{"id":1659,"date":"2004-05-02T00:00:00","date_gmt":"2004-05-01T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1659"},"modified":"2004-05-02T00:00:00","modified_gmt":"2004-05-01T22:00:00","slug":"1659","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/05\/02\/1659\/","title":{"rendered":"Marillion &#8211; Marbles &#8211; double album"},"content":{"rendered":"<p>La version simple de <i>Marbles<\/i> nous avait <a href=\"http:\/\/www.progressia.net\/?rub=chroniques&#038;idchronik=372\" target=\"blank_\"><u>d\u00e9\u00e7us<\/u><\/a>, ou \u00e0 tout le moins, \u00e9tait loin de remplir nos <a href=\"http:\/\/www.progressia.net\/?rub=chroniques&#038;idchronik=371\" target=\"blank_\"><u>attentes<\/u><\/a>, immenses au vu des effets d\u2019annonce successifs concernant l\u2019\u0153uvre.<br \/> Chose promise, chose due : la version int\u00e9grale, r\u00e9sultat d\u2019une enti\u00e8re ann\u00e9e de composition devait, elle aussi, figurer dans nos pages, ne serait-ce que pour permettre \u00e0 chacun d\u2019orienter son choix : achat de la version simple \u2013 seule disponible en magasin &#8211; ou du double-CD, exclusivement distribu\u00e9 par <a href=\"http:\/\/www.marillion.com\" target=\"blank_\"><u>marillion.com<\/u><\/a>. Mais l\u2019essentiel se trouve au-del\u00e0 de cette raison pragmatique : cette version double l\u00e8ve le voile sur des titres magnifiques, absurdement exclus de la version simple ! <\/p>\n<p> Passons rapidement sur le <i>packaging<\/i> de la version <i>collector<\/i> : sans aucun doute possible, les cent vingt-huit pages de ce livre cartonn\u00e9 au <i>design<\/i> moderne font \u2013 sans jeu de mots \u2013 forte impression ! Superbement illustr\u00e9es (cf. \u00ab Angelina \u00bb et ses impressions psych\u00e9d\u00e9liques), les paroles sont parfois m\u00eame int\u00e9gr\u00e9es aux photos elles-m\u00eames (\u00ab The Only Unforgivable Thing \u00bb).<br \/>Quid de la musique elle-m\u00eame ? Autant le dire d\u2019embl\u00e9e, le premier disque risque de d\u00e9cevoir\u2026 les partisans des albums doubles, tant il se distingue qualitativement du second ! Les trois titres laiss\u00e9s de c\u00f4t\u00e9 sur la version commercialis\u00e9e surclassent largement la plupart des morceaux courts d\u00e9couverts le mois dernier. \u00c0 tout seigneur, tout honneur, \u00ab Ocean Cloud \u00bb et ses dix-sept minutes de tristesse infinie d\u00e9butant sur un faux rythme ber\u00e7ant et une m\u00e9lodie typiquement \u00ab hogarthienne \u00bb (on y retrouve d\u2019ailleurs le chanteur \u00e0 son meilleur niveau). Rothery et Kelly y font vite monter la pression lors d\u2019un splendide duo et, une fois pass\u00e9 le trop pr\u00e9visible interlude planant, Marillion d\u00e9livre le passage le plus <i>heavy<\/i> et l\u2019un des plus sombres de toute son histoire, embelli par des merveilles d\u2019arrangements de Kelly et Trewavas, avant que Rothery, encore, puis Hogarth ach\u00e8vent tout \u00e0 la fois la boucle et l\u2019auditeur. Moins grandiose, \u00ab Genie \u00bb porte bien son nom : un titre malin, mettant en exergue le travail de Dave Meegan par une multitude de petits effets discrets en fond et sur les voix. \u00ab The Only Unforgivable Thing \u00bb, morceau \u00e9th\u00e9r\u00e9 proche du trip hop pour son rythme et du post rock pour les harmonies de Rothery, fait lui aussi mouche, dans la veine des compositions m\u00e9lancoliques de <i>Marillion.com<\/i>.<\/p>\n<p> Le deuxi\u00e8me disque comprend donc des titres plus courts, \u00e0 l\u2019exception du tr\u00e8s bon (mais in\u00e9gal) \u00ab Neverland \u00bb. S\u2019il se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une mine \u00e0 <i>singles<\/i> (\u00ab Don\u2019t Hurt Yourself \u00bb, toujours aussi percutant, et \u00ab The Damage \u00bb, joliment <i>sixties<\/i>, sur lequel Hogarth minaude avec classe), ce disque reste bien en de\u00e7\u00e0 de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, du fait des interludes \u00ab Marbles \u00bb, de \u00ab You\u2019re Gone \u00bb, d\u00e9finitivement le pire titre de l\u2019ensemble de l\u2019album, ou du somnolent \u00ab Angelina \u00bb.  <\/p>\n<p> Au bout du compte, il est difficile de comprendre les choix strat\u00e9giques du groupe : le premier disque de la version double est bien plus \u00e9quilibr\u00e9 que la version simple et se montre \u00e0 m\u00eame d\u2019\u00e9galer en qualit\u00e9 les meilleurs albums du groupe. Ainsi, exclure notamment \u00ab Ocean Cloud \u00bb de la version disponible dans le commerce, du seul fait de sa dur\u00e9e \u2013 parce que susceptible de rattacher Marillion \u00e0 l\u2019infamante cat\u00e9gorie du progressif ? \u2013 rel\u00e8ve non seulement de l\u2019aveuglement \u00e0 la r\u00e9ceptivit\u00e9 du grand public, mais surtout prive ceux qui d\u00e9couvriront <i>Marbles<\/i> dans sa version simple, de la plus belle surprise concoct\u00e9e par le groupe. On peut se demander si le groupe p\u00eache par exc\u00e8s d\u2019int\u00e9grisme \u2013 ne r\u00e9server les meilleurs titres qu\u2019aux fans qui ont donn\u00e9 leur confiance avec un ch\u00e8que de pr\u00e9-commande \u2013 ou c\u00e8de aux trompettes de l\u2019ultra-marketing, ce que la campagne de lancement \u2013 pluralit\u00e9 artificielle des <i>singles<\/i>, lourde incitation \u00e0 l\u2019achat\u2026 &#8211; et le processus de conception de <i>Marbles<\/i> ont pu donner \u00e0 penser \u00e0 certains : un album format\u00e9 radio, perles de culture pour la masse, un autre de perles naturelles pour quelques <i>happy few<\/i>.<\/p>\n<p> Le risque encouru par un projet aussi ambitieux s\u2019av\u00e8re : que chacun fasse son march\u00e9 et compose son \u00ab propre album \u00bb, et que le groupe brouille son message. L\u2019ensemble ne plaira pas \u00e0 tout le monde, alors qu\u2019un album simple aurait pu figurer avec les honneurs dans la discographie du groupe.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La version simple de Marbles nous avait d\u00e9\u00e7us, ou \u00e0 tout le moins, \u00e9tait loin&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1660,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1659"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1659"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1659\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1660"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1659"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1659"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1659"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}