{"id":1763,"date":"2003-11-14T00:00:00","date_gmt":"2003-11-13T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1763"},"modified":"2003-11-14T00:00:00","modified_gmt":"2003-11-13T22:00:00","slug":"1763","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2003\/11\/14\/1763\/","title":{"rendered":"Dream Theater &#8211; Train of Thought &#8211; 1"},"content":{"rendered":"<p>Qu\u2019il est difficile de chroniquer ce nouvel album si attendu\u2026 Alors qu\u2019au sein de la r\u00e9daction le d\u00e9bat fait rage, il est n\u00e9cessaire d\u2019indiquer au lecteur que l\u2019avis qui suit ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9 et qu\u2019il sera n\u00e9cessaire de lire son compl\u00e9ment pour \u00eatre inform\u00e9 de tous les points de vue.<\/p>\n<p>  Ce qui marque le plus brutalement \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9coute, c\u2019est l\u2019agressivit\u00e9 et la (relative) simplicit\u00e9 qui se d\u00e9gagent de <i>Train of Thought<\/i>, malgr\u00e9 des titres qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi longs. Voil\u00e0 donc un album r\u00e9solument metal, et moderne \u00e9galement. Mais c\u2019est aussi un album glacial et clinique, soient deux tendances qui pourraient faire de ce disque ce que <i>Saint Anger<\/i> est \u00e0 Metallica. Autant dire que ce premier constat enterre d\u00e9j\u00e0 bien des espoirs pour le public \u00ab vieille \u00e9cole \u00bb du groupe. Il lui faudra en effet une tr\u00e8s grande tol\u00e9rance pour accepter de tels changements et beaucoup d\u2019indulgence (l\u2019album n\u2019est pas sans d\u00e9faut, comme on le verra plus loin). Mais si l\u2019auditeur accepte d\u2019\u00eatre dans de telles dispositions, il d\u00e9couvrira un vrai disque de metal, avec quelques enluminures aux claviers et des passages \u00e9piques comme les New-Yorkais n\u2019en ont pas compos\u00e9s depuis des ann\u00e9es. <\/p>\n<p>  Trois titres se d\u00e9tachent nettement. \u00ab This Dying Soul \u00bb, pendant de \u00ab The Glass Prison \u00bb, est excellent, avec des passages m\u00e9lodiques qui font mouche, un pont int\u00e9ressant et un final certes violent mais, soyons honn\u00eates, jouissif. \u00ab In the Name of God \u00bb est un autre pav\u00e9, de pr\u00e8s d\u2019un quart d\u2019heure, sur lequel James Labrie fait merveille, mais dont le break central b\u00eatement technique g\u00e2che le potentiel. \u00ab Honor Thy Father \u00bb et sa voix doubl\u00e9e est un exemple r\u00e9ussi de la mutation du groupe, except\u00e9 un atroce passage rapp\u00e9, avec des rythmiques dynamiques et travaill\u00e9es, comme si le Dream Theater d\u2019<i>Awake <\/i> fusionnait avec Tool. Pour le reste, \u00ab Endless Sacrifice \u00bb, titre mi-calme mi-heavy &#8211; mais cette dualit\u00e9 n\u2019est h\u00e9las pas exploit\u00e9e \u2013 est sauv\u00e9 par ses quatre derni\u00e8res minutes, tandis que \u00ab Stream of Consciouness \u00bb est un instrumental qui souffle le chaud et le froid, entre moments r\u00e9ellement inspir\u00e9s &#8211; belle seconde moiti\u00e9 &#8211; et descente aux enfers : la partie comprise entre les deuxi\u00e8me et septi\u00e8me minute est un supplice de vide d\u2019inspiration.<br \/>Il ne manque plus que l\u2019introductif \u00ab As I Am \u00bb, composition qui a permis aux \u00ab forumeurs \u00bb de tout bord de clamer un peu pr\u00e9cipitamment la fin du groupe : une fois l\u2019\u00e9tonnement pass\u00e9, on red\u00e9couvre ce titre avec un relatif plaisir. Le tout est \u00e9videmment produit avec une guitare et une batterie tr\u00e8s en avant, et une basse toujours sacrifi\u00e9e, m\u00eame si l\u2019on notera des efforts pour s\u2019\u00e9loigner de l\u2019aspect \u00ab mur du son \u00bb de <i>Six Degrees of Inner Turbulence<\/i>.<\/p>\n<p>  Passons aux points qui f\u00e2chent : <i>Train Of Thought<\/i> est marquant par le nombre de solos totalement abscons qui pars\u00e8ment ce disque, entre un John Petrucci ne jouant plus que sur sa vitesse d\u2019ex\u00e9cution et un Jordan Rudess dont les interventions sont parfois sid\u00e9rantes d\u2019indigence. Bref, les deux musiciens apparaissent ici bien nombrilistes. Pire, les influences du groupe pour ce disque sont si \u00e9videntes qu\u2019elles confinent au plagiat, Metallica s\u2019\u00e9tant fait litt\u00e9ralement piller (\u00ab Fade to Black \u00bb sur \u00ab Vacant \u00bb, \u00ab Orion \u00bb sur \u00ab Stream of Consciousness \u00bb, \u00ab Damage Inc \u00bb sur \u00ab Honor Thy Father \u00bb, et on en passe). Enfin, des longueurs v\u00e9ritablement inexplicables pour un groupe aussi f\u00e9cond que Dream Theater, notamment sur les passages les plus typ\u00e9s neo metal, entachent le tout d\u2019une dose d\u2019amertume: certains disent d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;un producteur, point de vue ext\u00e9rieur, serait d\u00e9sormais salvateur pour la formation.<\/p>\n<p>  Voici donc un disque qui s\u00e9duira imm\u00e9diatement les inconditionnels du groupe qui refusent toute remise en question, autant que les n\u00e9ophytes, nombreux apr\u00e8s <i>Six Degrees Of Inner Turbulence<\/i>, qui n\u2019ont pas de r\u00e9el pass\u00e9 avec celui-ci. Les autres devront imp\u00e9rativement passer \u00e0 l\u2019\u00e9coute avant l\u2019achat, en particulier les amateurs de progressif pur et dur, qui tr\u00e8s vraisemblablement quitteront le navire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu\u2019il est difficile de chroniquer ce nouvel album si attendu\u2026 Alors qu\u2019au sein de la&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1764,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1763"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1763"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1763\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1764"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1763"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1763"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1763"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}