_main.jpg\" width=\"220\" height=\"150\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">  <b>Artiste :<\/b> Sleepytime Gorilla Museum<br \/> <b>Lieu :<\/b> La Locomotive<br \/> <b>Date :<\/b> 17 octobre 2007<br \/> <b>Photos :<\/b> Djul et Christophe Manh\u00e8s                    <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"> <b>Apr\u00e8s un premier et excellent concert \u00e0 La Sc\u00e8ne Bastille en avril dernier et un troisi\u00e8me album \u00e9blouissant, voil\u00e0 les stup\u00e9fiants et spectaculaires Am\u00e9ricains de Sleepytime Gorilla Museum de retour sur une sc\u00e8ne fran\u00e7aise. Pour l\u2019essentiel &#8211; le <i>show<\/i> du groupe &#8211; ce fut un tr\u00e8s grand moment de musique. Mais pour le reste\u2026<\/b><\/p>\n<p>  <b><i>Set-list<\/i> SGM :<\/b> The Greenless Wreath &#8211;  Phthisis &#8211;  Ossuary &#8211;  Angle of Repose &#8211;  Helpless Corpses Enactment &#8211;  Bring Back the Apocalypse &#8211;  Sleep is wrong &#8211; Rappels : A hymn to the morning star &#8211; The donkey-headed adversary of humanity opens the discussion <\/p>\n<p>  Nous sommes avertis, Sleepytime ne jouera qu\u2019apr\u00e8s deux longues premi\u00e8res parties. Une fois de plus, la programmation nous oblige \u00e0 attendre pr\u00e8s d\u2019une heure et quart pour un <i>show<\/i> pr\u00e9vu pour durer \u00e0 peine une heure. On repense in\u00e9vitablement \u00e0 la frustration suscit\u00e9e par le concert donn\u00e9 six mois plus t\u00f4t \u00e0 La Sc\u00e8ne Bastille, m\u00eame si cette d\u00e9ception avait \u00e9t\u00e9 un peu att\u00e9nu\u00e9e par la prestation en premi\u00e8re partie des joyeux lurons de Sebkha-Chott. Quant \u00e0 Tusker Seed et Prime Sinister, allaient-ils avoir le talent de nous faire patienter ? Si, sur le papier, les nouveaux tiers nous avaient laiss\u00e9s perplexes, sur sc\u00e8ne ce fut bien pire encore\u2026<\/p>\n<p>  <b>Tusker Seed<\/b><\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/lr_sgm1007_2.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Influenc\u00e9s par la musique \u00ab&nbsp;d\u00e9sabus\u00e9e des 90\u2019s&nbsp;\u00bb et par les \u00ab&nbsp;pionniers des 70\u2019s&nbsp;\u00bb qu\u2019ils disent, mais \u00e0 mille lieux de nos habitudes musicales, les Tusker Seed ont donn\u00e9 ce soir-l\u00e0 un concert qui fut une exp\u00e9rience litt\u00e9ralement apocalyptique. Tr\u00e8s ax\u00e9s sur les ambiances lourdes et d\u00e9pressives proche de la sc\u00e8ne metal hardcore, l\u2019effet sinistre d\u00e9gag\u00e9 par leur musique est tellement pouss\u00e9 qu\u2019il en devient presque impossible d\u2019en stigmatiser la mati\u00e8re. Extr\u00eame, exp\u00e9rimentale par bien des aspects, elle concentre en elle certainement l\u2019expression enrag\u00e9e des courants les plus d\u00e9primants. La prestation de Tusker Seed fut donc particuli\u00e8rement \u00e9prouvante avec son chant lugubre falsifi\u00e9 par des effets <i>noisy<\/i> en tous genres et l&rsquo;outrance hallucin\u00e9e des guitares dont seules quelques rares touches post-rock, parfois m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement floydiennes, ont desserr\u00e9 l&rsquo;\u00e9tau. Servi par un son aussi opaque et excessif que leur musique et malgr\u00e9 des aspects ind\u00e9niablement originaux, avouons que pour nous la fin du <i>show<\/i> fut un v\u00e9ritable soulagement !<\/p>\n<p>  <b>Prime Sinister<\/b><\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/lr_sgm1007_3.