{"id":1591,"date":"2004-10-28T00:00:00","date_gmt":"2004-10-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1591"},"modified":"2004-10-28T00:00:00","modified_gmt":"2004-10-27T22:00:00","slug":"1591","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/10\/28\/1591\/","title":{"rendered":"Attica &#8211; You Are In Danger"},"content":{"rendered":"<p>\u201cA Time To Improvise Casual Awareness\u201d, voici le mot d\u2019ordre de ce quintette belge. Leur but ? Faire du rock avec une formation jazz, et composer des morceaux tout en laissant une place \u00e0 l\u2019improvisation. Tout un programme qui peut sonner un peu pr\u00e9somptueux, au vu de l\u2019\u00e9tendue du chantier qu\u2019implique une telle relecture d\u2019un genre vieux de plusieurs d\u00e9cennies. Sur <i>You Are In Danger<\/i>, Attica ne r\u00e9volutionne pas le rock, c\u2019est une \u00e9vidence. Mais il offre d\u2019int\u00e9ressantes variations en empruntant au jazz, pour finalement s\u2019imposer, \u00e0 l\u2019instar de Deus, \u00e0 la pointe de la pop exp\u00e9rimentale. <\/p>\n<p> Les treize compositions de ce premier disque sont avant tout des chansons, qui mettent en avant la tr\u00e8s belle voix d\u2019Amaury Massion, entre Chris Martin (Coldplay) et Jeff Buckley, pour ses envol\u00e9es tr\u00e8s hautes et d\u00e9licates. La musique d\u2019Attica pourrait \u00eatre qualifi\u00e9e de rock sophistiqu\u00e9 : les ruptures et la technique ont leur place au sein de compositions tr\u00e8s accessibles et m\u00e9lodiques. Le meilleur exemple est le long \u00ab Sober Blues \u00bb (titre paradoxal, s\u2019il en est), sur lequel une ballade m\u00e9lancolique imparable se mue imperceptiblement en mont\u00e9e en puissance instrumentale : un travail d\u2019orf\u00e8vre ! De m\u00eame, le groupe est aid\u00e9 par quelques invit\u00e9s, pour un r\u00e9sultat toujours s\u00e9duisant : \u00ab Sweet Rain \u00bb, \u00e0 l\u2019image d\u2019un Pink Floyd p\u00e9riode <i>Dark Side Of The Moon<\/i>, est mis en valeur par un <i>big band<\/i> de cuivres, qui intervient \u00e9galement sur \u00ab Telefascination \u00bb. Le rythm\u00e9 \u00ab Urban Fields \u00bb voit sa tristesse renforc\u00e9e par quelques violons, tandis que c\u2019est litt\u00e9ralement une fanfare enti\u00e8re qui se plaint sur \u00ab 127 Bis \u00bb ! On souhaiterait presque que ces musiciens additionnels soient plus mis \u00e0 contribution, car ils renforcent la singularit\u00e9 d\u2019Attica. <\/p>\n<p> L\u2019influence du jazz est \u00e9vidente, \u00e0 la fois dans le choix de l\u2019instrumentation, contrebasse, ensemble de cuivres, ou dans le jeu &#8211; le batteur, Colin Debruyne, a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 \u00e0 cette \u00e9cole, sans aucun doute &#8211; m\u00eame quand Attica s\u2019essaye au blues ! Les espaces laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019improvisation sont en revanche moins nombreux que ce que l\u2019effet d\u2019annonce laissait esp\u00e9rer : le chaloup\u00e9 \u00ab Telefascination \u00bb, le post-rock et tr\u00e8s Wyatt \u00ab Perfect Bubble \u00bb et \u00ab Sober Blues \u00bb sont les rares moments o\u00f9 le groupe se lance en roue libre. Enfin, notons une reprise du maudit Nick Drake, choix tr\u00e8s logique vu le style dans lequel \u00e9volue Attica : \u00ab Riverman \u00bb, tir\u00e9 de <i>Five Leaves Left<\/i>, dont l\u2019ambiance automnale est tr\u00e8s bien restitu\u00e9e. <\/p>\n<p> Voici donc un disque atmosph\u00e9rique et m\u00e9lancolique qui, dans une veine plus aventureuse que Deus, propose une musique \u00ab progressive \u00bb gr\u00e2ce \u00e0 des id\u00e9es originales et une instrumentation riche. Il faut aussi souligner que le potentiel commercial d\u2019Attica va bien au-del\u00e0 de l\u2019exigeant mais restreint public progressif, gr\u00e2ce \u00e0 des compositions fondamentalement pop sans que son int\u00e9grit\u00e9 musicale ne puisse pour autant \u00eatre mise en doute.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cA Time To Improvise Casual Awareness\u201d, voici le mot d\u2019ordre de ce quintette belge. 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