{"id":1619,"date":"2004-08-21T00:00:00","date_gmt":"2004-08-20T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1619"},"modified":"2004-08-21T00:00:00","modified_gmt":"2004-08-20T22:00:00","slug":"1619","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/08\/21\/1619\/","title":{"rendered":"Saens &#8211; Prophet in a Statistical World"},"content":{"rendered":"<p>Membre du club tr\u00e8s ferm\u00e9 des groupes de progressif fran\u00e7ais sign\u00e9s sur un label \u00e9tranger, en l\u2019occurrence chez les Anglais de Cyclops Records (Pineapple Thief, Grey Lady Down et autres Land\u2019s End), Saens propose son troisi\u00e8me album, <i>Prophet in a Statical World<\/i> dont le th\u00e8me a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par les visions du futur de diff\u00e9rents \u00e9crivains : George Orwell &#8211; <i>1984<\/i> et son Big Brother qui anticipait l\u2019arriv\u00e9e de Loana -, H.G. Wells et sa machine \u00e0 voyager dans le temps, une id\u00e9e valid\u00e9e plus tard par un physicien tirant la langue ou Huxley &#8211; <i>Le meilleur des mondes<\/i>, une description terrifiante que Rael aimerait mettre en pratique. Bref, des imaginaires qui feraient presque partie de notre quotidien !<\/p>\n<p> Le grand professionnalisme avec lequel a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 ce disque se remarque d\u2019embl\u00e9e : production, mise en place, technique, Saens est rarement pris en d\u00e9faut sur la forme. Un premier constat en forme d\u2019exemple \u00e0 suivre pour bien des formations, francophones ou non ! Une explication, \u00e9galement, de l\u2019int\u00e9r\u00eat de Mellow Records (qui sortit le premier album du groupe, sous le nom de Sens), puis de Cyclops (pour son successeur, <i> Escaping from the Hands of God<\/i>) pour le groupe.<br \/> Sur le fond, Saens \u00e9volue dans un registre que l\u2019on peut qualifier de n\u00e9o-progressif, m\u00eame si ses membres ne semblent pas toujours d\u2019accord sur l\u2019adjectif. Les sonorit\u00e9s de claviers, tr\u00e8s synth\u00e9tiques, les climats souvent temp\u00e9r\u00e9s et atmosph\u00e9riques rappellent Arena ou IQ\u2026 la sophistication en plus. Car la (relative) simplicit\u00e9 des th\u00e8mes d\u00e9velopp\u00e9s par les deux groupes anglais pr\u00e9cit\u00e9s ne peut \u00eatre compar\u00e9e \u00e0 la complexit\u00e9 de la musique des jeunes fran\u00e7ais : compositions longues et \u00e0 tiroirs, passages instrumentaux tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s et diversit\u00e9 des influences, voil\u00e0 le facteur qui extirpe sans difficult\u00e9 Saens de la masse du mouvement n\u00e9o.<br \/> Autre sp\u00e9cificit\u00e9, les titres sont parfois tr\u00e8s \u00e9nergiques, \u00e0 l\u2019instar de \u00ab Time Machine \u00bb, et ses rythmiques ac\u00e9r\u00e9es, ou de \u00ab Revolution \u00bb, qui d\u00e9marre comme <i>The Final Cut<\/i>, avant de partir sur des phras\u00e9s tr\u00e8s Queensr\u00ffche. Le disque est scind\u00e9 en deux parties : la premi\u00e8re, certes plus aventureuse musicalement, semble moins coh\u00e9rente que la seconde. A ce titre notons que les morceaux-titres \u00ab Statistical World \u00bb et \u00ab The Prophet \u00bb constituent sans doute les points culminants de l&rsquo;album, le premier gr\u00e2ce \u00e0 des passages metal progressif du meilleur effet, et un solo de guitare final \u00e9tourdissant, le second gr\u00e2ce \u00e0 son final \u00e9pique \u00e0 la IQ. Le chant de Vynce Leff, en anglais, est agr\u00e9able \u00e0 l\u2019\u00e9coute, et \u00e9tonne souvent par sa justesse, notamment sur les passages en \u00ab d\u00e9crochage \u00bb, comme sur \u00ab Lenina \u00bb. Ce dernier titre est d\u2019ailleurs exemplaire sur ce point, avec l\u2019intervention r\u00e9ussie d\u2019un ch\u0153ur que l\u2019on retrouve plus longuement sur \u00ab Libera Me \u00bb. L\u2019accent anglais est globalement ma\u00eetris\u00e9, m\u00eame si des progr\u00e8s sont encore possibles. Autre \u00ab reproche \u00bb \u00e9ventuel, l\u2019aspect parfois trop passionn\u00e9 de la voix, comme sur \u00ab Forbidden Dreams \u00bb.<br \/> D\u00e9cid\u00e9 \u00e0 noyer l\u2019auditeur sous ses compositions, Saens a ajout\u00e9 un disque bonus, malicieusement nomm\u00e9 <i>Dodecamania<\/i>, compos\u00e9 de trois longs titres \u00e9piques, pour une dur\u00e9e totale repr\u00e9sentant celle d\u2019un album ! Le premier se base sur <i>Les Souffrances du Jeune Werther<\/i> de Goethe pour d\u00e9crire un cycle de vie, la seconde moiti\u00e9 du morceau \u00e9tant de haute vol\u00e9e. Le chant sur ce morceau est en fran\u00e7ais, et Vynce y semble tout aussi \u00e0 l\u2019aise. \u00ab Game of Patience \u00bb rappelle les titres les plus coh\u00e9rents du premier disque et aurait m\u00e9rit\u00e9 d\u2019y figurer. Enfin, \u00ab The Gevaudan Beast \u00bb d\u00e9montre toute l\u2019expressivit\u00e9 de la musique de Saens, qui s\u2019essaye ici \u00e0 un registre plus sombre avec talent, malgr\u00e9 quelques longueurs.<\/p>\n<p> Les amateurs de progressif m\u00e9lodique et de n\u00e9o-progressif seront tr\u00e8s probablement s\u00e9duits par Saens et son <i>Prophet in a Statical World<\/i>, tant ils se distinguent du traditionalisme voire du pass\u00e9isme de certains \u00ab coll\u00e8gues \u00bb, comme Galahad en son temps. Les autres, moins attir\u00e9s par le progressif romantique et expressif, tomberont peut-\u00eatre sous le charme d\u2019un album complexe, o\u00f9 pas une minute ne se passe sans une bonne id\u00e9e. C\u2019est d\u2019ailleurs cette avalanche de plans qui finalement dessert un peu le groupe, tant il est parfois difficile de le suivre tout au long d\u2019un morceau. Saens s\u2019affirme en tout cas comme une valeur s\u00fbre du progressif fran\u00e7ais, et marquera les esprits avec ce troisi\u00e8me album d\u2019une rare sophistication.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Membre du club tr\u00e8s ferm\u00e9 des groupes de progressif fran\u00e7ais sign\u00e9s sur un label \u00e9tranger,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1620,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1619"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1619"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1619\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1620"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1619"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1619"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1619"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}