{"id":1653,"date":"2004-05-26T00:00:00","date_gmt":"2004-05-25T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1653"},"modified":"2004-05-26T00:00:00","modified_gmt":"2004-05-25T22:00:00","slug":"1653","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/05\/26\/1653\/","title":{"rendered":"Ayreon &#8211; The Human Equation"},"content":{"rendered":"<p>Depuis <i>Into The Electric Castle<\/i>, Arjen Lucassen a souvent chang\u00e9 d\u2019orientation musicale, m\u00eame s\u2019il a conserv\u00e9 le principe de r\u00e9unir autour de lui un casting impressionnant de chanteurs et de musiciens. S\u2019\u00e9loignant ainsi de l\u2019op\u00e9ra rock, son double album de 2000 (<i>Universal Migrator<\/i>) scindait influences progressives et metal, tandis que le projet Star One n\u2019exploitait que ce second genre. Force est de constater que c\u2019est bien l\u2019album de 1998 qui marqua le plus les esprits. Aujourd\u2019hui, <i>The Human Equation<\/i> s\u2019inscrit dans la droite lign\u00e9e de l\u2019op\u00e9ra progressif culte compos\u00e9 par le Batave il y a six ans.<\/p>\n<p> Si <i>Into The Electric Castle<\/i> est avant tout un disque de refrains, <i>The Human Equation<\/i> se r\u00e9v\u00e8le moins facilement, et une partie significative de son int\u00e9r\u00eat r\u00e9side au contraire dans les couplets. D\u00e9veloppant une interaction entre les chanteurs-sentiments, puisque le h\u00e9ros de l\u2019histoire est soumis \u00e0 des \u00e9motions contradictoires, le disque est parsem\u00e9 de dialogues particuli\u00e8rement travaill\u00e9s, comme sur le superbe \u00ab Mystery \u00bb (o\u00f9 Lucassen et Marcela Bovio se renvoient la balle, comme souvent sur le disque), ou le mena\u00e7ant \u00ab Loser \u00bb. Et contrairement aux travaux pr\u00e9c\u00e9dents du Hollandais g\u00e9ant, <i>The Human Equation<\/i> d\u00e9peint une histoire profond\u00e9ment humaine et ancr\u00e9e dans la modernit\u00e9. Ainsi, m\u00eame si les pr\u00e9d\u00e9cents d\u00e9lires psych\u00e9d\u00e9lico-intergalactiques de Lucassen s\u2019av\u00e9raient plut\u00f4t bien retranscrits, ce retour sur Terre constitue un atout ind\u00e9niable. Plus sombres et mieux \u00e9crites, les paroles font souvent mouche, incitant \u00e0 se plonger davantage encore dans l\u2019\u0153uvre, d\u2019autant que <i>The Human Equation<\/i> est  musicalement plus vari\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019apport d\u2019un vrai trio de cordes et \u00e0 des passages tr\u00e8s diversifi\u00e9s : une v\u00e9ritable com\u00e9die musicale sur \u00ab Sign \u00bb pr\u00e9c\u00e9dant un morceau doom, \u00ab Trauma \u00bb, etc.. L\u2019\u00e9quation se veut plus complexe que celle de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, album massif et homog\u00e8ne s\u2019il en est. Enfin, la tendance \u00e0 la d\u00e9monstration parfois trop pr\u00e9sente chez Lucassen, est bien moins flagrante, peut-\u00eatre de par le r\u00f4le important et l\u2019implication des chanteurs. <\/p>\n<p> Si plusieurs \u00e9coutes s\u2019av\u00e8rent n\u00e9cessaires pour disposer de points de rep\u00e8res au long de ces deux fois cinquante minutes de compositions, il devient vite \u00e9vident que les deux disques ne se valent pas tout \u00e0 fait. La premi\u00e8re partie est ainsi compos\u00e9e de bien plus de moments forts et vari\u00e9s que sa suite, plus sombre et plus introspective. Ainsi, les onze premi\u00e8res \u00ab journ\u00e9es \u00bb ne sont pas avares de grands morceaux : \u00ab Pain \u00bb et ses multiples interludes, le poignant \u00ab Childhood \u00bb, sur lequel les interventions de Mickael Akerfeldt (Opeth) et Devon Graves (Dead Soul Tribe) font frissonner, et enfin \u00ab Love \u00bb, premier \u00ab single \u00bb qui synth\u00e9tise parfaitement le go\u00fbt de Lucassen pour les refrains f\u00e9d\u00e9rateurs. Le second disque est qualitativement un peu en de\u00e7\u00e0. Malgr\u00e9 des passages inattendus (le duo Labrie \u2013 Findlay sur \u00ab Sign \u00bb, l\u2019intervention frappadingue de Townsend sur \u00ab Loser \u00bb), ces neuf derni\u00e8res \u00ab journ\u00e9es \u00bb sont plus homog\u00e8nes, avec une tendance quasi-constante \u00e0 la tristesse. Lucassen semble avoir beaucoup \u00e9cout\u00e9 Opeth ou Pain of Salvation ces derniers temps, du moins s\u2019en rapproche-t-il, ce qui ravira les amateurs du metal progressif sombre et moderne. Ainsi, \u00ab Confrontation \u00bb surprend par son agressivit\u00e9 (Ed Warby ne plaisante pas \u00e0 la batterie), alors que \u00ab Pride \u00bb rappelle quasi-explicitement <i>Awake<\/i> de Dream Theater. En revanche, les paroles s\u2019av\u00e8rent ici d\u00e9cisives, presque plus importantes que la musique, \u00e0 tel point que l\u2019on se demande m\u00eame depuis combien de temps un disque n\u2019avait pas d\u00e9livr\u00e9 un message aussi fort. <\/p>\n<p> Plus \u00e9motionnel et plus \u00ab humain \u00bb, <i>The Human Equation<\/i> p\u00eache par quelques aspects : des passages un peu patchworks sur certains titres, une production toujours aussi froide sur la rythmique et quelques \u00ab tics \u00bb montrant une tendance \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition. On ne peut cependant qu\u2019applaudir l\u2019effort r\u00e9alis\u00e9 par Lucassen pour sortir \u00e0 la fois de son carcan \u00ab metal \u00bb de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, mais aussi de l\u2019\u0153uvre qui l\u2019a fait v\u00e9ritablement conna\u00eetre, <i>Into The Electric Castle<\/i>. Un pari r\u00e9ussi, donc, qui d\u00e9montre \u00e0 quel point son auteur est pass\u00e9 ma\u00eetre en mati\u00e8re de projets \u00ab multi-artistes \u00bb. Depuis quelques ann\u00e9es, de nombreuses tentatives ont \u00e9t\u00e9 faites en la mati\u00e8re, mais rien n\u2019arrive \u00e0 la cheville de ce double album, sur lequel chaque chanteur est exploit\u00e9 au mieux et chaque passage pens\u00e9 au service d\u2019une histoire troublante. Ce disque est une ind\u00e9niable r\u00e9ussite.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis Into The Electric Castle, Arjen Lucassen a souvent chang\u00e9 d\u2019orientation musicale, m\u00eame s\u2019il a&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1654,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1653"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1653"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1653\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1654"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1653"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1653"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1653"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}