{"id":1677,"date":"2004-03-16T00:00:00","date_gmt":"2004-03-15T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1677"},"modified":"2004-03-16T00:00:00","modified_gmt":"2004-03-15T22:00:00","slug":"1677","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/03\/16\/1677\/","title":{"rendered":"Marillion &#8211; Marbles"},"content":{"rendered":"<p>Suite au pari de Marillion de faire en partie financer son nouvel album par ses fans, une campagne de communication particuli\u00e8rement r\u00e9ussie a \u00e9t\u00e9 mise en place. Tout a \u00e9t\u00e9 dit sur ce <i>Marbles<\/i> : un retour au progressif pur jus (l\u2019effet double album ?), un disque proche du merveilleux <i>Brave<\/i>, des morceaux encore plus pop et modernes. Il \u00e9tait difficile de savoir \u00e0 quoi s\u2019attendre, d\u2019autant qu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, <i>Marbles<\/i> n\u2019est rien de tout de cela et se distingue avant tout par cet aspect proprement insaisissable.<\/p>\n<p> Une chose est certaine : ce n\u2019est ni l\u2019album de la r\u00e9demption attendu par les ultras, qui auraient d\u00fb s\u2019arr\u00eater en 1993, ni celui qui permettra \u00e0 Marillion de renouveler (et rajeunir) son public. Seuls ceux qui suivent \u2013 et appr\u00e9cient &#8211; l\u2019orientation du groupe depuis 1999 sont susceptibles d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 <i>Marbles<\/i>, ce qui rend le pari de Marillion plus que risqu\u00e9\u2026<br \/> C\u2019est avant tout l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du disque qui frappe : particuli\u00e8rement bien produit, avec beaucoup d\u2019effets discrets et de jeu sur les niveaux sonores, tous les titres sont pass\u00e9s au filtre d\u2019un mixage tr\u00e8s moderne et d\u00e9taill\u00e9. Mais au-del\u00e0 du son, les compositions elles-m\u00eames semblent avoir \u00e9t\u00e9 model\u00e9es selon le m\u00eame canevas : rythmes lents, climats apais\u00e9s, claviers vaporeux, Marillion est dans l\u2019\u00e9ther. Peu de mont\u00e9es en puissance, pas de morceaux \u00e9nergiques, le groupe semble planer seul sur son nuage et ne redescendre au niveau de l\u2019auditeur qu\u2019\u00e0 de rares moments (\u00ab Drilling Holes \u00bb et son excellent rythme martial). Pire, les Anglais semblent \u00e0 courts de m\u00e9lodies, ce qui \u00e9tonne lorsque l\u2019on repense aux d\u00e9clarations et \u00e0 l\u2019ambition du groupe pour cet album : Hogarth offre des lignes de chant parfois quelconques, rarement m\u00e9morisables, et seul Rothery semble \u00e0 m\u00eame d\u2019extirper ses coll\u00e8gues de la torpeur, poursuivant le travail d\u2019exploration musical d\u00e9but\u00e9 sur <i>Anoraknophobia<\/i>.<br \/> D\u2019autres sympt\u00f4mes de ce constat pour le moins surprenant ? Mark Kelly propose des nappes de claviers plus que des arp\u00e8ges et ressort des sons tr\u00e8s dat\u00e9s, entre 70\u2019s et 80\u2019s, et le morceau-titre \u00ab Marbles \u00bb n\u2019est qu\u2019une composition basique divis\u00e9e en quatre inutiles mouvements. \u00ab You\u2019re Gone \u00bb, le single cens\u00e9 atteindre les cimes des \u00ab charts \u00bb britanniques, n\u2019arrive pas \u00e0 produire une seule m\u00e9lodie attrayante (au contraire du r\u00e9ussi \u00ab Don\u2019t Hurt Yourself \u00bb) et \u00ab Angelina \u00bb n\u2019aura pour seul atout que de vous bercer dans une torpeur ouat\u00e9e.<br \/> Bien s\u00fbr, certains titres ressortent de cet ensemble laborieux : le long \u00ab The Invisible Man \u00bb, sorte de \u00ab I am the Intruder \u00bb (Peter Gabriel) contemporain, qui se mue doucement en suite \u00e0 \u00ab The Hollow Man \u00bb, ou \u00ab Neverland \u00bb, qui rejoint la gr\u00e2ce de \u00ab This Strange Engine \u00bb, avec sa construction \u00e0 tiroirs et ses m\u00e9lodies qui, enfin, vous remuent les tripes. Et c\u2019est bien l\u00e0 la principale d\u00e9ception : comment un groupe aussi \u00e9motionnel que Marillion a-t-il pu sortir un album aussi froid et peu tourment\u00e9 ?<br \/> Autre d\u00e9ception, le \u00ab double \u00bb album annonc\u00e9 risque de n\u2019\u00eatre qu\u2019un album \u00ab plus \u00bb, puisque seuls quatre titres s\u2019ajoutent \u00e0 la version commercialis\u00e9e : \u00e0 moins que ces derniers ne durent chacun plus de dix minutes, on est loin du compte.<\/p>\n<p> Les quelques morceaux dans la droite ligne du meilleur Marillion sont noy\u00e9s sous des titres banals et plats, et alors que la plupart des albums du groupe \u2013 y compris les derniers \u2013 font preuve d\u2019une forte personnalit\u00e9 (un <i> This Strange Engine <\/i> acoustique, un <i>Marillion.com<\/i> pop moderne, un <i>Anoraknophobia<\/i> exp\u00e9rimental\u2026), le petit dernier ne s\u2019en trouve aucune, \u00e0 force de se dissoudre dans un contenu trop souvent insipide. Lorsque l\u2019on a affich\u00e9 une telle confiance en sa cr\u00e9ativit\u00e9 et que l\u2019on a attis\u00e9 la curiosit\u00e9 de la sorte, le retour de b\u00e2ton pourrait \u00eatre s\u00e9v\u00e8re lorsqu\u2019il faudra \u00e0 nouveau solliciter le public.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite au pari de Marillion de faire en partie financer son nouvel album par ses&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1678,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1677"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1677"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1677\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1678"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1677"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1677"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1677"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}