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">Mais il faut croire que nous n\u2019avions encore rien vu, rien entendu. Preuve est faite avec Prime Sinister que le ridicule ne tue pas, sauf peut-\u00eatre nos oreilles. Ces clones &#8211; version thrash metal &#8211; de la bande \u00e0 Lemmy \u00ab&nbsp;Mot\u00f6rhead&nbsp;\u00bb ont malheureusement sorti la panoplie compl\u00e8te des clich\u00e9s metal les plus \u00e9cul\u00e9s, comme dans le pire cauchemar de tout chroniqueur. Entre un son indigeste, des <i>soli<\/i> aussi plats et irritants que noy\u00e9s dans la d\u00e9flagration g\u00e9n\u00e9rale et une attitude statique d\u00e9pourvue d\u2019humour, la prestation de Prime Sinister fut pour beaucoup un moment atrocement douloureux de pr\u00e8s de quarante longues minutes.<\/p>\n<p>  <b>Sleepytime Gorilla Museum<\/b><\/p>\n<p> Apr\u00e8s que le programme eut consum\u00e9 la soir\u00e9e de mani\u00e8re aussi absurde, c\u2019est enfin autour de Sleepytime Gorilla Museum de donner de la sono.<\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/lr_sgm1007_4.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">Vite cal\u00e9 derri\u00e8re ses instruments, le groupe d\u00e9bute le concert sans tarder. Carla ouvre le bal \u2014 \u00ab&nbsp;\u2026des Maudits&nbsp;\u00bb pourrait-on dire \u2014 avec l\u2019\u00e9trange \u00ab&nbsp;The Greenless Wreath&nbsp;\u00bb. Une vibration particuli\u00e8re emplit instantan\u00e9ment la salle. La musique grince, g\u00e9mit, craque comme le r\u00e9veil tonitruant d\u2019un g\u00e9ant endormi. On prend alors la mesure du talent du groupe, de sa densit\u00e9 sur sc\u00e8ne, de sa capacit\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer dans son style autant de subtilit\u00e9 que de force, autant de variations raffin\u00e9es proches des musiques de chambre, que d\u2019\u00e9nergie brute. Impossible de nier le caract\u00e8re progressif de cette musique, notamment sur ce titre qui avance lentement, avec d\u2019infinies variations oppressantes. Le look agreste des musiciens ajout\u00e9 \u00e0 l\u2019ambiance fantasmagorique des compositions nous donne l\u2019impression d\u2019avoir p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 l\u2019antre magique et t\u00e9n\u00e9breux de sorciers officiants. Comme pour confirmer cette intrusion infernale, vient le tour du fameux et toujours attendu \u00ab&nbsp;Phthisis&nbsp;\u00bb. L\u2019encha\u00eenement est parfait et met en valeur le travail des arrangements. Carla Kihlstedt, l\u2019amazone, et Nils Frykdahl, fils de Zeus, mi-homme, mi-bouc, chantent tous les deux comme de vrais poss\u00e9d\u00e9s. Quant \u00e0 la rythmique de Micha\u00ebl Mellender et Matthias Bossi, elle lib\u00e8re une puissance aussi massive que virtuose, presque math-rock, donnant une substance pand\u00e9moniaque fascinante \u00e0 la prestation du groupe.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/lr_sgm1007_5.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">\u00ab&nbsp;Ossuary&nbsp;\u00bb prolonge alors la part la plus avant-gardiste du groupe. Nous sommes en plein Cin\u00e9mascope et la sc\u00e8ne jou\u00e9e par le groupe est \u00e0 couper le souffle. Les notes, prises dans un violent tourbillon, se heurtent \u00e0 la frappe sans concession de Matthias Bossi. C\u2019est autour de \u00ab&nbsp;Angle of Repose&nbsp;\u00bb de nous \u00e9tourdir et l\u2019on pense in\u00e9vitablement aux prestations de King Crimson dans sa p\u00e9riode \u00ab&nbsp;Red&nbsp;\u00bb. Avec sa voix aux dons ubiques et son violon en fusion, Carla nous embarque dans un tourbillon ensorcelant. La musique n\u2019appartient plus au musicien elle jaillit litt\u00e9ralement de partout. Et c\u2019est le moment id\u00e9al qu\u2019a trouv\u00e9 le groupe pour nous sortir le titre le plus metal et le plus rentre-dedans qu\u2019il ait jamais \u00e9crit : \u00ab&nbsp;Helpless Corpses Enactment&nbsp;\u00bb ! Pas de r\u00e9pit pour les braves. La version est dans la lign\u00e9e du reste, turbulente, extr\u00eame, cadenc\u00e9e en diable. Que dire alors de ce qui va suivre ? \u00ab&nbsp;Bring Back the Apocalypse&nbsp;\u00bb est un morceau de bravoure qui porte la prestation de Micha\u00ebl Mellender et Matthias Bossi vers d\u2019impressionnants sommets. C\u2019est un d\u00e9luge de rythmes inou\u00ef. Tous les musiciens mart\u00e8lent leurs instruments comme un seul diable et l\u2019effet produit est ahurissant, bien meilleur que sur disque o\u00f9 le titre poss\u00e8de une dimension \u00e9lectro qui convient moins bien au caract\u00e8re \u00ab&nbsp;cru&nbsp;\u00bb du groupe.<br \/> Juste le temps de souffler un peu et, apr\u00e8s une lente progression, se pointe \u00ab&nbsp;Sleep is Wrong&nbsp;\u00bb qui donne \u00e0 Dan Rathbun, le g\u00e9ant \u00e0 la poutre, l\u2019occasion de nous gratifier d\u2019un solo monumental sur sa fameuse basse. Le violon de Carla crache le feu, Nils sautille sur sc\u00e8ne comme un faune d\u00e9ment et transforme la fin du titre en une transe vaudou hallucin\u00e9e laissant l\u2019auditoire abasourdi.<\/p>\n<p>  C\u2019est la fin du set, mais le public chauff\u00e9 \u00e0 blanc ne veut \u00e9videmment pas en rester l\u00e0 et, sans trop se faire prier, voil\u00e0 nos lascars de retour sur sc\u00e8ne pour entamer un autre classique du groupe : \u00ab&nbsp;A Hymn to the Morning Star&nbsp;\u00bb et son infernal bin\u00f4me \u00ab&nbsp; The Donkey-Headed Adversary of Humanity Opens the Discussion&nbsp;\u00bb. Le temps d\u2019un \u00ab&nbsp;J\u00e9sus-Christ&nbsp;\u00bb l\u00e2ch\u00e9 avec humour par un fan, Nils, souriant mais d\u00e9contenanc\u00e9 par cette blague d\u00e9cal\u00e9e, lance, de sa voix de bonze officiant un rite obscur et magique, tout le groupe vers une cavalcade ultra-puissante, tranchante, imp\u00e9rieuse et plus que jamais d\u00e9volue au ton \u00ab&nbsp;metal-in-opposition&nbsp;\u00bb pour cordes pinc\u00e9es, c\u0153ur et percussions fracassantes.<br \/>  C\u2019est la fin, le public est visiblement ravi et conscient que ce fut une heure de spectacle hom\u00e9rique.<\/p>\n<p>  Si, \u00e0 La Sc\u00e8ne Bastille, la formation avait mis en avant la force brute de sa musique, ce soir nous avons eu droit \u00e0 un concert beaucoup plus riche et vari\u00e9, cadenc\u00e9, r\u00e9p\u00e9tons-le, par des endiabl\u00e9s g\u00e9niaux. Voir sur sc\u00e8ne Sleepytime Gorilla Museum est un moment inoubliable, extr\u00eamement consistant. Virtuoses mais jamais cr\u00e2neurs ils nous ont offert un spectacle \u00e9poustouflant qui les hisse \u00e0 la hauteur des plus grands. Bien s\u00fbr, ce fut trop court, bien s\u00fbr, il a fallu les attendre en souffrant le martyre, mais apr\u00e8s les avoir vu jouer comme ils l\u2019ont fait, impossible d\u2019en faire un mauvais souvenir.<\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Christophe Manh\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web : <\/strong><a href=\"http:\/\/www.sleepytimegorillamuseum.com\/\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><strong>http:\/\/www.sleepytimegorillamuseum.com<\/strong><\/font><\/a><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONCERT : SLEEPYTIME GORILLA MUSEUM &nbsp; Artiste : Sleepytime Gorilla Museum Lieu : La Locomotive&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":18130,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18129"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18129"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18129\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}